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09 janvier 2008

Nicolas Cauchy... chronique d'une interview ratée.

 

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C’est un peu par hasard que j’ai découvert Nicolas Cauchy.

Je ne peux pas parler des circonstances (il n’y tient pas), mais, un jour, il répond à mon appel.

-Allo, bonjour, c’est Nicolas Cauchy !

-Ah, c’est vous qui êtes derrière… (pas le droit de le dire).

(Il m’avoue être un lecteur de la première heure de mon blog…)

Heureusement, ce nom-là me disait quelque chose. J’avais dans ma tête le souvenir d’un auteur qui avait un blog qui racontait le processus de création d’un deuxième roman.

Mais sans plus.

Nous discutons un long moment et, du coup, je lui demande de me faire parvenir son second livre.

Ce qui est fait quelques jours plus tard.

Je le lis et l’apprécie.

Vraiment.

f000e7883e476e08bd4db9c30b7ac863.jpgDe manière à connaître le jour et l’heure est un roman étrange qui a la particularité de nous envahir de sentiments confus de la première à la dernière page.

J’ai lu avec prudence et perplexité, cette histoire d’une famille bourgeoise (très Chabrolienne) qui cache ses vérités les plus sournoises. On a l’impression que l’on va vers du déjà vu. Que ce ne sera qu’une pale copie du film de Thomas Vinterberg, Festen.

J’ai franchement eu peur d’être déçu.

J’ai pensé cela lors de ma lecture des premières pages.

Et puis, insidieusement, on s’attache aux personnages. Nicolas Cauchy parvient à nous faire aimer les membres cette famille alors qu’aucun ne trouve grâce à ses yeux.

Mais, je ne suis pas parvenu à les détester, car ils sont comme nous tous, finalement. Avec leurs lâchetés, doutes, trahisons, mensonges par omission (ou non), rancoeurs, jalousies…

La trame de l’histoire frise le polar.

Pourquoi Jean (le patriarche) est-il mort 6 jours après l’intrusion d’un ex-ami de très longue date, Gabriel, à la fête de ses 54 ans ?

Nicolas Cauchy nous l’explique en faisant parler toutes les personnes présentes à cet anniversaire. Femme, fils, belles-filles, Gabriel et Jean apportent au fur et à mesure des pages leurs propres versions/visions de l’affaire.

Et évidemment, l’auteur en profite pour nous mener vers des pistes qui ne sont jamais celles à emprunter.

Il sait y faire.

Et je me suis fait prendre au jeu.

Avant-hier après-midi, nous nous donnons rendez-vous dans un bar un peu branchouille du 11eme. Avant d’attaquer l’interview, je perds un temps fou à lui parler de ce qu’il ne veut pas que j’évoque ici.

(Je sais, c’est énervant de ne pas pouvoir en savoir plus, mais ça l’est aussi de ne pouvoir en dire plus… 1 partout, la balle au centre).

C’est d’autant plus débile que je sais que je n’en tirerai rien pour cette note. Bref, nous évoquons aussi nos connaissances communes, les blogs que nous lisons et tout un tas de trucs qui ne me serviront pas plus pour ici. Et puis, surtout, je parle de moi. Un long moment.

Ce matin, en décryptant la cassette, je me suis dit : « mais qu’est-ce que c’est que cette interview de merde, Mandor ! ».

(En vrai, je ne me suis pas dit ça. J’ai eu honte. Juste ça.)

Alors qu’en plus, je lui ai précisé que lorsque je n’aimais pas un livre d’un auteur que je rencontrais, je biaisais un maximum pour ne pas en parler…

Là, c’est l’exception qui confirme la règle. J’ai beaucoup aimé son livre et je me suis perdu dans je ne sais quel méandre.

J’ai oublié de lui parler de ses livres pour enfants dont les personnages principaux sont des héros de la mythologie : Arthur | Icare | Thésée | Hercule | Jason | Ulysse .

Nada. Pas une question sur le sujet.

Très fort Mandor !

26ddd870efe4870665486dfa717c0dd3.jpgEt je lui ai juste touché deux mots sur son premier roman La véritable histoire de mon père.

Un livre que je n’ai pas lu, mais dont je sais qu’il a choqué beaucoup de lecteurs. Pensez-vous… un portrait sans concession d’un papa qui a tué sa petite fille, ce n’est pas du genre à plaire à la masse populaire…

-Je travaillais dans le marketing et ce n’était pas quelque chose qui me motivait. Je me levais très tôt pour écrire avant d’aller au travail. Il me fallait donc une histoire qui me prenne vraiment. J’avais une voix qui me disait qu’il fallait que je travaille sur cette phrase : « Vous avez commis l’irréparable ». Tout est parti de là. De plus, je savais que pour que mon premier livre se fasse remarquer, il fallait que je frappe fort.

Comme il est beaucoup question de famille dans ses romans, je lui demande si tout va bien dans la sienne.

(Encore une fulgurance de ma part.)

-Je me fais fort de n’écrire que des fictions. Donc des histoires qui n’ont rien a voir avec ma propre vie. Ma famille, si elle fait partie de la petite bourgeoisie locale, n’a aucun rapport avec celle de mon livre.

Oui, mais le papa, comment il a réagi en apprenant le titre de son premier roman.

-C’est sûr, La véritable histoire de mon père l’a interpellé. Il a même été un peu choqué. Je crois savoir qu’il a été plus sensible au roman suivant…

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Nicolas Cauchy semble très pudique sur lui-même. Je le soupçonne de préférer interroger les autres…

En ce moment, il est en pleine écriture de son nouveau roman. Il me dit qu’il compte prendre un peu plus de temps pour écrire cette histoire de 3 couples confrontés à la mondialisation.

-Je souhaite que mon prochain livre soit la somme de mon expérience des deux premiers. Je veux qu’il y ait la forme et le fond, qu’il soit plus aboutit encore. Je suis très critique sur mon travail. J’ai du mal à aimer ce que j’écris.

J’aime son écriture. Même si elle est un peu clinique, sans aspérité, je trouve qu’il écrit bien.

Il me répond : « C’est quoi pour toi un livre bien écrit ? ».

J’ai bredouillé une réponse qui n’en était pas une…

Décidément, la grande forme, moi.

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Après les presque deux heures passés ensemble, il m’a raccompagné jusqu’à ma voiture. Là, j’ai compris que je n’avais pas été bon. Pas parce qu’il m’a fait ressentir quelque chose de négatif. Pas du tout. Il a été sympathique tout le temps. Mais après toutes ces années d’expériences, de rencontres, je sais parfaitement quand j’ai loupé le coche.

Là, j'ai loupé le Cauchy.

Et c’est devant ma voiture qu’il m’a dit tout ce que j’ai écrit dans ma précédente note.

Nicolas, promis, pour la prochaine, tu auras le droit au vrai Mandor.

Là, ce n’était qu’une pâle copie.

(Mais, je ne veux plus la voir, celle-là !)

 

A lire ici, une vraie interview!

Commentaires

Toi, tu files un mauvais coton comme dirait mon ami Erik Orsenna!
Pas deux notes de suite du même tabac ...
Est ce que je fais ça moi?
Est ce que je fais ça moi?

Oui, mais je parle des autres...
D'ailleurs je ne suis pas mécontent des archives retrouvées à cette occasion...
Essaye ça ne fait pas de mal de dire du bien de soi, il y a même des fois où ça fait du bien de ne pas dire de mal...de soi!
Parce que les autres..Ton problème c'est que tu es trop gentil, moi aussi...mais ça se voit moins! Il faut le savoir...

Écrit par : Gillou le Fou | 09 janvier 2008

@Gillou le fou: C'est normal que ce soit du même tabac puisqu'il s'agit du même jour, de la même circonstance, du même interlocuteur... c'est juste la suite (et la fin). Je vais au bout de mon idée et je passe à autre chose. Ce n'est pas grave mais j'ai décidé de raconter les évènements tel que vécu intérieurement. Il n'y a pas mort d'homme et demain sera un autre jour.
Promis, j'ai un peu d'estime de moi quand même...

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 09 janvier 2008

Mais j'aime bcp cet interview!

Tu le penses raté, moi je suis touché parce que tu as très bien mis en avant Nicolas Cauchy, tu sais suciter l'envie de découvrir le reste de ses écrits.

Peut-être qu'en ce moment tu as aussi besoin d'attentions et que lorsque tu rencontres des personnes à l'écoute tu te laisses piéger.

Mais artiste, acrivain, chanteur, animateur radio, chômeur, ou tout autre... Tu sais au final nous ne sommes tous que des êtes humains avec la passion des autres l'envie d'exister.

Attrape donc un peu de cette lumière que tu ne cesses de donner!
Je suis certaine que Nicolas Cauchy sera ravi de lire cette note, déjà parce que sans elle je ne saurais pas qui il est et que donc.... ton job est impec!

Pari réussi, allez même joueur joue encore!;)

Écrit par : Elisabeth Robert | 09 janvier 2008

C'est malin de répondre à Gilles en même temps que je poste mon commentaire tiens!;)

Écrit par : Elisabeth Robert | 09 janvier 2008

J'aime beaucoup ton article, puisque tu m'as donné envie de lire cet auteur.

Écrit par : Loïs de Murphy | 09 janvier 2008

en fait ce ne serait pas lui l'auteur du site à succès... ah ben non, j'ose même pas demandé si j'ai bien deviné (de peur d'avoir raison...)
Sinon, je suis reviendu dans une routine parisienne (pour le moment...)

Écrit par : Largentula | 09 janvier 2008

@ Mandor,
fou mais pas con, le mec!
J'avais compris c'est juste que je n'ai pas envie que tu t'enfonces dans une spirale dépressivo post nouvel an !
D'ailleurs , à propos, il faudrait peut-être que l'on organise très informellement évidemment une petite dégustation de bulles pour la nouvelle année avec quelques camarades qui traineraient dans le coin à un moment donné...
Qu'en penses tu?
Je dois me mettre au régime mais le plus tard sera vraiment le vraiment mieux!
Qui est ce qui est pour voir si la blogosphère est aussi sféérique que les bulles de champagne?
Président?

Écrit par : Gillou le Fou | 09 janvier 2008

@Mandor : Salut, j'arrive un peu en retard, mais j'était en voyage, donc bonne année, et heureux que linterview de Jestaire t'ai plus !
A bientôt

DeYeR

Écrit par : DeYeR | 09 janvier 2008

Le site de N. Cauchy est génial. Bravo Mandor pour cet article que je m'empresse de relayer dans mes colonnes pour en fire profiter mon unique lecteur : moi !

Écrit par : merlinbreizh | 09 janvier 2008

Je m'habitue à la mandorisation des interview...et celle-ci ne me semble pas si imparfaite puisqu'elle incite à mieux connaître Cauchy...Est-ce une nouvelle façon journalistique d'aborder les auteurs?...Pour une pâle copie...

Écrit par : Jonavin | 09 janvier 2008

Et ben alors ? Un coup de mou ? Bon, c'est l'hiver, c'est bientôt fini, aller, la prochaine sera extra, j'en suis sûre. Et puis, elle n'est pas si mal celle-la, faut pas non plus pousser !

Écrit par : Nath | 10 janvier 2008

@Elisabeth Robert: Tu sais trouver les mots, toi. Je n'ajoute rien, hein...
@Loïs de Murphy: L'important, c'est de mettre en lumière l'autre. Parfait si ça marche... merci à toi.
@Largentula: Tu es revenu... on va peut-être pouvoir enfin organiser cette rencontre Largentula/Mandor.
On tente?
@Gillou le fou: Bon, là on se bigophone parce que si on organise tout ici, ça va être un sacré boxon!
Je pense.
@DeYer: Tu as fait du bon boulot, franchement. Bonne année aussi à toi, camarade.
@merlinbreizh: lu et approuvé ta note!
(Oui parce qu'il était essentiel que tu lises mon appréciation personnelle... hum!)
@Jonavin: Non, ce n'est pas "une nouvelle façon journalistique d'aborder les auteurs", c'est juste un peu de laisser aller egotripal... Un moment de faiblesse, rien de plus.
@Nath: Indulgente jeune fille, je te remercie pour le "pas si mal". C'est encourageant.
;o)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 11 janvier 2008

Yes on tente, mais je risque de me réabsenter quelques jours par-ci par-là... (le repos à été de tres courte durée...)

Écrit par : Largentula | 11 janvier 2008

@Largentula: cette semaine, donc?

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 12 janvier 2008

ça me sembl pas mal... enfin celle qui s'annonce ?

Écrit par : Largentula | 12 janvier 2008

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