Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Claude Lanzmann... enquêteur de l'horreur. | Page d'accueil | Marie-Anne Alizon... profession: voix. »

10 juillet 2007

Boris Bergman... usine à tubes!

ddfef6439f4ddda8d5a581caf5fbfddd.gifJ’ai hésité et puis j’ai capitulé. Ecrire la biographie de Boris Bergman a été fait maintes fois et particulièrement bien sur ce site très intéressant (pour peu que vous aimiez la chanson française et que vous ne soyez pas choqué de comprendre où j'ai piqué la photo à gauche, là) mais aussi ici.

Alors, je ne m’y recolle pas.

Mais, juste, dire que c’est lui qui a écrit :

Rain and Tears (Aphrodite’s Child), Fio Maravilla (Nicoletta), Gaby, oh Gaby, Vertige de l’amour (Bashung), Tu peux préparer le café noir, Lèche botte blues (Eddy Mitchell), Dégriffe-moi (Diane Tell), Tétéoù (Lio), Pleurer les rivières (Viktor Lazlo), Chienne d’idée (Maxime Leforestier).

C’est idiot de citer seulement ces titres alors qu’il écrit depuis 1967 mais bon, il s’agit là de positionner le personnage. L’homme n’est pas un branque.

(D’ailleurs, voici tous les 45 tours de sa discographie. C’est assez marrant… et kitch parfois. Page 1 et page 2)

J’aime beaucoup ce qu’en dit le site de la Sacem  :89b0701fe15f03f8bed0bedb08db0249.jpg

« Depuis Boby Lapointe, aucun auteur de chansons n'avait autant joué avec les mots de par chez nous, au point d'en faire un style (pour ses admirateurs) ou un procédé (pour ses détracteurs), voire une école (Libé aurait pu lui verser des droits d'auteurs!), quoiqu'il en soit une griffe reconnaissable entre toutes, une langue bien à lui qui n'est pas aussi facile d'accès qu'on pourrait le croire et garde toujours ses codes secrets, ses tiroirs bien clos: l'homme, qui enregistra un jour un album intitulé... «Le tzigane et la fourmi», est un tendre, chez qui l'humour est à la fois une arme et une élégance -non initiés s'abstenir-.

Et si l'on chante du Bergman un peu comme on disait du Audiard, en guettant les bons mots au détour d'une réplique ou d'un couplet, ne nous fions pas aux apparences: un (jeu de) mots peut en cacher un autre chez ce gavroche rêvant toujours de la ligne bleue de la Paramount au pied de la Butte Montmartre , qui a concocté dans ses oeuvres un savant mélange d'humour slave, british et yiddish -the "Bergman's touch" en quelque sorte-, a fait swinguer le rock français comme personne. »

C’est justement au pied de la Butte Montmartre que Boris Bergman m’a invité à me rendre. Dans son antre. Un musée du cinéma. Rien de moins.

Cheveux hirsutes et clop au bec, Boris Bergman me fait visiter son appartement. Waow !

Pas mal du tout. Des affiches de vieux films et surtout une pièce entière avec des bobines de films d’antan dans des cartons individuels. Il m’explique que c’est le meilleur moyen pour empêcher l’humidité de faire son œuvre…

Très fier de sa collec’, il est intarissable pour me parler de telle ou telle oeuvre.

870dcf8a819bdbb72760702c5fddcae4.jpg

Ils s’échangent parfois des films avec Eddy Mitchell qui a la même passion que lui. Je lui demande s’il pourrait m’inviter un jour à mater Citizen Kane dans son salon (avec Eddy, de préférence). Il change de conversation. Peut-être ne m’a-t-il pas entendu…

(En vrai, jamais de la vie je taperais l’incruste ainsi. Z’êtes fou où quoi ?)

3a9db4495ee24fc969e1c72d22f127f2.jpg

Le truc bizarre, c’est que je viens causer chanson et que je me retrouve à évoquer les films de mon enfance. Selon Boris Bergman, de toute manière, ces deux arts sont liés :

-Je n’aurais jamais écrit les chansons qui figurent dans mon œuvre si je n’avais pas aimé ce cinéma là. J’ai même conçu souvent mes textes en pensant à un montage cinématographique. Et puis, je vais te dire, puisqu’on parle de mes influences, dans ma famille, au niveau de l’humour, j’avais au moins 3 Groucho Marx. Cet humour juif d’Europe Centrale m’a donné depuis tout petit le sens de l’absurde… 

Je précise que, s’il est né à Londres, les parents de Boris Bergman sont russes.

-Mes origines ont été dominantes dans ma façon d’aborder ma vie. Ce que je veux depuis toujours, c’est avoir plusieurs vies dans la même. Grâce à des révolutions et à des migrations diverses, je me suis retrouvé à parler une langue qui n’appartenait pas au pays dans lequel je suis né…

Plusieurs vies dans la même… c’est le moins que l’on puisse dire.

9ff3b811f80c0c79fbab48e7022bf0e1.jpg

Bergman est auteur de chansons, mais aussi écrivain, scénariste, réalisateur de courts-métrages et de clips ainsi que comédien. Tout est bien expliqué ici.

D’après ce que j’ai compris en l’écoutant, c’est qu’il souffre (sans l’avouer) de ne pas être considéré comme un intellectuel.

-Certains journalistes de ce que j’appelais « le triangle des bermudas », c'est-à-dire, des gens de chez 1151500dafd0eabde0b6ed9ef027e974.jpgTélérama, Libé et les Inrocks, m’ont un peu tué. Pour eux, j’étais l’auteur qui avait fait les vilaines chansons de Bashung. Pour les intégristes de Bashung, sa vie commence à partir de Play Blessures. Mais comme j’ai fait l’album Novices en 1989 (7 chansons en tout), ils sont bien emmerdés d’avouer que c’est le même homme qui a écrit « Gaby, Oh Gaby ! » et « Vertige de l’amour ».

Boris Bergman, me raconte longuement ses collaborations passées et celles à venir. Il me montre un texte à côté de son ordinateur.

3da27bb3ef808ef0820916ab4422b836.jpg
-C’est pour le chanteur Raphaël. Il a aimé ce que j’ai fait avec Gérard Manset et il veut absolument que je lui écrive quelques chansons pour son prochain album. Je dois lui en faire écouter deux cette semaine.

Je lui fais part de mon étonnement sur le fait que de gros tubes ont été composés par lui sans que personne ne le8f15c969bd1e5739299d4e0419953f5d.jpg sache vraiment. Je pense par exemple à Tu peux préparer le café noir et Lèche botte blues de notre ami Claude Moine

Il se marre.

-Ca vient de l’interprète qui ne s’en n’est jamais vanté… 

Et Bergman de me raconter quelques anecdotes sur certaines chansons.

5d64d933755fc13721c6bc5853b6a1b3.jpg-Comme je joue pas mal avec les mots et que j’aime les doubles sens… certaines chansons ne sont pas toujours comprises. Mon plus gros tubes actuel reste "Rain and Tears" interprété par les Aphrodite’s Child. Personne ne s’est aperçu que je raconte un trip à l’acide. Ca me fait bien marrer parfois d’entendre cette chanson à la radio.

Quel espiègle ce Boris !

Une heure trente à discuter, deux thés et 4 cigarettes fumées… je crois qu’il va falloir que je m’arrache. Je vais finir par réellement taper l’incruste.

Et ce n’est pas mon genre.

7616b458305482923398a0c88ae734ee.jpg

Mais être chez un dictionnaire vivant de la chanson et du cinéma, ce n’est pas tous les jours que ça m’arrive.

Il me raccompagne après m’avoir expliqué qu’il vient de s’acheter un ordinateur portable. Son premier. Il va passer de la machine à écrire (une vieille Remington) à un PC dernier cri…

-Je ne sais pas encore me servir d’Internet mais dès que je saurai,  j’irai voir ton blog.

Moralité : Boris Bergman est poli. Parce que j’imagine que venir lire les chroniques de Mandor est absolument une priorité pour tout le monde. Hein ?

P.S: Le Tout petit déjà de samedi... pourquoi pas Bashung? Du coup.

Commentaires

Honnêtement, j'aime beaucoup Vertiges de l'amour, j'ignorai qui avait écrit les paroles, je n'apprécie pas trop Bashung, le chanteur, n'ayant aucun disque de lui, mais cette chanson fut un "top" et le reste pour moi.
Lire les chroniques de Mandor, que je n'aurai aps connu sans la presse (comme quoi elle est parfois de source inspirée) est pour moi une sacrée récréation/récréation sacrée - c'est bon dans les 2 sens !

Écrit par : wictoria | 10 juillet 2007

T'as le wi fi dans le désert? :-)

Écrit par : Juju le pigiste | 10 juillet 2007

Pas grand chose à dire mais... j'chuis là, hein, je t'ai bien lu ce matin (enfin cet après-midi pour toi) malgré le désert je veille, comme la sentinelle. Je pars bientôt, y aura plus de commentaires, pas d'affolement ;o))) je reviendrais bientôt sous la pluie métropolitaine.

Écrit par : Nathalie | 10 juillet 2007

ah ben voilà du lourd !

Écrit par : boronali | 10 juillet 2007

Superbe! merci!

Écrit par : Robert Elisabeth | 10 juillet 2007

Chanter des trip à l'acide et finir chez Rafael... enfin bon, l'instant karma reste dans l'instant, justement. Bien ton blog.

Écrit par : Gerard | 10 juillet 2007

@Wictoria : Tu m’as connu dans la presse… Je n’ai eu qu’un article. Ce doit être dans Le magazine des livres… http://www.mandor.fr/archive/2007/05/23/mandor-dans-la-presse-1.html
Comme quoi, ça marche d’être évoqué dans un magazine à très grand tirage.
;o)
@Juju le pigiste : Arf arf !
@Nathalie : Ta présence me rassure. Je suis perdu sans toi, tu le sais…
@boronali : Maître Boro aime ce monsieur ? J’en suis fort aise. Maître Boro a du goût (mais ça, tout le monde le sait !).
@Robert Elisabeth : Ravi que cet auteur te plaise. Beaucoup ne le connaisse pas…
@Gérard : merci de ta visite. Bon, parfois, ici, c’est très second degré.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 11 juillet 2007

Les commentaires sont fermés.