Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Un étranger nommé Burnel... | Page d'accueil | Ce soir au Nouveau Casino... Philippe Uminski! »

04 février 2008

Héléna Marienské... du sens et de l'esprit!

df4c4ee10bbf1a098a828165803d1d75.jpg 

Le vendredi 25 janvier dernier, j’étais à la bourre… coincé dans les embouteillages. Je ne voulais pas être en retard. Je ne sais pas pourquoi, Héléna Marienské m’a très vite imposé le respect. (Notez que je n’aime faire attendre quiconque, Héléna Marienské ou pas…). Je ne sais pas, le fait que le ramage se rapporte autant au plumage. Une belle femme avec un si grand talent, ce n’est pas rare, mais là, ça frisait la caricature. Hé, j’suis timide moi, ho !

(Quoi ? Il y en a qui trouvent que ces propos sont légèrement sexistes ? Dirais-je ça d’un homme ? Il est beau et intelligent. Et bien oui. Tenez, Nicolas Fargue, il n’est pas moche et sa plume non plus… bon, et que dire de Florian Zeller, et qu’est-ce que vous faites de Louis Lahner, Marc Lévy… etc. Liste non exhaustive. Alors ? Vous ne savez plus quoi rétorquer, hein ? Ha Ha ! Je vous ai bien eu. Et toc !)

Bref.
7a478b7a46ded187d4fd4c973258d862.jpg

Rendez-vous à 15 h aux éditions Héloïse d’Ormesson. A 15 h 10, je tournais encore pour trouver une place. J’appelle Audrey, une des deux attachées de presse de la maison. Elle me rassure en me disant que l’auteur(e) n’est pas encore arrivée. (Audrey commence à bien me connaître, elle sait qu’il faut ménager mon émotivité et ma sensibilité à fleur de peau… Mandor est fragile.)

Je cours pour arriver à l’heure, ce qui est impossible, car il est déjà 15 h 15 et ce n’est pas en courant vite que l’on remonte le temps. Tenez ! Ça n’a rien à voir, mais ça me rappelle une phrase de Pierre Dac (ou Francis Blanche, je confonds toujours) : Plus tu pédales moins vite, moins tu avances rapidement. (Avouez que ça valait le coup que je fasse cette halte culturelle !).

Devant l’immeuble, une jeune fille me tient la porte… Merci mademoiselle. La demoiselle a un visage qui ressemble fichtrement à celui d’Héléna Marienské. Bon, OK ! C’est elle. Je l’interpelle en me présentant.

Waow ! Je récapitule, elle est talentueuse, belle et en plus, sympathique. Nous prenons l’ascenseur ensemble et démarrons la conversation sur je ne sais plus quel sujet. Peut-être la difficulté de se garer à Paris ou l’importance d’arriver à l’heure à ses rendez-vous…

60db1f46f5c9fc7e5e61638c97baf92e.jpg

Audrey nous installe dans « le bureau » de la maison d’édition… et je branche mon Sanyo pour ne pas perdre une miette de la conversation.

Mais, si vous avez lu la note de vendredi, vous avez déjà compris que rien n’a été enregistré.

Et c’est bien dommage.

Ce qui est croquignolesque dans cette mésaventure (je sais, ça fait 1000 ans que personne n’a utilisé cette expression… et alors ?), c’est que justement, j’expliquais à Héléna avant de démarrer que je ne comprenais pas comment faisaient les journalistes qui n’enregistraient pas les interviews pour rédiger leur papier quand ils rentraient chez eux.

Et elle de répondre : « Moi, je vais jusqu’à dire que ça me déstabilise quand ça arrive parce que je me demande ce qu’ils vont retenir de l’entretien… »

Gasp !

Redevenons un professionnel irréprochable. D’abord, il est important de rappeler que c’est une anecdote qu’on lui a racontée dans un café parisien, qui a déclenché l'idée d'écrire Le Degré suprême de la tendresse. Je vous la fais courte. Un homme et une femme récemment rencontrée sortent éméchés d’un bar de Bastille. Ils flirtouillent tranquillement quand le vilain et entreprenant monsieur force un peu la dame à lui administrer une petite fellation, comme ça, rapidement. La demoiselle, ayant fort peu apprécié l’aimable « plaisanterie », mordit d’un coup sec l’objet du délit. Le gland, tranché net, roula dans le caniveau, ce qui calma, je pense pouvoir le préciser sans trop me tromper, les ardeurs du facétieux bonhomme.

Comme Héléna Marienské l’écrit si bien : « …le temps n’est plus où les femmes se laissaient clouer le bec. Qu’on tente de leur encombrer la bouche, elles trancheront désormais le problème. »

Et comme elle l’explique parfaitement « la violence du sujet devait être traduite, métaphorisée par un tour littéraire ». En l’occurrence, le pastiche.

Là, je cite, de mémoire…

-Le pastiche est une forme littéraire comme une autre. Je m’approprie le style l’imaginaire et même l’inconscient des auteurs sans leur demander leur avis et ensuite, j’en fais ce que je veux.

Donc, là, elle inverse le rapport de forces. « La dominée du fait divers s’approprie par la plume de l’auteur(e) le verbe de l’autre – et par la même son pouvoir ».

-Quand j’ai écrit ce livre, je ne savais pas que j’allais l’assumer en public. Je ne pensais pas le faire éditer, ce qui m’a permis de me lâcher et d’aller loin dans les propos tenus. Je ne me suis pas freinée.

c5f5c0e0b1f2e6edec89e398a0acf721.jpgJe souris parce qu’avec son premier livre Rhésus, elle ne s’était déjà pas beaucoup freinée pour écrire cette histoire hallucinante d’un bonobo gérontophile qui met le feu aux mœurs d’une maison de retraite. (Prix du 15 minutes plus tard, la Mention spéciale du Prix Wepler Fondation La Poste et le Prix Madame Figaro/le Grand Véfour).

Héléna Marienské, même si elle s’emploie à m’expliquer le contraire est une provocatrice. Je lis dans son sourire qu’elle aime bien ça. Choquer, mettre un coup de pied dans les fourmilières, désarçonner son lecteur, s’amuser avec, écrire cru sans franchir la frontière de l’égrillard… elle s’en amuse. Mais, elle insiste sur le fait que ce livre est un livre féministe.

-Toutes les héroïnes de mon livre sont des femmes libres et libertines. Elles ne se laissent pas imposer l’acte sexuel qui serait contraire à leur désir. Elles savent dire non. Elles ont l’art d’expliquer qu’elles ont une bouche qui sert aussi à parler. Elles ne s’en privent pas.

Héléna Marienska m’expliquera aussi qu’elle a voulu venger la femme.

« Le désir de la femme si souvent puni, Sali, mais qui refuse toute facilité de l’oppression. On dérobe à la femme la parole, elle dérobe momentanément le sexe. »

L’agrégée de lettres, elle, dérobe à ses auteurs le style, le temps d’un récit.

Elle écrit donc des « horreurs » à la manière de Michel Houellebecq, Gédéon Tallemant des Réaux, Louis-Ferdinand Céline, Jean de la Fontaine , Christine Angot, Michel de Montaigne, Vincent Ravalec et Georges Perec.

Vous dire mes préférences n’aurait aucun intérêt.

Mais, vous me connaissez, je vais quand même le faire.

Jean de la Fontaine m’a bluffé, Perec impressionné (comme dans son livre La Disparition , écrire une histoire sans un seul « e », boudiou !!!) et surtout (parce que je suis fan), Ravalec m’a estomaqué. Je ne sais pas comment Héléna Marienské parvient à un tel mimétisme, mais c’est impressionnant.

Ce sont tous des textes libertins écrits sur le mode fantastico-comique, badins, désinvoltes et surtout, j’insiste car je n’utilise pas tant que cela ce mot : « jubilatoire ! »

b19bc176fd9085b232d3b1e44c743b36.jpg

Je lui dis tout le respect que j’ai pour Ravalec, un auteur pas assez reconnu à sa juste valeur. Personnellement, j’ai bien fait quelques tentatives de mise en avant sur mon blog (ici et ), mais il n’a toujours pas reçu le prix Goncourt depuis.

Ce que je trouve très agaçant, à la fin !

A quoi ça sert que j’écrive des notes si Nourissier ne les lit pas (quoi, il a donné sa dém’ de l’Académie Goncourt!)

Nous parlons un long moment de Vincent Ravalec et nous échangeons nos impressions sur quelques-uns de ses livres.

Et Audrey vient pour clore l’entretien.

Ah ! Je ne suis pas tout seul sur Terre ?

D’autres journalistes souhaitaient rencontrer Héléna Marienské ?

Oui.

Bien.

Je m’efface.

À regret.

Et, je conseille à tous de lire cette performance littéraire, ses huit variations sur le même thème, ce monument de la littérature coquine et…exquise.

Allez, soyons fous ! J’estampille ce « degré suprême de la tendresse », coup de cœur du mois.

Ici, une jolie critique...

Commentaires

A y est, chuis amoureux !

Écrit par : benoit FAPM | 04 février 2008

C'est effectivement très croquignolesque !
:-)

Écrit par : Nath | 04 février 2008

Enfin !
Je trouvais la couverture superbe, mais j'avais peur que ce soit un peu trash...
Tu m'as convaincu que c'est de l'art.
Tu t'en es très bien sorti pour un type sans notes.
Et je vais l'acheter.
Merci.

Écrit par : ecaterina | 04 février 2008

Aïe !!! Moi aussi suis amoureux de la jolie Héléna...mais ma femme ne veut pas !!!
Euh...sinon pour la photo de la belle contre l'arbre...je dirais qu'il devait faire environ un p'tit 17° dehors :o))

Écrit par : MikaMicky | 04 février 2008

Oser sans être vulgaire, voilà un exercice fort peu facile.
Voilà donc un livre qui donne envie d'être lu, au moins pour la curiosité des tournures, des jeux de mots et d'esprit !

Rien à voir, mais il est vrai qu'elle est fort jolie Héléna Marienské.

@MickaMiky: observateur dis moi...comment ça se fait que ça ne m'étonne même pas?

Écrit par : Maud | 04 février 2008

'tain t'es chiant je t'avais déjà dis que l'anecdote du bistrot me faisait mal partout, et tu remets çà, pffff....
Autant de talent et de charme pour une seule et même personne... merci dame nature !

Écrit par : La Louve | 04 février 2008

Très belle femme en effet qui n'a pas peur de foncer ;-)

Écrit par : Marie-Laure | 04 février 2008

Ho ho, voici un livre joliment croqué !

Écrit par : Marie | 04 février 2008

tu fais un beau métier ...
:)

Écrit par : LudoFJ(FAPM) | 04 février 2008

Et sinon ta femme, ça va ?

Écrit par : merlin | 04 février 2008

@Benoît FAPM: Tsss...
@Nath: n'est-ce pas!
@ecaterina: Tu m'as foutu de la pression sur cette note là...
;o)
@MikaMicky: Tsss...
@Maud: Bonne synthèse de ce que je voulais dire.
@La Louve: Ca va mieux, là? Pas trop mal?
@Marie-Laure: Forte personnalité, la dame, en effet...
@Marie: Du moment qu'il "pique" ta curiosité.
;o)
@LudoFJ (FAPM): Si tu savais comme j'en ai conscience...
@Merlin: Tsss...

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 05 février 2008

Intéressant tout ça. Je file chez le libraire.

Écrit par : Rodrigue | 18 février 2008

Les commentaires sont fermés.