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27 novembre 2007

Dumas...

 

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(Photo de Tshi Zerbia)

Hier soir, je suis allé à la Cigale applaudir Dumas.

Ça fait un petit moment que j’ai repéré ce génie de la scène québécoise.

(Ici, son MySpace).

Au départ, je vous avoue, j’étais un peu dubitatif sur sa création. Je ne suis pas rentré tout de suite dans son univers.

Et puis, ça m’a pris d’un coup, je suis tombé sous le charme de sa musique et de ses textes candides et charnels.

Ces deux premiers albums étaient un (habile) mélange de new wave, pop, rock, chanson et bidouillage électro parfois hypnotique.

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Hier soir, j’ai été comblé.

Quelle énergie, quel charisme ce gars là !

Je me rends compte que la Dumanie est née. Et n'a pas fini de déferler.

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(Photos de Martin Bureau)

En regardant ce jeune homme se donner au public avec tant de vigueur, je repense à l’interview qu’il m’a accordée dans l’après-midi.

Relax, gentil, un peu ému du concert du soir et calme.

Lent.

Non, ce n’est pas le même homme qui irradie sur la scène.

Les concerts transcendent les artistes.

Je l’ai remarqué si souvent…

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(Photo de Martin Bureau)

Dans son pays, son troisième album, Fixer le temps, est déjà une référence. C’est un disque rempli de 5adf29f48963f3b6d1e2a33cce786366.jpgchansons folk et électriques dans le plus pur esprit anglo-saxon, mais également doté d’une écriture farouchement francophone. Dumas y signe textes et musiques et y propose un puissant déluge rock, des chevauchées harmoniques complètement effrénées.

Sa carrière a commencé en 2001, avec la sortie de son premier album éponyme, qui a révélé son univers original. Depuis, il n’a cessé de le travailler, creusant une veine chanson-pop originale et novatrice. Les nouveaux morceaux avec lesquels il revient, enregistrés en live, sonnent beaucoup plus rock que ces albums précédents. Il faut dire qu’il s’est entouré d'excellents musiciens - Jocelyn Tellier (guitare, tambourine), Carl Bastien (guitare, piano, orgue et tambourine), François Plante (basse) et Jean-Phi Goncalves (batterie).

Avec eux, il explore les différents sons qui l’ont influencé, notamment la musique des seventies, dont il s’est abreuvé en préparant l’album, mais aussi la pop des sixties. Certains titres rappellent U2, d’autres les Beach Boys. L’esprit de Radiohead habite certains accords. Dumas y parle de son rapport au temps, bien sûr, mais aussi de ses amours. Et surtout, il utilise sa voix comme un instrument à part entière, lançant sur les titres un doux air de liberté, dans lequel on se laisse volontiers inviter.

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(Photo de Martin Bureau)

Fixer le temps vient positionner Dumas dans une case à part dans le paysage musical québécois : un brillant auteur-compositeur-interprète, un artiste accompli et inventif, intègre et mature.

« 12 chansons, autant de tableaux impressionnistes, où le temps, thème récurrent, se fixe notamment dans des lieux de transit ; les avions, taxis ou aéroports. Après une importante période introspective d’écriture et de composition, il a eu envie d’expier le tout avec des musiciens galvanisés. » explique son site internet.

Il ajoute que « l’enregistrement, « live » en studio, s’est fait sur rubans comme on le faisait avant l’arrivée du numérique ». Résultat : une énergie pure, des ambiances fortes, un rock puissant et inspiré, de riches harmonies vocales et des envolées musicales audacieuses, presque épiques.

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(Photo de Martin Bureau)

Ce troisième album de Dumas est l’œuvre admirablement contemporaine d’un artiste accompli et inventif, intègre et mature.

Voyez son nouveau clip.

Je ne m'en lasse pas.

   

Il est évident qu’il va falloir compter sur cet artiste très longtemps.

J’espère, en tout cas.

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26 novembre 2007

Live in 77FM (Part two)... portfolio.

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Vous vous souvenez certainement de ma première note sur cette soirée.
Elle s'est superbement déroulée.
De 21h20 à près de minuit, les groupes se sont succédés sur la scène des Cuizines (à Chelles).
3 ou 4 titres par artistes invités puis, descente dans la fosse pour répondre à mes questions.
Tout ceci enregistré pour une diffusion ultérieure:
Vendredi 30 novembre à 19h et dimanche 2 décembre à 17h sur 77FM (écoutable sur leur site, évidemment).
Voici quelques photos de la soirée.
INA ICH pour commencer:
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(Photo Nicolas Maillard-Atome77)
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(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
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Douce dans la vie, métamorphosée en panthère aux griffes acérées sur scène...
Un contraste troublant.
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Le groupe Corvette:
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J'ai discuté très longuement avec deux des membres du groupe.
Benoît Clerc et Fabrice Falandry. Ils me paraissent très lucide sur le monde du disque (et son industrie) et le moyen de parvenir à s'imposer. Le travail, la scène, la scène, la scène et l'humilité...
Humainement, des gars biens.
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(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
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(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
Les deux "The Olympic Dragons", Cindy Jacquemin et Sébastien Chaillou, sont, eux aussi, des acharnés de la scène. Ils savent que rien ne peut remplacer cette activité pour se faire remarquer par une maison de disques.
Je suis stupéfait par l'état d'esprit positif des groupes présents ce soir-là.
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(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
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Cindy Jacquemin
(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
Enfin (et pas des moindres), les deux membres de La Bestiole:
Delphine Labey et Olivier Azzano.
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(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
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(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
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Delphine Labey
(Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
Eux, nous nous sommes tellement bien entendus qu'il y a fort à parier que je les mandorise prochainement...
Je suis assez fan de ce duo déglingo-mélodique.
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Là, c'est le directeur des Cuizines.
Grégory Jurado.
Type sympatique, accueillant, compétant et dont a envie bien vite de devenir un ami.
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Le final (avec bibi à gauche!)
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Corvette taille la bavette avec The Olympic Dragons.
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 (Photo Nicolas Maillard-Atome 77)
Il y a beaucoup de photos de la soirée ici.
Et des vidéos des 4 groupes (prestation scénique mélangée à mes interviews...)
Merci à toute l'équipe de la radio de m'avoir bichonné, nourri, rassuré (et fait boire un peu trop de plein de trucs...)
Petit rappel, pour la diffusion:
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23 novembre 2007

Belinda... star d'amérique latine!

 

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Hier, journée, comme je les aime.

Je reviendrai sur la soirée « In live » lundi, le temps de récupérer photos et vidéos (nombreuses) de ce truc de fou.

Avant de me rendre à Chelles pour animer cette soirée, je suis allé chez EMI pour interviewer une future star internationale (c’est ce qu’on m’a prétendu, en tout cas) en début d’après-midi.

acdc906dc1c78d1d95a005343c378b90.jpgPetit retour en arrière.

Mardi, un attaché de presse de mes nouveaux amis, m’envoie un mail :

« Connais-tu Belinda ? Tornade musicale qui a déjà vendu 2 millions d’albums en Amérique latine. Et qui arrive aujourd’hui en France. »

Il m’envoie des liens pour découvrir son premier tube If we were et son site.

Son MySpace aussi.

J’écoute, je regarde.

Bon, de la musique latine, quoi.

A la différence près que la jeune fille est très jeune (née en 1989) et très belle.

Et ça voix possède un grain du voix très plaisant.

Bref, je suis un homme faible. J’obtempère.

(Ce métier est difficile !)

Je lis la suite du mail :

« Je viens d’apprendre qu’elle sera à Paris jeudi. »

Ah ouais, quand même. Il faut que je m’organise là.
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Donc, je m’organise (là).

J’appelle mon amie Marie Cartier pour lui proposer de venir avec moi. On ne sait jamais, elle pourrait éventuellement la filmer pour le site musical qu’elle a créé, Zik Addict (auquel, je collabore… j’y reviendrai bientôt plus en détail ici dans quelques jours).

Elle accepte, bien que je sache que ce genre de musique est vraiment loin d’être sa tasse de thé. Elle a sans doute pitié de moi. Me laisser seul avec une jolie fille, elle sait que c’est insoutenable pour ma petite personne.

Merci Marie.

4bb7271b549f7f1f8700a108a708735b.jpgBref, nous arrivons à la maison de disques. L’attaché de presse nous accueille très gentiment et nous emmène dans une petite pièce (une salle de réunion, je présume).

On s’installe et nous voyons au bout d’un moment arriver une chef de projet, suivie de près par un homme, une femme, un jeune homme, une jeune femme.

Nous en tirons la conclusion qu’il s’agit du papa, de la maman et de je ne sais pas qui. Et de la chanteuse elle-même.

Elle fonce sur nous pour nous claquer la bise.

(Métier difficile, je disais…)

Je comprends que je vais faire l’interview en public.

8 yeux braqués sur nous. J’adore ça.fc88e36dc8902c175eed838bb22e9bb4.jpg

Hum !

J’apprends notamment que la jeune fille est née à Madrid. Qu’elle s’est installée avec sa famille l’âge de 4 ans avec sa famille à Mexico, où elle réside encore actuellement.

Je sais, c’est dingue !

A 10 ans, elle apparaît dans sa première série télévisée, puis à 11, dans une autre, puis à 12, encore une autre. A chaque fois, elle enregistre aussi la BO des séries qui s’écoulent à plusieurs millions d’exemplaires. Grand carton en Amérique Latine, mais aussi aux États-Unis.

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Peu avant ses 14 ans, elle sort son 1er album, Belinda (1 million d’exemplaires vendus). Elle fait des centaines de concerts et reçoit des récompenses, parmi lesquelles le Female Record Of The National Auditorium à Mexico…

9aaee6cc0b348211f3ffccbdad7d329c.jpgSon nouvel album s’intitule Utopia. La date de sortie française n’est pas encore fixée (c’est la raison pour laquelle, je peux dire que cette note peut être qualifiée d’exclusive ! Je suis un peu le seul à parler de la demoiselle.) Ce disque rassemble des chansons pops produites et co-écrites avec 5 songwriters actuels (qui ont pour habitude d’écrire pour, notamment, Kelly Clarkson, Gwen Stefani, Kilie Minogue, Britney Spears, Lily Alen, Pink, Santana, Shakira, Céline Dion et Elton John).

Bref, je pense que la personne que j’ai devant moi, je n’aurai plus l’occasion, dans quelques mois, de la ré-approcher dans d’aussi bonnes conditions.

(Je le sais, des trucs comme ça, je les ai vécus 100 fois).

 

Tenez, une page de pub.

 

 

 

 

 

Bon, pour finir, Belinda me dit qu’elle adore la France. Ses grands-parents sont Français (son père me sort sa carte d’identité française). Elle est aussi mexicaine et espagnole.

Sa vision de Paris... celle des Aristochats. Pour elle, Paris, c’est le dessin animé de Disney.

Ça nous fait sourire, Marie et moi.

Bon, voilà, c’est fini.

Une demi-heure avec une star que personne ne connaît encore ici.

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De nouvelles bises et la promesse de se revoir lors de son prochain passage.

Tu parles Charles !

Voici, un de ses clips.

21 novembre 2007

Michel Berger... Tous pour la musique!

Tous pour la musique, c'est le titre d'une émission qui est proposée ce soir sur France 2.

Bande annonce.

Michel Berger, je l'ai interviewé une fois.

Dans des conditions qui n'étaient pas des plus tranquilles.

Je n'ai malheureusement pas pris de photos, les circonstances ne s'y prétaient pas.

Son attaché de presse n'était pas un rigolo (ce jour-là!)

Ne me reste plus qu'un pauvre cassette de cet entretien.

Pour être franc, je trouve que cette rencontre a été un rendez-vous manqué.

Parce que j'aime créer un lien avec l'autre.

Et trop d'interférences tuent le lien.

(Vous le savez, cela... hein?)

Juste avant ma rencontre avec lui (dans un bar de la rue Bayard, en face d'RTL), je suis allé le voir participer à une émission de cette radio (que j'ai beaucoup fréquenté dans ma vie...).

Voilà les seuls chichés que j'ai pu prendre.

Si j'avais su qu'un an plus tard...

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Et cette chanson, pour finir.

 

Les Fleurs Noires... réinventent le tango!

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Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre un coup de projecteur sur un groupe de 11 filles. Non, pas un de ces groupes qui tournent des clips à gogo en se déhanchant lascivement sur de la musique "R’nB soupe n’roll".

(Ne me demandez pas ce que signifie cette expression, je viens de l’inventer…)

J’évoque en ce lieu saint, un groupe de tango franco-argentin qui obtient un joli succès d’estime actuellement. Les salles sont pleines à chaque apparition.

Les Fleurs Noires, donc.

Leur MySpace.

"Le tango, vous savez, cette musique masculine qui parle des femmes, d’amour, de chagrin et  de passion. En même temps, la sensualité du tango, c’est une affaire de femmes…"

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Les demoiselles de Fleurs Noires nous livrent un tango vigoureusement contemporain qui se démarque du tango traditionnel... Ce qui les caractérise c’est ce mélange de classe, d’élégance, de fraîcheur et ...de culot!

Il y a une chanteuse qui vient de Rio, Debora Russ. Pour le reste, 4 violons, 1 piano, 1 violoncelle, 1 contrebasse et 2 bandonéons.

En première ligne, Andréa Marsili (pianiste et directrice musicale du groupe).

Je l’ai interviewé hier après-midi pour en savoir plus sur ce groupe qui m’intriguait pas mal.

Elle m’explique d’abord son parcours. Je résume :

Professeur National de Musique (piano) à Rosario (Argentine), elle fait ses études de tango avec Rodolfo Mederos, Javier Lore et Pepe Ferrer puis avec Juan José Mosalini, au conservatoire de Gennevilliers. Elle est titulaire d’une Maîtrise de Musique, option piano, à l’université de Hartford (États-Unis) et elle a obtenu en 1997 le premier prix du Concours national de tango en Argentine. Pianiste de l’orchestre de tango de Rosario (Argentine), elle est aussi directrice et pianiste du quintet Gotan à Boston (USA) et joue dans le Tangazo Trio à Paris.

André Marsili, c'est elle.

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Elle m’explique pourquoi leur groupe a fait le choix d’ignorer la mixité.

-Les groupes de tango sont généralement composés uniquement d’homme. C’est un milieu extrêmement macho. Toutes les femmes, musiciennes confirmées dans les domaines classiques et populaires, qui composent Fleurs Noires, ont eu du mal, à une certaine époque, à s’imposer dans ce domaine. Les femmes, je vous l’assure, ne sont pas les bienvenues dans ce monde là. Nous émancipons donc la place de la femme dans cette musique.

De leur tango se dégage une force sensuelle, toute en nuances, qui est le fruit de la diversité de ses racines. Certains « experts » en la matière vont jusqu’à dire qu’elles sont l’avant-garde du tango.

-C’est parce que Fleurs Noires disposent d’un répertoire basé sur des compositions originales créées spécialement pour l’orchestre par des compositeurs confirmés comme Eduardo Acuna, Víctor Parma et Gerardo Jerez Le Cam. Et moi aussi. Il faut dépoussiérer un peu tout ça !

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 Bref, il est question « d’authenticité de la tradition avec une touche résolument moderne ».

Gérer un groupe de 11 personnes ne doit pas être évident.

-Ca se passe très bien. Il y a bien quelques susceptibilités à ménager mais comme dans tous les groupes. Franchement, nous nous entendons toutes à merveille.

Une telle complicité se sent, se voit et s’entend.

Les Fleurs Noires affichent leurs différences, marquent leur féminité, en jouant de l’humour et du glamour, et interprétant un tango résolument nouveau, loin du cliché…

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Leur disque est sorti chez ULM/Universal.

Mais, à mon avis, il faut les découvrir sur scène.

Elles y prennent toutes leur dimension.

Si j’en parle aujourd’hui. C’est qu’elles seront en concert samedi (le 24 novembre) à Clamart (92) Auditorium du Conservatoire.

Un avant goût.

 

 

 

Evidemment, c'est juste une petite idée de leur performance.

Rien ne vaut la réalité et l'émotion de la scène...

19 novembre 2007

Léopold... une histoire de flou!

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En ce moment, tout ce que je fais est fou.

Tout ce que je fais est flou.

Cela faisait longtemps que je tentais de contacter un jeune chanteur qui répond au doux nom de Léopold.

Je raconte ici son histoire.

(Sans rire, vous ne pouvez pas comprendre la suite de la note, si vous ne lisez pas. C'est très court.)

Je lui ai envoyé un mail sur son MySpace il y a 4 mois pour lui signifier mon soutien.

Il n’en avait peut-être pas besoin mais j’ai ressenti le besoin de le faire.

Et parfois, je fais bien des conneries quand je suis motivé.

Bref, la semaine dernière, il m’envoie un SMS.

Je l’avais presque oublié.

(J’oublie quand on ne me donne pas de nouvelles.)

Nous décidons de nous voir mercredi dernier (le 14 novembre) au bar du Lutetia.

(Je pardonne tout quand on revient vers moi.)

(Une vraie girouette, quoi !)

(Je sais bien.)

J’arrive au bar.

Il est là.

Léopold boit un café.

Je commande un Coca Light.

Il y a déjà du monde.

Les gens parlent tout bas.

Hommes d’affaires, vieux copains, jeunes femmes en quête de rencontres, working girls, écrivains, éditeurs, couples illégitimes, que sais-je ?

Le piano est seul.

Personne n'effleure ses touches en épicéa.

(Je plante le décor, l’ambiance feutrée… on s’y croirait.)

Le début de la conversation est hésitant, un peu flou, comme le but de cette rencontre.

Au fond, je viens faire quoi ?

Interviewer un artiste que sa maison de disque prend du temps à imposer à la face du monde ou, une seconde fois, l’encourager à ne pas baisser les bras.

Qui suis-je pour agir ainsi ?

(Qui suis-je tout court, d’ailleurs ?)

(C’est une question que je ne cesse de me poser.)
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Léopold a du mal à répondre à mes interrogations, car il est partagé entre le fait de parler avec sincérité et la crainte de trop en dire.

Ce qui n’est guère pratique, convenez-en, pour tirer le meilleur de chacun.

Il m’explique tout de même la raison du retard de la sortie de son disque.

Pour qu’un artiste puisse bénéficier de promo au sein de la maison de disque et que la machine se mette en route (complètement), il faut qu’une chanson de l’album passe en radio.

Ce qui n’était pas le cas.

Donc, disons que la maison de disque croit encore en lui, mais qu’elle attend de présenter un autre titre aux radios.

Léopold enregistre une nouvelle chanson actuellement.

Pour elles.

(Si on ne peut même plus faire confiance aux radios…)

Le jeune artiste, assis devant moi, ne parle pas de sa lassitude d’attendre, de sa crainte que la sortie du disque soit annulée, de son mal-être de se sentir bridé.

D’être à la merci de décisions qui ne dépendent plus de lui.

Du couperet qui tombera, ou pas.

Léopold n’en parle pas.

Mais, je le lis dans ses yeux.
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Personnellement, je fais ce métier depuis 25 ans.

(Quel métier, au fait ?)

(Je ne sais pas… observateur de la vie musicale française, par exemple).

(Par exemple, mais pas seulement.)

Et, croyez-moi, je sens quand un type à du talent.

Quand un type à tout pour plaire à beaucoup.

Sa pop française est accessible à tous, cela ne l’empêche pas d’être de haute tenue.

J’aime sa voix, j’aime ses textes, j’aime sa musique.

Je me considère comme un assez bon baromètre pour mesurer l’air du temps.

(Ce qui est parfaitement prétentieux, mais vrai. Disons que j’en ai vu passer des artistes de tout poils…)

Nous avons beaucoup évoqué sa jeunesse dans le sud-ouest (dont il est originaire), ses petits groupes entre 16 et 25 ans, sa montée à Paris à cet âge-là « pour réussir », sa première maquette 4 titres (réalisée par Philippe Uminski), sa signature chez Warner, ses premières parties de Zazie (5 Bataclan et quelques Zénith), son contrat qui lui est rendu pour d’obscures raisons toujours pas digérées aujourd’hui, ses re-galères dans les bars, son retour dans une multinationale, il y a moins d’un an, sa première partie de James Morrison à l'Elysée Montmartre le 5 juin 2007 (photo).

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Et son attente.

Toujours.

Léopold accepte ma séance de clichés mandoriens.

Mais, je le sens gêné.

Parce que son retour n’est pas encore officiel. 

Ne plus vendre la peau de l’ours…

Comme la situation est floue, notre rencontre est floue, la vie est floue, ma vie est floue, j’ai décidé de nous flouter.

Ce qui donne ses curieuses photos.

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Nous quittons le Lutétia ensemble.

Dans la rue, Léopold hésite encore à accepter que je publie ma note future.

(Qui est celle que vous lisez. Comme quoi… le futur est parfois très proche.)

Ne pas heurter la maison de disque.

Heurter de quoi ?

Je l’ai quasi harcelé pour qu’il accepte ce rendez-vous.

Mais, je sais qu’on est fragile en période transitoire.

(Je suis d’ailleurs, très, très fragile, en ce moment.)

Voilà, ma note est floue aussi.

J’en ai conscience.

Imaginez bien, en tout cas, que je vous tiendrai au courant de la suite des évènements.

Ils seront positifs.

Je le sens.

P.S: Et si je peux me permettre, je trouve juste dommage que sur son MySpace, les chansons que j’aime le plus (parfois tubes potentiels), ne s’y trouvent pas. Va, Nous n’irons plus au cirque et Profession célébrité. Heureusement, il y a L’amertume

P.S 2: Ici, une critique de l'album par un autre rare journaliste qui a pu le chroniquer.

Pas d'accord avec bon nombre de ses comparaisons.

17 novembre 2007

Philippe Beaussant, le nouvel immortel...

22122f1a6f8de32711c4c4b8cf3e2a28.jpgL'écrivain et historien de la musique Philippe Beaussant a été élu, ce jeudi, à l'Académie française, au second tour de scrutin, au fauteuil de Jean-François Deniau.

Spécialiste du XVIIe siècle français, Philippe Beaussant, 77 ans, est l'auteur de plusieurs romans et de nombreux ouvrages consacrés à la musique. Il a créé en 1977 l'Institut de musique et danse anciennes, devenu depuis le Centre de musique baroque de Versailles.

Romancier et essayiste, Philippe Beaussant a consacré plusieurs livres à Lully, François Couperin et Monteverdi, notamment Lully ou le musicien du soleil (1992). Son dernier ouvrage, Passages, est paru en 2006. "Ce que j'aime le plus, c'est le mélange des genres", a-t-il déclaré après son élection, soulignant la relation entre musique, peinture et poésie.

Philippe Beaussant a reçu le Grand prix du roman de l'Académie française pour Héloise en 1993, le Prix de la langue française en 2001 pour l'ensemble de son oeuvre et le Prix littéraire Prince Pierre de Monaco en 2004.

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9fbe26ec1c9dbe366398587aefa29c28.gifPour ma part, j’ai rencontré Philippe Beaussant à l’époque de l’essor des web tv. (Vous savez, les start-up qui se sont tous cassés la binette en 2002. Quand il y avait du fric à gogo, des plateaux gigantesques, des invités de marque et une très mauvaise visibilité des émissions… et donc, pas de spectateurs). Je l’ai déjà expliqué ici, j’animais et produisais des émissions cinématographo-littéraires, dont une qui s’appelait Le film à la page.

Ainsi, donc, le 29 novembre 2000, j’ai enregistré une émission dans les jardins de chez Gallimard pour parler du livre Le Roi Soleil se lève aussi.

Personnage érudit, chaleureux et humble, je suis ravi que Philippe Beaussant prenne place parmi les « immortels ».

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Ce nouvel académicien est un vulgarisateur classieux.

Et c’est primordial des gens comme lui.

Des transmetteurs de connaissances.

Des passeurs de savoirs.

(Et celui-là, il sourit en plus).

16 novembre 2007

Deux visions d'une même soirée...

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Hier, 19h15.

Coup de chance. Je gare ma voiture juste devant l’hôtel Montalembert.

Devant. Un truc qui n’arrive que dans les films, mais certainement pas dans cet arrondissement.

J’observe l’homme à la cigarette élégante qui m’observe, lui même, effectuer mon créneau.

Il est assis sur le banc.

Il ne sourit pas et parait soucieux.

En descendant de ma voiture, je range des sacs dans mon coffre.

Il me regarde toujours aussi ostensiblement.

Je finis par lui dire : « Bonjour monsieur Sollers ».

Il me répond d’un hochement de tête.

Il retrouve le sourire.

Quelqu’un l’a reconnu.

J’ai un quart d’heure d’avance. J’appelle Franswa Perrin, ce trublion littéraire que j’aime beaucoup. Un type pétri de talent dont j’apprécie la présence, les fêlures, les excès, sa vive intelligence et la vision du monde. Implacable.

Il oeuvre sur le site de Strictement Confidentiel.

-Tu es dans le coin ?

-Oui. Je suis dans un bar, en attendant l’heure.

-Bon, viens. Je suis déjà là. Sollers et moi, nous t’attendons.

(J’aime travestir la réalité, parfois.)

Je vois débouler Franswa, la chevelure à son image. Des fils enchevêtrés que je n’aimerais pas avoir à démêler. Rebelle et anarchique, tout ça.

Franswa s’en fout et ça me fait marrer de l’emmener dans cet endroit chicos pour assister à la remise du 2eme Prix Pamphlet organisé par la maison d’édition Anabet éditions.

(J’avais parlé de la première, ici.)

Franswa, je pense pouvoir affirmer qu’il conchie les prix littéraires.

Mais il a accepté de m’accompagner.

Remarquez, j’ai eu quelques arguments imparables.

« Y aura champagne à volonté et jolies filles à gogo ».

Il m’a répondu dans la minute.

On entre dans l’hôtel.

À l’accueil, je rencontre deux personnes fort charmantes. Mais vraiment. Elles font partie de l’agence de communication Alchimia qui s’occupe des auteurs d’Anabet. Notamment d’Isild de Besco, dont elles m’affirment s’être bien amusées à lire ma note sur elle.

Ingrid et la jeune fille à ses côtés sont prévenantes avec nous et je me dis que la soirée commence bien.

Mon ego est flatté.

 

Je résume la soirée.

J’ai rencontré des attachées de presse qui sont un peu aussi des amies (notamment Anne V. qui s’occupe des livres du Diable Vauvert et de Panama et la piquante Estelle R. d’Allia).

Le jury a été un tantinet long à délibérer.

Pour finalement choisir un Dictionnaire. Les nouveaux mots du pouvoir (sous la direction de Pascal Durand), chez Aden.

Un type devant moi s’indigne de ce choix. Il crie, se scandalise. Je ne sais pas qui il est. Un auteur ou un éditeur déçu? En tout cas, ça met un peu de piquant.

J’ai aussi interviewé Noël Gaudin, parce que quand même, je le répète, j’ai une passion pour les subversifs et puis Zoé Félix, parce que quand même, je le répète, j’ai une passion pour les jolies filles.

(Boire une coupe de champagne avec la future Clara Sheller, il y a pire comme situation. A propos de Clara Sheller, il lui reste 4 jours de tournage et elle est folle de joie de reprendre ce rôle).

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Mais aujourd’hui, je vais faire court, car j’ai demandé à Franswa de me livrer sa version de la soirée.

Je savais que je n’allais pas être déçu.

Je savais aussi que grâce à lui, j’allais remporter le prix de la note la plus longue de toute la blogosphère mondiale, planétaire et intersidérale réunie.

(Lui, ce n'est pas Franswa, c'est l'entarteur, Noël Gaudin).

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Donc voici ce que j’ai trouvé ce matin dans ma boite mail.

Un récit que je vous invite à lire de A à Z.

Tranquillement, quand vous aurez le temps.

Franswa, il est comme ça. Je ne sais pas s’il connaît la demi-mesure.

« Aaaaah. Une soirée remise du prix du Pamphlet. Pamphlet, donc. Ca va dérouiller sévère, je me suis dit, ça va suinter dans les coins, pleurer des larmes de sang bien ou mal méritées, mais vivre malgré tout. Pamphlet, on a dit. Le pamphlet, c'est ce truc tordu qui sert, normalement, à faire très très mal pour arranger les choses, à terme. Pamphlet, c'est un peu mon poing dans ta gueule, mais mon poing, aussi, qui ne veut pas te la casser totalement, mais te l'améliorer pour que tu puisses vivre sereinement ta vie d'être vivant sans devoir, toutes les deux secondes, t'affaler sur tes propres genoux en concédant un "tant pis" qui n'est rien d'autre qu'une fuite presque malhonnête, finalement.
Pamphlet, donc.

Noël Godin, "l'entarteur", présent (BHL dans une cuvette, Godard en dérive, tous les péteux du monde énervés vraiment, dans le sens premier du terme - les nerfs tranchés, donc, incapables de résister autrement que par un sursaut néandertalien, des gifles futiles et des égos réduits à néant). Michaël Londsdale aussi, on m'avait dit - l'homme le plus classe du monde pour démonter les gens. Zoé Félix, enfin, donc je pensais à tort qu'elle était la nana qui avait joué dans Chacun Cherche Son Chat (mes excuses - ma culture cinématographique est à peu près aussi lamentable que la culture artistique d'un Florian Zeller - c'est dire), et dont je ne pensais pas grand chose enfin, sauf qu'elle était jolie, comme des tas de gens finalement. Philippe Harel et Jean-Pierre Mocky, enfin, dont personne ne m'avait informé de la présence, mais qui parlent l'un et l'autre comme on peut le penser : pointu et malin, pour Harel, lourd et clair, pour Mocky. Harel vous théorise les choses quand Mocky vous les réduit toutes à néant - en même temps, dans la même soirée - ce qui est joli.

Pamphlet, donc. Gifles dans la gueule du monde, et gifles intelligentes. Godin en absurde déroutant, Londsdale en faux-dandy puissant. Félix en jolie fleur incertaine d'être vraiment là. Harel en théoricien du Vide. Mocky en contempteurs des cons. Tout un programme. Sollers, enfin, qui se pointe un instant, fume son truc, et se tire. Sollers à propos duquel on peut dire des tas de trucs moches et valables, sauf qu'il ne sait pas écrire. Cinq canardeurs magiques et une Zoé jolie, mieux rôdée au "comment il faut se comporter", mais désespérément jolie quand même. On en attendait beaucoup. J'en attendais beaucoup.

Mais finalement, le Prix du Pamphlet, c'est avant tout un prix. Du pamphlet, certes. Mais un prix avant tout. J'attendais, perclus, perdu, voyeuriste sans l'ombre d'un doute, un Godin jouant les "pouic-pouic" virevoltant autour du bar, un Lonsdale faisant pleurer les jeunes filles, une Félix vénéneuse, un Harel absurde d'intelligence pure, un Mocky dégueulasse de sa propre beauté intrinsèque... mais non, en fait. La soirée fut agréable, et vraiment. Un Mandor magnifique de grâce sereine, une Anne splendide d'amour de livres, une je-ne-sais-plus-qui de chez Allia, déroutante de beauté tordue, accompagnée d'un moustachu splendide à la Fred Chichin , tout ce qui sied donc à une soirée littéraire (ou pas, d'ailleurs) agréable, mais pas de subversion - ah, ça, non, pas de subversion.

J'aime de manière générale les gens qui aiment leur métier - ou bien ceux qui, à tout le moins, savent le pratiquer proprement. Et à ce titre, je tiens à le dire : les barmen et serveuses de l'Hôtel Montalembert sont hallucinants de grâce. Tous, sans exception. Efficaces et sympathiques sans verser dans le servile, secs parfois sans être détestables - de vrais pros, donc. Au même titre, mention spéciale à Madame machin (pardon pour elle, je ne connais plus son nom), qui organise en partie la soirée mais ne s'affaisse à aucun moment dans l'ennui - une pro. Mention spéciale lamentable, en revanche, à un type, associé de je-ne-sais-plus-quoi (sans doute la maison d'édition, ou une chose comme ça), qui joue largement la carte de l'invitant people alors qu'il ne sait pas la lancer au bon moment. Et que ça crève les yeux.

Mais pas de subversion, bordel, pas de subversion. Les ors sont dorés, les zincs de chêne centenaires, les sols impeccables, les miroirs scintillants. Et personne, vraiment personne, ne semble être traversé par l'idée, pourtant peu révolutionnaire, d'écailler les ors, d'abattre les chênes, de surcharger les sols de fluides humains divers ou de plaquer deux mains grasses sur un quelconque miroir, juste comme ça, juste pour rien, juste pour distorde un instant la perfection. Un discours intervient au moment de la remise du prix. J'entrevois Godin parcourir la scène les mains sous les aisselles, prêt à pouic-pouiquer un monde qui, malheureusement, ne semble pas prêt. Une gamine bourgeoise de 23 ans lève les yeux au ciel, capte le regard de sa blaireaute d'amie, renforce le trait et la fait rire.

J'ai presque envie de pleurer. Godin se retient, visiblement, de frapper fort - il est membre du jury. Personne ne le relance (moi y compris, je le confesse). J'ai presque envie de battre le trottoir de ce septième arrondissement de mes cinq membres pour rameuter quelques tocards péteux du genre de BHL pour qu'ils viennent susciter une rage saine chez le Godin. Godin, bordel, cogne. Il y a dix BHL en puissance dans la salle, quinze écrivaillons lamentables de morgue (mais Wrath n'était pas là, en revanche - bizarre), deux vingtaines de parasites creux dans mon genre (mais Wrath n'étais pas... ah pardon, je l'ai déjà dit) - alors fais toi plaisir, bordel.

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Je suis ivre de champagne, de Ballantine's et de sourires benêts (les miens, en grande partie). Je ne dis rien. Je suis bien, en même temps, ici. D'abord parce que je suis ivre, évidemment. Ensuite parce le soirée est agréable. Enfin, parce que visiblement, et comme je le pensais initialement, il est nettement plus facile de retourner vraiment un bar  quelconque qu'un hôtel de luxe du 7ème arrondissement. J'aurais du m'en douter.

Alors je pense à Mandor, qui vaut des tas de choses. Je pense à Julien Blanc-Gras, aussi, qui a balancé aujourd'hui même des vidéos teasing franchement drôles pour la sortie de son prochain roman. Je pense à ma main qui éprouve les plus grandes difficultés à ne pas interagir avec des tas de choses.

Mais je souris quand même, et sans même trop me forcer. Parce que même si je suis déçu, je suis quand même ravi. J'aime bien les gens qui font des choses. Et ces gens-là font des choses.

Ca me suffit. Ils feraient les mêmes choses dans un rade du XXème au lieu de les caser à l'Hôtel Montalembert, Godin ferait l'avion, un pilône de signalisation sur la tête, Félix rirait vraiment, Londsdale resterait un peu plus longtemps, Harel arrêterait de parler et Mocky dormirait sur un canap', le sourire aux lèvres. Ce serait moins joli, certes, mais plus plaisant.

En même temps, ça n'était que la deuxième édition. On attend la troisième. »

Franswa P.

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14 novembre 2007

Salines... par Cathy et Katy.

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Je ne parle jamais de poésie.

La raison en est simple, je ne sais pas parler de poésie.

D'autres s'y emploient avec talent.

Donc, je m’abstiens.

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Mais quand une des membres de la FAPM illustre un recueil de poèmes, que je lis le recueil lors d’une nuit d’insomnie et qu’il parvient à me transporter dans un monde féminin sensuel et sauvage (voyez la banalité de mes propos, c’est pour cela que je ne parle jamais de poésie, il y a tant d’autres visions possibles) je décide de présenter l’ouvrage.

(Certes, succintement).

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Katy Sannier, l’illustratrice préfère que je mette en avant Cathy Garcia, la poète(sse), qu’elle même.

L’humilité de cette précieuse artiste me la rend précieuse.

(J’ai pensé chaque mot de cette phrase. Je ne retire rien. Même pas la répétition.)
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Cathy Garcia possède un blog.

Elle publie le postface de « Salines » signé Michel Host.

Sinon Nina Louve, amie de pas mal de mes amis et visiteuse peu fréquente d’ici, est aussi amie de Cathy Garcia. Et elle évoque ici "Salines".

(Ca va, vous suivez ?)

Pour vous procurer cet ouvrage (hors commerce) imprimé sur papier recyclé, une seule possibilité.

Adressez un mail à delitpoesie@wanadoo.fr

(12 euros.)

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Sinon, puisque j'en suis aux présentations de l'actualité artistique des Fapmiens, je voulais signaler que Benoît Luciani est aussi auteur de chansons.
Il n'hésite pas à présenter ses oeuvres à la face du monde.

13 novembre 2007

Sarcloret.. l'helvète underground!

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Quand j’ai reçu ce carton d’invitation, j’ai souri.

Que voulez-vous, j’aime l’humour noir.

Comme le café, quand il est bien fort.

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Moi, le gars Sarclo, je le classe dans la catégorie des Desproges.

Je vous assure, pas moins.

Sarcloret, je devrais dire… oui parce que depuis que nous avons un Sarko qui dirige la France , il a décidé de reprendre le nom qu’il utilisait au début de sa carrière.

Promiscuité que ce suisse ne souhaite pas.

Ouaip.

Bon, avant de continuer, je vous propose de regarder ça.

Pour comprendre un peu le personnage.

 

 Merci !

(Woaw ! Ce blog est carrément interactif !) 

 

9571a0767cab778a64610669ee706810.jpgSarcloret, donc, je l’écoute depuis longtemps.

Allez, disons depuis 10 ans.

Mais il a 25 ans de carrière.

(J’ai eu le temps d’écouter ces premières productions et ce ne sont pas ceux que j’apprécie le moins).

Ce monsieur dont Renaud dit de lui « qu’il est la plus belle invention suisse depuis le trou dans le gruyère » (ce qui pose son homme) a un style original et non conformiste, il dénonce, il balance, ose parler des problèmes sociaux dans leurs grands thèmes, loin des battages médiatiques des Star Academy et autres produits commerciaux (que je célèbre aussi ici parfois).

Il écrit simplement avec des mots de tous les jours, sans concession, égratignant çà et là les institutions avec méchanceté.

Son dossier de presse nous le présente ainsi. Je ne retire aucun mot.

« Sarcloret est un homme tendre et amoureux, un artiste ronchon et corrosif. Le tout donne des chansons qui oscillent entre la poésie et la boule puante, des chansons qui font rire ou pleurer, des chansons remarquables. Une écriture au compas, nette, tendre, pudique et impudique, une plume scandaleusement belle, de vraies chansons avec des morceaux de chansons dedans. »

J’ajoute à cela que son deuxième métier est architecte (c’est vrai.).

Il construit ses chansons comme des maisons.

Bien charpentées, solides et belles. Il y a bien quelques défauts, mais si minimes que je n’ai pas envie de les relever.

(Fastoche, je sais.)
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Tout ça pour dire que je ne me suis donc pas fait tirer l’oreille mercredi dernier pour aller applaudir Sarcloret au théâtre La Reine Blanche.

Sissi, son attachée de presse m’obtient une interview après le concert. Je sais, par expérience que ce ne sont pas les conditions idéales pour échanger, pour se concentrer, pour rencontrer l’autre (j’veux dire par là, pour être en « communion »).

On y reviendra plus tard.

Le concert d’abord.

Une première partie avec un jeune suisse, l’excellent Simon Gerber.

(Je signale au passage qu’il existe un CD-DVD, Quinzaine du blanc chez les 3 Suisses, d’un concert donné en commun entre Gerber, Sarcloret et Bel Hubert).

Pour Sarcloret, on l’a compris, la chanson est une histoire de famille.

Simon Gerber, donc, est un petit gars pétri de talent. Blues, rock, blues, chanson, blues… pendant près d’une heure.

Ça, c’est de la première partie.

J’observe ce type dont on risque de reparler (et qui me fait furieusement penser à Alexandre Astier, le roi Arthur de Kaamelott).

Tenez ! Oui ou bien ?

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Après la prestation d’Arthur, un quart d’heure d’entracte. J’en profite pour goûter le vin blanc suisse qu’a ramené Sarcloret de son fief.

Très franchement, bof !

C’est au tour du « mec avec sa guitare » (comme l’appelle le journal Chorus de l’hiver 2006) de rentrer en scène.

Il est seul avec son instrument et un ordinateur qui projette des photos durant tout son spectacle.6a51eb3ec336b93688270b9e98a31400.jpg

Des épitaphes-maison inscrites sur des pierres tombales.

Tout au long de la soirée on peut y lire des sentences du style : « 60 ans de vin rouge dans des verres à moutarde », « On peut sortir du quotidien, mais pas tous les jours », « Il voyait des nichons partout », ou encore le très subtil « c’est un miracle si on baise ce soir ».

Bon, raconté comme ça, je vous l’accorde, ce n’est pas hilarant, mais dans le contexte, on rit beaucoup.

Vous connaissez le dicton : le rire est la politesse du désespoir.

Sarcloret est très poli.

Il chante quelques anciennes chansons et la majeure partie de son nouvel album :

À tombeau ouvert (chansons posthumes, vol1).

Une heure 30 plus tard, c’est fini.

c40f14bb7e3bf97178a319bc69d3faf2.jpgPas vu le temps passé.

Je le rejoins au bar et je me présente.

-Ah oui, c’est vrai ! Bon, on va faire ça ici !

(Cache ta joie, j’en envie de lui dire.)

Donc, nous nous installons dans ce petit endroit ou 10.000 personnes viennent le saluer.

Peut-être pas 10.000 mais au moins 10, qui ne remarquent pas qu’un magnéto est posé sur la table et que Mandor fait son boulot.

(En tant que président de la FAPM , je souhaiterais un peu plus de respect.)

L’interview est fort décousue d’autant plus que je suis dur de la feuille et qu’on ne s’entend pas parler.

Je parviens à lui poser quelques questions et à obtenir des réponses.

Je lui demande si ne pas être reconnu à sa juste valeur le tue à petit feu. (Je pose des questions en rapport avec la thématique de la soirée, non, mais, dites-moi, il ne faudrait pas s’imaginer que je ne sais pas rester un vrai professionnel, même dans des conditions extrêmes, voyons !)

-On me pose souvent la question. (Et alors ? J’ai bien le droit de ne pas être original.) Je réponds qu’il y a longtemps, je pensais que je faisais des chansons plus belles que les autres et que c’était important ; il y a moins longtemps, je pensais que j’écrivais des chansons moins moches que les autres et que c’était sans importance ; et maintenant je suis juste un vieux mec avec une guitare…

Sarcloret à 56 ans, mais il ne les fait pas.

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Bref, il continue.

-Je ne ferai jamais de gros succès. Les maisons de disques veulent juste faire les poches des gamins. Je n’écris pas des gamineries, j’écris pour adulte consentant.

Comprendre par là que l’artiste aime les différents niveaux de lecture. Chez lui, c’est l’ambivalence entre ces deux aspects qui est intéressante, la tension entre la déconnade et la chose sérieuse.

a906df6df1dcbd8df560e0c0923cf84a.jpgSarcloret est subversif. Il est même le chanteur francophone le plus subversif, sans aucun doute.

-La subversion est toujours un peu noire. La différence entre un produit commercial et un artiste, c’est que l’artiste se préoccupe du monde. Il s’en moque, le bouscule, gratte pour voir ce qu’il y derrière. On peut trouver que Bénabar écrit de belles chansons, mais moi, quand je l’écoute, je m’emmerde. Je m’en tape de ce qu’il y a dans son frigo. Je n’ai rien a y manger parce que le monde est trop contemplé de manière inerte. Je n’aime pas ce qui est aseptisé. Moi, je veux subvertir le regard, relever le grain des choses.

Ceux qu’il aime, ce sont les Céline, les Topor, les Bukowski et autres Bob Dylan.

Et Pierre Desproges.

-Desproges, c’est le gars qui ne beurre pas la tartine des deux côtés.

J’ai l’air, comme ça, mais l’homme est aimable. Je le sens las de répéter ce qu’il a déjà dit 1000 fois. Il en a 4d54fdd27dc0d564d47fe5f97281c08a.gifmarre de se justifier de sa condition d’artiste honni, qui n’aime pas les journalistes.

-Je suis là. J’ai accepté de vous répondre, ça ne me dérange pas du tout. Il y a une image de Sarclo un peu casse-couilles, névropathe et chieur. Je ne le suis pas.

Il se tourne vers Simon Gerber et ses musiciens.

-Hein, je ne le suis pas ?

-Si, un peu, rétorque un des musicos.

Je comprends qu’il plaisante. Mais quand même. Simon Gerber me regarde en souriant. Du coup, je demande à Sarcloret ce qu’il pense de Simon.

-Je suis très jaloux de lui. Parce qu’il est musical, créatif, souple, ouvert… Il fait de la chanson moins racleuse que la mienne, mais il a le talent d’aller chercher les notes, d’aller chercher les instruments. C’est un type qui peut gérer un disque de A à Z.

D’ailleurs, Sarcloret ne s’est pas privé pour « employer » Simon Gerber sur son nouveau disque. Il est à la production artistique, aux guitares, à la basse, au mellotron (???), à l’orgue, aux chœurs, au violon, au violoncelle, aux arrangements et aux « musiques manquantes » (??? bis).

Sans plaisanter, le type vaut vraiment le coup d’œil.

7fa382023ca3304f7160df96d4d2a160.jpgPour finir sur une note joyeuse (alors que le patron du bar ne cesse de remplir nos verres de ce délicieux vin blanc suisse… hum !), je l’interroge sur son obsession du temps qui passe et de la mort.

-Ca me fait plaisir quand Desproges, dédicaçait son livre Vivons heureux en attendant la mort, avec la signature de Patrick Sabatier. On peut rire de la mort, vous savez. La vie une page. Si on écrit dans la page, c’est bien, si on écrit un peu dans la marge, c’est rigolo aussi. La marge, c’est la mort. Si on ne peut pas cochonner dans la marge, c’est triste. Ce disque est pour moi une façon de cautionner la mort de manière jouissive.

Il boit un coup et serre des mains, puis poursuit.

-Dans un monde où l’on est promis à la disparition, où l’idée de Dieu n’a pas à figurer au titre des réconforts et des anti-douleurs, j’ai des anti-douleurs qui sont le vin rouge, les nichons de ma femme, la chanson française de qualité et ma guitare.

Sarcloret est un personnage important de la chanson francophone. Un incorruptible, un sans concession, un vrai de vrai.

Il est donc, tous les mercredis à 20 h au Théâtre de la Reine Blanche jusqu’à la fin du mois.

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Demain, la première partie est de nouveau occupée par Simon Gerber.

C’est dit.