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31 octobre 2007

Youssou N'Dour...artiste humanitaire!

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C’est le chanteur Peter Gabriel qui en parle le mieux : « J’ai vu Youssou N’Dour être l’objet d’une attente croissante et devenir sans effort un leader africain de premier plan. Il a imaginé avant tout le monde de lancer des campagnes pour l’élargissement des nouvelles technologies, il s’est engagé dans un combat contre le paludisme, a milité à l’Unicef. Il est pour moi une source d’inspiration, pas seulement comme artiste, mais comme individu. »

(Source : Time du 14 mai dernier, dans lequel le chanteur sénégalais figure au palmarès des cent personnalités les plus influentes de la planète.)

61416d0e5e65a11bdc325e0ef386e2c3.jpgYoussou N’Dour a sorti il y a 3 jours son nouvel album : Rokku Mi Rokka (Give and take).

Je l’ai rencontré le 10 septembre dernier à l’hôtel Napoléon à cette occasion, mais, j’avoue que celui qui m’intéressait le plus, c’est le brillant homme d’affaires qu’il est devenu et celui qui s’implique dans l’humanitaire… mais parlons musique d’abord.

Avec son nouveau né, le maître du mbalax poursuit un voyage entamé avec les albums Nothing’s in Vain et Egypte (récompensé par un grammy Award) au cœur des traditions sénégalaises.

 

-Ce qui entretient ma passion pour la musique, c’est la liberté avec laquelle je l’aborde (ma liberté). La liberté d’utiliser différents sons, d’explorer différentes sensibilités. J’ai débuté ma carrière professionnelle en interprétant de la musique cubaine, puis j’ai chanté du mbalax et de la pop et il me semble que si j’avais toujours fait la même chose, je m’en serais un peu lassé. Mais, vous savez, j’ai l’impression d’avoir apporté quelque chose de neuf, même en dehors de l’Afrique.

Youssou N’Dour ne se contente pas de continuer à explorer les traditions musicales sénégalaises, il les réinvente. 2456832ce43e3004245a017dd64c44f1.jpgCet album est inspiré de la musique du nord du Sénégal, du désert, des frontières avec le Mali et la Mauritanie.

-Certaines personnes peuvent croire que la musique sénégalaise, ce n’est que le mbalax, qui est Wolof. C’est la langue la plus importante du pays, tout le monde la parle. Mais toute ma vie, j’ai répété que nous n’avions pas qu’une seule musique au Sénégal, nous avons une palette très large de sons et de rythme. Quand j’ai commencé à écrire les chansons de cet album, j’ai voulu utiliser des sons très variés.

Il y a, dans ce disque, un peu de blues, un peu de reggae, un peu de musique cubaine.

-En Afrique, nous apprécions beaucoup ces rythmes, car nous les ressentons, ce sont les nôtres, bien qu’ils aient quitté l’Afrique avec les esclaves il y a bien longtemps.

Je ne peux pas ne pas évoquer le nouveau duo avec Neneh Cherry sur Wake Up. 13 ans après celui-là :

-Neneh et 7 seconds ont énormément compté dans ma carrière depuis 1994 et nous avons conservé un lien très fort. Neneh est comme ma sœur, nous faisons partie de ces personnes en Afrique qui essaient de délivrer un message au reste du monde. Notre intention n’était pas de faire un nouveau 7 seconds, ce titre sonne au contraire beaucoup plus africain notamment grâce à des instruments comme le kora. Neneh a vraiment apprécié cette ambiance sonore. Nous venons du même continent et nous avons un même message.

Le titre de l’album Rokku mi Rokka signifie : « Tu me donnes quelque chose, je te donne quelque chose en échange ».

-C’est ça le message de l’album : nous avons beaucoup reçu de la part des pays développés, mais nous nous souvenons que nous avons beaucoup apporté. Est-ce que cet apport a été valorisé, continue à l’être et le sera à sa juste valeur ? La personne qui est dans son village en Afrique apporte une grande contribution sur la table du développement culturel…

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Les rumeurs sur Youssou N’Dour vont bon train depuis qu’il rencontre les grands de ce monde pour tenter de faire changer les choses. Début juin, il était au G8 d’Heiligendamm, près de Rostock, en Allemagne avec ses amis Bono (U2), Bob Geldof (promoteur des shows gigantesques Live 8 en 2005, pour exiger des puissants l’abolition de la dette des pays les plus pauvres) et Richard Branson (fondateur de Virgin).

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On lui prête notamment des intentions d’occuper des responsabilités politiques. Il serait candidat à la députation, à la mairie de Dakar, à laprésidence de la République du Sénégal, çà celle de l’Union africaine… il nie tout en bloc.

22cb6cdbd59fa7273736cde3cb0657e9.jpg-Vous savez, beaucoup de problèmes en Afrique proviennent du fait que certaines personnes occupent des postes politiques très importants, alors même qu’ils n’ont aucune expérience dans ce domaine. Je m’implique dans la justice, les droits de l’homme. Ce que je fais c’est plus que de la politique et je fais de mon mieux en restant fidèle à ma première passion, la musique. Je n’ai aucun intérêt à faire de la politique. Je donne mon support à des projets et à des idées. Je ne suis pas d’accord, je le dis. J’ai la possibilité que beaucoup n’ont pas. Parler aux médias ou directement aux personnes responsables… j’utilise ce pouvoir à fond. Maintenant, si je fais peur, je m’en fous. Je fais ce que j’ai à faire…

Je sens Youssou N’Dour, un peu exaspéré de devoir se justifier. Il se tait un moment et reprends, comme pour recentrer le débat vers la musique.

-Moi, je suis simplement un militant. Ma musique a toujours été la porte pour parler aux gens. Il y a tellement de constats faits par tout le monde sans que rien ne change, qu’il faut finir par en parler, sinon, on ne va jamais avancer. Dans mon œuvre, je transmets mes messages. Mon boulot, c’est ma passion, la musique. Je n’ai pas d’ambition personnelle pour autre chose, que ce soit bien clair.

J’insiste un peu. Comme ça, pour voir où la conversation va nous mener.

-J’ai décidé depuis le début de ma carrière de rester en Afrique. Il y a énormément de choses qui me plaisent et d’autres qui me déplaisent. Je gagne de l’argent alors, j’en profite pour l’investir dans l’information. Je créé des emplois, je participe à la lutte contre le chômage, à la formation des Africains et à l’échange. Je veux rendre les gens dignes.

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Peut-on reprocher à cet artiste, toujours en mouvement de posséder un studio d’enregistrement, Xippi, un label de disque, Jojoli, une boite de nuit, la Thiossane , deux fondations humanitaires? Il a créé Joko, un réseau d’accès à Internet pour les plus démunis. Il possède aussi une radio, Radio Futur Medias, un journal, L’observateur (60 000 exemplaires par jour), regroupés au sein du groupe Futur Médias, qui emploie 104 personnes.

40f210a63a2204d27f178d5757974764.jpg(Merci à Libération pour toutes ces précisions !)

 

-Il y a des gens que je dérange, je sais bien. Je les considère comme une minorité. On ne peut pas faire l’unanimité et ça ne m’empêche pas d’avancer.

Je ne peux pas quitter Youssou N’Dour sans parler du Darfour, son nouveau combat… (alors, que le temps qui m’était imparti s’est écoulé royalement.)

-Le Darfour pose un problème à la fois ethnique, religieux et politique, qui a trait au terrorisme et à l’Islam. Ce conflit est très complexe. Il date de 2003 et implique plus de 200 000 personnes mortes et plus de 2 millions de réfugiés. Je crie au monde entier ce qu’il y a lieu de faire. Il faut pousser les Nations Unies, le plus rapidement possible, à trouver le moyen que la décision du conseil de sécurité d’envoyer des troupes pour calmer la situation soit faite immédiatement. La décision a été prise, mais l’action ne suit pas. Il n’y a rien d’autre à faire. Vous voyez, ils ont les moyens d’arrêter ce désastre, mais pour des problèmes d’intérêt, on en arrive à cette situation là.

Je sens qu’il faut que je laisse ma place au journaliste suivant. Avant de faire la petite photo habituelle, j’explique à Youssou N’Dour qu’il m’aurait fallu 2 heures pour étancher ma soif d’information à son propos.

Il me répond :

-Cette conversation était agréable, mais nous n’étions pas censés ne parler que de musique ?

-On ne m’a rien interdit, en tout cas.

8f3008abe5016c6afdb5915898db5b64.jpgL’homme est élégant, affable, il n’insistera pas.

Moi, j’ai ce qu’il me faut dans mon magnéto. Je salue la manageuse de "la figure emblématique de la word music" un peu maladroitement :

-Eh! La Gazelle , je vous écoutais sur RFI, avec Gilles O’Bringer, quand j’étais jeune.

-Ah, merci ! C’était il y a si longtemps ?

-Euh… ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Enfin, bon, j’aimais beaucoup le travail que vous faisiez tous les deux…

J’ai quitté l’hôtel, la tête basse.

Mais content, quand même…

29 octobre 2007

Lionel Froissart... raconteur de vies cassées!

 

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Quand j’ai reçu le livre de Lionel Froissart, Les boxeurs finissent mal… en général, je n’ai pas été très enthousiaste. Je n’aime pas la boxe et encore moins la littérature qui s’y rapporte. Mais, bon, en même temps, je lis Libération depuis longtemps (entre autres journaux) et je connais parfaitement sa signature puisque qu’il y écrit des articles sur le sport depuis 20 ans.

Et le monsieur fait partie de la grande confrérie des blogueurs… du coup, ça me le rend plus sympathique. (Hé ho ! Je plaisante, hein. Nous ne sommes pas dans une secte. Déjà qu’on me demande toujours ce qu’est la FAPM , dont je suis l’honorable gourou…euh… président, pardon.)

 

7211f6453188d35df9cee43190faae2c.jpgJe me plonge dans ce roman en 12 rounds (il ne faut pas dire "chapitres", c’est pour le concept).

Et hop ! Surprise, j’apprécie le premier. Coup de bol ! Je ne connaissais pas l’histoire de Harry Greb, mais elle est passionnante (et triste). Je lis ensuite le deuxième et voilà que l’auteur nous offre une version beaucoup moins édulcorée de l’histoire d’amour entre Édith Piaf et Marcel Cerdan que le récent film « évènement »… Je lis avec avidité cette vie-là, puis la suivante, puis encore la suivante… bref, vous l’avez compris, j’ai fini par lire ce livre dans son intégralité en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (ce qui est tout à fait faux parce que j’ai mis deux jours, à cause du rhume que j’ai refilé à ma fille… il a fallu que je m’en occupe parce que ma fille, elle est de mauvaise humeur quand elle est malade. Et du coup son papa, il n’est pas concentré... mais c’est bien fait, Mandor n’avait pas à refiler son rhume à Stella !)

Bref, tout ça pour dire que je n’étais pas dans de bonnes dispositions pour plonger dans ces ambiances très noires et pourtant, quelle jubilation! Parce qu’il faut bien l’avouer, la vie des boxeurs n’est pas de tout repos et encore moins rose, mais, alors, elle est souvent digne des meilleurs films de Scorcese. Lionel Froissart l’explique en 4eme de couverture : Le noble art n’est guère charitable avec ses champions. Un jour, il quitte le carré du ring, clarté d’une gloire éphémère, pour aller se fracasser sur le sombre destin qui les attend à la sortie des cordes.

C’est le moins que l’on puisse dire. La vie des boxeurs n’est qu’un uppercut dans le bide !

Moi, je suis amateur de polars et ce roman en est un (excellent, en plus). 12 nouvelles très noires avec tous les ingrédients du genre. Le fric, les gangsters, les belles pépées vénales et souvent stupides, l’alcool, la drogue, des meurtres… et la mort (souvent solitaire) au bout du couloir.

J’ai rencontré Lionel Froissart ce vendredi (le livre sortait le jour même) dans les locaux de Libération. J’arrive dans le quartier une heure avant l’heure dite. Ça m’arrange car je compte finir les deux derniers « rounds » avant de l’interroger. Je commence à lire les mésaventures de Christophe Tiozzo, quand mon portable sonne…

C’est Francis Zégut. Il me raconte des choses importantes. Je n’ai pas osé lui dire que je n’avais pas le temps de lui parler alors, j’ai sacrifié à ma règle d’or. Interviewer un auteur en ayant lu l’intégralité de son livre. Entre l’amitié et le professionnalisme, j’ai choisi l’amitié.

Pardon Lionel, mais depuis, j’ai terminé…

Je monte au 8e étage et le journaliste sportif m’accueille très sympathiquement. Il m’emmène dans une salle de réunion avec vue imprenable sur Paris (et ses toits).

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J’enclenche mon magnéto en lui demandant tout de go pourquoi, lui qui est spécialisé dans la Formule 1 (il a écrit 3 livres références sur la question), il a choisi plutôt la boxe pour écrire ces tranches de vies.

-Je ne me sentirais pas capable d’écrire une fiction sur le milieu de la Formule 1… je peux tout raconter de la réalité de ce sport, mais j’aurais vraiment du mal à inventer des faits. De plus, je pense que ça ne s’y prête pas autant que la boxe. Les destins des pilotes sont moins dramatiques et romanesques que ceux des boxeurs…

Je tente de comprendre où est la part d’enquête journalistique et la part d’imaginaire.

-Il y a des boxeurs dont je ne savais pas grand-chose, je me suis donc fortement documenté pour ne pas raconter des énormités. Je voulais que ces « rounds » soient parfaitement crédibles. Tous les faits sont réels, mais parfois je les ai enjolivés pour les rendre plus « sexy ». Un journaliste se doit de raconter la stricte vérité. Là, ça m’a fait du bien de me lâcher dans la fiction en douceur. On est proche de la réalité, mais j’ai parfois modifié un peu le décor.

Lionel Froissart me fait comprendre qu’il se lancerait bien dans le « romanesque » total. Il m’explique que tous les journalistes y pensent un jour.

Ah bon ?

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Vous qui aimez ce sport ou qui n’y connaissez rien, vous pouvez sans aucune hésitation vous lancer dans la lecture de ce livre coup-de-poing (facile, mais si je n’utilise pas cette formule parfaitement justifiée, je le fais quand ?).

Les destins de Harry Greb, Marcel Cerdan, Benny « Kid » Paret, Davey Moore, Charles Liston, Laurent Dauthuille, Deuk-Koo, Carlos Monzon, Alexis Arguello, Anthony Fletcher, Christophe Tiozzo et Mike Tyson vont vous passionner. Vous pariez ?

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Dans « ce roman d’un combat en 12 rounds » à lire avec des gants (hum !), les destins se croisent, se chevauchent et on y rencontre d’autres boxeurs de légendes comme Mohamed Ali ou Jake La Motta , tous aussi pourris et perdus les uns que les autres…

Il y a très peu d’anges au royaume du noble art.

Très peu.

Allez, régalez-vous (ou pas)!

24 octobre 2007

Saint André, c'est lui!

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Il y a quelques semaines, je reçois un disque d’un dénommé Saint André… je le mets dans mon tas « A écouter » et je l’oublie. Et puis mercredi dernier, je me fais une séance d’écoute en prévision d’éventuelles prochaines interviews et je retombe sur cet album intitulé Le grand soir.

Je lis qu'il est réalisé, enregistré et mixé par Ian Caple (Ah, quand même! Il a produit les Tindersticks, Tricky, Alain Bashung, Yann Tiersen... ce n'est pas un branque!)

Je le mets dans mon manche disque (mais non, je n’en suis plus là !) et là, je tombe à la renverse (c’est une image !).

da229a27eb891704bb6c532ebae91fa1.jpgLa révélation ! Une voix et des textes qui me parlent au plus profond de mon moi intérieur profond (je ne sais, moi-même, pas bien ce que je veux dire dans cette formule un brin excessive et répétitive, mais il faut comprendre que j’ai accroché tout de suite… ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de cœur. Depuis Pierre Lapointe, mandorisé ici…).

Le disque tournait encore sur mon gramophone que j’appelais déjà son attachée de presse (heureusement une amie...).

-Muriel, je suis en train d’écouter Saint André. J’adooooooore !!!

Muriel connaît mes goûts et ça ne l’étonne pas plus que ça. Je lui ai déjà fait le coup avec Pauline Croze, dont elle s’occupe aussi.

Elle me promet une rencontre la semaine suivante avec Jean-Charles Santini, la tête pensante et chantante du groupe Saint André (il y a également Sam Voccia, à la guitare, Jeffo Sculfort à la basse et Thomas Jungblut à la batterie… il est bon de citer tout le monde.)

Ce que Muriel dit, Muriel fait.

Avant de continuer, voici le clip de son premier single : Un autre que moi.

Ainsi, donc, ce lundi, je me rends dans les locaux de la maison de disque Wagram. Laure (qui bosse avec Muriel) m’accueille toujours très gentiment. Elle m’offre un petit café et m’emmène dans la salle de réunion, qui est aussi la salle d’interviews.

Un peu austère, le lieu, mais tranquille.

Jean-Charles arrive. Je me présente (je m’appelle Henri !) et lui déclare tout de go que ça voix me fascine, mais qu’elle peut-être un sérieux handicap. Elle va plaire ou exaspérer.

 

-C’est ma voix naturelle, c’est d’ailleurs pour ça que je ne voulais pas chanter moi-même mes chansons. J’étais complexé de cette tessiture si « space ». Au début, je proposais mes chansons à d’autres artistes, mais ça ne fonctionnait jamais. Mes compositions étaient peut-être un peu trop personnelles et je me rendais compte qu’outre la sonorité, le timbre de la voix, il y avait un certain phrasé, une manière de faire sonner la note, la mélodie et le mot tellement instinctive que ça ne marchait qu’avec moi. Je remercie aujourd’hui les quelques personnes qui trouvaient mon style intéressant et qui m’ont incité à me lancer moi-même dans la bataille…

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Le parcours de Jean-Charles Santini est simple. Premières années de vie en Corse puis les hasards de l’existence le mènent à Liège. Il y trouve des musiciens, monte Saint André et réalise une démo qu’il envoie au concours Musique à la Française … Il figure parmi les lauréats. Le chanteur belge Jeronimo le voit en concert, en parle sur son blog et s’arrange pour qu’il signe dans sa maison de disque Bang !.

Pendant l’interview, je lui sors le disque de Jeronimo… (d’ailleurs, je ne vous ai jamais parlé de cet artiste Liégeois… erreur, car gigantesque le bonhomme !)

Il est visiblement touché de ce geste (que j’estime pourtant anodin). Il m’explique sa belle amitié pour lui.

-Le groupe répète chez lui, on se fait écouter nos morceaux respectifs. D’ailleurs, je peux te dire que son 3e album est vraiment démentiel. Plus ouvert que le précédent…

Je ne vais pas le louper étant donné que j’avais apprécié à sa juste valeur 12h33… (Échec total en France).

Grrr…

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Je fais en sorte qu’il ne m’explique pas que Saint André est le village corse de ses grands-parents, dans la montagne de Castagniccia, à 100 kilomètres de Bastia. Ca, je l’ai lu dans la biographie, nous n’avons pas de temps à perdre… allons à l’essentiel.

Parlons de son œuvre.

 

-Ce sont des chansons mélodiques dans un écrin pop rock qui peut-être à la fois épuré, efficace, mais aussi un peu lyrique, épique ou explosif. Toutes mes chansons sont motivées par un certain cri. L’envie de dire et de porter un message haut et fort…

Sa culture est rock, jazz, classique, tango argentin (ben oui, Astor Piazzolla, il aime beaucoup).

-C’est de ce bouillon de culture qu’émerge dans mon travail quelque chose de très personnel.

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Je lui parle de sa réputation d’artiste exigeant, méticuleux, pointilleux qu’on lui prête déjà.

-J’ai une anecdote à ce sujet. Un grand peintre qui était exposé à Orsay est entré un jour dans le musée avec ses pinceaux pour finir son tableau. Un gardien est venu le voir pour lui dire que c’était terminé maintenant… La question est simple : quand se termine une œuvre ? Si on prend le temps de bien travailler, d’être objectif et de ne rien se pardonner, on limite grandement l’erreur. Pour mon album, j’ai été casse-couilles mais quand je l’écoute aujourd’hui, j’en suis satisfait. C’est prétentieux de dire ça, mais je le pense sincèrement. D’ailleurs, ça me met une sacrée pression sur les épaules d’être comme ça.

Jean-Charles Santini est très ambitieux. Il veut durer et donc, s’en donne les moyens.

-Je voulais un album parfait. Si c’était pour faire un petit disque dans mon coin sans y croire, autant rester à la maison. Je veux absolument que Le grand soir soit porté sur les fonds baptismaux parce que c’est un cri !

Je crains qu’en lisant ses propos vous jugiez hâtivement le personnage. Non, il n’est pas un prétentieux imbu de lui-même. J’ai en face de moi un garçon charmant, à l’écoute et sincère. Il est même gêné quand je lui dis le coup de cœur que j’ai pour cet album… dans son entier en plus.

Ce que j’apprécie particulièrement chez ce jeune homme de 28 ans, c’est que dans ses textes, il ne joue pas au super héros. Il laisse poindre à l’horizon sa fragilité et la part de féminité qui est en lui. Notamment dans Est-ce que les hommes pleurent parfois ?… que vous pouvez écouter et voir ici en très courte version acoustique.

-C’est tout à fait ce que je voulais faire passer. J’aime bien jouer avec les codes. Qui est fort ? Qui est sensible ? Certainement pas ceux que l’on croit. J’aime bien développer le côté « colosse aux pieds d’argile »… ça définit assez bien les hommes d’aujourd’hui.

Voilà un beau disque qui va faire parler de lui. On va l’aimer ou le détester, mais il ne laissera personne indifférent. Comment ne pas être touché par des textes aussi sensibles, à fleur de peau ? Ses chansons d’amour sont comme la vie. Jamais rose, ni noir… un peu entre les deux. Rien n’est simple, mais il faut gérer la complexité des sentiments. C’est tout le propos de Santini et de son groupe. Et rarement je suis senti si proche d’un univers personnel d’un artiste.

Rarement.

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Et pour tout vous dire, humainement, je l’ai beaucoup apprécié. Encore une fois, voilà une rencontre qui me laisse sur ma faim. Je me dis que c’est tout à fait le genre de type avec qui j’ai envie d’être pote.

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Sacré métier que d’être face à face avec des gens pour les interroger sur leur vie et de devoir les laisser ensuite sans, pour la plupart, jamais les revoir.

Un peu frustrant le truc.

Mais, bon, j’ai l’habitude.

23 octobre 2007

Florent Vintrigner... Lazare fait bien les choses!

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 -Allo ! Florent, on peut reporter ? Non,  parce que, là, y a les grèves et j’ai peur d’être bloqué dans les embouteillages…

9c9aa0660bc5a5d5d116da7b3e2259c3.jpgC’était jeudi dernier, nous tentions, avec l’un des trois membres fondateurs de La Rue Kétanou, de caler un rendez-vous pour une interview…

 

-Bon, vendredi, je ne peux pas, je garde ma fille…

-OK ! De toute façon, je suis certain que la grève ne sera pas terminée alors, on se fait ça lundi.

-D’accord Mandor ! À 11h aux Folies à Belleville, ça te va ?

-Super ! J’ai habité dans le coin pendant 2 ans, je connais bien.

Hier, donc, j’écoute la radio le matin et j’entends qu’il y a 323 kms de bouchon sur le périphérique parisien à cause de la grève qui perdure… Sachant qu’il ne fait que 35, 04 km, je ne comprends pas bien cette information que je réentends toutes les heures… bref, ça n’augure pas un parcours Val d’Oise-Paris, de tout repos.

Je pars à 9h30 et, en fait, constate qu’il n’y a pas plus de circulation que d’habitude… J’arrive donc à 10h30 dans ce quartier multi culturel que j’aime beaucoup. Un flic m’empêche de tourner Rue Lesage…

Kézako ? Tiens ! Un tournage de film.

Je me gare à proximité, et vil curieux que je suis, me dirige vers l’équipe en pleine action. Voyant Véronique Genest, je devine qu’il s’agit là du tournage d’une scène de Julie Lescaut. Je demande à une jeune fille, maquilleuse de son état, si j’ai raison. Elle me regarde, genre, « c’est qui se badaud lourdingue qui pose de sottes questions ? »

-Ben oui, qu’elle me répond. Vous ne reconnaissez pas Véro ?

-Non, connasse, je ne reconnais pas Véro.

N’ai-je pas répondu parce que je suis un type poli et que j'ai reconnu Véro.

Après 15 minutes d’observation, je file rejoindre Florent Vintrigner que je compte interroger sur sa nouvelle vie0eec458ed7689320ce594a597e4b246a.jpg au sein de son groupe perso T’inquiètes Lazare. Leur premier disque est sorti en avril dernier et il est sur la route pour de nombreux concerts depuis plusieurs mois.

Il arrive à l’heure pile. On prend des cafés et après quelques minutes de conversation sur le temps quasi polaire, les grèves, la taille du périphérique et autres banalités, j’enclenche mon magnéto.

Il m’explique que La Rue Kétanou continue malgré la création de son deuxième groupe.

-Ce sont deux projets à part entière. Là, je prends plus de temps avec T’inquiètes Lazare parce qu’il faut le lancer. L’idée est de passer ensuite tranquillement de l’un à l’autre. Ce n’est pas la fin de La Rue Kétanou parce qu’on sort un nouveau disque en septembre prochain…

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Je lui lis ma revue de presse sur lui… ça donne ça, par exemple:

« Il se sert de la force de son verbe pour tenter de réveiller un monde à l’agonie », « son disque est un bon complément à la Rue Kétanou , on peut hésiter entre les deux selon l’humeur et le moment, car lui est plus b2d5fb16e35e5ca566b5d43ec6e4a506.jpgprofond que festif… », « ses chansons sont des poèmes vagabonds et bohémiens, portés par une voix reconnaissable entre 1000, rocailleuse, vive et déchirante », « les chansons de Florent Vintrigner parlent de chansons, de vague à l’âme, tout en accord mineur, mais sans tristesse. Une nostalgie mêlée d’espoirs et paysages abrupts… un voyage au cœur de soi… », j’en passe et des meilleurs.

-Que veux-tu que je te dise. Je ne vais pas commenter les éloges de tes confrères. C’est très gênant. Juste, je peux dire que je suis content et rassuré. Je trouve simplement dommage que les radios ne suivent pas. Une chanson comme Je rentre me coucher devrait pouvoir être diffusé…

Et nous devisons donc un long moment de l’injustice d’être méprisé par les médias audio-visuels. Dans les artistes de sa génération et de son style musical, il n’y a que Tryo qui a les honneurs d’NRJ, par exemple. Mais quid des Ogres de Barbacks, Loïc Lantoine, Debout sur le zinc et autre Mon côté Punk ?

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Florent Vintrigner n’est pas un débutant. Il n’est dupe de rien. Avec La Rue Kétanou qui est l’un des groupes majeurs de la scène alternative française, il a fait le tour du monde, rempli l’Olympia et bon nombre de salles européennes. Il sait que la bataille sera rude pour imposer T’inquiètes Lazare mais il s’en moque. La musique, c’est sa vie, son combat. Si la lutte doit continuer pour faire connaître son œuvre, il arpentera encore longtemps les scènes avec ses chansons missiles.
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Pour parler d’amour, de l’envie de faire l’amour, d’une femme aimée (mais sans papiers), de potes qu’il faut ramener au bercail, des intellos, d’introspection, du vent de mer, de la beauté physique (qui est sans issue ?)… et30ce70289e9e728b36bd0aca04f54326.jpg de la vie, du monde qui nous entoure… bref, des chansons universelles belles à pleurer.

Le Florent Vintrigner, il ne ménage pas ses peines. Avec ses deux acolytes (Jean-Louis Cianci et Sébastien Benett), son sac de larmes, il nous l’envoie à la gueule, comme ça, l’air de rien, sur des musiques festives, du blues, des airs de western, un peu manouche, un peu grec, un peu folk, un peu jazz.

Peut-être puis-je affirmer que T’inquiètes Lazare est un album de variété. Mais, non, puisque ce terme est à présent péjoratif… mais quand même, elle est là la splendide variété.
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Allez, zou ! Embarquement immédiat sur son MySpace et sur son blog.

Bon voyage !

(Les photos ont été prises à l’extérieur du bar pour faire croire que nous sommes deux garçons très courageux bravant les intempéries, en l'occurence le froid polaire… mais non, nous étions bien au chaud pendant l’interview… ben, ouais, quoi! Un artiste, ça se ménage...)

22 octobre 2007

Benoît Luciani au Parc Monceau avec Mandor!

Oui, bon OK! Je dis à tout le monde que jamais, oh grand jamais je ne ferai de podcasts improvisés (sous le pretexte fallacieux et prétentieux que je suis journaliste professionnel et que je n'aime pas trop l'amateurisme...).

Mais pour Benoît, j'ai fait une exception... parce que je l'aime beaucoup Benoît.

Donc voilà, un rendez-vous filmé et pas préparé pour parler sommairement de son livre Mise à mort que j'ai, contre toute apparence, beaucoup apprécié.


ITV
envoyé par Capra1313

20 octobre 2007

Week-end spécial Zazie!

 

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C’est facile d’écrire que l’on a cru à une artiste dès la première écoute. Pourtant, je me souviens parfaitement de la première fois que j’ai entendu Zazie.

Un petit bureau d’une radio de Strasbourg dans laquelle j’ai officié de 1992 à 1994, Top Music.

-Écoute-moi ça, m’ordonne presque le directeur des programmes de l’époque, en faisant tourner l'album Je, tu, ils.

-Woaw !

Traduisez par : coup de foudre immédiat.

b96a6bf5ca7666b57ef807368b753b7c.jpg-Elle ira loin la môme ! dis-je pensant qu’il s’agissait là d’une jeunette alors qu’elle avait 3 ans de plus que moi… (c’est d’ailleurs toujours le cas, curieux, non ?) (Pas très élégant ma remarque sur son âge...) (Mais si vous voulez mon avis, je trouve qu’elle embellit avec le temps) (comme le bon vin !)

Et donc, j’affirme que j’ai cru en cette artiste immédiatement. Pas l’ombre d’un doute sur ce qu’elle allait apporter à la chanson française…

Savoir les mots d’amour qui démasquent, savoir décortiquer les désarrois, savoir ensauvager les rêves, savoir donner de l’oxygène autant qu’elle en demande… ce n’était pas dans la mouvance du moment.

Bref, depuis ce jour, je suis la carrière de Zazie avec beaucoup d’attention et le sourire aux lèvres.

Pourquoi ? Parce que je l’ai beaucoup croisé à ce moment-là. Quand elle naissait artistiquement, je veux dire. Et je l’ai déjà expliqué maintes fois ici, quand je rencontre des gens de talent au début d’une carrière, je suis fier qu’elle se concrétise aussi merveilleusement et dans la durée (même si je n’y suis absolument pour rien).

Comme je l’avais fait pour Jean-Jacques Goldman il y a quelques semaines dans le Tout petit déjà ce72e68b2a0a5dfe662a09dbd0325649.jpghebdomadaire, je vais parsemer cette note aujourd’hui et demain de photos de quelques-unes de mes rencontres avec Zazie (autant que possède de doigts une main…).

Commençons avec ma toute première fois.

Samedi 8h40:

 

C’était le 21 novembre 1992 au Hall Rhénus de Strasbourg.

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Ma radio organisait chaque année la nuit des Tops (quand on s’appelle Top Music, c’est d’un malin !)

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Et c’est ainsi que j’ai pu enfin parler à ce singulier personnage…

Qui ne m’a pas immédiatement charmé.

Non, non, pas du tout.

À peine…

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Samedi 20h00 :

La deuxième rencontre a eu lieu peu de temps après la première… le 4 juin 1993.

Cette fois-ci, nous avons déjeuné ensemble avant un show case qu’elle devait donner à la FNAC de Strasbourg.

Très bonne ambiance et là non plus, je n’ai pas craqué.

Pas mon genre... de craquer.
Hum!
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Et là, rock n’roll attitude !

Pas vraiment ?

Ah bon !
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Pour terminer aujourd'hui, les photos du show case…

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Dimanche 10h15 :

6 mois après, je revois la dame… (non, pas question que je la présente déjà à mes parents !)

Cette fois-ci à Eurodisneyland (Marne-la-Vallée), le 10 décembre 1993.

L’idée de base était simple : ma radio, présente sur place pendant une semaine (en ma personne), accueillait des vedettes, leur proposait de passer une journée à essayer les différents « manèges » et les invitait devant mon micro pour recueillir leurs impressions.

Très passionnant le concept, j’en ai conscience, et pas du tout une opé publicitaire au bénéfice d’Eurodisneyland qui nous avait outrageusement régalés à l’œil ces quelques jours…

Marketing, je t’aime !

Mandor, déjà acheté par "le grand capital", à l’époque.

Quelle honte !

Ne m’en voulez pas, j’ai changé, on ne m’achète plus.

Quoique.

Ça dépend pourquoi.

Enfin, bref, Zazie a fait partie de mes nombreux invités.
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Très mélancolique d’ailleurs (en fait, je pense qu’elle se demandait ce qu’elle foutait là à raconter ce qu’elle avait ressenti en s’adonnant à cette terrible attraction qu’est « les pirates des Caraïbes »…

(Quand même, ce que les maisons de disque sont capables de demander à leurs artistes en développement pour vendre leurs skeuds !)

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Dimanche 18h40 :

Ma 4eme rencontre avec Zazie s’est déroulée le 21 octobre 2004 à l’occasion de la sortie de Rodéo  (Mercury).

Ça s’est passé dans un salon de thé au nom dont le jeu de mots me fait encore tordre de rire : l’Antiqui Thé.

Oui, il y en a qui ose.

Et là, pas de photos. Les circonstances ne s’y prêtaient pas (oui, je ne vous le cache pas, pour prendre des photos avec un artiste il faut le sentir. Pour éviter le ridicule. Et ce jour-là, mon appareil est resté dans mon sac.)

Trop de monde dans l’établissement.

Des journalistes, des attachées de presse, une manageuse…

Alors, juste, je vous livre mon article:
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« La promo, c’est dire mal ce qu’on a essayé de dire mieux dans les chansons… » Zazie prévient d’emblée qu’elle n’est pas fan de ce genre d’exercice, mais que la politesse exige qu’elle sacrifie au rite. « Mais je suis dans une position très sympa. Je choisis les médias que je veux rencontrer ». Ainsi donc, je me retrouve attablé avec la chanteuse au milieu d’un salon de thé. Sous le charme… (et ce n’est pas la première fois).

dd4e73a7be2a17932e3535be876e7961.gifRodéo est le 5eme album studio de Zazie. Il s’agit cette fois-ci d’un trio : la belle, Jean-Pierre Pilot et Philippe Paradis. Et Yves Jaget qui a réalisé l’album. Ils se sont enfermés dans une espèce de No man’s land, La Petite Blaque. Un endroit généreux et inspirant.

-Les garçons sont joueurs, n’ont pas peur de se mettre en danger ni de tordre une chanson quitte à la tuer. Comme moi, ils sont dans l’optique « on fait et puis on regarde à quoi ça ressemble ». Si cette expérience avait échoué, j’aurais dit « merci, voilà ! Au revoir messieurs ! » Je m’y serais recollée seule, comme un bon petit soldat. »

L’album réussit le tour de force d’être à la fois personnel et collectif. Et pourtant, la prise de risque existait réellement.

-On ne pensait pas que la somme de nous trois donnerait une quatrième personne. Quand on a fait La dolce vita, puis Toc Toc Toc,  nous étions un peu circonspects. Le manque de cohérence du début s’est effacé au fur et à mesure que l’album avançait.

Je lui parle de concours d’épate, elle me répond concours de séduction. 0412f1738fbde55a0366675759a9f8d8.jpg

-Un charme passait entre nous trois. Il y avait une saine compétition, mais pas égocentrique. La preuve, on s’est dit non 10703 fois par jour sans que l’autre éclate en sanglot !

Zazie est connue pour être une solitaire dans la création.

-Avant pour composer, je disais adieu au monde. La vie professionnelle s’enrichit de la vie personnelle et de ce qu’on veut bien partager, il n’y avait donc aucune raison de rentrer dans les ordres pour composer. 

Mais pour les textes, c’est une autre histoire. Le bel oiseau se métamorphose en loup sauvage

-Il y a un moment donné ou, pour l’écriture, c’est de l’introspection, de la spéléologie intérieure. Là, forcément, je ne parle plus aux autres. Je deviens autiste. 

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Zazie, au fil de la conversation, explique qu’elle est débutante dans le bonheur, que la maternité l’a changée. Pour autant, son album n’est pas plus gai que les précédents. La chanson Rodéo par exemple évoque de manière imagée la drogue.

-Le disque est sombre dans le côté photographique de la chose. Il est le négatif d’une photo qui est dans la lumière. D’ailleurs, j’accepte d’être sous les feux des projecteurs parce que j’ai aussi ces rendez-vous avec moi-même qui sont franchement plus ombragés. Ce n’est pas triste la pénombre !

Elle finit par avouer qu’au fond, elle n’a plus de problème avec son image.

-Je suis consensuelle, comme tout le monde. Je fais caca, pipi, je mange des raviolis, je ris, je pleure… Il n’y a donc pas de raison que mes textes soient extra originaux, vu que je ne suis pas extra ordinaire. 

Fin de la discussion. À regret. Je m’en vais en fredonnant J’arrive : « Juste le temps passé avec toi, autant, tant que tu veux, à peine le temps de croire en moi… »

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Dimanche 22h00 : (pour moi, c’est hyper tard !!!)

La dernière fois que j’ai claqué la bise à Zazie, c’était donc le 8 janvier 2007 au café Baci (Paris).

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Totem allait sortir.

Et c’était un chef d’œuvre.

Si, carrément !

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J’ai déjà tout raconté dans cette note mandorienne (avec l’aimable participation du sieur Luciani), donc, je ne m’étale pas sur le sujet.

Voici juste l’article qui en a découlé…

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Quoi??? Vous ne pouvez pas lire sans lunette astronomique! OK! Tout est ici alors

Pfff...

Voici le dernier cliché.

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Bon, je vais me coucher maintenant.

Sans blague, quand on se lève à 5 heures du mat’, vous croyez qu’on se couche à des heures indues ?

Non.

Et puis, je signale au passage qu’à partir de 22 h, mon cerveau est incapable d’accomplir le moindre effort intellectuel (déjà qu’en temps normal…).

Le soir, je ne peux ni lire, ni écrire. C’est assez handicapant, je dois dire.

Et je pense que cette information clôt parfaitement et judicieusement ce week-end spécial Zazie.

Pourquoi écrire une conclusion ayant un rapport direct avec la thématique générale de cette note ?

Qui m’y oblige ?

Pourquoi aller là où l’on m’attend ?

Et quel âge avait le capitaine?

Hein ? Je vous le demande.

Bonne nuit à tous!

Mandor s’endort.

19 octobre 2007

Daniel Lavoie... the piano man!

 

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Daniel Lavoie est à l’Européen depuis lundi jusqu’à demain soir (samedi).

Ayant été invité, j’y suis allé lors de la première. Un peu à reculons, car je pensais que j’allais un peu m’ennuyer, ne connaissant pas bien le répertoire du monsieur. À part, Ils s’aiment, Je voudrais voir New York et les chansons qu’il interprétait dans Notre Dame de Paris (notamment celle-là!) ma culture « Lavoiesque » était assez réduite.

En fait, il s’en est très bien sorti et je me suis laissé piégé par son bel univers.

(Notez, que ce n’est pas pour autant que je vais courir acheter toute sa discographie).
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Devant près de 200 personnes, le chanteur québécois a joué la carte de la simplicité.

Dès son arrivée sur la scène, il a enlevé ses chaussures (idée de Néry, son « collaborateur artistique ») et brisé le cadre qui aurait pu prendre les allures d'un récital de l'ère de Cro-Magnon.

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Près de ses émotions, il a livré sans forcer et donné généreusement les chansons qui font les perles de son répertoire et quelques-unes de son nouvel album Docteur Tendresse.

Jean Guidoni (mandorisé ici) est venu chanter en duo la chanson La Naïade.

Très beau moment.
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La formule piano-voix sied à merveille à Lavoie.

Lorsqu'il sort de scène après quelques rappels, Daniel Lavoie a réussi ce qu'il voulait: toucher et émouvoir.

Opération sincérité, sans artifice.

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Et c’est une jolie performance que d’attirer dans ses filets un Mandor pas fan de base, mais qui a très vite plongé.

Et qui a rendez-vous le lendemain avec lui…

 

77e53fbe0340d526920abb71b6805d1e.jpgAinsi donc, je me retrouve à 13 heures, ce mardi, rue des Abbesses.

Lors de ses venues à Paris, il loue un appartement gigantesque dans ce Montmartre si magique.

Il faut franchir deux portes avant d’atteindre son antre parisien.

Il m’ouvre (le sourire généreux), me présente les lieux puis me prépare un café. Nous nous installons dans le séjour et devisons de choses et d’autres avant de commencer réellement l’interview. Nous parlons d’abord de son spectacle de la veille. Il est très lucide :

 -Il y avait un bon noyau de fans. Ça fait longtemps que je les connais… vous savez, quand les choses vont clopin-clopant, quand la carrière est dans une période difficile, c’est très rassurant d’avoir des gens fidèles. Ils nous aident à franchir ces passes délicates.

Ce qui ne veut pas dire que c’est le cas en ce moment. Au contraire, tout va bien. « On ne me m’arrache pas ma chemise dans la rue, mais j’ai le succès modéré ! ». Un nouveau disque, une semaine de scène parisienne, il y a pire comme situation.

 

97e1a536ab47974b25d95cf16f8ad824.jpg-Après les comédies musicales Notre Dame de Paris et Le Petit Prince, j’ai réorienté ma façon d’aborder le métier. Je suis en reconstruction. Depuis quelques années j’ai quitté la pop attitude. Après 35 ans de métier, j’ai eu envie de revenir vers une chanson plus subtile, plus poétique, plus ressenti. Si on écoute mes chansons et que l’on cherche le sens, on s’y perd. Je veux procurer des cocktails d’émotion et non écrire des chansons « raisonnables ». La raison, c’est bien beau. Ca nous sert énormément à faire toutes sortes de choses et ça nous dessert souvent à faire des conneries…c7346f117ffbec3bd1029e615b50bf65.jpg

 

Ainsi, quand il n’écrit pas lui-même, il choisit des auteurs qui ont la même façon de "peindre la vie" que lui. Tout en nuance et en poésie… c’est le cas dans l’album Docteur Tendresse (le clip de la chanson titre est ici) avec des gens comme Allain Leprest ou encore Jean Rouaud et Marie Nimier

Daniel Lavoie parle de son métier d’artiste avec conviction et amour. Il est heureux d’être à la place qu’il est et a conscience chaque jour du bonheur qu’il possède.

 

-Moi, je suis un homme très libre. Je fais ce que je veux. Personne ne m’impose quoi que ce soit. Je n’ai pas envie de patron. La vie est trop courte pour se faire bousculer. Je suis un homme privilégié. Je le sais parfaitement…

 

Après 45 minutes de conversation passionnée, je demande au chanteur de prendre une photo Mandorienne. Il refuse d’abord.

 

-Je viens de me lever. J’ai les cheveux en bataille… j’ai l’air fatigué.

 

Je lui explique que c’est le principe de mon blog.

Rendre les artistes à la portée de tous. Les montrer tels qu’ils sont réellement, sans masque, ni maquillage, dans leur environnement.

Il accepte finalement, mais un peu contrarié.

Le résultat.

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Vous avez encore ce soir et demain pour vous rendre à l’Européen…

Un beau spectacle, je vous assure.

 

Crédits: La photo d'ouverture est de Marie-Reine Mattera, celles du concert sont de Mandor (quoi, "ça se voit"?), celle du Petit Prince et de Notre Dame de Paris, je n'en sais fichtre rien...)

 

Et pour comprendre le titre de cette note...

16 octobre 2007

Ben Ricour... chanteur en lutte permanente!

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Ben Ricour, c’est l’artiste qui monte, qui monte… doucement, mais sûrement.

La première fois que j’ai entendu ce type chanter, j’étais dans un bureau de chez Warner, à l’issue d’une interview de je ne sais plus qui. Ma copine Elodie, une de ses attachées de presse, m’oblige presque à écouter quelques morceaux de « ce jeune artiste auquel la maison de disque croit beaucoup ».

Et directement, en écoutant cette voix, j’apprécie. Musicalement, très « unplugged », j’adhère.

Elle m’envoie ensuite son premier album.

Voici son premier MySpace avec pas mal de titres de cet album-là… (je vous donne le nouveau plus bas !)

Très rapidement, je me dis que lui, c’est de la bombe.

Très rapidement je le rencontre.

Le 16 juin 2005 (deux ans déjà !).
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Très rapidement, j’écris pour mon journal, une petite bafouille.
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Très rapidement aussi, je vais le voir sur scène à l’Européen.

Très rapidement, j’attends la suite.

Et pas très rapidement, la suite arrive.

Ainsi, donc, je reçois enfin, la deuxième mouture de Ben Ricour, Ton Image.

972c61760b3f7637d9076be5ad267f36.jpgAinsi, donc, je revois l’ami Ben une seconde fois.

(Je me répète ?)

Le 24 septembre dernier, toujours chez Warner.

-Salut ! Comment va ta fille ?

Je reste stupéfait à chaque fois que je revois un artiste et qu’il me pose cette question. Daphné m’avait déjà fait le coup (lire ici)… A croire que quand j’ai eu Stella, je l’ai crié sur tous les toits et j’ai raconté ma vie aux personnes que j’interviewais. Je suis un enthousiaste moi, sais pas me retenir.

Bref, je donne des nouvelles de ma petite famille puis nous parlons de son disque… parce que je suis un peu là pour ça, quand même.

D’abord, nous parlons de ce qui lui est arrivé depuis la dernière fois. Que de bonnes choses. De nombreux concerts et quelques chansons pour d’autres artistes. Il a notamment écrit J’traîne les pieds pour Olivia Ruiz (mandorisée ici) et Abracadabra pour Florent Pagny (mandorisé là).

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Ces deux idoles sont « Bashung pour le côté sombre, rock de son univers ; Souchon, pour le côté tranchant et léger à la fois. » (Hum! Voir aussi et ... si vous avez du temps à perdre!).

Mais on ne peut comparer Ben Ricour à personne. Il possède sa propre identité. Son deuxième album, réalisé par Patrice Renson et Olivier Lude (-M-, Vanessa Paradis…) en témoigne.

-Cet album a été épuisant à faire. Ma maison de disque m’a un peu pressé de la finir, moi qui a l’habitude de prendre mon temps… J’avais beaucoup de choses à exprimer depuis 3 ans. J’ai donné tout ce que j’avais et je suis content du travail accompli. Mes chansons sont moins naïves et innocentes que dans le premier disque. J’avais envie de partir vers des sujets plus personnels, plus profonds…

Et pour se mettre dans l’ambiance Ben Ricour à créé en 6 mois, dans l’inconfort « rassurant » d’un bout de pièce de 6m2, sans chauffage, les 11 titres pop-rock de cet album.

Des chansons très courtes.

-J’arrive pourtant avec des chansons très longues, mais on taille dedans pour ne laisser que l’essentiel. Je suis perfectionniste à l’extrême, j’essaie toujours de faire de la musique qui ne bouffe pas les mots et vice-versa. Le bon dosage est difficile à doser.

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Notons quelques « guest », comme par exemple Michaël Furnon (Mickey 3D) qui lui a écrit Sors de l’ombre, Albin de la Simone qui joue du clavier dans quelques titres et M qui a posé une partie très personnelle de guitare dans Cinq Minutes.

Du beau monde utilisé avec parcimonie et intelligence.

J’affirme à Ben que si ce disque ne marche pas, j’arrête le métier (ce qui, en vrai, n’est pas exact parce que, dans ce milieu, il n’y a aucune règle et je tiens à continuer mon travail. Le talent n’est pas toujours récompensé à sa juste valeur…).

Ce que j’aime chez Ben Ricour, c’est son manque d’assurance et de sérénité. Il n’a pas du tout confiance en lui et c’est, me dit-il, ce qui le fait avancer.

Voyez tel qu’il se décrit.

-Je suis quelqu’un d’assez calme, assez contemplatif, très sensible. J’ai envie de me nourrir spirituellement, de rencontrer des gens qui m’intéressent, qui m’élèvent vers le haut… je suis plus à traîner sous un ciel étoilé que dans les boites de nuit.

Voilà pourquoi, en plus, j’aime bien, cet artiste.

Un type qui m’a l’air tout à fait bien, justement parce qu'il est "en lutte permanente".
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Et, n’hésitez pas, vous, à traîner sur son nouveau MySpace, il y a son tout nouveau clip et quelques chansons (malheureusement, qu’une du nouvel album, son single L’heure d’hiver)…

(et de jolies photos mesdemoiselles. Je sais, la beauté est intérieure, mais quand même…)

Ton image sort le 29 octobre. Encore un peu de patience...

Et le monsieur fait quasi toutes les premières parties de la tournée de Vanessa Paradis.

Voici ses dates futures:

01/11   CAEN – Zénith  – en 1ère partie de Vanessa Paradis
02/11   ROUEN - Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
06/11   NANTES
08/11   PARIS - Le Zebre 
13/11   LE CHAMBON FEUGEROLLES – Festival Les Oreilles en Pointe
14/11   PARIS -
Zénith – en 1ère partie de Vanessa Paradis
20/11   CHARTRES
24/11   BULLY LES MINES – Espace François Mitterrand
06/12   ORLEANS – Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
07/12   LILLE - Zénith 
– en 1ère partie de Vanessa Paradis
08/12   MONTREUIL – L’Argo’notes
14/12   VERTOU – Salle Sevre et Maine

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11 octobre 2007

Bartone cartonne!

 

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Je le répète encore une fois, j’adore suivre la carrière d’un artiste depuis le premier album. C’est le cas de celui dont je parle aujourd’hui. J’avais déjà rencontré Bartone lors de la sortie de son premier album, il y a 2 ans, Cador (souvenez-vous de la chanson France-Allemagne 82 en duo avec Clarika… un p’tit bijou !).

Il m’avait paru sympathique, mais un peu tendu. Je l’avais senti en mode « observation ». Il faut dire que ce Stéphanois avait été extirpé de sa vie de chanteur dans les bars de sa région pour rejoindre une « major » et devenir professionnel. Et donc, rencontrer des journalistes pour parler de son disque…

Mon article de l’époque 
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Je l’ai revu récemment, dans un bar parisien (quoi encore ? Ce n’est pas moi qui décide…). Il me reconnaît aussitôt.

Très chaleureux, cette fois-ci. Je lui raconte comment je l’avais perçu.

-Oui, mais il faut se rendre compte de ce que c’est de quitter sa ville, de venir à Paris et d’être entraîné dans un espèce de tourbillon inhabituel. C’est un truc de dingue. Je ne me méfiais pas des gens, j’apprenais à faire mon métier de «  répondeur de questions ». Ce n’est pas facile de parler de soi.

Je suis bien d’accord avec lui. Le peu de fois où je me suis moi-même fait interviewer, j’ai été assez minable, il faut bien le reconnaître. C’est un boulot.

166bcad331cd6ac49c75bdf0e467a3b4.gifBartone sort donc son deuxième album, Les enracinés. Un disque qui secoue grave.

Plus authentique que le premier…

-C’est normal. Quand tu débutes, tu apprends les rouages du métier. Certes, c’était mes chansons, mais il y avait tellement d’intervenants que j’ai eu l’impression d’être dépossédé. Ce 2e disque est tout à fait le mien. On m’a fichu une paix royale.

Là, donc, guitares électriques à donf’ (comment je parle couramment le verlan !) sur des musiques mélodieuses, le tout sous la direction d’un ex Cri de la Mouche , Alexandre Azaria.

-Je veux être considéré comme un membre de la « chanson française » mais avec un fond musical pop rock. Mais, je ne veux pas faire partie de la troupe des chanteurs très introspectifs, très malheureux, très accordéon, très tradition…Il faut obligatoirement que mes chansons soient toujours un peu légères et second degré…

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Je lui dis que ses personnages masculins me font bien marrer tellement ils sont complètement barrés et d’une parfaite mauvaise foi, parfois même assez ignobles. Il sourit.

-J’aime bien dénoncer nos petites mesquineries, surtout dans la relation de couple. J’en ai rajouté dans le côté méchant, que je n’ai pas dans la vie.

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Il m’apprend, au fur et à mesure des Sprite ingurgités, qu’il n’a pas trop le trac avant de monter sur scène, qu’il essaie de faire publier un roman (écrit en 1 mois et demi) qui s’intitule « A quoi jouent les garçons ? », qu’il aime BEAUCOUP Thomas Fersen et Bashung, qu’il a de quoi enregistrer 4 albums « pour moi et pour d’autres », qu’il n’est pas si féru de cinéma que les journalistes le prétendent et enfin, qu’il ne faut pas « se faire un monde de l’industrie du disque »… bref, toutes sortes de choses primordiales.
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Je vous conseille d’aller voir son MySpace et de regarder ses vidéos Ma chère ex (1) et (2)… la chanson de rupture pas classe et jubilatoirement méchante !

Profitez-en pour écouter ses chansons...

L’album sort lundi.

Le 15 octobre.

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05 octobre 2007

Imbert Imbert... le tendre révolté!

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-Bonjour ! Nous nous sommes déjà rencontrés.

Je regarde Imbert Imbert dubitatif.

-Non, je t’ai déjà vu sur scène en première partie de quelqu'un, mais je ne sais même plus de qui ni dans quelle salle.

-Je m’en souviens parfaitement. C’était à la Maroquinerie , il y a deux ans. Je faisais la première partie de Bertrand Louis.

-… Euh… Ah oui ! C’est ça. Tout a fait !

2fd610b80bb192abe61c1a69bff1e87c.jpgEn ce vendredi 28 septembre (la semaine dernière, donc), je reste stoïque devant le Zèbre de Belleville (il y joue le soir même). Je me demande comment il a pu savoir que c’était cette soirée là. Puis il ajoute.

-Tu es venue me voir après ma prestation. C’était dans le couloir, près des toilettes. Nous étions presque dans le noir et tu m’as dit que tu avais beaucoup apprécié ma prestation… tu m’as aussi promis que quand j’aurai un « vrai » disque, tu viendrais m’interviewer. Et tu es là aujourd’hui.

Plus il avance dans sa phrase, puis je me rappelle, en effet, avoir tenu de tels propos. Je me fais vieux, je perds la mémoire… Il est vrai que j’adore aller applaudir les chanteurs qui « débutent », dans des petites salles et aller les encourager après. On croit que ce n’est pas important mais force est de constater que certains s’en souviennent.

Ça me fait plaisir d’ailleurs.

b9984a1a97a2035c55e9f62f20582086.jpgJ’ai reçu le disque d’Imbert Imbert, Débat de boue, il y a six mois (il est sorti le 26 mai dernier). J’ai pris une grosse claque en l’écoutant.

(Ça m’a fait le même effet qu’en écoutant Yves Jamait la première fois.)

L’homme est seul avec sa contrebasse. Il chante avec un esprit résolument rock et poétique (ce qui n’est pas paradoxal) des textes graves, tristes, tendres, désenchantés et surtout révoltés.

Ce type a déglingué mon petit cœur fragile.

Pas entendu une telle personnalité depuis… fiou ! Depuis longtemps !

(À part peut-être Yves Jamait… je vous en ai déjà parlé ?)

Ses chansons remuent les tripes et ne laissent personne indifférents. A commencer par le petit monde de la chanson française qui observe de loin ce nouveau venu.

Enfin, nouveau venu, c’est beaucoup dire. Après m’avoir emmené dans sa loge, en débouchant des bières, il me raconte son passé bien fourni de musicien.

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-Je viens de Montpellier. Je suis monté à Paris il y 6 ans pour ne faire que de la musique. J’ai été embauché très vite dans le groupe Jim Murple Memorial (rock steady, ska, rythm’n’blues) J’ai tourné pendant un an puis j’ai enchaîné directement avec Derien pendant 3 ans. En même temps, je composais mes petites chansons de mon côté.

Il oublie de me préciser qu’il a aussi joué dans un trio de free-jazz, le groupe Split.

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La contrebasse comme instrument principal s’est naturellement imposé à lui et grand bien nous fasse.

-Quand j’aurai 50 ans, peut-être que j’aurais un orchestre classique symphonique… on ne sait jamais. En 05d6a9297e0f133aaf556cd75e81381a.jpgattendant, je suis heureux de faire découvrir cet instrument plutôt rare dans la chanson française. Je pense jouer sur scène ainsi encore pendant un moment.

Sauf qu’il n’est pas improbable qu’une multinationale le repère et lui donne plus de moyens pour enregistrer … non, je dis ça parce qu’Imbert Imbert et l’artiste français qui a reçu le plus de récompenses cette année.

-Bravos du public et Bravos des professionnels à Montauban Alors Chante ! 2007

-Lauréat Fnac Indétendance Printemps de Bourges 2007.

-1er prix Le Mans Cité Chanson 2007.

-Prix du club des Entreprises Francofolies de La Rochelle 2007.

Beau palmarès !

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Pendant l’interview (presque en public, car son tourneur, son attaché de presse, son éclairagiste…etc. sont assis à côté de nous pour écouter, voire même participer !), j’apprends qu’il a écouté Renaud en boucle de 7 à 12 ans (il lui en reste quelques résidus), qu’au départ il voulait jouer de la musique « à la limite de l’inaccessible », qu’il se sent révolutionnaire dans l’âme, qu’il s’inquiète pour les générations futures, qu’il a du mal à comprendre ceux qui ont voté Sarkozy (il en fait une chanson), qu’il est heureux malgré le mal de vivre qu’il chante…
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J’ai la curieuse sensation en l’écoutant et en l’observant, que je suis devant un futur grand monsieur de la chanson. Un futur incontournable. Un qui va marquer les esprits…

Quasi sûr de ne pas me tromper.

Là nous sommes derrière le bar du Zèbre de Belleville. Lui au champagne, moi avec ma pauvre bière...
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À vous de voir ou plutôt d’écouter… sur son MySpace. Il y a 3 titres.

Précision: Imbert Imbert n'est pas Pascal Obispo.

Je dis ça, je dis rien.

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