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07 juillet 2007

Claude Lanzmann... enquêteur de l'horreur.

 

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Ce Tout petit déjà, nous mène en février 1998. Le 3, Arte diffusait le soir même la première partie de Shoah. Très intéressé  par cette tragique période de l’histoire (pour différentes raisons personnelles), je me suis débrouillé pour obtenir un rendez-vous chez le très peu médiatique Claude Lanzmann.

J’ai beaucoup de respect pour cet homme.

Je ne suis pas le seul. Je sais.

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Il fut un des organisateurs de la Résistance au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand en 1943. Il participa à la lutte clandestine, puis aux combats des maquis d'Auvergne. Il est Médaillé de la Résistance , Officier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre National du Mérite, Docteur Philosophiæ Honoris causa de l'Université Hébraïque de Jérusalem, de l'Université d'Amsterdam, d'Adelphi University, USA.
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Comme tout le monde, Shoah m’a marqué à vie.

Alors qu’il avait pour sujet le meurtre de sang-froid de 6 millions d’êtres humains, Claude Lanzmann refusa la dramatisation et le recours à la reconstitution historique et aux images d’archives. Shoah est une enquête auprès des survivants, bourreaux ou victimes, réalisée dans une Europe pacifiée depuis longtemps.
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Cette distance historique et émotionnelle en fait une contribution majeure à la connaissance de l’élimination des juifs d’Europe.

Moi, je me souviens des images et des propos qui ouvrent ce film :

« On ne peut raconter ça. Personne ne peut se représenter ce qui s’est passé ici. Impossible. Et personne ne peut comprendre cela. Et moi-même aujourd’hui... Je ne crois pas que je suis ici. Non, cela, je ne peux pas le croire. » Simon Srebnik est revenu à Chelmno en Pologne, le premier lieu où les Allemands appliquèrent la « solution finale ».

On est saisi d’une horreur tragique qui ne nous quitte pas tout au long des neuf heures trente que dure le film.
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Entre 1976 et 1981, trois cent cinquante heures de film ont été tournées. Durant dix campagnes de tournage, l’écrivain et cinéaste a méthodiquement suivi les traces de l’infamie, relevé les pièces à conviction, identifié les lieux et écouté victimes, criminels et témoins. Faisant taire sa douleur, l’enquêteur pose les questions qui font mal à ses interlocuteurs, à lui-même et aux spectateurs.
La vision de ce film est une épreuve, une expérience qui, même indirectement vécue, laisse des traces profondes.
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Bien sûr, pour connaître le processus de l’immense massacre, il y avait le procès Eichmann et le livre de Hannah Arendt. Bien sûr, dès la fin des années 50, la plupart des adolescents avaient vu Nuit et Brouillard d’Alain Resnais.

Mais Lanzmann a préfèré susciter l’intelligence, la compréhension des choses plutôt que l’émotion.

Très fort.

Commentaires

La Shoah... comment sortir indemne d'un tel film ? Dans ce documentaire, Jacques Lanzmann réalise un véritable tour de force, évitant les écueils du voyeurisme, du sensationnel et de la mise en accusation. Chercher à comprendre l'incompréhensible, témoigner, lutter contre l'oubli, mais aussi et surtout : inciter à la vigilance au présent. Car il ne se contente pas de porter à la connaissance ou à la mémoire des spectateurs des faits passés (faits indépassables, qui reviendraient à soumettre le présent au passé) mais au contraire utilise ce cauchemar en vue du présent, nous invitant à tirer des leçons des injustices subies pour combattre
celles qui ont cours aujourd'hui, de quitter le soi
pour aller vers l'autre.


En montrant que cette barbarie n'est pas le fait de
monstres d'une autre planète mais d'êtres dits "humains", il invite à rester attentif aujourd'hui encore. Dans "la part de l'autre", E.E. Schmitt
rejoint ce combat : "Les hommes ont fait
Auschwitz. Je ne me demande pas où était Dieu pendant
cette période, je vois ce que font les hommes. (...).
La pulsion du mal est inscrite en chacun d'entre nous.
On ne peut pas ne pas faire de mal, mais on peut en
faire plus ou moins selon ce qu'on décide. Hitler
n'est pas l'autre mais moi "si". Moi, dès le moment où
je me mets à simplifier, à désigner un coupable plutôt
qu'à analyser. La bête est en moi et il faut la tenir
en cage. C'est un énorme appel à la responsablilité
individuelle."


De fait, la Shoah est plus qu'un devoir de mémoire : elle est un appel à la responsabilité individuelle.

Écrit par : Koryfée | 07 juillet 2007

Glups !
Je voulais bien entendu écrire "Claude" et non Jacques... C'est de la faute de mon clavier rebelle qui en a assez que je frappe dessus :))

Écrit par : Koryfée | 07 juillet 2007

Claude Lanzman, sosie de Jean-Claude Gayssot!

Écrit par : Juju le pigiste | 08 juillet 2007

Les commentaires sont fermés.