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19 septembre 2007

Le mystère Pelot!

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Je ne vais pas répéter ici, l’affection que j’ai pour Pierre Pelot et pour son œuvre.

Je crois avoir tout dit

Mais bon, cette fois-ci, il est question de déjeuner ensemble dans un restaurant germanopratin.

80cc58d13642dcedec1736ae9894892e.jpgJ’accepte, d’autant plus que je n’ai pas encore vraiment parlé de son dernier livre Les Normales saisonnières.

Mercredi dernier, me voilà donc à table avec Pierre, sa femme Irma et son éditeur Gilles Cohen-Solal (eh oui, encore lui !). Je précise bien que je ne ferai l’interview qu’au moment du café. En tête à tête, nous nous isolerons. Je déteste travailler en mangeant, de plus, ce n’est pas poli (ni très élégant).

Pierre Pelot, je ne l’avais jamais vu comme ça avant, n’arrête pas de faire des jeux de mots. Pas tous bons, mais ce sont ceux que je préfère. Gilles, quant à lui, est toujours aussi « haut en couleur ». Un personnage, ce monsieur. Il a d’ailleurs une forte considération pour Pelot puisqu’il ne cesse de clamer partout qu’il est le plus grand auteur français. Pierre, ça l’agace, car il est très humble, mais moi je pense comme Gilles, et ce, depuis longtemps. Je n’ai jamais compris comment un auteur si prolifique dans des genres si différents ne soit pas reconnu à sa juste valeur…

J’appelle ça « l’affaire Pelot », c’est mon éternel discours aux gens de la profession.

Ils s’en foutent.

Il n’est pas dans le « sérail », l’ami Pierre. Il ne fréquente pas (ou peu) les soirées littéraires. Son refuge, c’est sa femme, son enfant, ses chats, sa maison, ses Vosges natales… ses histoires. Le reste, d’après ce que j’ai compris de cet homme, importe peu.

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Son roman est extrêmement difficile à raconter (certains s’y sont essayés brillamment, comme elle, lui et elle encore. Je leur tire mon chapeau !).

Nous suivons le héros, Cochise Datier, que l’on comprend être écrivain et scénariste, déambuler sur les rivages d’une petite ville bretonne des environs de Douarnenez. On le suit, mais on le sent aussi, on l’observe errer dans les rues de cette bourgade. Lui aussi observe. Les gens, une maison bien précise, la patronne de l’hôtel, une jeune fille qu’il veut sauver… Il semble chercher quelque chose, une arme en poche... Vengeance, amour, traque, folie? Je ne peux pas répondre, juste, il faut marcher avec lui, sans se poser de questions, sans intellectualiser le propos. Curieuse sensation de se laisser aller, de ne plus rien maîtriser de cette lecture. Comme d’habitude, qu’il écrive des fresques flamboyantes ou des romans plus introspectifs, Pelot happe toujours son lecteur pour ne plus le lâcher. Je n’ai jamais compris sa méthode, ce pouvoir qu’il a. Pelot est en fait un griot.

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Ma vision de son roman, une fois en tête à tête, le fait sourire.

-Si tu savais ce que j’ai entendu sur ce livre depuis que je fais la promo… mais je suis rassuré. Dans l’ensemble, les lecteurs ont compris mon procédé, un peu cinématographique. Les personnages sont là. Ils existent à travers ce qu’ils font et ce qu’ils disent. Je ne rentre jamais dans leur tête. Jamais !

Mais, c’est curieux, car, malgré tout, on suit Datier dans ce qu’il pense alors que pas une seule fois, Pelot n’explique ce qu’il pense. Vous me suivez ? Non… et bien, pourtant, l’effet est magique.

-Je ne te cache pas qu’avec ce livre, j’avais un peu la trouille. Je me demandais comment il allait être reçu. En fait, beaucoup me disent que c’est le meilleur.

c7b4e5f5bd3dad724466998822f2f054.jpgJe ne vais pas jusque là. C’est ainsi que les hommes vivent restera pour moi, le meilleur livre de Pelot. Il n’en reste pas moins que ce roman pénétrant m’a secoué. A ne pas vouloir rentrer dans la tête de son héros, je me demande s’il ne finit pas par rentrer dans celle du lecteur…

Et hop ! Je t’emmène là, puis là, tiens, ou alors là mais des années avant, puis des années après, tout ça, sans te prévenir, bien sûr.

-Je suis persuadé que l’on peut raconter une histoire sans suivre un itinéraire de A à B. J’ai donc fait l’inverse. Une histoire est faite de moments, je pense qu’ils peuvent être racontés dans le désordre. Le lien finit par se faire.

Je vais vous dire ce que je pense. Avec Les Normales saisonnières, je n’ai pas lu un livre, j’ai vu un film.

C’est un compliment.
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Pierre Pelot  a désormais le souci de varier le plaisir, de ne jamais faire le même livre que le précédent. Il prend des risques.

 

-À chaque nouveau roman, je suis de plus en plus inquiet. A chaque fois que j’écris, c’est de plus en plus difficile, car je veux m’amuser et étonner le lecteur. Ce n’est pas de tout repos.

Ce marathonien des mots se lance dans une nouvelle fresque « difficile à écrire », Le bordel de Dieu, un projet qu’il ne cesse de reporter. Pour le moment, il en est au stade de la préparation.

Car les romans de Pelot, lorsqu’ils sont « historiques », sont rigoureusement exacts. Il effectue un travail de recherche digne d’un historien. Il envisage aussi d’écrire la suite de L’ombre des voyageuses

Moi, en tout cas, pas une seule seconde, je n’envisage une cure de désintoxication de ma « Pelot addict » !

Pas une seule...

Commentaires

"Je suis persuadé que l’on peut raconter une histoire sans suivre un itinéraire de A à B. J’ai donc fait l’inverse. Une histoire est faite de moments, je pense qu’ils peuvent être racontés dans le désordre. Le lien finit par se faire."

Ca, j'adore. Je crois que je vais lire ce monsieur. Merci du conseil Président

Écrit par : Benoît FAPM | 19 septembre 2007

"Avec Les Normales saisonnières, je n’ai pas lu un livre, j’ai vu un film." Excellent!

(Tiens, je vais mettre la phrase en roumain pour Benoit: Cu "Normales Saisonnières", n-am citit o carte, am vazut un film! C'est presque du français!)

J'ai beaucoup aimé ton billet. J'ai vraiment envie de découvrir ton ami Pelot! Faudra que je blogue moins... en ce moment mes lectures en retard s'accumulent à une vitesse...

Tiens, je l'ai trouvé en roumain : Delirium Circus http://www.librariileonline.ro/index/produs/1099

Je me sauve,
à bientôt,
je t'ai déjà dit MERCI?
et encore merci?

Écrit par : ecaterina | 19 septembre 2007

"c'est ainsi que les hommes vivent" est le seul que j'ai lu de lui, et j'ai parfois eu du mal tant c'était insoutenable (pire qu'une image), très space ce Western du 18eme..je ne sais pas si j'ai aimé mais il est indeniablement un écrivain puissant.Et puis je ne suis pas sure d'avoir compris la fin ..

Écrit par : charlie | 19 septembre 2007

Ohh j'ai honte, je ne le connais pas! J'ai très envie de le découvrir! Alors du coup je commence par lequel?

Écrit par : Robert Elisabeth | 19 septembre 2007

alors en plein questionnement métaphysique, je me demandais si tu t'étais une fois amusé au jeu du "calcul de litres de café ingurgités dans le cadre de mes interviews journalistiques"! Ca doit faire pas mal depuis le début de ta carrière!! :-)

Écrit par : Juju le pigiste | 19 septembre 2007

La classe cet homme.
La classe toi aussi, la tasse à café négligeante.
des bizettes

Écrit par : Mélina LOUPIA | 19 septembre 2007

@Benoît (FAPM): Tu sais, quand je parle de Pelot, je manque un peu d'objectivité mais je pense tout ce que je dis...
Dis donc, tu tenais la forme hier soir.
;o)
@ecaterina: Waow! Délirium Circus, je l'ai lu... ce livre datant de 1977 est excellent. Son message: "tout n'est qu'illusion". C'est un roman d'anticipation assez visionnaire... Un must!
Quand je vous parlais de mon objectivité...
@Charlie: Ca c'est sûr, "C'est ainsi que les hommes vivent" est très violent mais pas que.
@Elisabeth Robert: Tu sais, on ne peut pas tout connaître... et je suis incapable de conseiller un premier livre de cet auteur...
Trop pas objectif, moi, là.
@Juju le pigiste: Pas que du café...
@Mélina Loupia: Merci, mamezelle bizette (and the city).

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 20 septembre 2007

Puisque j'ai la confiance en toi, je vais acheter un de ses livres avant de repartir (snif..)

Écrit par : marsha | 20 septembre 2007

@Marsha: Tu me mets de la pression, toi...
(Tu es la vedette de ma note de demain)
(Houlàlà, ça va swinguer!)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 20 septembre 2007

l'un des plus grands, un des deux ou trois!
restons raisonnables...
tant que je peux...
et je peux!
"Haut en couleurs", n'éxagérons rien!
atypique, tout au plus...
c'est déjà énorme...
dans ce milieu si ...
bon allez je m'arrête!
à plus
amitiés
Gilles

Écrit par : Gillou le Fou | 20 septembre 2007

Un nouveau roman de Pierre Pelot !

Je suis fan depuis 1977 et je suis d'accord avec vous qu'il n'a pas la place qu'il mérite dans le paysage littéraire français.

Écrit par : Didier | 23 octobre 2007

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