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30 août 2007

Boire Tourville ou mourir! (Fin de ma saga de l'été.)

 

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Hé, hé !

Non, mes aventures avec Tourville (le plus gros et délirant roman de la rentrée littéraire) ne sont pas achevées.

Les précédents épisodes sont là : Premier, deuxième et troisième.

(Ceux qui ne les ont pas lus devraient s’y atteler afin de comprendre cette note.

Prévoir 4 heures de son temps.)

Il manquait dans ma saga, le principal.

La rencontre :

Alex D. Jestaire VS Mandor.
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Le mercredi 22 août, autour d’un verre (pas solitaire) à Culture Bière (si, ça existe !) sur les Champs, nous avons conversé longuement.

Dire qu’il est arrivé plus de 30 minutes en retard ne serait pas charitable, d’autant plus qu’il avait une sacrée bonne excuse, je cite : « ‘scuse moi, j’ai mangé le réveil ! ». Expression, fort cocasse, vous en conviendrez, que je ne connaissais pas. J’ai compris que son boulot d’adaptateur de films de genre, de dessins animés pour enfants ou de mangas, l’oblige à travailler la nuit.

L’homme est donc décalé. Et un peu à la bourre.

J’avais hâte de rencontrer le fou fieffé qui a écrit ce livre dont, permettez-moi de ne pas rappeler le thème parce que :

1) Je n’ai pas envie d’avoir mal au crâne dès potron-minet (miaou !)

2) Je l’ai déjà fait 3 fois et Cointreau n’en faut…

Hips !

Mais, je ne suis pas chien, cliquez là. Un résumé vous y attend.

8c247ea01cd74ae177e2193f88b96be9.gifAlex D. Jestaire a suivi tout ce que j’ai écrit sur son livre cet été et (semble-t-il) ça l’a fait un peu marrer. (Mais peut-être était-il juste très poli en me disant cela ?)

Je lui fais remarquer qu’il faut quand même bien s’accrocher pour saisir la substantifique moelle de son histoire, souvent grand-guignolesque.

-Si on ne comprend pas tout, c’est un peu voulu, parce que mon héros ne sait pas lui-même ce qu’il vit. J’aime le côté « gonzo », à côté de la plaque.

Portait-il cette histoire de fin du monde dans une ville dont on ne peut sortir depuis longtemps ?

-Je suis quelqu’un qui rumine beaucoup de thématiques et d’idées. A un moment donné, il y a un déclic qui me porte à croire que, ça y est, toutes les pièces du puzzle sont en place. Il faut maintenant les assembler.

Bien trouvé ! C’est tout à fait un livre puzzle, aux influences très cinématographiques.

-J’adore et je déteste David Lynch en même temps. J’avais envie de jouer avec lui à ce petit jeu. Écrire une histoire très bizarre, un peu surréaliste, incompréhensible parfois, mais dans laquelle vous avez des pièces à assembler comme vous le souhaitez.

Il tient à me préciser que c’est en allant voir ses parents dans une petite ville de province qu’il a eu l’idée de ce livre. Il a eu une angoisse terrible en rentrant à Paris.

-J’ai laissé mes parents avec leurs soucis d’argent, les problèmes de chômage de mon père, de surmenage de ma mère. Ils sont en train de devenir vieux, leur ville se fascise …etc. Je me suis demandé jusqu’où ça pouvait aller. J’ai simplement imaginé le pire en créant Tourville.

Il m’avouera aussi qu’en lisant La société du spectacle de Guy Debord, le sujet de son roman s’est imposé à lui.

Tourville est notamment une charge féroce contre le pouvoir de l’image.

-J’ai écrit Tourville en 2002. Quand je l’ai terminé, j’ai débranché ma télé et je ne l’ai plus jamais rallumé. Je ne la supporte plus, ça me donne des angoisses. Aujourd’hui, nous sommes dans une cascade d’images et d’informations qui nous écrasent comme un rouleau compresseur. On peut mettre et donc ingurgiter de plus en plus de violence, de plus en plus de sexe.

Je lui fais remarquer, qu’avec son roman, il participe à cela…

Il acquiesce.

Je le sais bien,  l’être humain est bourré de paradoxe.
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L’ennemi numéro un de notre société est, selon Alex D. Jestaire, certainement la télévision.

-Moi, je suis né devant la télé, j’ai grandi devant. Je me suis rendu compte qu’une quantité immense de ma vie a été vécu par procuration à travers la culture, les médias, les émissions, les films… C’est la vraie vie de l’homme moderne…

Je suis quasi certain que son langage sera lui aussi décrié par les critiques littéraires, en a-t-il conscience ?

-Mon métier consiste à bosser sur plein de produits et je me rends compte que le langage parlé, abrégé ou bordélique est la meilleure solution pour faire passer une idée. J’estime que mon livre est un livre générationnel. Le plus difficile, c’est que le livre trouve son public. Des amateurs de littérature un peu bordélique, transgressive et expérimentale. Je ne sais pas trop si ça existe…

Je l’interroge sur ses propres lectures.

-Adolescent, j’ai lu beaucoup de SF, puis récemment beaucoup d’ouvrages philosophiques et là, en ce moment, je suis dans ma période « classiques ». Rabelais, Kafka…

Comme nous sommes maintenant les meilleurs amis du monde (Hips !) je lui dis que presque 800 pages, c’est quand même un peu beaucoup.

-Au départ, le texte ne faisait que 666 pages. Le Diable Vauvert m’a demandé de le raccourcir, je l’ai retravaillé 3 fois. J’ai réussi à le raccourcir de 100 pages. Mais, bon, par le biais de la mise en page pour l’impression, il s’est redilaté en 774.

Ouais, ouais, c’est ça.

Ce livre-là ne se vendra peut-être pas beaucoup et pas très rapidement, mais je fais le pari qu’un jour il sera culte.

Et qu’il finira par trouver preneur.

Roman générationnel, on vous dit.

Merci à lui de m’avoir fait passer de bons moments cet été.

Franchement.

Et hop ! Tenez, une adresse encore un peu confidentielle. Le site de Tourville (encore en chantier jusqu’au 6 septembre, date de sortie officielle du livre).

Bon courage !

Bonus track :

Après l’interview, j’embarque Alex D. Jestaire en bas du Culture Café (ambiance beaucoup plus lounge). Bertrand Guillot (je vous ai dit que son livre était déjà en vente ?), Benoît Luciani (je m’occupe de sa Mise à mort très rapidement, ne vous inquiétez pas) et Franswa P. (mon ami Strictement Confidentiel) m’y attendent. Du coup, Alex se joint à nous pour parler littérature et boire encore un coup d’Orangina light.
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Et après, zou ! Tout le monde au resto !

Et après, zou ! Tout le monde à RTL2, pour voir mon pote Zégut (sans Alex, qui lui est retourné bosser). Franswa P. ne figure pas sur la photo car il ne figure pas sur la photo mais il était bien là.

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Et moi, je retourne regarder la télé.

Faux. J’ai quelques rendez-vous savoureux aujourd’hui…

 

Edit:

Vendredi 8H22: Le Figaro littéraire a publié un article intitulé : Connaissez-vous ses 10 nouveaux écrivains?

 

Parmi les 10 jeunes auteurs choisis, figurent les héros de mes deux dernières notes...

Voici ce qu'ils disent de Alex D. Jestaire et de Bertrand Guillot.

Ca sent bon, tout ça.

 

Commentaires

HAhaha lol le teasing sur Youtube, trop fort, je regardais encore Ken hier soire en développant une des 10ene de péloche que j'ai en retard :))) ... bon et bien j'ai hate de voir ce livre sortir, ça a l'aire bien déjenté comme dans ma tête ... :))))

Écrit par : DeYeR | 30 août 2007

Bon ok ok. Je va, un jour tout seul, le lire avec mes yeux.
Mais putain...774 pages...Si j'aime pas...Je lui casse la gueule.

Écrit par : Furnshit Original | 30 août 2007

HAHAHahah, je sais même pas si j'ai déja lu un livre de plus de 350 pages :))))

Écrit par : DeYeR | 30 août 2007

Kamarade Mandor, merci pour ce bon résumé synthétique de notre entretien. Tu es un peu vache d'avoir insisté sur ma demi-heure de retard, mais bon, je l'avoue, je bouffe souvent mon réveil, à défaut de bouffer autre chose, ce qui risque de me mettre pas mal dans la merde pour ce qui est de faire une promo rigoureuse de Tourville...
Sinon j'étais très sincère quand je t'ai dit que j'ai suivi avec beaucoup de plaisir ta chronique de l'été sur Tourville. Tu es un digne représentant du Gonzo - tu es même bien plus proche de Jean-Louis que je ne le suis moi-même - ton blog n'a rien à envier à "Trans-Europe mes Kouilles", le magazine trendypériphérique de Jean-Louis - d'autant que tu as reçu bien plus de stars que lui - en plus tu as eu des raëliens ! Tu es donc au coeur du sujet de la Fin du Monde de notre époque, et je suivrai avec intérêt la suite de tes aventures et chronique.
Merci pour le travail, la bonne humeur... et les orangina light.
Jestaire.

Écrit par : jestaire | 30 août 2007

Ce serait sympa si tu mettais une photo où je donne au moins l'impression de savoir lire !!! On peut compter sur toi pour mettre tes potes en valeur :-(
Tu recevra une autre lettre de mon avocat.

Écrit par : Benoit FAPM | 30 août 2007

On ne peut jamais vraiment juger d'un livre sur ce qui en est dit sur un blog.
Cela dit, quand je lis que monsieur Jestaire a eu le déclic pour son livre en lisant "La Société du Spectacle", et quand juste derrière je constate qu'il devise sur le rôle joué par la télévision dans les démocraties libérales, je me dis qu'il n'a pas compris grand chose au texte central de l'oeuvre de Debord.
Combien de fois faudra-t-il répéter que "La Société du Spectacle" n'est pas une critique des médias ?
Le pouvoir de l'image, on en trouve une critique, par exemple, dans le livre de Boorstin intitulé fort à propos "L'Image".

Écrit par : stéphane | 30 août 2007

@DeYer : La sortie du livre est le 6 septembre, cher déjanté !
@Furnshit original : Houlala, je suis sûr qu’il tremble de peur !
@DeYer (bis) : Il y a un début à tout.
@Jestaire : Jean-Louis, je le reprécise pour ceux qui ne suivent pas, est le héros de ton roman. A ce propos, hier dans le Figaro littéraire… ‘tain, la vache ! Un article du feu de dieu !
Et long en plus. Le critique a tout compris.
En lien à la fin de la note que j’ai écrite sur toi. Un Edit de dernière minute… Ouais, ce blog se doit d’être réactif.
@Benoît (FAPM) : Comment je t’ai dosé hier soir, au blindé test…
Sinon, j’ai déjà 18 lettres de ton avocat… ma collection augmente. Merci !
@Stéphane : OK, mais ne vous fâchez pas, sinon, Wrath, elle va venir ici et peut-être vous censurer.
J’sais pas, elle est capable de tout.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 31 août 2007

Elle en serait bien capable, en effet.
Et je crois avoir compris que cela ne vous dérangerait pas beaucoup.

Écrit par : stéphane | 31 août 2007

@Stéphane: Ne croyez pas ça.
Mon problème est que je ne veux pas polémiquer des plombes sur elle. Vous vous êtes exprimé plusieurs fois sur le sujet, je pense qu'on a compris le message. Je ne vous dis pas ça méchamment mais, ici, ce n'est pas la spécialité de la maison de s'acharner. Mais, je ne censure personne, à moins d'agressivité, de délation ou d'autres joyeusetés, ce qui n'est pas votre cas.
J'essaie de tenir un blog à peu près positif et distrayant...
Amicalement.
(vous êtes donc le bienvenu ici!)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 31 août 2007

C'est vous qui avez introduit mademoiselle Jaillant dans ce fil.
Ma remarque concernait Debord et son texte central.

En tout cas, merci pour l'accueil.

Écrit par : stéphane | 01 septembre 2007

Salut à toi, Mandor.
En tout cas, on a tous l'air bien en forme autour du zinc, et ça, ça fait plaisir.
Quant à l'orientation desyeux de chacun sur la photo avec Zegut, je tiens à le préciser (parce que c'est fondamentalement important) : a priori, c'est à une de mes blagues-vraiment-extra-drôles (TM) que tout le monde rigole, visiblement.
Ah tiens, sinon et pour info : jestaire, mandor, j'ai déjà bien entamé la bête dont il est quand même aussi question dans ce papier, et pas qu'un peu. Critique à venir, très très prochainement, là où vous savez.

Écrit par : Franswa P. | 02 septembre 2007

"Ouais, ouais, c’est ça."

le parfait inconnu que je suis confirme : alors qu'il passa un soir chez un ami commun, son manuscrit "fini" sous l'bras, le gars Jestaire me narra, dans son style, un résumé inbittable de son opus.
et moi, feuilletant comme une truffe la chose (y a rien à matter dans un livre, pas une photo de l'homme au travail, rien que des ideogrammes nonsensiques.), j'arrive à la fin et lui dit "et tu vas me dire que tu l'a pas fait expres... 666 pages... " (il est comme ça; monsieur Jestaire, il est habité à plein temps du malin, mais il y peut rien). Et là il nous dit "faut qu'je coupe [pardon "Koupe"], c'trop long".
une éternité et des bananes plus tard, le livre est là, tout beau tout noir (zet rose, car il est comme ça aussi) et je lui dit "alors, combien de page ?"
- 774...
putain, il aurait pu faire un effort, à un petit roque près, on était au 747, c'est balot.

Écrit par : EvH | 13 septembre 2007

Si tu regardes bien, EvH, la dernière page indiquée dans le livre est la 777... Comme tu dois le savoir, 777 est le grand frère de la Bête, tout comme 555 est le petit frère...
Ainsi donc, on s'est croisé dans la soirée d'un pote commun à l'époque où j'avais mon "manuscrit sous le bras"? Tiens tiens...

Écrit par : jestaire | 13 septembre 2007

j'ai pas dit "dans la soirée", ami...
as tu retenu ma proposition de faire des boules à neige Tourville ?...

EvH

Écrit par : EvH | 14 septembre 2007

Quand tu veux, Kamarade kramé.
Kall me quand tu le sens.

Écrit par : jestaire | 20 septembre 2007

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