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31 août 2007

Richard Andrieux... l'enfance réinventée!

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L’auteur et le livre d’aujourd’hui me touchent beaucoup.

Le livre parce que l’histoire est d’une grande sensibilité et l’auteur parce que l’on se connaît un peu et qu’il est comme son livre…

332b86eb2300c3ef955f16a27aebe1e0.jpgJosé de Richard Andrieux raconte la vision d’un enfant de 9 ans sur sa vie, son environnement et le monde en général.

Monde qu’il fuit en réinventant son quotidien, en s’enfermant aux autres et en niant le regard (l’existence) de sa mère. Son plaisir est « de ne pas voir ce que les autres voient ». Il se moque des autres, ne veut rien leur devoir. Il s’est construit son univers que personne ne peut pénétrer, donne des noms aux meubles et aux objets qui l’entourent. Le lit s’appelle Voyage, la bibliothèque Bataille, le plafond Nuage, le bougeoir Le colonel… dans un dictionnaire, il change le sens d’un mot pour un autre.

Le mal dont est atteint José est de l’ordre de l’autisme.

C’est un roman que je n’ai pas peur de qualifier d’ « initiatique », à l’instar d’un Petit Prince, d’un Jonathan Livingston le Goeland… en plus contemporain, évidemment.

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Je donne rendez-vous à Richard Andrieux le 6 juillet dernier (mais il était trop tôt pour écrire cette note… aujourd’hui, ça y est, le livre est en vente) dans un café à proximité de la gare de l’est. Il repart une heure plus tard à Strasbourg où il habite.

3737339b062b2f5c5471efae2e6ba21f.jpgOn commence par se donner des nouvelles d’un ami commun, Éric Genetet, puis nous attaquons l’interrogatoire. Il a l’habitude d’être interviewé parce qu’il a eu une petite carrière de comédien (Conservatoire d’art dramatique de Strasbourg ainsi que de nombreuses pièces de théâtre) et de chanteur. En 1989, il a sorti un album chez BMG… et en 1993, il a fondé et chanté dans le groupe Tiramisu qui a eu son petit succès à l’époque. Un Olympia cette année là, ça ne s’oublie pas. Aujourd’hui, il se contente d’écrire des chansons pour les autres (en l’occurrence pour Marie-Anne Alizon, dont j’ai déjà parlé ici…)

Bref, je lui dis tout le bien sincère que je pense de son livre. Un livre sur l’enfance, le travail de deuil, la mort d’une mère, ce ne sont pas des thèmes étranger à ma propre vie.

-Tu sais, j’ai effectivement des choses à régler par rapport à la mort. Au départ, quand j’ai commencé à écrire José, je n’étais pas parti dans cette direction, mais, rapidement, je n’ai plus rien maîtrisé. L’apprentissage du deuil et la renaissance au monde se sont imposés à moi sans que je n’y puisse rien.

Je sais que Richard a écrit ce court roman dans la douleur. L’introspection est souvent une vraie déchirure, des plaies pas encore fermées que l’on ouvre de nouveau pour faire passer les souvenirs enfouis…

-J’ai travaillé plus de 2 ans sur ce livre. Je me suis investi à fond et j’ai beaucoup pleuré. Je n’ai fait que ça et l’accouchement a été difficile. J’avais José dans la tête depuis presque 7 ans. Je n’osais pas l’écrire, mais quand j’ai lu le magnifique livre d’Alexandre Jardin sur son père Le Zubial, je me suis enfin décidé à me lancer dans cette bataille.

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Le travail le plus complexe pour Richard a été de trouver le bon langage. Il a longtemps tâtonné avant de trouver le style adéquat.

-J’ai écrit ce roman en essayant d’avoir une narration complètement neutre. Si elle devait se trouver dans un camp, ce serait plutôt dans celui de l’enfant. Je ne voulais plus de regard extérieur. Ca a été très important de trouver le vocabulaire adapté à cette histoire et de ne jamais en sortir. J’espère que le lecteur parviendra à rentrer dans le monde de José. C’est ma grande angoisse.

Et José, c’est un peu Richard enfant ? Il acquiesce, mais n’en dit pas plus. Il y a écrit « roman » sur la couverture du livre. Ne pas chercher plus loin, même si…

Richard Andrieux finit par lâcher :

-J’ai encore une part de moi qui fais que quand je vais mal dans ma vie, par moment, l’imaginaire ou le rêve peut me sauver de beaucoup de choses.

Je lui réponds que c’est le propre de l’artiste.

-Oui, au fond, être artiste, c’est une demande d’amour déguisée.

Tout à fait d’accord.

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Je n’en dirai pas plus sur ce livre qui vient de remporter la semaine dernière le Prix du 1er roman de la Forêt des Livres 2007.

Il faut le découvrir ce petit José « qui tient par un fil, suspendu entre deux mondes ».

Histoire de bousculer un peu vos émotions et quelques certitudes.

Ça fait du bien parfois.

Commentaires

Lu, parce que tu me l'a prêté. Et beaucoup apprecié. Quant au monde de José, j'y suis entré immediatement, à la lecture de ce livre je n'étais plus un adulte.

Écrit par : Fishturn | 31 août 2007

Une de mes toutes prochaines lectures!

Écrit par : Kiki | 01 septembre 2007

On l'a déjà confondu avec André Rieux? (d'où la nécessité de bien articuler hein!:-))

Écrit par : Juju le pigiste | 01 septembre 2007

"Oui, au fond, être artiste, c’est une demande d’amour déguisée."
Un livre eho, en plus, allez, zou, dans mes prochaines lectures

Écrit par : ecaterina | 01 septembre 2007

@Fishturn: D'abord, je te l'ai donné... le livre. Mais je n'étais pas sûr de mon coup avec toi. Je suis content de ton avis.
@Kiki: Te connaissant, tu ne devrais pas être déçue. Tu ne devrais pas... mais en littérature, rien n'est jamais certain.
@Juju le pigiste: Tu sais par où est la sortie, j'espère?
@ecaterina: Je sais, je sais, encore un livre eho (bien le bonjour à Anne-Sophie, la lettrine, elle comprendra).
;o)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 02 septembre 2007

Je ne voulais pas dire "encore un livre eho"
mais "bravo, un livre eho!"
ils ont du goût, ils sont des pros de la com, ils ne sont pas snobs...
... et je pourrai continuer comme ça encore deux heures.
Mais mes enfants ont faim.

Écrit par : ecaterina | 02 septembre 2007

Bravo pour tes articles, tes interviews, tes lectures.
Comment fais-tu pour bosser autant? cette rentrée est très riche en découverte!
Bon je crois que je vais commencer par celui là avant Tourville qui me fait un peu peur.

Écrit par : Anne-Marie | 02 septembre 2007

@ecaterina: Je pense comme toi, mais, il paraît que ça se voit sur mon blog...
@Anne-Marie: Enfin, votre premier commentaire. Ca me fait bien plaisir, vous savez. Il y a un monde entre José et Tourville... je pense que vous avez fait le bon choix.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 03 septembre 2007

superbe roman, et je ne dis pas ça parce qu'on a le meme editeur, hein !!
bisous xxx

Écrit par : yansor | 04 septembre 2007

Je l'ai dévoradoré!

Écrit par : Kiki | 05 septembre 2007

C'est un roman torturé? Enfin je veux dire: qui amène au mal être ou qui libère?

Écrit par : Robert Elisabeth | 05 septembre 2007

Punaise depuis septembre 2007 j'attends ta réponse François!!
Heureusement que j'ai joué moi-même l'investigatrice!;)

Bon juste au passage, les photos de cette note elles donnent trop envie de soleil!!!!
:)
Bises.
E

Écrit par : E | 16 mars 2009

Les commentaires sont fermés.