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27 décembre 2007

Stéphane Nolhart... écriv'ange!

 

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Le livre dont je vais parler aujourd’hui, je l’avais mis dans mes bagages, lors d’un récent départ en week-end à Dijon pour aller voir de la famille. A priori, prendre un livre quand on va voir de la famille, c’est louche.

Mais là, non. 

Je n’avais pas peur de m’ennuyer, juste, avoir un livre à portée de main me rassure.

On ne sait jamais, en cas d’insomnie…

Les Ailes de Giacomo de Stéphane Nolhart, pour tout dire, a finalement été mon médicament pendant toute une nuit.

J’étais malade comme un chien. Je vous passe les détails, mais, à cause d’une longue et insupportable quinte de toux, j’ai dû m’enfermer dans une pièce afin de ne pas réveiller ma tribu.

Étant dans l’impossibilité de dormir, j’ai pris ce roman et l’ai lu d’une traite.

Et il m’a fait du bien.

J’ai cessé de tousser.

Vrai.

En 4 heures.

(Peut-être était-ce aussi l’effet de mes nombreux « miel citron » bu tout au long de la nuit ?)

Croulant sous les livres à lire, j’avais hésité à prendre celui de ce jeune auteur.

(Enfin, jeune, nous avons quasiment le même âge. Oui, donc, jeune.)

Mais, vraiment, le thème m’intéressait.

 

Léalan d’Antoni, un petit garçon prématuré (de 6 mois) continu de vouloir vivre malgré les souffrances, sous a35056b78b72531a90b1a688aa57316c.jpgl’impulsion de son ange gardien, le plus contesté qui soit, Giacomo Casanova.

(C'est lui, à gauche).

 

Tout en croisant d’incroyables destins, Léalan  passera sa vie à chercher sa mère (prostituée) sous l’œil de cet ange iconoclaste.

Il y a, parmi les protagonistes, une chanteuse de rock alcoolique, suicidaire et nymphomane, un champion du monde de boxe, un champion du monde d’échec reconverti dans l’islam le plus radical et toutes sortes de personnages plus excessifs les uns que les autres.

Tout est crédible et rien n’est caricatural, ce qui est une performance quand on crée des héros aussi déjantés.

Hier, j’ai donné rendez-vous à Stéphane Nolhart dans une brasserie de la Porte Maillot. J’arrive un peu avant lui. Je m’adonne donc à mon activité préférée dans ce genre d’endroit. L’observation des gens.

J’adore contempler ses vies inconnues.

Une femme seule (et magnifique) est là.

Elle me sourit.

Elle doit penser que je l’allume.

A la place, elle s’allume une clope. Posture.

Elle prend son téléphone, écoute des messages en fronçant les sourcils. Posture.

Puis, elle boit son thé, l’œil méditatif. Posture.

Du coup, je ne cesse de la regarder.

Pour voir, comme ça.

Ça m’amuse.

Sachant d’autant plus que je ne l’aborderai pas.

(J’ai déjà bien assez de soucis comme ça !).

(Cœur fragile.)

Puis, un bel homme arrive et s’assoit à côté d’elle.

Puis l’embrasse sur les lèvres.

Avec avidité.

Imposture.

L’auteur arrive, lui aussi.

Heureusement, j’allais pleurer.

Il m’inspire immédiatement de la sympathie. C’est fou ce que l’on peut dégager comme ondes positives (ou pas) en quelques secondes. Je lui raconte mon histoire à Dijon.

Il sourit et me dit : « on écrit des mois et des mois et en 4 heures, le livre est ingurgité ».

Oui, mais, à moi, il m’a fait un sacré bien.

L’idée d’avoir écrit un livre salvateur lui plait.

Je lui demande ce qu’il veut boire : « Je ne sais pas, j’hésite entre un thé et une pression. »

J’appelle le garçon et commande, deux pressions.

Je lui pose des questions indiscrètes sur sa vie d’écrivain.

Il me dit en vivre.

Ce qui est si rare que je lui demande de m’en dire un peu plus.

Parce qu’il écrit depuis l’âge de 14 ans et qu’il n’a jamais cessé cette activité jusqu’à aujourd’hui.

Mais encore ?

 

-Des nouvelles, des contes pour enfants… mais j’utilise plusieurs pseudonymes. Depuis un an, j’écris des livres pour d’autres.

Autant dire qu’il est nègre, même s’il préfère le terme anglais : « écrivain fantôme ».

Stéphane Nolhart s’astreint à une discipline d’enfer rigoureuse.

-J’écris de 4 heures du matin à 11 heures. L’écriture, c’est aussi lire beaucoup et avoir un rythme de vie très carré. C’est un métier… on ne peut rien faire qui tienne la route si on ne s’y consacre pas à plein temps. Je me demande comment font les écrivains qui pondent un livre en 3 mois tout en ayant un autre travail pour gagner sa vie. Je ne cesse de rencontrer des auteurs qui parviennent à maîtriser cette double vie. Moi, ça me dépasse.

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Stéphane Nolhart a pourtant une longue vie professionnelle derrière lui : « de parachutiste à balayeur, de pigiste pour des magazines pour adultes à directeur de groupe de presse », dixit la 4eme de couverture de ce livre sorti chez Pietra Liuzzo Editions.

Ce qu’il me confirme :

 

-J’ai bien profité du début de la bulle Internet, quand tout était facile et que l’argent se ramassait à la pelle. Je suis  passé d’une boite de 30 personnes, très rapidement à une boite de 300 personnes. J’ai vu le vent tourner, j’ai tout vendu et je suis parti avec de quoi voir venir…

Je comprends qu’il a eu les moyens de se « poser ». Il s’est mis à écrire.

Un divorce et d’autres problèmes lui ont imposé une réflexion sur la vie qu’il menait. Il affirme que la littérature lui a permis de traverser certaines bourrasques du quotidien.

-La littérature peut sauver la vie comme on peut en crever. Personnellement, elle m’a sauvé. Écrire ou lire permet d’échapper à une réalité qui est parfois trop dure. Si le monde dans lequel on évolue ne nous plait pas complètement, on peut en créer un autre…

Le but étant d’écrire aujourd’hui des romans qui n’impliquent pas sa petite personne et qui fédèrent un public large…

-Je me suis attaché à essayer de prendre mon lecteur par l’épaule et à l’amener jusqu’à la fin sans qu’il ait envie de se barrer. J’ai passé beaucoup de temps sur le style et le rythme…

Pourquoi ce thème des « représentants du Seigneur qui guident et protègent » ?

-La seule chose autobiographique de ce roman, c’est que je suis moi aussi un enfant prématuré de 6 mois. Que j’ai réellement pesé 900 grammes… Je suis parti de cette question : pourquoi, alors que la vie n’est que souffrance, un petit être décide de continuer à se battre pour vivre. Et si, quelqu’un l’incitait à persister. J’ai aussi réfléchi sur l’intuition…peut-être est-ce les anges qui nous parlent ? Notre destinée, dépend- elle de la compétence des anges qui nous surveillent ? Je tente de répondre à ces questions de manière ludique et amusante. Mais je ne prétends rien.

Stéphane Nolhart, en vrai, ne croit pas précisément aux anges…

-Je crois juste en ma bonne étoile. Peut-être parce que j’estime que j’ai eu une vie assez jolie. Ça ne m’empêche pas de m’interroger sur le sens de la vie, de l’amour et de la mort… Pourquoi fait-on certains choix ? Pourquoi court-on après quelque chose ? Mais, je dois avouer que l’une de mes priorités en écrivant ce livre était de réhabiliter Giacomo Casanova. C’était un vrai philosophe, d’ailleurs, je cite beaucoup d’extraits de Histoire de ma vie. Une vie tout à fait fascinante.

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S’il y avait une morale dans Les ailes de Giacomo, ce serait : la vie est un éternel recommencement.

Pour être franc, je préfère ne pas trop en dire sur ce roman cynique et épique. Simplement, je le conseille vivement à ceux qui aiment les histoires qui sortent des sentiers battus, qui transportent le lecteur dans un monde qui n’est pas tout à fait le nôtre, sans en être, pour autant, très éloigné.

Stéphane Nolhart, ce grand et beau gaillard d’1m90 est touchant.

Il m’avouera (en off) qu’il a eu le trac avant de faire lire « les ailes de Giac… » aux êtres qui lui sont chers. Il était terrorisé de le présenter à son fils de 18 ans. Il fait des études littéraires et son jugement est souvent sévère. Le fils avait une larme à l’œil après lecture. Le père était fort ému.

Son plus beau cadeau.
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Le prochain livre de Stéphane Nolhart aura comme héros, la mort.

Un livre très drôle qui l’humanise.

Un livre pour faire aimer la mort.

En tout cas, pour avoir un peu d’affection pour elle.

Pour ne plus la regarder de la même manière.

Et quand je lui demande s’il en a peur, il cite Giacomo Casanova (ce qui boucle la boucle) :

« Finalement, mourir, c’est quitter la scène du théâtre de la vie avant que la pièce ne soit terminée. ».

Oui, enfin, moi, ça ne me console guère.

Mais j’attends avec beaucoup d’intérêt ce livre, pour le moment intitulé : L’incroyable vie de monsieur Catule LaMort.

Nous restons près de deux heures ensemble à parler ensuite de nos vies respectives.

Encore une fois, je me dis que ce type-là pourrait être un pote.

Peut-être le deviendra-t-il ?

Peut-être pas.

Les surprises de mon métier.

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On se sépare en se promettant de se revoir.

On verra.

Les surprises de la vie…

 

Important: vous pouvez commandez ce livre ici.

Commentaires

rien que ce billet est une histoire ! comme tu sais si bien les raconter. Bonne fin d'année !

ps1 : je lirai ce livre ! Pour tout : l'auteur, Casanova, et caetera, et caetera...

ps2 : non rien, atchoum !

Écrit par : wictoria | 27 décembre 2007

Le problème étant qu'on peut écouter de la musique en bossant, en surfant sur le net, en marchant dans la rue... cela n'implique pas forcément d'avoir du temps... un minimum certes, mais ce n'est pas démesuré
Pour lire, il faut pouvoir se poser, tranquillement, ... dans le métro j'ai à peine le temps de lire la presse en diagonale, parfois les inrocks et la scène... et en même temps à part les livres faciles à la Anna Gavalda ou Modiano... je n'arrive pas à lire dans le métro.

Donc oui ce livre me fait drôlement envie (surtout de part les stéréotypes qui n'en sont pas réellement que tu décris)... tout comme j'ai prévu de lire la piqûre de Marie, et au moins un livre de Benoït... mais je ne prends pas le temps de le faire :(

Et puis je dois avouer que je suis difficile, j'aime les livres qui se lisent avec aisance, mais avec, pour autant, un vocabulaire un minimum recherché... alors il y a de nombreux livres que j'ai commencé et qui sont restés là, inachevés

Écrit par : Lou | 27 décembre 2007

Très belle analyse de ce livre. Tu sais donner l'envie de lire! Bravo.
Fais attention tu vas devenir un addict des éditions Pietra Liuzzo!:)
Et sinon ça va toi?

Écrit par : Elisabeth Robert | 27 décembre 2007

"-La littérature peut sauver la vie comme on peut en crever. Personnellement, elle m’a sauvé. Écrire ou lire permet d’échapper à une réalité qui est parfois trop dure. Si le monde dans lequel on évolue ne nous plait pas complètement, on peut en créer un autre…"

Belle conception de lécriture.que je viens de découvrire en cette fin d'anné.

bonne année à vous 2008


Mohamed

Écrit par : Mohamed El jerroudi | 27 décembre 2007

J'adore vous lire, toi et tes acolytes... Benoit et Fishturn.
Ce mélange de dérision teinté d'ironie et de tendresse... de sérieux, d'humour tout en finesse... d'infos ! d'introspection parfois, que l'on retrouve dans vos articles; c'est vraiment ce que j'aime. C'est con à dire, mais souvent j'explose de rire devant mon écran... et d'autre fois juste envie de vous serrer dans mes bras (Bien que vous soyez des hommes !). Mais quand j'ai su que tu retournais sur RTL2, j'ai juste eu envie de faire des infidélités à Europe1, qui je pense le supportera très bien.

Bonne continuation, mais de grâce ne lâche pas ton blog, hein, dis oui ?!! Moi, c'est tout je lis.

Écrit par : RonDevu | 28 décembre 2007

Oups ! il fallait comprendre que je ne lis pas beaucoup, mais que j'adore lire ce blog. C'est à peut près tout ce que je lis d'ailleurs. Je sais, c'est honteux de ne pas lire énormément, mais bon... des fois (Chouette explication, mais je n'en ai pas d'autres, désolé).

Écrit par : RonDevu | 28 décembre 2007

J'ai commandé et reçu ce livre mi décembre... Il est sur ma pile qui a en plus grossi au moment de Noël ;-) Ton article me prouve que j'ai bien fait de le commander...

Écrit par : Marie-Laure | 28 décembre 2007

Tu nous montre le bon chemin littéraire, cher Mandor. Merci.

Quant à cette femme magnifique et sa clope, garde ce souvenir, la prochaine fois que tu la verras dans un resto, elle n'aura pas le droit de cet accessoire ;-)...

Écrit par : marsha FAPM | 28 décembre 2007

Pour le tas de raisons que tu évoques si bien, vendu ! Bon, le prématuré de 900 g était déjà un excellent point de départ pour moi...

Écrit par : Bridget | 28 décembre 2007

@wictoria: Bonne fin d'année aussi à toi... et bonnes lectures!
@Lou: Tu cherches le livre intéressant, facile à lire et bien écrit... tu sais, il y en a quand même pas mal. A commencer par celui-là. Il devrait te faire une semaine de trajet de métro.
;o)
@Elisabeth Robert: Je suis juste addict aux bons livres...
;o)
@Mohamed El Jerroudi: Merci pour tout!
@RonDevu: C'est très gentil ce commentaire... mais, tu sais, je n'ai jamais parlé de lâcher ce blog. Tu auras encore un peu de lecture, donc.
@Marie-Laure: Moi aussi, je l'ai laissé un moment sur ma pile de "livres à lire"... Heureusement que je me suis décidé.
@marsha FAPM: Je te remercie pour le conseil mais, je suis certain que les femmes ont bien d'autres "postures" à proposer. La clope était la plus simple.
;o)
@Bridget: J'espère être bon conseilleur... ça me fout de la pression, là.
;o)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 29 décembre 2007

Bonjour Mandor, je l'ai lu à sa sortie et j'ai tout de suite accroché. Nul doute que Stéphane Nolhart est un excellent écrivain. J'attends son prochain avec impatience. Autrement, joyeuses fêtes à vous ainsi qu'à tous ceux qui passeront par ici :-)

Écrit par : Sarvane | 29 décembre 2007

Le soleil n’était encore pas là, et je confiturais ma tartine devant mon écran, lorsque je suis tombé sur ton article. Et vlan, tu m’as refilé cet entrain si particulier qui me choppe lorsque je suis victime d’une attaque de plaisir des potron-minet. Tous mes proches te le confirmeront : habituellement, lorsque je rentre d’une soirée donnée par l’amicale des cruciverbistes anonymes de l’Oise, aussi brillant que je puisse être quand le cœur de la fête bat son plein et que l’accordéon donne, je suis rarement pétulant devant mon pc à 5 heure. Mais là, j’aurai bien remplacé mon traditionnel « il est cinq heure Paris s’éveille », air sur lequel j’ai failli bisser à la chorale des boulangers en retraite alors que j’étais encore en culotte courte, et qui, tous mes proches encore ensommeillés te le confirmeront, me donne ce charme si singulier à 5heure du matin, par « boum quand votre cœur fait boum » bien plus adapté à la situation car j’ose à peine dire combien ces mots chaleureux, dictés par ton talent, m’ont touché ; et je crois que s’il y a bien un exemple de moment où l’on peut dire un truc du genre « Oh ?! Merci beaucoup », c’est bien celui-là. A très bientôt, j’espère.

Écrit par : Stephane Nolhart | 30 décembre 2007

1er janvier 2008, je fais une découverte de poids: le blog de Stéphane Nolhart! J'y reviendrai, c'est sûr: j'aime son look (je parle du blog évidemment) et j'aime son style (celui de l'auteur!)
Et pour ne pas faillir à la tradition, bonne année 2008, Stéphane!

Écrit par : danielle | 01 janvier 2008

@Sarvane: J'ai cru comprendre que Stéphane allait raconter l'aventure de son deuxième roman dès le 3 janvier, sur son blog... http://nolhart.blogg.org/themes-euthanasie-156963.html
@Stéphane Nolhart: Tes remerciements me vont droit au coeur... je te suis donc, maintenant de très près (par le biais de ton blog).
@Danielle: Il le mérite.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 02 janvier 2008

Il m'est toujours doux d'entendre évoquer un roman que j'ai lu avec délectation, et cela me fait d'autant plus plaisir que cette voix qui parle de Stéphane Nolhart, dont l'écriture aussi malicieuse qu'érudite nous ensorcelle et soigne nos rhumes ou nos bronchites, entre autre, cette voix qui dit "écriv'ange" pour un jeune écrivain, soit la votre.

Tous mes respects et mes meilleurs voeux pour 2008, cher Mandor.

Écrit par : L'écri'velle | 06 janvier 2008

@L'écri'velle: A vous aussi chère mystérieuse... et merci pour vos élégants propos.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 07 janvier 2008

t'accompagnent, c'est mieux...;)

Écrit par : Stephane Nolhart | 07 janvier 2008

En toute connaissance de stéphane je retrouve bien son coté seducteur dans cette description.
Je suis egalement d'accord avec les louanges faites sur cette magnifique oeuvre qu'il a su si bien écrire.
Comme stéphane le sait il a beaucoup de talent et mérite d'être connu d'avantage et surtout reconnu en tant qu'écrivain. Pour ma part je conseil son livre a chaque personne cherchant un peu de "réconfort" et surtout aimant les oeuvres qui donne à réfléchir.
Merci stéphane et à la prochaine

Écrit par : marion simoens | 09 février 2009

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