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31 août 2007

Richard Andrieux... l'enfance réinventée!

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L’auteur et le livre d’aujourd’hui me touchent beaucoup.

Le livre parce que l’histoire est d’une grande sensibilité et l’auteur parce que l’on se connaît un peu et qu’il est comme son livre…

332b86eb2300c3ef955f16a27aebe1e0.jpgJosé de Richard Andrieux raconte la vision d’un enfant de 9 ans sur sa vie, son environnement et le monde en général.

Monde qu’il fuit en réinventant son quotidien, en s’enfermant aux autres et en niant le regard (l’existence) de sa mère. Son plaisir est « de ne pas voir ce que les autres voient ». Il se moque des autres, ne veut rien leur devoir. Il s’est construit son univers que personne ne peut pénétrer, donne des noms aux meubles et aux objets qui l’entourent. Le lit s’appelle Voyage, la bibliothèque Bataille, le plafond Nuage, le bougeoir Le colonel… dans un dictionnaire, il change le sens d’un mot pour un autre.

Le mal dont est atteint José est de l’ordre de l’autisme.

C’est un roman que je n’ai pas peur de qualifier d’ « initiatique », à l’instar d’un Petit Prince, d’un Jonathan Livingston le Goeland… en plus contemporain, évidemment.

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Je donne rendez-vous à Richard Andrieux le 6 juillet dernier (mais il était trop tôt pour écrire cette note… aujourd’hui, ça y est, le livre est en vente) dans un café à proximité de la gare de l’est. Il repart une heure plus tard à Strasbourg où il habite.

3737339b062b2f5c5471efae2e6ba21f.jpgOn commence par se donner des nouvelles d’un ami commun, Éric Genetet, puis nous attaquons l’interrogatoire. Il a l’habitude d’être interviewé parce qu’il a eu une petite carrière de comédien (Conservatoire d’art dramatique de Strasbourg ainsi que de nombreuses pièces de théâtre) et de chanteur. En 1989, il a sorti un album chez BMG… et en 1993, il a fondé et chanté dans le groupe Tiramisu qui a eu son petit succès à l’époque. Un Olympia cette année là, ça ne s’oublie pas. Aujourd’hui, il se contente d’écrire des chansons pour les autres (en l’occurrence pour Marie-Anne Alizon, dont j’ai déjà parlé ici…)

Bref, je lui dis tout le bien sincère que je pense de son livre. Un livre sur l’enfance, le travail de deuil, la mort d’une mère, ce ne sont pas des thèmes étranger à ma propre vie.

-Tu sais, j’ai effectivement des choses à régler par rapport à la mort. Au départ, quand j’ai commencé à écrire José, je n’étais pas parti dans cette direction, mais, rapidement, je n’ai plus rien maîtrisé. L’apprentissage du deuil et la renaissance au monde se sont imposés à moi sans que je n’y puisse rien.

Je sais que Richard a écrit ce court roman dans la douleur. L’introspection est souvent une vraie déchirure, des plaies pas encore fermées que l’on ouvre de nouveau pour faire passer les souvenirs enfouis…

-J’ai travaillé plus de 2 ans sur ce livre. Je me suis investi à fond et j’ai beaucoup pleuré. Je n’ai fait que ça et l’accouchement a été difficile. J’avais José dans la tête depuis presque 7 ans. Je n’osais pas l’écrire, mais quand j’ai lu le magnifique livre d’Alexandre Jardin sur son père Le Zubial, je me suis enfin décidé à me lancer dans cette bataille.

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Le travail le plus complexe pour Richard a été de trouver le bon langage. Il a longtemps tâtonné avant de trouver le style adéquat.

-J’ai écrit ce roman en essayant d’avoir une narration complètement neutre. Si elle devait se trouver dans un camp, ce serait plutôt dans celui de l’enfant. Je ne voulais plus de regard extérieur. Ca a été très important de trouver le vocabulaire adapté à cette histoire et de ne jamais en sortir. J’espère que le lecteur parviendra à rentrer dans le monde de José. C’est ma grande angoisse.

Et José, c’est un peu Richard enfant ? Il acquiesce, mais n’en dit pas plus. Il y a écrit « roman » sur la couverture du livre. Ne pas chercher plus loin, même si…

Richard Andrieux finit par lâcher :

-J’ai encore une part de moi qui fais que quand je vais mal dans ma vie, par moment, l’imaginaire ou le rêve peut me sauver de beaucoup de choses.

Je lui réponds que c’est le propre de l’artiste.

-Oui, au fond, être artiste, c’est une demande d’amour déguisée.

Tout à fait d’accord.

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Je n’en dirai pas plus sur ce livre qui vient de remporter la semaine dernière le Prix du 1er roman de la Forêt des Livres 2007.

Il faut le découvrir ce petit José « qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes ».

Histoire de bousculer un peu vos émotions et quelques certitudes.

Ça fait du bien parfois.

30 août 2007

Boire Tourville ou mourir! (Fin de ma saga de l'été.)

 

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Hé, hé !

Non, mes aventures avec Tourville (le plus gros et délirant roman de la rentrée littéraire) ne sont pas achevées.

Les précédents épisodes sont là : Premier, deuxième et troisième.

(Ceux qui ne les ont pas lus devraient s’y atteler afin de comprendre cette note.

Prévoir 4 heures de son temps.)

Il manquait dans ma saga, le principal.

La rencontre :

Alex D. Jestaire VS Mandor.
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Le mercredi 22 août, autour d’un verre (pas solitaire) à Culture Bière (si, ça existe !) sur les Champs, nous avons conversé longuement.

Dire qu’il est arrivé plus de 30 minutes en retard ne serait pas charitable, d’autant plus qu’il avait une sacrée bonne excuse, je cite : « ‘scuse moi, j’ai mangé le réveil ! ». Expression, fort cocasse, vous en conviendrez, que je ne connaissais pas. J’ai compris que son boulot d’adaptateur de films de genre, de dessins animés pour enfants ou de mangas, l’oblige à travailler la nuit.

L’homme est donc décalé. Et un peu à la bourre.

J’avais hâte de rencontrer le fou fieffé qui a écrit ce livre dont, permettez-moi de ne pas rappeler le thème parce que :

1) Je n’ai pas envie d’avoir mal au crâne dès potron-minet (miaou !)

2) Je l’ai déjà fait 3 fois et Cointreau n’en faut…

Hips !

Mais, je ne suis pas chien, cliquez là. Un résumé vous y attend.

8c247ea01cd74ae177e2193f88b96be9.gifAlex D. Jestaire a suivi tout ce que j’ai écrit sur son livre cet été et (semble-t-il) ça l’a fait un peu marrer. (Mais peut-être était-il juste très poli en me disant cela ?)

Je lui fais remarquer qu’il faut quand même bien s’accrocher pour saisir la substantifique moelle de son histoire, souvent grand-guignolesque.

-Si on ne comprend pas tout, c’est un peu voulu, parce que mon héros ne sait pas lui-même ce qu’il vit. J’aime le côté « gonzo », à côté de la plaque.

Portait-il cette histoire de fin du monde dans une ville dont on ne peut sortir depuis longtemps ?

-Je suis quelqu’un qui rumine beaucoup de thématiques et d’idées. A un moment donné, il y a un déclic qui me porte à croire que, ça y est, toutes les pièces du puzzle sont en place. Il faut maintenant les assembler.

Bien trouvé ! C’est tout à fait un livre puzzle, aux influences très cinématographiques.

-J’adore et je déteste David Lynch en même temps. J’avais envie de jouer avec lui à ce petit jeu. Écrire une histoire très bizarre, un peu surréaliste, incompréhensible parfois, mais dans laquelle vous avez des pièces à assembler comme vous le souhaitez.

Il tient à me préciser que c’est en allant voir ses parents dans une petite ville de province qu’il a eu l’idée de ce livre. Il a eu une angoisse terrible en rentrant à Paris.

-J’ai laissé mes parents avec leurs soucis d’argent, les problèmes de chômage de mon père, de surmenage de ma mère. Ils sont en train de devenir vieux, leur ville se fascise …etc. Je me suis demandé jusqu’où ça pouvait aller. J’ai simplement imaginé le pire en créant Tourville.

Il m’avouera aussi qu’en lisant La société du spectacle de Guy Debord, le sujet de son roman s’est imposé à lui.

Tourville est notamment une charge féroce contre le pouvoir de l’image.

-J’ai écrit Tourville en 2002. Quand je l’ai terminé, j’ai débranché ma télé et je ne l’ai plus jamais rallumé. Je ne la supporte plus, ça me donne des angoisses. Aujourd’hui, nous sommes dans une cascade d’images et d’informations qui nous écrasent comme un rouleau compresseur. On peut mettre et donc ingurgiter de plus en plus de violence, de plus en plus de sexe.

Je lui fais remarquer, qu’avec son roman, il participe à cela…

Il acquiesce.

Je le sais bien,  l’être humain est bourré de paradoxe.
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L’ennemi numéro un de notre société est, selon Alex D. Jestaire, certainement la télévision.

-Moi, je suis né devant la télé, j’ai grandi devant. Je me suis rendu compte qu’une quantité immense de ma vie a été vécu par procuration à travers la culture, les médias, les émissions, les films… C’est la vraie vie de l’homme moderne…

Je suis quasi certain que son langage sera lui aussi décrié par les critiques littéraires, en a-t-il conscience ?

-Mon métier consiste à bosser sur plein de produits et je me rends compte que le langage parlé, abrégé ou bordélique est la meilleure solution pour faire passer une idée. J’estime que mon livre est un livre générationnel. Le plus difficile, c’est que le livre trouve son public. Des amateurs de littérature un peu bordélique, transgressive et expérimentale. Je ne sais pas trop si ça existe…

Je l’interroge sur ses propres lectures.

-Adolescent, j’ai lu beaucoup de SF, puis récemment beaucoup d’ouvrages philosophiques et là, en ce moment, je suis dans ma période « classiques ». Rabelais, Kafka…

Comme nous sommes maintenant les meilleurs amis du monde (Hips !) je lui dis que presque 800 pages, c’est quand même un peu beaucoup.

-Au départ, le texte ne faisait que 666 pages. Le Diable Vauvert m’a demandé de le raccourcir, je l’ai retravaillé 3 fois. J’ai réussi à le raccourcir de 100 pages. Mais, bon, par le biais de la mise en page pour l’impression, il s’est redilaté en 774.

Ouais, ouais, c’est ça.

Ce livre-là ne se vendra peut-être pas beaucoup et pas très rapidement, mais je fais le pari qu’un jour il sera culte.

Et qu’il finira par trouver preneur.

Roman générationnel, on vous dit.

Merci à lui de m’avoir fait passer de bons moments cet été.

Franchement.

Et hop ! Tenez, une adresse encore un peu confidentielle. Le site de Tourville (encore en chantier jusqu’au 6 septembre, date de sortie officielle du livre).

Bon courage !

Bonus track :

Après l’interview, j’embarque Alex D. Jestaire en bas du Culture Café (ambiance beaucoup plus lounge). Bertrand Guillot (je vous ai dit que son livre était déjà en vente ?), Benoît Luciani (je m’occupe de sa Mise à mort très rapidement, ne vous inquiétez pas) et Franswa P. (mon ami Strictement Confidentiel) m’y attendent. Du coup, Alex se joint à nous pour parler littérature et boire encore un coup d’Orangina light.
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Et après, zou ! Tout le monde au resto !

Et après, zou ! Tout le monde à RTL2, pour voir mon pote Zégut (sans Alex, qui lui est retourné bosser). Franswa P. ne figure pas sur la photo car il ne figure pas sur la photo mais il était bien là.

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Et moi, je retourne regarder la télé.

Faux. J’ai quelques rendez-vous savoureux aujourd’hui…

 

Edit:

Vendredi 8H22: Le Figaro littéraire a publié un article intitulé : Connaissez-vous ses 10 nouveaux écrivains?

 

Parmi les 10 jeunes auteurs choisis, figurent les héros de mes deux dernières notes...

Voici ce qu'ils disent de Alex D. Jestaire et de Bertrand Guillot.

Ca sent bon, tout ça.

 

28 août 2007

Lettre à Wrath...

Ceci est une note personnelle, uniquement destinée à une amie.

Donc, ne lisez pas.

Si vous poursuivez la lecture, c’est que vous êtes vraiment indiscrets.

68f0cd56d4e14d502eb95898109d2c1f.jpgChère Wrath,

Je me permets par la présente de t’écrire une bafouille amicale.

C’est parce que tu comprends, je te lis régulièrement et que tu me fais souvent réagir, sourire, voire m’esclaffer. Je crois que je trouve un réel plaisir à venir sur ton blog vénéneux, mais, rassure-toi, ce n’est pas pour la pertinence de tes propos, plutôt pour la ténacité que tu as à raconter toujours la même chose. Copinages dans le milieu (exclusivité du monde littéraire, sans doute ?), les manuscrits par la poste qui ne trouvent jamais éditeurs, les soirées littéraires, la France qui fout le camp, Houellebecq qui est un génie… j’en passe et des moins bonnes.

Je te demande juste une petite chose, chère Wrath, peux-tu arrêter de mettre en lien toutes les soirées (parfois plusieurs fois les mêmes) dont je parle sur mon blog et donc, de me présenter plus ou moins comme un garçon qui assiste à toutes les soirées littéraires de la planète ? Il se trouve que je travaille dans ce milieu et que j’y connais beaucoup de monde, mais il se trouve aussi que je vais très peu dans ces soirées, mais que j’en parle systématiquement parce que la thématique de mon blog est, je pense que tu le sais, les coulisses de mon métier. 7 soirées littéraires en un an ne font pas de moi un habitué du système que tu décris de manière obsessionnelle.

Mais, ce matin, je suis d’humeur gaillarde, j’ai décidé de te donner du grain à moudre.

Ma chère Wrath, hier soir, je me suis rendu chez Aymeric Patricot et j’y ai retrouvé quelques blogueurs « littéraires » (dont certains publient revues ou livres). C’était tout à fait passionnant d’échanger.

Echanger. Un mot dont tu peux lire la définition dans le dictionnaire… tu verras, c’est un truc sympa.

J’ai pris quelques photos afin de te présenter personnellement quelques forces en présence.

Là,  c’est l’hôte des lieux en compagnie d’Hélène Zemmour (chargée de Communication Internet à TV5 monde) et ta « victime » (qui d’ailleurs se moque royalement de ta note d’hier le concernant), Hubert Artus. En bas, mal cadré (je ne suis pas photographe professionnel, ça se voit), c’est une jeune fille qui travaille dans la maison d’édition d’Aymeric, Flammarion (oui, je sais, c’est honteux !).

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Alors, ici, il y a (en haut) un jeune homme très sympathique (et pas blogueur. Tsss…) qui est libraire (Librairie d’Odessa, 20 rue d’Odessa dans le 14e) et Olivia Michel (co-rédactrice en chef de la revue En attendant l’or que tu affectionnes particulièrement).

(Assis) Sophie Koechlin (du site Strictement Confidentiel), Fishturn (que j’ai emmené de force et qui pourtant n’est pas du milieu. J’exagère parfois, je casse le concept, là !) et enfin Bertrand Guillot (tu sais, Second Flore, qui a sorti son premier livre la semaine dernière et  qui, ça va te plaire, sera le héros de ma note de demain)
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Tiens, une preuve que dans ce milieu, on ne boit que de l’eau.

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Nous avons parlé littérature… comme tu peux le constater. Aymeric conseille avec enthousiasme à Stéphane Koechlin (comme sa frangine, du site Strictement Confidentiel) et à Syd Charlus (du site Gonzaï) ses dernières lectures.

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Tiens! Fais la connaissance de la très sérieuse équipe de la revue littéraire L’Arsenal !
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Enfin, je te laisse avec cette dernière photo qui me montre entouré de deux journalistes.

Anne-Sophie Demonchy (du blog La Lettrine et du journal Le magazine des livres) et ton pote Hubert Artus (de, notamment, Rue 89 et tutti quanti !)
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J’espère, ma très chère et tendre Wrath, que cet hommage (cri d’amour, qui sait ?) te plaira. Je prie pour que tu poursuives ton œuvre salvatrice très longtemps. Que veux-tu ? Rire fait travailler les abdos et j’en ai bien besoin en ce moment.

Je t’embrasse respectueusement.

Mandor.

(P.S : Vous n'êtes qu'une bande de petits voyeurs! Si vous croyez que je n’ai pas remarqué que vous avez lu la note en intégralité ! Je suis déçu, déçu...

C’était pourtant un message personnel… un truc d'amour quoi!

Sinon, il y avait Tadek de Strictement Confidentiel aussi, mais, il s'est rendu invisible lors des prises de vues.

Merci Aymeric pour cette soirée « copinage » très sympathique (et aussi merci pour cette photo que tu viens de m'envoyer).

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09:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (44)

27 août 2007

Les inédits de l'été! (7): Christian Jacq.

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Je vous préviens cette semaine sera très « littéraire » ici. Il y aura, au programme, trois premiers livres de cette rentrée 2007. J’ai choisi ceux de :

-Bertrand Guillot (Second Flore sur la blogosphère) Hors jeu.

-Alex D.Jestaire (que j’ai enfin rencontré lors d’une soirée épique !), pour son fameux Tourville (ma saga de l’été).

-Richard Andrieux (qui cartonne déjà en librairie) pour un très joli roman initiatique, José.

Ceux qui connaissent ce blog savent que je fréquente certains de ce trio.

Je rappelle juste que ceci n’est pas un blog professionnel, mais bien un blog personnel. Donc, je parle de ceux que j’aime (enfin, le plus souvent).

Ce qui n’empêche pas l’objectivité, soit dit en passant.

Aujourd’hui, je consacre un « inédit de l’été » à un romancier à succès.

Donc fort critiqué.

Christian Jacq.

Je l’ai rencontré le 18 janvier 2006 à l’Hôtel San Régis de Paris.

Cet auteur quasi mythique (pour beaucoup) ne donne des interviews qu’au compte-goutte.

Il déteste ça.

Voici l’article qui en a découlé :

ce62f70441d0f02fb960ad36ced75552.jpgQuand les deux passions absolues de Christian Jacq se croisent, le romancier mozartien et égyptologue écrit une saga musicale et spirituelle inspirée.

Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai jamais vu de ma vie une bibliothèque (normalement constituée) sans au moins un livre de Christian Jacq. Jamais. Adonnez-vous à cette expérience, vous serez dans l’obligation de reconnaître la véracité de mes propos… Waow ! Je vais donc rencontrer le seul français classé dans le top 15 mondial des auteurs les plus lus. Pour ceux qui vivaient sur la lune et qui viennent tout juste de revenir sur Terre, voici un récapitulatif des dix dernières années de la vie éditoriale de Christian Jacq… En 1995, il raconte la vie de Ramsès II (cinq volumes), en 2000, La Pierre de Lumière (quatre volumes), en 2002   La Reine Liberté   (trois volumes), l’ensemble de ces séries atteignant 23 millions d’exemplaires vendus à travers le monde (non, non, il n’y a pas de faute de frappe !).

En 2003 et 2004, la grande saga des Mystères d’Osiris gonflera ce chiffre.

Très franchement, quand même, je suis arrivé un chouia impressionné à la réception de l’hôtel...Un égyptologue, ce doit être quelqu’un de sérieux, lugubre, austère. De plus, l’homme est précédé d’une réputation de 694af38c209a15fed31187f861e6067e.jpgpersonnage mystérieux, peu enclin à la discussion avec les journalistes. « Il s’est fait avoir par beaucoup, il est donc devenu méfiant. À chaque fois qu’il se livre, ses propos sont déformés. On a raconté des choses parfois ignobles sur lui. » me dira une proche de l’auteur à succès. Soit. Je dois m’en tenir à évoquer uniquement sa nouvelle série romanesque en 4 volumes (dont le premier Le grand magicien est déjà sorti et dont le deuxième arrive le 27 février Le fils de lumière).

C’est un monsieur souriant, aux yeux pétillants de malice, qui s’approche de moi. Papotage quelques minutes autour d’une « cup of tea » avant de se lancer dans le vif du sujet.

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Christian Jacq a décidé de narrer les liens secrets que Mozart entretint avec la franc-maçonnerie et plus généralement, l’aventure spirituelle et la vie secrète de ce génie. Il s’est toujours senti très proche de Wolfgang.

-À 10 ans, sur le piano de ma grand-mère, je jouais déjà du Mozart, où plutôt, je le massacrais (rire). Une carrière de musicien m’aurait beaucoup attiré, mais c’est au moins sept heures de travail par jour et ces heures-là étaient occupées à la lecture et surtout à l’écriture…

8d72036ff175654bb0ceb88a8f62a58f.jpgPour lui, Mozart est un ami, presque un frère, quelqu’un qui lui parle, qui le touche comme aucun autre artiste. Il l’a accompagné dans son travail pratiquement tous les jours.

-Au cours de mes voyages en Égypte, il ne me quitte pas grâce à mon petit magnéto. L’un de mes plus grands rêves, c’est de voir jouer La Flûte enchantée dans le temple de Philae ou à Louxor. J’ai eu l’occasion d’en entendre une fois un extrait à l’entrée d’un temple égyptien, cela prenait tout son sens !

Le lien entre l’auteur et son sujet est très fort. Autant Christian Jacq fouille le passé, Mozart, lui, fouille les âmes… Le rapport est-il si anodin que cela ? 

-Dans mes livres sur l’Égypte, je n’aime pas faire l’inventaire des pieds de tables anciens, concernant 17232d09ba3ebfa54bb453a001573a56.jpgMozart, celui de ses manuscrits. C’est l’homme, son aventure intérieure qui m’intéresse. Comme lorsque j’écris sur un pharaon, je veux faire revivre les personnages. Là je voulais donner une vision inédite de Mozart. J’ai à peu près tout lu sur lui mais j’ai remarqué que sa vie spirituelle n’est jamais abordée en détail alors que cet aspect-là est tout sauf anecdotique.  

L’étude de Mozart est une passion de toute une vie. La méthode Jacq est celle du laboureur qui creuse son sillon lentement, du bénédictin qui passe sa vie sur ses notes. Comme il l’a fait pour l’Égypte, il a mis en fiches tout au long de sa vie ses lectures sur le musicien, en vérifiant chaque détail.

-C’était sans l’intention d’en faire un livre, juste pour mon plaisir. Ce personnage me captivait déjà beaucoup alors quand j’ai commencé à remarquer les racines avec l’Égypte, je me suis lancé dans l’aventure folle de raconter ce côté inconnu de la vie de Mozart, pourtant son engagement majeur.

f184d631a1b648ec40fde7bea13959d2.jpgVoici donc retracé dans ce premier volet le début de la vie de Joannes, Chrystomus, Wolfgang, Gottlieb Mozart. On le suit de Vienne à Prague, en passant par Milan et Paris. Avant d’être approché par les francs-maçons, on découvre un Mozart à la botte de son père Léopold  (son exigeant éducateur musical) composant sans cesse, se produisant dans différentes cours d’Europe, heureux, malheureux, acclamé ou en proie à l’indifférence… Il lutte contre l’insuccès, la jalousie, l’Église et le pouvoir pour enfin rencontrer l’homme providentiel : Thamos. Cet être imposant et mystérieux venu de Haute Égypte et chargé de retrouver « le grand magicien » (Mozart) afin de lui transmettre la sagesse d’Isis et le livre de Thot. Pendant la jeunesse du génial musicien, Thamos va le surveiller de très près, lui sauver la vie de nombreuses fois et enfin guider ses pas vers l’initiation maçonnique.

-Dans la Franc-maçonnerie de cette époque, il y a le mythe des supérieurs inconnus. Des initiés venus d’orient, porteurs d’une certaine connaissance et sagesse et qui ne se sont pas fait connaître comme tels. Ils étaient chargés de chercher des êtres extraordinaires, des grands créateurs, des grands artistes voire des grands hommes politiques. Pour moi, c’était le cas de Thamos.

Thamos, comte de Thèbes, est un personnage, non pas inventé, mais disons, deviné. Il concrétise l’apport de63ebe4e11b7d930652367a5524eb8a10.jpg l’Égypte ancienne dans la vie de Mozart, ainsi que ses liens réels avec la Franc-maçonnerie . Très jeune, le petit Wolfgang à eu des contacts avec divers Francs-maçons. Jusqu’à la commande réellement Franc-maçonne faite par le baron von Gebler. Il s’agit de Thamos, roi d’Egypte, que Christian Jacq envisage comme l’ancêtre de La Flûte enchantée.

-C’est vraiment après son initiation le 14 décembre 1784, à laquelle il s’est préparé 10 ans, qu’il écrira ses plus beaux concertos, opéras et ses symphonies les plus majestueuses.

Un des aspects les plus passionnants de cet ouvrage est sans nul doute la lutte fratricide à laquelle se sont livrés les différents (et nombreux) courants maçonniques. L’enfant prodige évolue dans ce milieu complexe, tout en trouvant l’énergie nécessaire de composer ses grands opéras (Cosi fan tutteLes Noces de Figaro) et d’échapper aux griffes de Joseph Anton, un policier méthodique qui lutte contre les sociétés secrètes. Passionnant. À la fin de l’entretien et micro coupé, Christian Jacq me dit très sérieusement :

-Croyez-moi si vous le voulez, mais j’ai écrit ses quatre ouvrages sans savoir qu’il y aurait des commémorations pour le 250e anniversaire de la naissance de Mozart. J’étais loin de m’imaginer qu’un tel chiffre se fêtait ! Vos confrères s’évertuent à ne pas me croire. Ils me traitent d’opportuniste. En France, vous savez, on n’aime pas les gens qui ont du succès et qui sont riches. Ça paraît louche.

Ah bon ?

22 août 2007

Isild Le Besco... la femme porcelaine!

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L’idée de rencontrer Isild Le Besco m’enchantait. J’ai toujours bien aimé cette comédienne aux rôles pas toujours faciles. Rarement même.

(Voir là, sa filmographie).

La maison d’édition Anabet m’apprend qu’elle sort un ouvrage en octobre et qu’elle exposera ses peintures du 31 octobre au 17 novembre prochain dans cette galerie.

Youpla boum ! Je contacte l’attaché de presse qui me cale un rendez-vous pour la semaine suivante.

Il me fait parvenir son livre par mail (je n’aime pas trop mais il n’est pas encore imprimé).

Et je lis Sang d’encre.

Comme l’écrit Anabet, je cite (quel flemmard, ce Mandor !) : « Ecrit à l’âge de 16 ans, après avoir lu L’attrape-cœurs de J.D Salinger, Sang d’encre est un récit singulier, flagrant, rayonnant à l’image de la comédienne Isild Le Besco. Une écriture aphoristique, une ode existentielle d’un jeune homme qui peine à trouver sa place dans le monde ; une voix fragile ponctuée par la fulgurance de dessins. Dans la peau d’un garçon de 17 ans le temps de ces confessions intimes, la comédienne décrit le difficile passage entre l’adolescence et l’âge adulte mais aussi de l’absence, avec une réelle inventivité et sans jamais forcer le trait. »

Je trouve cette fiction très noire, bien menée et poétique. Evidemment, ne mettez pas le best of de La Compagnie Créole en fond musical, il y aurait une toute légère distorsion d’ambiance (c’est une image, mais je ne sais même pas si elle tient debout).

a19b1b6ee8e53c10f95fd1c6425d2eaa.jpgLe rendez-vous avec Isild (je peux l’appeler Isild, c’est une amie à présent ! Hum !) s’est tenu hier.

Au Café Bidule, rue Faidherbe. J’arrive trente minutes en avance (comme d’habitude) et traîne un peu dans le quartier… quand je vois arriver la belle demoiselle avec un homme. Je suis prêt à crier : « Hé ho ! C’est moi ! Mandor !!! On a rendez-vous ensemble ! » mais avec les années, j’ai appris à mesurer mon enthousiasme et attendre l’heure précis des rendez-vous.

Mais quand même, un quart d’heure avant, je n’y tiens plus.

Je les rejoins sur la terrasse ensoleillée d’un café proche de celui dans lequel je suis convié.

-Bonjour, je suis le journaliste avec lequel vous avez rendez-vous !

Je sens une gêne.

Je continue en leur serrant la main.

a42e33071ae8c69d7198ded694135599.jpg-Vous êtes Philippe, je présume. Vous êtes venus accompagner votre nouvelle auteur. C’est gentil ça.

Philippe est la personne que j’avais au téléphone régulièrement pour caler l’interview.

-Non, pas du tout. Je suis Benoît.

-Ah, Philippe n’a pas pu venir ?

Ils se regardent interloqués.

-Bon, je vous laisse, je vais au Bidule et vous me rejoignez quand vous voulez…79ba73b5674b813d8e58613b8c9b63af.jpg

(Notez au passage combien je suis compréhensif et poli.)

En traversant la rue, un éclair de lucidité transperce mon cerveau.

(Et ça, je ne vous dis pas comment ça fait vachement mal !)

J’suis con où quoi ? Le Benoît courroucé était le réalisateur Benoît Jacquot, dont Isild est la muse depuis quelques films…

J’ai pris Benoît Jacquot pour un attaché de presse.

Bien joué. Ca commence bien.

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Je m’installe au Bidule.

Je prends un café. Je croise le regard d’un homme qui visiblement cherche quelqu’un.

Je n’ose dire quoi que ce soit. Une bourde, ça suffit.

Lui m’interpelle.

-Vous êtes Mandor ?

-Oui.

-Je suis Philippe.

Il s’attable à côté de moi et nous devisons quelques minutes. Soudain, il me demande :

-Parlez moi de votre journal. Vous y faites quoi ?

-J’écris des articles sur la littérature et sur la chanson.

-Et comment vous appréhendez les livres ?

Je réfléchis parce que cette question, vous en conviendrez, à 10h30 du matin, comme ça, sans prévenir, pour trouver une réponse cohérente, faut s’accrocher.

Je m’accroche donc.

-Ca dépend du livre, de l’auteur, de l’interview… enfin de tout plein de choses.

Prend ça dans les dents et dépatouille toi avec !

8fb40d6144a74b8e62652ae85a899f33.jpgSur ces entre faits, Isild Le Besco arrive, tout sourire.

Elle s’assoit. Sans perdre de temps, j’enclenche mon magnéto et pose ma première question.

Après un silence, elle me dit.

-Attendez, j’essaie de comprendre. C’est vous qui allez me poser les questions ?

Là, c’est moi qui ne comprends rien.

-Euh oui… puisque je suis journaliste, c’est un peu mon métier.

-Mais qui est ce monsieur alors ?

-C’est le fameux Philippe que j’ai confondu tout à l’heure avec Benoît.

-Et qui c’est Philippe ?

-Votre attaché de presse.

D’accord, je saisis le truc. Ils ne se connaissent pas visuellement.

-Tout à l’heure, je pensais que c’était vous l’attaché de presse.

-Non, je me suis présenté en tant que journaliste mais par contre, moi, je pensais que l’homme qui était avec vous était celui qui est à notre table, là, maintenant, Philippe, là…

Et Philippe d’intervenir.

-Oui bonjour, je suis Philippe, je suis la personne chargée de faire en sorte que les médias parlent de votre livre. Enchanté.

J’ai conscience, à ce moment précis de ma note, que je suis en train de tourner en rond. Non, je raconte ça pour bien vous faire comprendre que mon métier passe parfois par des moments comme ça. A la limite du surréalisme…

-Je peux continuer maintenant que tout le monde sait qui est qui ?

-Oui.

-Alors, Sophie Marceau, vous venez d’écrire…

(Je rigole, je n’ai pas fait ça. J’ai été tenté quelques secondes mais non. Hein, il faut savoir rester raisonnable).

A partir de là, c’est sérieux. Je redeviens pro. J’veux dire, c’est moins marrant la suite.
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Je lui demande pourquoi ce livre sort 8 ans après avoir été écrit :

-Une jeune femme, Delphine de Malherbe m’a demandé un jour de lui écrire quelque chose pour sa collection « Contre emploi » dont elle s’occupe aux éditions Anabet. J’ai répondu que je n’étais pas écrivain, mais ayant insistée un peu, je lui ai proposé ce texte de jeunesse. Il est un peu retravaillé mais très peu, finalement.

Un texte où il est question de solitude, de mal être, de mort et de suicide.

(Bonjour La Cie Créole , vous allez bien ?)

-Je n’ai pas de tendance suicidaire, je ne crois pas avoir le mal de vivre. Je suis même quelqu’un de plutôt joyeux. Et pourtant, au fond de moi, j’ai un peu tout ça dans la tête. C’est bizarre.

Et quand elle parle de la mort, à travers son narrateur Benjamin (17 ans), ça donne :

« Après la mort, c’est le trou. C’est la merde. Tu crèves et t’es dég. Il y a de la vie parce qu’après il y en a plus. »

-Je ne réfléchis pas à ce que j’écris. C’est instinctif, quasiment de l’écriture automatique. Quand je me mets à la place de Benjamin, c’est vraiment son langage. Je ne sais pas si c’est une déformation de mon travail de comédienne…

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Son narrateur est un jeune homme qui refuse l’amour des autres. Le thème de ce livre tient en une phrase : pour aimer les autres, il faut s’aimer soi même.

-Benjamin a une impossibilité à s’exprimer, à accepter l’amour des autres. Il est donc incapable d’en donner. Il trouve qu’il est profondément une sous-merde. Ce qui n’est plus mon cas aujourd’hui (rires). Vous savez, il y a un peu de moi dans le personnage de Benjamin mais comme il y a un peu de moi dans chaque rôle que je joue.

Pour finir, je lui demande comment elle assume le titre d’artiste « intello » qui lui colle à la peau.

-Ca m’amuse parce que je ne le suis pas. Ca vient certainement du choix des films que je tourne. Je ne lis pas beaucoup. Un peu quand même, mais pas beaucoup. Récemment, j’ai lu le livre de Delphine de Malherbe, La femme interdite, mais aussi le dernier Anne Wiazemski, Jeune fille… et là, je lis… attendez, je vous montre.

Elle sort de son sac, Lettre de guerre de Jacques Vaché.

Je trouve Isild touchante… et très belle. Un charme fou.

Il est temps pour moi d’évoquer mon blog. Elle est d’accord pour que je raconte cette rencontre comme je l’entends. Elle pose pour les photos très gentiment. Bref, adorable.
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L’heure pour moi de la laisser rejoindre Benoît est arrivée. Elle m’explique qu’ils partent faire une télé pour évoquer son deuxième film (sortie le 12 septembre) en tant que réalisatrice Charlie (qui n’est pas sans rapport avec son livre Sang d’encre.)

Avant de partir, elle me convie au vernissage de son expo de peinture. J’y serai. Evidemment.

A bientôt, vous, la fille porcelaine !

21 août 2007

Les inédits de l'été! (5): Zucchero.

 

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Mes prochains "inédits de l’été" seront très italiens (de gros poissons !)

Commençons par Zucchero.

Je l’ai rencontré dans une suite du Pavillon de la Reine le 30 mars 2004.

Comme je ne cause pas un mot d’Italien, la maison de disque a eu l’amabilité de prêter aux journalistes ignares comme moi, une traductrice.

Très sympathique.

Voilà l’article paru dans mon journal et quelques photos pendant l’entretien.

(Merci à Valérie Archeno, ma meilleure amie !)

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L'enroué vers l'or:

Il s’appelle « Sucre », ça tombe bien, sa voix rauque chante du blues rock sucré. Zucchero Sugar Fornaciari est un artiste doué doublé d’un vendeur impénitent. En France, son premier best of sorti en 1996 avait conquis 1 millions de personnes. Souvenez-vous de  « Senza una donna », « Il volo » ou « Cosi celeste ».

De quoi s’agit-il cette fois ci ? Un Best of  n°2 ? Malheureux ! Ne dites pas ça à Zucchero, il le prendrait très mal. Ce sont plutôt des duos de succès réarrangés et re-produits. Des inédits, des enregistrements rares, parfois abîmés, qu’il a fallu « soignés » en numérique. L’italian rocker lover insiste sur l’originalité d’un concept d’une valeur artistique sûre.

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Zucchero : J’ai cherché dans mes tiroirs des morceaux enregistrés en duos dont personne ne connaissait l’existence. Certains étaient en mauvais état mais exploitables. La chanson avec Miles Davis par exemple (Dune Mosse) a été enregistré en 88, nous n’avons pu garder que sa trompette. Tout autour de ça, j’ai construit une nouvelle base musicale.

 

Mandor : Pour vous un duo, c’est comme faire un bœuf dans un bar entre potes ?

 

Z : C’est exactement ça ! J’ai d’ailleurs récupéré des enregistrements live avec BB King et Pavarotti par exemple. Ils sont dans l’album mais on dirait des morceaux studios à présent. Quel travail!

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M : Vous ne chantez qu’avec des gens que vous aimez ?

 

Z : Pour moi, duo ne signifie pas duel. Il n’y a jamais de rivalité. Avant tout, il y a toujours de l’amitié et beaucoup d’estime entre nous.

 

M : Pour le marché français, on vous retrouve avec Johnny puis avec Cheb Mami. C’est un peu énervant ces trucs de marketing !

 

Z : L’industrie du disque est ainsi faite.

 

M: Mais enfin, pour quelqu’un qui se dit anarchiste… D’ailleurs anarchiste et chanteur à succès, c’est compatible ?

 

Z : Parlez en aux fans de Léo Ferré. (Silence, puis se justifiant). C’est dans ma façon de vivre que je suis anarchiste pas dans la musique.

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12 août 2007

Céline Dion, encore plus de photos!

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Quel titre racoleur! Ca ne va pas mieux moi. 

Le 4 novembre dernier, je mettais en ligne mon premier Tout Petit Déjà

Et par la même occasion, j’expliquais la raison de cette rubrique hebdomadaire.

Je l’avais consacré à Céline Dion.

A l’époque, je me cachais encore.

A l’époque, je n’avais retrouvé qu’une photo.
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Ce matin, j’ai mis la main sur les autres.

Donc, comme c’est l’été, je me permets ce bis repetita.

(Mais rassurez-vous, j’ai encore une tripotée d’archives inédites).

(Quoi, vous n'êtes pas inquiet???)

(Ah bon!)

C’était donc le 4 novembre 1986 à l’hôtel Etoile Maillot.

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C’est mon pote Pascal Evans qui m’avait incité à venir rencontrer la « prochaine star mondiale »… ‘Tain, le mec (mandorisé ici), il ne croyait pas si bien dire.

-Tu verras, elle va aller très loin !

Je suis resté assez dubitatif sur la question. Mais là, Pascal, je suis bien obligé de me prosterner devant toi.

Tu as eu du flair.
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Donc, je me souviens, qu’outre cet après-midi assez amusante : interview puis partie de cache-cache dans l’hôtel, Pascal m’a proposé de la revoir plusieurs fois.

3ea363ad9fdb1a34775b92654915dab9.jpgDont une ou ce saligaud m’a demandé de quitter la pièce pour qu'il puisse lui demander un truc secret.

Je me suis demandé s'il n'allait pas lui déclarer sa flamme...

Non, ce n'était pas tout à fait ça...

Quelques semaines plus tard, le jour de mon anniversaire (je ne sais plus lequel), je reçois par la poste une cassette de la chanteuse. Un court message me disant qu’elle me souhaitait un super anniversaire.

Qu’il est con ce Pascal! Il lui a fait enregistré ça en douce.

Je l’ai toujours.

Marrant.

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10 août 2007

Les inédits de l'été! (4): Véronique Sanson.

 

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Ce 4eme « inédit de l’été » est consacré à une chanteuse à la fois forte et fragile. Je l’écoute depuis toujours. Elle appartient au panthéon des artistes français que j’aime.

J’ai rencontré Véronique Sanson le 29 juin 2004 à l’occasion de la sortie, 3 mois plus tard, de son album Longue Distance.

C’était son grand retour.

Elle m'était apparue pas très en forme mais chaleureuse.

Voici l’article que j’avais écrit à l’époque :
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Véronique Sanson revient. Franchement, les nouvelles n’étaient pas bonnes. Tournée annulée, maladie incurable, dépression, divorce… La presse (people ou non) s’en donnait à cœur joie. Son nouvel album « Longue distance » est une parfaite réussite et elle est bien décidée à le défendre.

36431172eeee66a9e110e8552d6dfe67.jpgRendez-vous est pris avec la chanteuse dans une suite du Ritz. Véronique Sanson est accueillante, serviable, souriante même. De là à dire qu’elle est heureuse, je ne m’y aventure pas. Elle sait que les médias ont besoin d’être rassurés, mais elle reste sincère et honnête.

Très fort.

Mandor : Vous étiez pressée de revenir avec tous ces évènements…

Véronique Sanson : Pas du tout. Je suis passé par des moments de dépressions qui m’ont empêché d’écrire. Ca aurait été trop horrible de toute façon. J’ai passé 4 mois sans toucher mon piano.

 

Mandor : « Longue distance » est enfin là. Vous aimez beaucoup ce disque.

 

V.S : C’est un de mes meilleurs albums. Mes précédents étaient plus douloureux. Celui là est plus joyeux.

 

Mandor : Vous plaisantez ! Je le trouve d’une noirceur rare. Lourd.

 

V.S : Oui pour les textes mais la musique est gaie, non ? Lors de mon état dépressif, j’ai gardé dans ma tête des tas de trucs. Je rumine tout ça et je suis capable de les raconter plus légèrement après. 7a6a849120d334571cf755850f8e0427.gif

 

Mandor: Vous dites quand même que vous ne pouvez pas chanter des chansons heureuses. Vous préférez, je vous cite, « peindre des nuages qu’un ciel bleu ».

 

V.S : Quand tout va bien, on n’a rien envie de dire. Moi, je ne peux chanter que douleur, doutes, incertitudes, tout ce qui peut pourrir la vie.

 

Mandor: Dans « Ma vie se fuit de moi » vous n’êtes pas très optimiste sur votre avenir.

 

V.S : Ecoutez, ma maladie ne s’arrangera jamais. On n’est pas beaucoup dans mon cas. C’est un truc qu’il y a dans mon ADN. Je suis soignée tout le temps, tous les jours. C’est fatiguant. J’ai hâte que ça se finisse. J’en n’ai assez de vivre avec des prises de sang tout les semaines et un traitement lourd… Dans « Juste un peu d’amour », je dis qu’on est là que de passage et qu’il faut donc profiter de la vie. Moi, je peux très bien sauter par la fenêtre d’un coup. Vous sortez du Ritz et je ne suis déjà plus de ce monde.

 

Mandor : Bon, je préfère parler d’autre chose. Dans « Code secret » vous chantez : « J’avais rêvé d’un idéal, j’ai tout essayé, j’ai fait tout en diagonal ». Vous avez l’impression de ne pas avoir réussi votre vie ?

 

1bb7c8a1c715add06585e7d187f4069d.jpgV.S : J’ai souvent fait les choses de travioles. En tout cas, je n’ai ni remords, ni regrets. (Long silence) Des regrets, peut-être un peu.

Mandor : Dans « La douceur du danger », vous êtes franche. « Ma vie sentimentale n’est qu’un vide sidéral, y a rien à regarder dans ma boule de cristal. Adieu la vie, adieu l’amour ».

V.S : C’est un état de fait. C’est parce que je suis, enfin, j’étais une grande alcoolique. Cette chanson parle du mal que peut faire l’alcool, les fausses idées, l’impression d’être invisible. L’alcoolisme féminin est tellement fréquent. On aime « la douceur du danger », on le trouve doux, formidable. Je tiens à ce que vous insistiez bien sur ça dans l’article.

Mandor : Parlons de votre fils, Christopher Stills. C’est lui qui a composé « Longue distance ».

 

V.S : C’est ce que je vis avec lui. Si c’est une « longue distance », c’est aussi un amour fou, fusionnel. Je pense que Titou est le plus gentil garçon du monde. Le plus talentueux aussi.

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Aujourd'hui, je ne sais pas trop où Véronique Sanson en est. J'espère qu'elle va mieux.
Et qu'elle revient bientôt avec un nouvel album.
Pour tout dire, j'ai même hâte.