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22 août 2007

Isild Le Besco... la femme porcelaine!

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L’idée de rencontrer Isild Le Besco m’enchantait. J’ai toujours bien aimé cette comédienne aux rôles pas toujours faciles. Rarement même.

(Voir là, sa filmographie).

La maison d’édition Anabet m’apprend qu’elle sort un ouvrage en octobre et qu’elle exposera ses peintures du 31 octobre au 17 novembre prochain dans cette galerie.

Youpla boum ! Je contacte l’attaché de presse qui me cale un rendez-vous pour la semaine suivante.

Il me fait parvenir son livre par mail (je n’aime pas trop mais il n’est pas encore imprimé).

Et je lis Sang d’encre.

Comme l’écrit Anabet, je cite (quel flemmard, ce Mandor !) : « Ecrit à l’âge de 16 ans, après avoir lu L’attrape-cœurs de J.D Salinger, Sang d’encre est un récit singulier, flagrant, rayonnant à l’image de la comédienne Isild Le Besco. Une écriture aphoristique, une ode existentielle d’un jeune homme qui peine à trouver sa place dans le monde ; une voix fragile ponctuée par la fulgurance de dessins. Dans la peau d’un garçon de 17 ans le temps de ces confessions intimes, la comédienne décrit le difficile passage entre l’adolescence et l’âge adulte mais aussi de l’absence, avec une réelle inventivité et sans jamais forcer le trait. »

Je trouve cette fiction très noire, bien menée et poétique. Evidemment, ne mettez pas le best of de La Compagnie Créole en fond musical, il y aurait une toute légère distorsion d’ambiance (c’est une image, mais je ne sais même pas si elle tient debout).

a19b1b6ee8e53c10f95fd1c6425d2eaa.jpgLe rendez-vous avec Isild (je peux l’appeler Isild, c’est une amie à présent ! Hum !) s’est tenu hier.

Au Café Bidule, rue Faidherbe. J’arrive trente minutes en avance (comme d’habitude) et traîne un peu dans le quartier… quand je vois arriver la belle demoiselle avec un homme. Je suis prêt à crier : « Hé ho ! C’est moi ! Mandor !!! On a rendez-vous ensemble ! » mais avec les années, j’ai appris à mesurer mon enthousiasme et attendre l’heure précis des rendez-vous.

Mais quand même, un quart d’heure avant, je n’y tiens plus.

Je les rejoins sur la terrasse ensoleillée d’un café proche de celui dans lequel je suis convié.

-Bonjour, je suis le journaliste avec lequel vous avez rendez-vous !

Je sens une gêne.

Je continue en leur serrant la main.

a42e33071ae8c69d7198ded694135599.jpg-Vous êtes Philippe, je présume. Vous êtes venus accompagner votre nouvelle auteur. C’est gentil ça.

Philippe est la personne que j’avais au téléphone régulièrement pour caler l’interview.

-Non, pas du tout. Je suis Benoît.

-Ah, Philippe n’a pas pu venir ?

Ils se regardent interloqués.

-Bon, je vous laisse, je vais au Bidule et vous me rejoignez quand vous voulez…79ba73b5674b813d8e58613b8c9b63af.jpg

(Notez au passage combien je suis compréhensif et poli.)

En traversant la rue, un éclair de lucidité transperce mon cerveau.

(Et ça, je ne vous dis pas comment ça fait vachement mal !)

J’suis con où quoi ? Le Benoît courroucé était le réalisateur Benoît Jacquot, dont Isild est la muse depuis quelques films…

J’ai pris Benoît Jacquot pour un attaché de presse.

Bien joué. Ca commence bien.

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Je m’installe au Bidule.

Je prends un café. Je croise le regard d’un homme qui visiblement cherche quelqu’un.

Je n’ose dire quoi que ce soit. Une bourde, ça suffit.

Lui m’interpelle.

-Vous êtes Mandor ?

-Oui.

-Je suis Philippe.

Il s’attable à côté de moi et nous devisons quelques minutes. Soudain, il me demande :

-Parlez moi de votre journal. Vous y faites quoi ?

-J’écris des articles sur la littérature et sur la chanson.

-Et comment vous appréhendez les livres ?

Je réfléchis parce que cette question, vous en conviendrez, à 10h30 du matin, comme ça, sans prévenir, pour trouver une réponse cohérente, faut s’accrocher.

Je m’accroche donc.

-Ca dépend du livre, de l’auteur, de l’interview… enfin de tout plein de choses.

Prend ça dans les dents et dépatouille toi avec !

8fb40d6144a74b8e62652ae85a899f33.jpgSur ces entre faits, Isild Le Besco arrive, tout sourire.

Elle s’assoit. Sans perdre de temps, j’enclenche mon magnéto et pose ma première question.

Après un silence, elle me dit.

-Attendez, j’essaie de comprendre. C’est vous qui allez me poser les questions ?

Là, c’est moi qui ne comprends rien.

-Euh oui… puisque je suis journaliste, c’est un peu mon métier.

-Mais qui est ce monsieur alors ?

-C’est le fameux Philippe que j’ai confondu tout à l’heure avec Benoît.

-Et qui c’est Philippe ?

-Votre attaché de presse.

D’accord, je saisis le truc. Ils ne se connaissent pas visuellement.

-Tout à l’heure, je pensais que c’était vous l’attaché de presse.

-Non, je me suis présenté en tant que journaliste mais par contre, moi, je pensais que l’homme qui était avec vous était celui qui est à notre table, là, maintenant, Philippe, là…

Et Philippe d’intervenir.

-Oui bonjour, je suis Philippe, je suis la personne chargée de faire en sorte que les médias parlent de votre livre. Enchanté.

J’ai conscience, à ce moment précis de ma note, que je suis en train de tourner en rond. Non, je raconte ça pour bien vous faire comprendre que mon métier passe parfois par des moments comme ça. A la limite du surréalisme…

-Je peux continuer maintenant que tout le monde sait qui est qui ?

-Oui.

-Alors, Sophie Marceau, vous venez d’écrire…

(Je rigole, je n’ai pas fait ça. J’ai été tenté quelques secondes mais non. Hein, il faut savoir rester raisonnable).

A partir de là, c’est sérieux. Je redeviens pro. J’veux dire, c’est moins marrant la suite.
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Je lui demande pourquoi ce livre sort 8 ans après avoir été écrit :

-Une jeune femme, Delphine de Malherbe m’a demandé un jour de lui écrire quelque chose pour sa collection « Contre emploi » dont elle s’occupe aux éditions Anabet. J’ai répondu que je n’étais pas écrivain, mais ayant insistée un peu, je lui ai proposé ce texte de jeunesse. Il est un peu retravaillé mais très peu, finalement.

Un texte où il est question de solitude, de mal être, de mort et de suicide.

(Bonjour La Cie Créole , vous allez bien ?)

-Je n’ai pas de tendance suicidaire, je ne crois pas avoir le mal de vivre. Je suis même quelqu’un de plutôt joyeux. Et pourtant, au fond de moi, j’ai un peu tout ça dans la tête. C’est bizarre.

Et quand elle parle de la mort, à travers son narrateur Benjamin (17 ans), ça donne :

« Après la mort, c’est le trou. C’est la merde. Tu crèves et t’es dég. Il y a de la vie parce qu’après il y en a plus. »

-Je ne réfléchis pas à ce que j’écris. C’est instinctif, quasiment de l’écriture automatique. Quand je me mets à la place de Benjamin, c’est vraiment son langage. Je ne sais pas si c’est une déformation de mon travail de comédienne…

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Son narrateur est un jeune homme qui refuse l’amour des autres. Le thème de ce livre tient en une phrase : pour aimer les autres, il faut s’aimer soi même.

-Benjamin a une impossibilité à s’exprimer, à accepter l’amour des autres. Il est donc incapable d’en donner. Il trouve qu’il est profondément une sous-merde. Ce qui n’est plus mon cas aujourd’hui (rires). Vous savez, il y a un peu de moi dans le personnage de Benjamin mais comme il y a un peu de moi dans chaque rôle que je joue.

Pour finir, je lui demande comment elle assume le titre d’artiste « intello » qui lui colle à la peau.

-Ca m’amuse parce que je ne le suis pas. Ca vient certainement du choix des films que je tourne. Je ne lis pas beaucoup. Un peu quand même, mais pas beaucoup. Récemment, j’ai lu le livre de Delphine de Malherbe, La femme interdite, mais aussi le dernier Anne Wiazemski, Jeune fille… et là, je lis… attendez, je vous montre.

Elle sort de son sac, Lettre de guerre de Jacques Vaché.

Je trouve Isild touchante… et très belle. Un charme fou.

Il est temps pour moi d’évoquer mon blog. Elle est d’accord pour que je raconte cette rencontre comme je l’entends. Elle pose pour les photos très gentiment. Bref, adorable.
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L’heure pour moi de la laisser rejoindre Benoît est arrivée. Elle m’explique qu’ils partent faire une télé pour évoquer son deuxième film (sortie le 12 septembre) en tant que réalisatrice Charlie (qui n’est pas sans rapport avec son livre Sang d’encre.)

Avant de partir, elle me convie au vernissage de son expo de peinture. J’y serai. Evidemment.

A bientôt, vous, la fille porcelaine !

Commentaires

Elle est vraiment à part cette comédienne, un charme et une inquiétude dans le regard. Elle a des rôles vraiment étranges, bref une ovni que j'apprécie!:)
Sinon; tu m'as bien fait rire avec Philippe, Benoît et la cie créole!:)

Écrit par : Robert Elisabeth | 22 août 2007

Aaaah. Tu m'as fait peur avec Zucchero. Làààààà c'est bcp mieux !

Écrit par : Fishturn | 22 août 2007

Benoît Jacquot, attaché de presse ! Hahahaha ! Dans ces cas là, je suis Julie Delpy ! :-)

Sinon, j'ai hâte de voir Charlie ! J'adore la famille Le Besco ! Des filles simples qui font des choix artistiques très intéressants et en plus, ça marche ! Tu fais un beau métier, monsieur Mandor !

Écrit par : Céline | 22 août 2007

On te découvre délicat. Qui aurait cru?

Écrit par : ecaterina | 22 août 2007

Wow, she is very beautiful....
:)

Écrit par : yansor | 22 août 2007

@Elisabeth Robert: J'aime bien les confusions et le mélange des genres...
@Fishturn: J'ai mieux à te proposer dans quelques jours, côté italien. Tu vas adorer...
@Céline: Moi aussi j'irai voir Charlie... je suis comme toi, j'adore cette famille atypique. Et je sais aussi que je fais un beau métier.
;o)
@ecaterina: Mais je suis délicat... mais pas que.
@Yansor: Tout à fait d'accord avec ton jugement... mais, tu me connais, je l'ai à peine remarqué.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 23 août 2007

elle a fait un cour métrage sur paris et le quartier du marais!!! où elle chantait! très chouette

Écrit par : SAndra | 24 août 2007

Salut Mandor ! C'est Philippe

Quel talent de conteur ! plutôt que de raconter moi-même la rencontre, j'aurais du attendre de la trouver en ligne.

Le court silence de gêne qui suivit les présentations était inracontable, sauf à la première personne.

J'ai du comprendre à la fois que
1) vous aviez pris Benoit Jacquot pour moi
2) Isild vous avais pris pour moi
3) Isild (qui effectivement ne me connaissais que par téléphone) me prenait pour vous

Bref, vous ressemblez plus à un attaché de presse que vous ne le pensez, quant à moi, un journaliste sommeille peut être (profondément) au fond (oui, tout au fond) de moi.

Moralité, la prochaine fois je me mets une perruque, une mini jupe et je me fais appeler Philipine et vous venez avec une casquette de tweed et une pipe, cliché pour cliché, çà évitera les confusions !

Écrit par : philippe | 14 septembre 2007

@Philippe: Mais dites-moi, vous ne m'aviez pas dit que vous aviez un blog contestataire... ceci dit, nous n'avons pas eu le temps de beaucoup parler. Voilà, ici, je raconte comment je vis mes rencontres. J'en garde un souvenir amusé. Un autre monde!
Revenez quand vous voulez (maintenant que l'on se connait!)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 14 septembre 2007

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