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04 octobre 2007
Un secret
Hier soir, je suis allé voir Un secret, le film de Claude Miller avec Cécile de France, Patrick Bruel et Ludivine Sagnier…
Je vais faire court.
L’histoire de cet enfant chétif et solitaire (François) qui s’est inventé un frère plus beau, plus fort et plein de panache m’a bouleversé. Pour des raisons personnelles (mais que l’on pourrait aisément comprendre en lisant cette note), cet introverti jusqu’à l’effacement qui exhume à l’adolescence un secret de famille m’a pris aux tripes.
Caude Miller a adapté le poignant récit autobiographique du psychanalyste Philippe Grimbert (Goncourt des lycéens 2004 et Grand Prix des lectrices ELLE) et a composé avec soin, tact, et intelligence une œuvre sensible autour de la mémoire collective et familiale. L’émotion, proche de celle offerte par le livre, m’a étreint d’une manière inimaginable.
Je suis sorti de la salle dans un état second.
J’ai entendu des gens se plaindre que la fin n’était pas assez « émouvante ».
Connards !
C’est ce qui fait la force de ce film. Il n’est pas larmoyant, il est juste.
Miller sait de quoi il parle.
Je le cite : « Je suis né en 1942. Il n’y a pas beaucoup de survivants dans ma famille : la plupart de mes oncles, tantes et grands-parents ne sont pas revenus des camps de concentration. Enfant puis adolescent, je fus hanté par cette histoire traumatisante et anxiogène. J’en ai conçu des peurs et des phonies. J’étais un enfant craintif mais quoi de plus normal puisque ma mère m’a porté dans la peur ?
…J’ai senti que l’adaptation du roman de Philippe Grimbert pouvait être l’occasion de rendre hommage à ma famille et à son histoire. D’autant que nous sommes tous les deux issus du même milieu social, ni bourgeois, ni prolétaire. Nos parents étaient des petits bourgeois commerçants et juifs ashkénazes. »

Patrick Bruel (qui ne remporte pas systématiquement mon adhésion) est formidable dans ce personnage ni bon, ni mauvais. Il joue un homme qui est dans une humanité à la fois profonde mais, par la force des évènements, sinueuse, qui doit vivre avec ses écarts de bonheur et malheur.
« C’est un personnage complexe, qui est d’abord en lutte contre lui-même puisque dans son désir d’intégration et sa négation de la fatalité, il nie farouchement ses origines au risque de passer pour antisémite ; c’est juste un juif laïc qui refuse de courber l’échine dans la France de l’avant-guerre puis de l’Occupation. C’est un homme qui, au fil de sa vie, va s’enfermer dans la solitude de ses secrets, happé par le destin et victime de sentiments plus fort que lui ».

Quant à Cécile de France, elle est lumineuse, belle comme une sirène (expression pas du tout choisie au hasard) et d’une sensualité rare.

Précision : les extraits d’interviews de Claude Miller et de Patrick Bruel sont tirés du dossier de presse du film.
Je les ai rencontrés il y a peu, mais pour d’autres actualités artistiques.
Claude Miller, le 18 mars 2004 pour la sortie DVD de La petite Lili…


L'un et l’autre m’ont parlé de ce film en filigrane, certes, mais avec émotion.
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