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05 février 2008

Ce soir au Nouveau Casino... Philippe Uminski!

85451bda45a77152f1c08f6593efd03c.jpgCa faisait longtemps que je lisais son nom dans les crédits d’albums d’artistes français, que je le croisais dans les couloirs de chez Warner, qu’il me saluait toujours très gentiment. Uminski est connu dans le métier comme réalisateur et arrangeur. Les derniers albums de La Grande Sophie et de Calogero, c’est lui. Il est moins connu pour sa carrière personnelle de chanteur. Il a déjà enregistré 2 albums "rock" (voir "rock garage"). Le premier, éponyme, en 2002 et le second Sain et Sauf en 2004. Ils n’ont pas trouvé leur public.

Le 3eme opus, Les curiosités, est plus un album de variété (au sens non péjoratif du terme), très « pop-rock » raffiné et entraînant.

Parmi ses faits de gloire, Philippe Uminski est aussi l’ancien frontman du « cultissime » groupe néo-sixties Montecarl (dont certains membres font maintenant partie d’A.S Dragon).

Je voulais donc rencontrer ce personnage hors norme, qui est loin d’avoir la langue dans sa poche. On m’avait prévenu. Il est adorable et très franc.

J’adore le concept !

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Le mardi 22 janvier dernier, j’arrive donc à 17 h dans les locaux de chez Warner. Je suis crevé, parce qu’en vadrouille depuis 6 h du matin (rapport à cette note-là…). Philippe Uminski m’attend sagement dans une « salle de réunion ». Je ne sais pas pourquoi, direct, je lui explique que je suis lessivé, ce qui n’est pas très poli comme introduction de conversation. Il me répond en souriant que lui aussi est H.S parce qu’il répond aux journalistes depuis le début de la journée.

(Bon, je sais bien, nous ne sommes pas à la mine et nous n’avons aucune raison de nous plaindre. Mais, parfois, on se fout royalement (à tort) de ce détail. La fatigue, la lassitude sont les causes de cet oubli. En vrai, nous savons très bien que nous sommes des chanceux.)

(Mais l'être humain aime se plaindre pour des broutilles.)

On se regarde et je lis dans ses yeux ce que je pense… « et si nous ne la faisions pas, cette interview ? Si on rentrait chacun chez soi, tranquille Bill ! ».

Ben, non.

Personne n’ose suggérer cette idée à l’autre.

Et tant mieux parce que j’ai bien aimé ce moment.

STOP !!!!

Allez, une première pause musicale :

Un clip « maison » illustrant sa chanson Lola Lola.

 

 

 

Je me rends vite compte qu’il est parfaitement lucide sur sa carrière personnelle.

 

-Je bosse beaucoup, j’ai des activités musicales très différentes. Ça me permet d’exister alors que mes disques n’ont pas eu beaucoup de succès. C’est une chance parce que j’aurais pu, depuis longtemps, rentrer chez ma mère dans ma province. J’ai réussi d’une autre manière, mais à force, tout se rejoint…

Parce qu’à travailler avec des artistes issus de la variété française, Philippe Uminski a compris qu’il s’était un peu trompé de direction personnelle.

-Ils m’ont beaucoup aidé à enlever mon costume de rocker, à enlever des protections en fait. En bossant avec et pour d’autres compositeurs, je les ai vus plus spontanés que moi. Ils se posaient moins de questions que dans le milieu rock dans lequel j’évoluais. Ça m’a instruit.

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Le milieu du rock français, parlons-en ! Uminski ne mâche pas ses mots.

-J’ai fait partie du petit monde du rock français… et dans ce monde là, on se raconte beaucoup d’histoires, on se ment. J’ai vu défiler tous les « babys rockeurs », des mecs de 16 ans qui se là jouent Iggy Pop sans en avoir le talent. Tous les médias rock se sont jetés là-dessus, je me suis soudain demandé ce que je foutais là.

Il s’arrête un moment, bredouille un truc que je ne comprends pas, puis continue.

-C’est un milieu avec des gens pas très intéressants. Tout est très réglementé et pas très créatif. Si on a la confédération paysanne à la sortie de ses concerts et qu’on crie « altermondialiste » lors des interviews, on est plus rock qu’en jouant vraiment du rock… ça me saoulait ! »

Moi qui suis habitué, de la part des artistes, à un discours policé et convenu, je dois dire que je ne suis pas déçu. Il insiste pour me dire qu’il n’y a chez lui aucune aigreur. Juste, il veut dire les choses telles qu’elles sont.

(Vas-y mon gars ! Ne te gêne pas !)

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Mais alors, passer du rock « garage » à la variété, ce n’est pas un virage un peu casse-gueule ?

 

e3bb9db685f06bae8d83b3a2a6aef721.jpg-Non. Je dirais même que mon nouvel album colle beaucoup plus à mon identité d’aujourd’hui. Il est plus en adéquation avec ma maturité actuelle. Tu sais, dans la variété, je m’aperçois qu’il y a une gaieté, une fraîcheur, une envie que je ne retrouvais pas dans le rock. Et puis, j’ai fait le conservatoire, je sais écrire des cordes, j’écoute Brel et Trenet depuis l’âge de 5 ans, j’aime autant la musique classique que le jazz… mes influences sont multiples et je me contentais de les utiliser sur les travaux des autres. A un moment donné, je me suis dit que cette richesse-là, il fallait que je la montre dans mes chansons à moi.

Philippe Uminski insiste sur la notion de sincérité.

-Pour m’empêcher de mentir, j’ai enregistré Les curiosités, en 5 jours, en live complet. Je voulais que mon chant soit comme je parle, comprenez, que l’on reconnaisse ma voix quand je chante et quand je parle. Ce n’était pas le cas avant. Je me suis aussi obligé à écrire les musiques et les textes en même temps. Je voulais qu’une chanson soit un acte unique. C’est très difficile d’être sincère. Nous, les artistes, on se voile beaucoup la face en essayant d’être un autre. Je répète que la sincérité et la vérité doivent être les premières valeurs.

Je trouve que le gars Uminski a une belle plume.

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Je lui avoue avant de se quitter que j’ai fait mienne les paroles de sa chanson (1er single de l’album) Un jour je partirai.

Un jour je partirai,

J’irai dépenser ma chance

En vidant jusqu’à l’outrance

La coupe pleine du passé.

(Vrai !)

Et aussi

Un jour je partirai

Je m’en irai à tous les diables

Loin des abords respectables

Et des odeurs de sainteté.

(Encore plus vrai !)

Voici le clip…

 

 

 

L’album sort bientôt, mais il est déjà en vente en téléchargement légal.

Si j’écris ma note sur lui aujourd’hui, c’est qu’il se produit ce soir au Nouveau Casino.

Il m’a promis « un spectacle de dingue ! ».

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Il faut voir Uminski en concert pour comprendre ce qu’il veut dire par « dingue ».

(Non, parce que sur scène, ce type est complètement allumé. Un vrai showman !)

Pour les places, c’est .

 

MySpace de Philippe Uminski.

Son site officiel.

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