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13 octobre 2008

Mort de Guillaume Depardieu.

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Je viens d'apprendre la mort de Guillaume Depardieu des suites d'une pneumonie foudroyante contractée il y a trois jours.

J'aimais bien le garçon.

Je republie sans toucher une ligne ma note sur notre rencontre.

Hommage donc.

e75394ee9763ae5d9dad789b6f22c02f.jpg Guillaume Depardieu a sorti un livre d’entretien (avec Marc-Olivier Fogiel) le 11 février 2004. J'ai déjeuné avec lui la veille.

Plutôt que Donner tout, il aurait pu s’appeler Dire tout. Il évoque avec force détail, la prostitution, la drogue, l’alcool, les relations houleuses avec son père, ses amours, mais aussi son avenir, la musique, le cinéma et surtout son nouveau combat contre les maladies nosocomiales. Quand on lui dit : paranoïa, mégalomanie, mal être, il répond : esprit rebelle, vérité et liberté. Guillaume Depardieu est complexe mais il s’en fout. S’il est loin d’être un saint, il a le mérite de la franchise. Rendez-vous chez Pépita, restaurant bien connu de la rue Bayard (avec franchement une petite crainte d’en prendre plein la gueule…son amour pour les journalistes étant plus que modéré).

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Il est attablé, seul et pensif. Lorsque je me présente, il m’observe avec acuité puis il dit, tout sourire:

Guillaume Depardieu : Tu manges avec moi sinon pas d’interview… (Est-ce du lard ou du cochon ?) Tu n’as pas le choix de toute manière ! Ils ont du fric dans ton canard. Tu feras une fiche ! (En se marrant franchement devant mon air perplexe)… et ne m’oblige pas à foutre mon pistolet sur ta tempe !

Mandor : (Comprenant la bonne blague) Mais ce sera avec plaisir… Pourquoi quelqu’un qui affirme en avoir marre qu’on évoque son passé choisi justement de le raconter.

Guillaume Depardieu: Au départ, je ne voulais pas. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’au contraire c’était une manière de botter en touche à chaque fois qu’on va m’emmerder avec ces histoires là ! Après ça, quand on me parlera de mon passé, je dirai « achetez mon livre ! ». Ca sera pratique.

: Vous avez été tenté d’enjoliver ou de dramatiser certains moments de votre vie ?

G.D : Non, c’était suffisamment fort comme ça. J’ai plutôt atténué. En fait, j’ai parlé de seulement 25% de choses qui me sont arrivées. Je ne voulais pas faire de mal à certaines personnes.

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: Vous dites dans le livre : « Le meilleur moyen de se trouver, c’était de se perdre. Quand on veut vraiment savoir qui on est, il faut tout essayer ».

G.D : L’écueil, c’est la répétition. Je ne me raconte pas d’histoire et j’essaie de profiter de mes expériences. Il faut aller de l’avant tout le temps !

: Allez, je vous cite encore : « J’étais une œuvre vivante en permanente mutation, comme tous les enfants aimeraient le rester », et de préciser : « l’erreur est d’avoir mis plus d’art dans ma vie que de vie dans mon art ».

G.D : Quand on est artiste, on a tendance à mélanger la vérité et la réalité. On est dans sa vérité. Moi, j’ai décidé de vivre complètement en adéquation avec ce que je pensais. C’est comme ça que j’en ai pris plein la tronche.

M : Parce que la société n’est pas faite comme ça…

G.D : En même temps, elle laisse un espace d’expression et de liberté qu’il faut exploiter au maximum.

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M : La liberté justement… Vous aimez dire que vous vivez dans la liberté la plus absolue.

G.D : Oui, ça me plait par ce que j’ai payé très cher cette liberté là, cette indépendance. Plus j’avance, plus je suis libre parce que je m’enlève toutes les fausses contraintes. Les vraies sont inhérentes à l’existence. Il suffit juste de les appréhender de manière saine, c'est-à-dire sans alcool. Light. Parce que moi, je n’ai vraiment pas besoin de ça !

M : Etes vous resté le même que celui dont la vie est racontée ?

G.D : Mais, bon sang, je ne changerai jamais ! Il ne faut pas confondre changement et évolution. Sur le fond, je revendique haut et fort ce que je dis et je le penserai jusqu’à ma mort. Et même après d’ailleurs…

M : Evidemment, il y a un long chapitre dans le livre sur votre accident de moto et votre amputation. Moi, je préfère insister sur votre combat actuel. Vous êtes le président d’honneur de l’association «Le lien ».

G.D : Oui, c’est une association qui vise à aider les victimes d’infections contractées dans une clinique ou un hôpital. Je leur envoie les personnes qui m’écrivent et qui ont besoin d’aide.

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: C’est pour votre fille de 3 ans que vous faites tout ça ? Ce livre par exemple, c’est pour qu’elle sache qui est son père ?

G.D : Un peu oui, mais elle n’aura pas le droit de le lire avant ses 16 ans. Vous savez, je l’ai appelée Louise. Comme Louise Michel. Ouvrez vos bouquins d’histoire les jeunes ! Voilà un exemple à suivre !

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Après l’entretien, il s’est détendu. Son secrétaire personnel, en aparté, me demande de lui envoyer mon papier avant parution. Ce que je refuse poliment. « Il va mal le prendre » me dit-il. Je demande à l’acteur :

-Vous voulez lire mon papier?

-Euh... d’habitude, oui, je l’exige… mais là, ce n’est pas la peine.

-C’est gentil de me faire confiance.

-Juste, ne me le faites pas regretter…

Guillaume Depardieu ne m’a pas cassé la gueule après parution.

Au contraire, quelques jours plus tard, j'ai reçu ce petit mot de sa part...

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Venant de lui, ça m'avait touché.

 

(Sinon, toutes les photos sont de ma copine Valérie Archeno. Merci à elle!).

(Précision du 13 octobre 2008: Attention! Les 7 premiers commentaires datent du 12 juillet 2007.)

Commentaires

Bravo, chouette interview, malgré sons statut de "pauvre petit fils de star" ce mec a l'air vraiment très attachant ;-)

Écrit par : Fred | 12 juillet 2007

Je ne sais jamais quoi penser de lui, à la fois il m'irrite et à la fois il me touche...

Écrit par : Robert Elisabeth | 12 juillet 2007

Salut cher ami MANDOR, j'ai, il y a deux semaine croisé Guillaume Depardieu à PANTIN dans un restaurant... il était en plein tournage pour un long métrage intitulé "De la Guerre". Au Menu entrée plat dessert et eau !, sage, discret et cool !. bonne vacances à tous...

Écrit par : Christophe Devé | 12 juillet 2007

Pas mal cette petite série, la première interview est très intéressante en tous cas !

Écrit par : L-tz | 12 juillet 2007

Quel homme ! Quel talent ! Quel tristesse aussi ! Cet être, toujours border-line (voire, limite hors-jeu), est encore si jeune pour avoir vécu autant de vies. Mais ce qui qui fait qu'il est... lui.

Écrit par : Nathalie | 12 juillet 2007

Moi j'aime beaucoup les Zinédines Zidane... euh les Zinédits de l'été ! ( je m'égare, la fièvre...) ! Et parmi les zinfos zinédites, le scoop c'est quand même ...qu'en 2004 tu n'avais pas la barbe ! Alors là, koryfée-sans-voix !
Plus sérieusement, Guillaume Depardieux se révèle être un écorché vif, un être très attachant sous des extérieurs provocateurs. Il semble toujours progresser sur un fil fragile, doté d'une sensibilité exacerbée, tenté de se jeter dans le vide... Très belle et très touchante interview en tout cas.

Écrit par : Koryfée | 12 juillet 2007

@Fred : Il l’est, je trouve.
@Elisabeth Robert : Moi, j’aime bien son côté pas du tout manichéen.
@Christophe Devé : Bonne nouvelle alors. Il s’équilibre de plus en plus… (et merci pour l’info et cette rubrique cinématographique improvisée).
@L-tz : Il va falloir donc tenter de garder le niveau.
@Nathalie : C’est beau ce que tu dis là !
;o)
@Koryfée : C’est beau (toi aussi) ce que tu dis là !
;o)

Pas très inspiré moi aujourd’hui…

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 13 juillet 2007

Adieu l'Artiste !!
Et une pensée très émue pour la petite Louise.
Et en attendant....M.Pokora est toujours en vie....y'a pas d'justice :o)

Écrit par : MikaMicky | 13 octobre 2008

Je n'étais pas une fan, mais sa mort soudaine m'a choquée :-(

Écrit par : Jo Ann v. | 13 octobre 2008

Très jolie interview et surtout, très jolies photos qui traduisent exactement ce qu'il était. On voit bien cette gueule d'écorché, cicatrisé, scarifié de partout.

Ce type qui m'était absolument insupportable à ses débuts avait fini par me séduire beaucoup par ce jeu qui n'en était pas un. Il n'avait nul besoin de bouger pour exprimer dix sentiments à la fois, un regard suffisait amplement.

Franchement, il y a des morts qui font chier plus que d'autres !

Écrit par : MMERLINBREIZH | 13 octobre 2008

Hum... sa mort me touche pour plein de raisons... "curiosité bienveillante", oui, c'est également ce que je ressens à la lecture de cette ITW...

@vite

Écrit par : Franck-Olivier laferrère | 14 octobre 2008

Bah voilà je ne saurais toujours pas de quoi étais fait cet homme, mais en tous les cas malgré sa naissance qui aurait pu faire de lui quelqu'un de riche et de dédaigneux il a morflé toute sa vie.
J'espère que là-haut au moins il ne sent plus les douleurs.

Hier quand j'ai appris son décès ça m'a touché, c'est con on est touché parce qu'on croit les connaître un peu ces acteurs, et en paralléle on entend d'autres milliers de morts partout, des morts inconnues et on continue la discussion ou le repas. Pas toujours à l'aise, mais blasés parfois!:(
Pour lui on pose la fourchette et on écoute fébrilement le 20 heures.
l'homme est vraiment paradoxal, l'humain m'agace, je m'agace.

Écrit par : E | 14 octobre 2008

Mon cher François,
Je sais à quel point tu détestes, à tort ou à raison d'ailleurs, les écoles de journalisme. Est-ce vraiment à cause de leur conformisme ou peut-être un petit peu aussi à cause de ton complexe d'infériorité... Là, tu vois, ce petit mot griffonné, tu peux le considérer comme le plus beau des diplômes, parce que c'est ça ton métier, la confiance pour la confidence en toute bienveillance. Et venant d'un écorché méfiant comme une "louve" tel que lui, tu l'as ton diplôme mon gars, et avec félicitations du jury !
Et bravo pour cet hommage et cet interview.

Écrit par : La Louve | 14 octobre 2008

Je voulais écrire un petit mot, et puis j'ai lu les commentaires. Ce que j'aurais pu écrire rejoint Merlin, Frank Olivier et La louve. Pas mieux.

Bise

Écrit par : magwann | 14 octobre 2008

Salut Maggie ! La France bouge, et tu n'es pas là ! Evidemment cela doit te faire drôle. Enfin moi, ça me ferait bizarre de n'être pas là, dans mon "milieu naturel" pour sentir les choses, le mouvement, les changements !

Dans tous les cas c'est bien triste.

Écrit par : MERLINBREIZH | 15 octobre 2008

@MikaMicky: En même temps, j'imagine que tu ne souhaites pas la mort de M.Pokora non plus. Juste, j'imagine que tu veux dire que ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont les premiers.
@Jo Ann v.: Moi, j'étais fan. Enfin, sa personnalité me touchait.
@MMERLIN BREIZH: Je suis d'accord avec toi. Tiens! Je me rends compte que finalement, c'est fréquent.
@Franck-Olivier Laferrère: C'était bien vu de sa part, parce que c'était tout à fait ça.
@E: L'homme est paradoxal... tu as tout dit. Ne t'agaces pas. On est tous comme ça.
@La Louve: C'est tellement les autres qui comptent... que je ne me rends pas compte.
Merci.
@Magwan: Pas mieux non plus.
Bises à toi.
@Merlin Breizh: Bon, OK! Je vous laisse.
;o)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 20 octobre 2008

Je tombe sur ce papier par hasard...
Merci pour lui.
Vous avez je pense su déceler sa generosité . Immense.
je sais lire entre ses mots qu il a apprécié cette rencontre ( plus qu interview...)

n oublions pas son talent et sa bonté.

..

Écrit par : Lize noreda | 31 janvier 2013

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