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28 juin 2007

Corneille... fragile et intense!

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Le nouvel album de Corneille est en anglais. Entièrement.
The Birth of Cornelius devrait consacrer cet artiste rwandais sur la scène mondiale.
Normalement.
En tout cas, c’est le but.
Le son R&B/Pop de cet artiste fragile s’est équilibré pour aller vers un son soul purement analogique, organique. Ca sent bon l’essence old school 60’, 70’… et les amateurs de Stevie Wonderd’Al Green, des Isley Brothers ou de Sam Cooke ne seront pas dépaysés.
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J’avais hâte de le rencontrer.

L’artiste, prudent, observe son interlocuteur, débite des banalités pendant quelques minutes. Dans ce salon cosy d’un grand hôtel parisien, je ne le sens pas très à l’aise. Il lui faut un moment pour comprendre que je viens « en ami », et là, du coup, il finit par se détendre. Le chanteur blessé se méfie encore du genre humain.

-Mais, vous savez, avec tout l’amour que j’ai reçu de mon public, je commence à changer d’avis. Je constate que les gens sont bons et ont un potentiel d’altruisme énorme. Ce n’est pas vrai que les gens se foutent de ce qu’il se passe à l’extérieur de leur foyer. C’est rassurant pour l’avenir. 

Mais le doute tenaille Corneille.

-Evidemment que je suis traumatisé mais la relation amoureuse que j’ai avec mon public est mon pansement. C’est pour cela que j’ai peur qu’il me quitte. On devient vraiment accro à ce genre d’amour. 

J’hésite à lui poser la question récurrente : pourquoi ce 3eme opus est-il en Anglais ?

Bon, je ne peux vraiment pas éluder ce côté là…

-Je me suis rendu compte qu’avec le succès, on peut très vite s’égarer du pur chemin de l’art et tomber dans une espèce de mécanique où on veut plaire à tout prix. Si j’avais pensé à ma carrière avant mon art, je me serais posé la question de la barrière de la langue, parce que je sais que beaucoup de gens sont attachés à l’aspect francophone de ma musique. Mais j’ai ignoré cette pression pour me donner le plus de liberté possible. J’aurais peut-être contenté certaines personnes mais j’aurais menti, à moi-même et au public. C’est pour cette raison que je me suis donné le droit de faire un album en anglais parce que ça faisait longtemps que j’avais envie de le faire. J’ai appris à aimer la musique avec des artistes anglo-saxons. J’ai écrit mes premiers textes en anglais. J’avais le même avantage que sur le premier album, avec cette impression de repartir à zéro. La musique, l’artiste sont les mêmes. Mais cet album est bien meilleur que les deux premiers. J’ai mûri.

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Dans ce disque, il est principalement question d’amour. Oui, vous le savez, Corneille et fou de son épouse. Elle lui a inspiré une bonne partie de Birth Of Cornelius.

Il relate aussi la vulnérabilité sentimentale, évoque le racisme et sa crise identitaire et enfin, revient sur le succès et la célébrité.

c45546b85801d242a044b81ada1caa20.jpg-Avec le succès, beaucoup de choses deviennent fausses. Certaines personnes n’ont pas été vraies avec moi. Ma perception des choses et de moi-même était fausse. Ca va dans les deux sens. Il a fallu faire table rase. Je ne veux que de la vérité autour de moi.

Et toujours, la traditionnelle chanson sur le Rwanda.

-On va penser que c’est un thème récurrent, mais je le traite sous un angle complètement différent. Ce n’est pas un pays que je considère comme chez moi car j’en garde des souvenirs atroces. N’importe qui aurait vécu ce que j’ai vécu le comprendrait parfaitement. Plutôt que de rester dans une espèce d’hypocrisie qui partait d’une bonne intention mais qui n’était pas vraie, qui consistait à dire que je comptais y retourner, je préfère dire que je ne veux pas y retourner. C’est une certitude. Je changerai peut-être d’avis, mais je suis loin de la guérison.

La conversation dévie sur son histoire. Il n’évite pas le sujet.

Et il ne mâche pas ses mots. Etonnant pour un Corneille qu’on connaît modéré.

- A un moment, il a fallu que je sois honnête avec moi-même. J’ai de la rancœur, c’est indéniable. Si je rencontrais les gens qui ont assassiné ma famille, je ne sais pas le comportement que j’aurais. Je suis un être humain et mon sens moral n’est pas supérieur à celui d’un autre. On ne peut pas pardonner. J’ai choisi d’oublier pour arriver à continuer à vivre.

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A partir d’aujourd’hui, le chemin de Corneille se veut ouvert vers l’avenir. Son message est clair : « Toujours faire pencher la balance du côté de la vie ».

Avec cet album, il se lâche enfin...vraiment. Pas facile de se débarrasser de ses fantômes. Il est parvenu à zigouiller les ombres du passé.

The Birth of Cornelius sort lundi prochain. Le 2 juillet.

Pour bien  commencer l’été...

Commentaires

Prem's !!! Artiste touchant. Sa music, moyen, mais c'est perso, hein, pas d'embrouille ! Mais je ne suis pas bornée (enfin, quoique...) dès la sortie de son album, lundi donc, je vais l'écouter et voir. Merci pour cet article, Mandor, tu ouvres des horizons ;o) Bonne journée, euh, bonne soirée ;o)

Écrit par : Nathalie | 28 juin 2007

Bonne entrevue.

Ce qui est gênant avec Corneille, c'est que malgré le fait que j'ai beaucoup aimé son premier album, j'aime moins ce qu'il fait maintenant car on dirait qu'il fait et refait encore et encore la même chanson (''Parce Qu'On Vient De Loin").

Il ne semble plus faire de chansons plus dansantes comme "Ensemble" ou "Avec Classe".

En passant Mandor, si tu as besoin d'un assistant pour tes entrevues dans des grands hôtels Parisien, fais le moi savoir.

Je suis toujours disposé pour rendre service surtout dans l'éventualité ou les chanteurs seraient en fait des chanteuses.

Sauf exception au cas ou tu interviewes les Rolling Stones.

Écrit par : Generation Rose | 28 juin 2007

@Nathalie et Génération Rose: Moi, c'est pareil. Je trouvais que, jusqu'à présent, Corneille faisait toujours un peu la même chose. Pas dans ce disque. Il ya un putain de bon son et un sacré groove dans certaines chansons...
Pour les assistants (Génération Rose, petit coquin!), je n'ai besoin de personne (en particulier quand je rencontre des chanteuses). Je suis un solitaire, moi.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 29 juin 2007

Et d'une assisante quand tu as besoin de rencontrer un bel homme, tu as besoin ?

Écrit par : Nathalie | 29 juin 2007

@Nathalie: Non plus mam'zelle!

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 30 juin 2007

Les commentaires sont fermés.