Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2007-04 | Page d'accueil | 2007-06 »

30 mai 2007

Recyclage (1)... Coffe a eu ma peau!

b9dda28a35a3ecb4b3ca26a9ca4bec2d.jpg 
Oui, c'est moi qui fait ce geste très naturel et pas du tout posé.

Peu de temps après avoir ouvert mon blog (en juillet dernier), alors que personne ne lisait ma pourtant déjà subtile et intéressante prose, j’ai publié une note (le 11 août 2006) intitulée : Comment je me suis fait virer…

(Je fais d'ailleurs ici mon méa culpa. J'ai joué avec le feu. Je me suis brûlé. Pardon à celles et ceux que j'ai choqué involontairement ce jour là).

Aujourd’hui, je vous la propose de nouveau, avec les images.

Pendant deux ans (de 1997 à 1999), j’ai animé quotidiennement une émission littéraire sur la radio catholique de Paris, parfois en duo, parfois seul. Lors de ma période en solo, je n’hésitais pas à inviter des écrivains (ou des gens qui publiaient des livres, il y a une certaine nuance !!!) un peu hors norme (Didier Daeninckx, Jean-Claude Izzo, par exemple, des auteurs pas très "catholiques"…).

Je faisais en sorte qu’ils se tiennent correctement jusqu’au jour ou… le bug !

Le 26 mars 1999, je recevais l’écrivain Jean Chalon pour son livre L’ami des arbres et Jean-Pierre Coffe pour Fleur bonheur (voyez déjà la thématique prétexte tirée par les cheveux : Notre jardin, notre double ? ).

9a9d890a3ff2c37ddba3f1084323afcd.jpg

Tout se passe bien durant une heure lorsque, sur le générique final de l’émission, j’ai l’heureuse initiative de poser à l’un et à l’autre cette brillante et ultime question : « Si vous étiez un fruit, un arbre, une fleur ou un légume, lequel seriez-vous et pourquoi? » (Aujourd’hui encore, je me demande ce que j’avais bu la veille ???)

Je ne me souviens plus de la réponse de Chalon mais celle de Coffe fut celle-ci : « Moi, ce serait une asperge parce qu’on aime les sucer… »

Le gros blanc de ma part.

Fin de l’émission (retransmise par toutes les radios chrétiennes de France).

Au sortir de ce direct, Coffe, Chalon et moi buvons un café (le verre de l’amitié ?). La standardiste me signale discrètement après le départ de mes deux invités que de nombreux appels outrés ne cessent d’affluer. Merdouille ! Pas bon pour moi ça ! La nouvelle direction de la radio qui souhaitait que j’apporte plus de « dimension chrétienne » me regardait déjà un peu de travers… mon heure va sonner.

41a55fb86ccc0be371266232ce215296.jpg

Bizarrement pendant 3 semaines, aucune répercussion.

Puis un beau soir, je mange devant ma télé (je me souviens parfaitement que j’ingurgitais des pâtes à la sauce tomate) et tombe en zappant (le mec qui assume) sur une émission animée par Pierre Bellemare dans laquelle un des invités était… monsieur Coffe. Je vous jure, un documentaire sur les asperges a été diffusé.

Je monte un peu le son.

Je ne sais pas... un pressentiment.

0e0312d0ef4dc504a43c86d36d2310c0.jpgAu retour antenne, Bellemare dit à Coffe : « Je crois, au sujet des asperges, que vous avez une anecdote à raconter Jean-Pierre. »

A ce niveau là de l’émission, je me demande déjà si je ne suis pas rentré dans un monde parallèle, une quatrième dimension quelconque. Ma bouche reste grande ouverte en écoutant la fameuse anecdote truculente… Et Coffe raconte exactement ce qu’il s’est passé en citant 5 fois le nom de la radio.

Bon, il y a mis sa note personnelle en précisant qu’il avait été reçu par un jeune abbé (Gloups !). Certes, j’étais ce jour-là habillé en noir, mais me faire traiter d'abbé comme ça, sur France 3 en prime time... Fichtre! Diantre! Fiente de moineau!

Mon téléphone fixe se mit à sonner et moi à refermer enfin la bouche. Je me suis débouché une bouteille de vin au lieu de répondre. Il faut ce qu’il faut.

Le lendemain matin, j’ai eu l’honneur d’être accueilli par le nouveau directeur de la station qui m’a annoncé tout de go qu’il m’attendait dans son bureau à la fin de mon émission. Je vous passe les détails mais la phrase magique de Jean-Pierre Coffe a eu pour conséquence un entretien préalable à un éventuel licenciement puis mon licenciement effectif et au finish un procès avec cette radio qui s’est terminé par un arrangement à l’amiable...

Et je ne critique pas cette radio qui m'a permis de vivre durant trois ans. Même que j'y ai passé de sacrés bons moments.

La morale de tout ça : méfiez-vous des asperges (même à la fraise) !

C’est bon, mais quand on fait pipi, ça pue !

0b6905c79410fb3fbe0485ffae2ecdf1.jpg

28 mai 2007

Alix de Saint-André... à l'ombre de Malraux!

1150b3570675c42f0ec00dbb8e6012de.jpg

J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour Alix de Saint-André… parce que, d’abord, je me souviens de ses années Canal. Dans une émission présentée par Jérôme Bonaldi, avec 5 autres chroniqueurs (dont Frédéric Taddéï), elle était chargée de traiter les informations délaissées par les journaux télévisées, en leur trouvant un intérêt. Comme elle l’explique dans son nouveau livre Il n’y a pas de grandes personnes (Gallimard) « Nous devions être prêts à nous mettre des nez rouges, sauter sur la table ou au besoin marcher à quatre pattes, dans le noble but d’instruire un public jeune et en délire… ».

Ce que j’étais sans doute, car j’adorais cette émission.

C’était dans les années 90.

Il m’est arrivé de rencontrer Alix de Saint-André, plus tard.

Comme là, le 30 novembre 1998 dans une émission de radio pour évoquer son livre Les archives des Anges (Nil éditions).
0b1c1ad3fa718a7d39451e1f4a6b6597.jpg

Son cinquième livre sort ce mois-ci.

Et le sujet m’intéresse particulièrement puisque le fil rouge de ce roman ( ?) est André Malraux.

Son œuvre est ici.

11f988a75a4e9dcbed6dd9b64cc1d70e.jpgMoi, je n’ai lu que La condition humaine (prix Goncourt 1933) mais ce livre m’a marqué à tout jamais.

La barbarie des hommes…

Bref, je rencontre Alix de Saint-André chez Gallimard, le 16 mai dernier.

Sur mon calepin, j’ai noté 16 h…

J’arrive à 15 h 20 rue Sébastien-Bottin. Super ! Une place béante devant la maison d’édition.

Il faut que je surveille ma femme, dites donc.

Puisque j’ai 40 minutes d’avance (notez, au passage, mes capacités en calcul mental!), je décide d’aller rafraîchir mon gosier avec un liquide pétillant et frais fabriqué à base de houblon.

Du Pschiiit orange, voilà, c’est ça.

Je m’installe à une table dans le premier café rencontré. Je sors mes notes, vérifie quelques questions, en imagine d’autres, tout ceci, en buvant mon Seven Up.

-Patron ! Un autre verre de Banga, s’il vous plait !

À peine, posé, j’ingurgite une première gorgée quand mon portable sonne.

Tiens donc !

Il est 15 h 45.

-Bonjour, je suis l’attachée de presse d’Alix de Saint-André. Nous sommes un peu inquiètes, vous aviez rendez-vous à 15 h 30…

-Euh… oui, j’arrive tout de suite. J’étais coincé dans les embouteillages et là, je n’arrive pas à trouver une place.

-D’accord, mais faites vite. Clic !

Bon, je ne boirai pas un troisième verre de Tang et je serai plus vigilant avec les horaires.

Bref, j’arrive à l’accueil. Je me présente (je m’appelle Henri, j’voudrais bien réussir ma vie, être aiméééé.)

Vous savez quoi, on m’a fait patienter. Quelle perfide vengeance !

Enfin, l’attachée de presse me mène vers Alix qui m’attend sagement dans les jardins de chez Gallimard. Elle papote avec une amie (ou sa cousine, je ne me souviens plus bien). Je lui rappelle que nous nous sommes croisés pour quelques interviews et, bonne éducation oblige, elle fait semblant de s’en souvenir parfaitement.

bace1ba9c4004f4f9059b38dbe1b8e2a.jpg

Je me mets sur le mode « professionnel » et lui pose des questions sur son cinquième livre dans lequel elle mélange souvenirs, réflexions et citations autour de « l’homme de sa vie »: André Malraux… Mais pas seulement.

Mandor: Après un polar noir, un essai théologique angélique, un roman sur le Panthéon et une 421858be67020e7a14a2b05141993a6c.jpghagiographie de votre nounou, vous vous lancez dans la biographie déguisée ?

Alix de Saint-André : C’est d’abord une histoire d’amour que j’ai eu avec l’œuvre de Malraux. La littérature et l’amour de la vie, c’est un peu la même chose. L’amour de Malraux a plus occupé mon existence que les quelques amours de ma vie. Je parle finalement de moi à travers l’existence de ce génie.

Mandor : Telle une midinette, vous considériez dès l’âge de 13 ans, que personne n’arrivait à la cheville de Malraux…

A.D.S.A :L’adolescence est le moment des grands coups de foudre littéraires. On découvre un monde plus fort que la vie, plus vrai que vrai. Un peu comme un alcool fort.

Mandor : Vous évoquez aussi Chateaubriand, Rousseau (que vous détestez) et bien d’autres écrivains. Mais c’est Proust qui occupe plusieurs pages de votre livre...

A.D.S.A : Aimer Proust, c’est une autre façon d’aimer la littérature. La lecture de ses romans peut irriguer la vie et expliquer autrement l’existence. Proust et Malraux sont de merveilleux décrypteurs du monde.

742f6186ad620047808433d56b55e4b2.jpg

Ce roman est passionnant. Ce que peut faire une femme amoureuse d’un écrivain…

La quatrième de couverture en témoigne…

« Pour l'amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole, visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d'universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d'une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d'un roman. Jusqu'au jour où elle s'est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros... »

C’est d’ailleurs Florence Malraux qui a incité Alix à écrire ce livre. Elle a bien fait. C’est vraiment un régal pour ceux et celles qui aiment la littérature et sa « petite » histoire.

22cc68ebe789959d152818d6a9cf1731.jpgEt puis, je lui avoue que j’apprécie qu’elle rende aussi hommage à la dernière compagne  d’André Malraux, Sophie de Vilmorin (nièce de Louise de Vilmorin, la poétesse et grand amour de Malraux). Les biographes oublient tout le temps Sophie. Alix de Saint-André ne comprend pas pourquoi.

Personnellement, je l’avais reçu dans une émission pour évoquer son livre Aimer encore.

En photo, là, Sophie de Vilmorin (à gauche) accompagnée de Christiane Moatti (à l’époque directrice du centre de recherche André Malraux) et mon ami Philippe Michaël de Saint-Chéron (biographe et actuel président des « Amitiés internationales André Malraux). C’était le 28 mai 1999.

2691b55e7d9409e01beca49c17d58531.jpg

Au sujet de Aimer encore, Alix de Saint-André écrit dans Il n’y a pas de grandes personnes:

« C’était un récit d’amour pour rétablir la vérité. En ce qui concerne la littérature, elle était claire et simple : sans Sophie, jamais Malraux n’aurait pu mener son œuvre à son terme… Elle raconte sa façon de vivre et de travailler, sa désintoxication de l’alcool, ses derniers voyages, ses derniers livres et ses dernières paroles. »

Après une heure de conversation, je commence à me dire que point trop n’en faut.

Il est temps de se séparer. Et aussi de passer à la séance photos.

9a742e57027727e608cbb633ea7e92d1.jpg
Je lui explique mon blog et les traditions qui en découlent. Elle est d’accord sur tout.

-Je peux fumer ? On n'a plus le droit nulle part. Sur un blog, on peut voir quelqu’un fumer ?

-Oui, je suppose.

d5e1ae4eea4c13857026d82aa452ab9f.jpg

Nous sommes finalement deux sacrés rebelles.

Dans les jardins, nous faisons donc les photos qui décorent à merveille cette fin de note magistrale (et absolument pas décousue)…

5c190465631e4b408126b684816f7c20.jpg

On se quitte en nous promettant de nous revoir.

Pour le prochain livre, sans doute…

676fff75dc885ad581b26c7de32079e1.jpg
 

25 mai 2007

Un poème...

Mandor,

Sous les traits de ce visage noir,

Se cachait un homme.

Sous les marques de ce paysage du soir,

Se dissimulait, finalement, un môme !

Puis les traits se sont tordus,

Les lignes sont devenues sombres,

Les points se sont de blanc revêtus.

Sous la loupe, tes yeux s’estompent !

Un beau matin, ce fut la révélation :

L’encre de chine a laissé la place

A l’expression brute de tes émotions ;

Pour nous tous, c’était l’envers de la glace.

Désormais est né Mandor !

Il t’a fallu abandonner ton mystère

Mais ne t’en fais pas, c’est notre secret d’or

Nous resterons muets sur notre blogosphère

 

L’auteur s’appelle Nathalie.

Elle écrit des poèmes par passion.

Merci à elle.

08:40 Publié dans Auto promo | Lien permanent | Commentaires (9)

23 mai 2007

Le magazine des livres

260777d824363dcd71bb5fc8a592b11f.jpgAvant-hier, en tombant par hasard sur ce blog, je lis que le n°3 du Magazine des Livres s’est intéressé à mon blog. Je comprends (après enquête) que je figure dans la chronique intitulée: Livres & Internet, la sélection.

Hier, au centre culturel de Leclerc Moisselles (oui, ben quoi ? Un journaliste fait aussi ses courses avec sa petite femme, parfois), je parviens à mettre la main sur un exemplaire…

Il n'y a pas de mal à se faire du bien.

Je lis ça :
3633c41784d8aec22dc0ee27d47e7848.jpg

22 mai 2007

Dominique A... la chanson prend de la (h)auteur!

 

489532ad9959ced85efd14bed053915b.jpg

Oui, encore une note qui me permet de placer mes anciens articles… c’est une solution de facilité, ça m’embête de l’avouer, mais je sais que vous n’êtes pas dupes.

Je n’ai que des lecteurs intelligents, n'est-ce pas ?

Alors, je suis obligé d’avouer qu’en ce moment, je travaille beaucoup et que je n’ai pas le temps d’exploiter mes interviews récentes en boite.

C’est long, vous savez.

 -Pourquoi fais-tu une note quotidienne alors, imbécile ?

Vous êtes polis, deuxième trait de caractère de mes lecteurs, alors vous ne me poserez jamais la question directement…

N'est-ce pas ?

Si.

Ah bon !

(De toute manière, je n’ai pas la réponse. Ça règle le problème.)
840d476aae5214295d04a5b0a693d989.jpg

Voici donc une rencontre qui ne date pas de cette année (mais qui est exclusive ici, ce n’est quand même pas du recyclage… je vous respecte, moi.)

C’était le 9 février 2004.

(Les photos sont de Valérie Archeno, ma meilleure copine à moi que j’ai et par ailleurs, excellente photographe. Cette photo, par exemple, c’est elle.)
059768e6d6d6d5e0141048cb398ec4d1.jpg

Quel étrage personnage que ce Dominique A!

Un espèce d’extra-terrestre doublé d’un pierrot lunaire. Je l’ai rencontré pour une double actualité : un disque et un livre, tous deux intitulés : Tout sera comme avant. Dans sa chambre de l’hôtel Home Plazza, le chanteur est assis devant un jus d’orange et quelques amuses gueules.

L’homme s’amuse de la mienne. Problèmes techniques. Magnéto en panne. Un classique du genre. « Allez, papier-crayon, comme au bon vieux temps ! » me dit-il au bout d’un quart d’heure.

Vous avez bien lu : un quart d’heure.

Bien chef ! Ça tombe bien, on parle écriture…
1d074937367e19eea7ab423172d88a4f.jpg
Mandor : Vous avez réuni des auteurs que vous aimez bien pour ce recueil de nouvelles. L’idée était d’écrire une histoire à partir d’un titre d’une des 16 chansons de votre album. L’idée de vous transformer en écrivain vous tente?

DA : Mais alors pas du tout ! J’ai écrit Le départ des ombres parce qu’un auteur m’a fait défaut à la dernière minute. Il ne restait que 2 jours pour remplir les pages manquantes. Je m’y suis collé, c’est tout. Un écrivain est l’être le plus seul au monde. Il y a une solitude de l’écrivain qui doit l’attirer vers des métiers plus publics. Musicien par exemple. (Il sourit) Là, en revanche, les musiciens, c’est un troupeau d’égocentriques.

M : C’est pour ça que vous évitez d’écrire des chansons autobiographiques ?

D.A : Chanter est un métier d’exhibitionniste alors, si on se met à raconter sa vie… Moi, je ne pourrais pas assumer ça. Les traits autobiographiques m’échappent quand il y en a. De plus, il m’importe de ne pas impliquer mes proches.

M : Vous écrivez dans quel contexte ?

D.A : Uniquement quand j’ai envie de chanter des nouvelles choses. C’est un processus mécanique, une machine à entretenir… Il faut huiler le système. L’écriture, ce sont des moments sur plusieurs mois ou je sens que tout est prétexte à chanson. Je suis en éveil. Bizarrement, dès que j’ai matière à faire un disque, la machine se grippe.

M : Ça vous gêne si je vous dis que vous n’êtes pas franchement fantaisiste.

D.A : Ça se discute ! Il y a des chanteurs « youkaïdi - youkaïda » ou les obscurs qui voient tout en noir. Moi je suis un youkaïdi obscur ! Dans mon album, il y a des chansons beaucoup plus « variétés ». J’essaie en tout cas de varier les contraires.

M : On vous reproche parfois votre voix sans aspérité, linéaire.

D.A : La langue française gagne à être chantée avec douceur, car elle est heurtée. J’ai 6 disques à mon actif et je me rends compte que je deviens caricatural. De toute façon, les artistes sont des clichés d’eux-mêmes…

M : Allez, je vous la pose… (Prenant un air sentencieux). Ce nouvel album, c’est celui de la maturité.

D.A : Plus personne n’ose poser ce genre de question (rires). Vous savez, la maturité, c’est juste l’étape avant le pourrissement. Je veux bien être mature, mais il va falloir que le fruit finisse par tomber.

(Cette dernière question… c’était de l’humour. On est d’accord.)

318a08ba23122921069b1e6d3dc53db9.jpg

Ceci est la version courte d’un entretien beaucoup plus long, mais, j’ai décidé d’avoir la "blog attitude".

Concis, pas trop de blablas...etc.

« Mandor, il faut que je te parle marketing. Ton blog, il est bien, mais tu manques de savoir-faire concernant le marketing ! » me disent certains blogueurs qui en savent long sur la question.

J’ai déjà cédé pour les photos plus du tout masquées.

Mais, je crois que je vais m’arrêter là.

À moins que…

21 mai 2007

Guillaume Musso... profession: page turner!

medium_musso_1.jpgJe viens de finir le nouveau Guillaume Musso : Parce que je t’aime.

Il m’énerve ce type.

C’est le quatrième roman que je lis de lui, donc la totale (mon journal me demande d’écrire une critique sur chacune de ses sorties… je suis donc devenu un spécialiste de l’œuvre Mussoïenne…).

A chaque fois, l’auteur me captive. À chaque page.

Dans les pays anglo-saxons, on appelle ça un « page turner ».

-J’écris les livres que j’aimerais lire. Il faut que le lecteur vibre, pleure, rit, qu’il ait peur avec les medium_musso_sauve_moi.jpgpersonnages. J’écris donc de façon haletante, avec une tension qui doit imprégner le bouquin. 

Et ça marche diablement. Bien sûr, j’en entends qui crient à l’imposture.

Musso n’est pas Maupassant !

Qui a dit le contraire ?

medium_seras_tu_la.jpgNi Apollinaire !

A d’autres.

Je ne suis pas Albert Londres.

Mais Guillaume Musso est un phénomène… Ce jeune homme de 32 ans vend aujourd'hui autant de livres qu'Anna Gavalda, Bernard Werber ou Amélie Nothomb.

Plus de deux millions de livres vendus. Ce n’est pas un gage de qualité, certes, mais bon… respect quand même.

Après Et après (2004), Sauve-moi (2005) et Seras-tu là ? (2006), il vient de publier son quatrième titre (qui s’arrache déjà comme des petits pains !)

medium_parce_que_je_t_aime_1.gifL’intrigue de Parce que je t’aime est, comme toujours, habile et haletante.

Une fillette de cinq ans a disparu dans un centre commercial de Los Angeles. Le couple que formaient ses parents n'a pas résisté au drame, ils se sont séparés. Cinq ans plus tard, la fillette réapparaît à l'endroit même où elle avait mystérieusement disparue. Que s'est-il passé ? Où était-elle ? Avec qui ? Pourquoi est-elle revenue ?

Voilà, vous êtes déjà happé, magnétisé par l’histoire. C’est agaçant de savoir que l’on se fait balader, et pourtant, la redoutable mécanique de Guillaume Musso ne vous lâche plus.

-Sous des abords ludiques et légers, tous mes romans abordent, en toile de fond, des thèmes plus profonds. Le surnaturel, le mystère, le thriller, ne sont en fait que des prétextes pour évoquer d’autres grandes questions. Dans ce livre, j’aborde le thème de la résilience, cette capacité psychologique à résister à l’adversité, à surmonter les épreuves pour en ressortir parfois plus solide. medium_Et_apres.jpg

Guillaume Musso est traduit en 22 langues et la moitié de ses romans sont en cours d’adaptation au cinéma.

-Le tournage de Et après… débutera cet été à New York. On parle d’un très beau casting : Romain Duris, John Malkovich et Evangeline Lilly, l’héroïne de la série Lost. Seras-tu là ? va également devenir un long métrage puisque les droits du livre ont été vendus à Christian Fechner et plusieurs producteurs s’intéressent à Sauve-moi.

Marc Lévy n’a qu’à bien se tenir !

84b3c05ce7fae73d7f530630b4ab358a.jpgAllez, hop! Une ch'tite photo...

Oui, alors là, j'avoue, on fait une pause de chez pause.

Dans un bureau de chez XO Editions.

Parfaitement naturel...

medium_Musso_2.2.jpgCe qui passionne le plus Musso: « Les relations entre les gens, les sentiments, le sens que l’on donne à sa vie… ». Il pointe du doigt des questions universelles. La vie, la mort, l’amour, le destin, le hasard… ça intéresse tout le monde, non ?

Bon, en plus, dans la vie, l'homme est humble doublé d'un parfait gentil.

Il écrit des livres pour passionner le lecteur, simplement.

En langage cinématographique.

Ce n'est pas un crime, quand même...

 

15 mai 2007

TEASING part four (invité n°2)

medium_PICT2677.JPG
Ce matin.
Où ça?
Au Mandalaray.
Ah? Surprenant.
Je m'engage, ici, là, tout de suite, maintenant, à ne plus faire de teasing sur ce projet (bien avancé).
Désormais, je n'en parlerai que pour tout vous expliquer.
Amen!
(Merci à Héloïse d'Ormesson et à Audrey Siourd sans qui...)
En attendant, les coulisses vous sont dévoilées...
C'est le principe de ce blog, non?

17:50 Publié dans EXIT | Lien permanent | Commentaires (17)

14 mai 2007

Yoanna... rockeuse charmeuse!

medium_Yoanna_Francis_Vernhet.jpg 

Ne croyez pas une chose.

Qu’il est plus facile d’interviewer un jeune artiste qu’une célébrité.

Pour moi, c’est exactement le contraire.

Une personne qui a une longue carrière derrière elle, je la connais bien, les questions sont légions…

Un nouveau (dans le cas présent, en l’occurrence, une nouvelle) qui débute, c’est parfois, franchement pas facile.

Parce que timidité.

Parce que méfiance des journalistes.

Parce qu'exercice difficile d’expliquer mieux devant le micro d'un inconnu ce qui est parfaitement dit ou suggérée dans l’œuvre de la dite personnalité.

Je sais tout ça.

Mais, j’adore faire découvrir les jeunes qui débarquent sur la planète art.
medium_yo10.jpg

Celle-là, je l’ai découverte un peu par hasard et j’ai décidé de ne plus la lâcher.

Yoanna, je vous en parlais déjà là.

Vous non plus, il me semble que vous n’étiez pas resté insensible…

Le 30 avril, nous avons fini par réussir à caler une date pour nous rencontrer.

Un bar à côté du Divan du Monde (où elle se produisait une nouvelle fois).

18h, je la vois arriver avec un homme.

Son producteur, je crois.

Nous nous installons à une table.

Elle, un peu méfiante.

Observatrice en tout cas de la personne qui a voulu la rencontrer pour son blog.

medium_yo11.jpg

Elle m’avoue avoir lu ce que j’ai pondu sur elle ainsi que les commentaires.

Il était beaucoup question de son physique.

Je ne sais pas si elle a apprécié.

-Mais, vous n’allez pas vous plaindre d’être belle quand même…

Elle sourit, un peu gênée.

Je lui demande :

-Je peux vous tutoyer ?

Un temps avant la réponse.

-Exceptionnellement, oui.

J’imagine que c’est du second degré. Je lui dis que je la trouve pince-sans-rire. Sur un DVD que l’on m’a envoyé, je l’ai vu se moquer d’un journaliste en répondant systématiquement à côté des questions posées…

Pour une jeune artiste, j’avais trouvé cela gonflé.

-C’est souvent pour éviter les réponses. La promo n’est pas la partie du boulot que j’ai choisi. Je pense que je ne le fais pas très bien et qu’il faut que j’apprenne à être à l’aise dans cet exercice. C’est comme une roulette. Ca dépend sur qui tu tombes. Si je me retrouve avec quelqu’un avec qui ça ne le fait pas, j’aurai beaucoup de mal à tenir.

Il y a de la graine de star dans cette fille-là.

Bon, je me tiens à carreau.

Elle poursuit :

-Déjà, si on commence à me demander si mes chansons sont autobiographiques, je n’aime pas ça alors je réponds ce qui me passe par la tête.

Ça me titille de lui demander si ces chansons sont autobiographiques, comme ça, pour voir sa réaction.

Et puis non.

Je préfère que cela se passe au mieux entre nous.
medium_Yoanna1_Vincent_1_.Nury.jpg

Sur Yoanna, je lis souvent qu’elle est, en quelque sorte, le chaînon manquant entre Yvette Horner et les Bérurier Noir.

Quelle bêtise !

medium_yoanna_single_5titres.2.jpgLes Bérus OK ! Mais Yvette…

Toutes celles qui jouent de l’accordéon doivent être comparées a elle ?

Yoanna est jeune, moderne, jolie et aussi sensible que destroy.

Les cinq textes présents sur ce premier album autoproduit sont percutants, amusants et pleins d’entrain portés par une voix rocailleuse et intense.

La jeune femme aborde sans complaisance amour et thème social avec simplicité, sur des airs folks et une gouaille émouvante.
medium_Yoanna3_Vincent_1_.Nury.jpg

La maladie, qui ouvre l’album, est une chanson très forte dont personne ne comprend le sens exact. Tout le monde (à commencer par moi) pense qu’il s’agit d’une chanson sur une fille qui aime trop les hommes…

Euh… perdu.

-C’est en fait une chanson d’amour écrite à une femme.

Ce qui me permet de lui dire, hypocritement, que ces chansons sont poétiques (ça c’est vrai) parce que le sens des paroles ne se devine pas à la première écoute. J’hésite à lui demander si La Fleur parle bien d’un inceste.

J’ai bon.

Vous l’avez compris, les textes sont forts, mais elle fait avaler la pilule (si je puis dire) sur une musique généreuse et festive. Le mélange est, du coup, détonnant.

Je vous le dis tout net. Si on donne les moyens à cette grande artiste de se faire connaître, elle risque bien de casser la baraque.

Son producteur me confirme qu’il y a plusieurs labels sur le coup, que ce soit en distribution ou en contrat de licence. De plus, elle est entrain de finir son premier disque "officiel" (réalisé avec plus de moyens financiers et de musiciens) comprenant 13 ou 14 titres.

Bonne nouvelle donc.

Yoanna sait transmettre les émotions très facilement. D’une chanson à l’autre, on rit ou on pleure.

Sur scène, j’ai rarement vu ça.

-J’ai beaucoup d’admiration pour les one-man-show… Tous ces gens qui parviennent à faire rire allègrement toute une salle et juste après, à faire chialer, ça m’impressionne.

Je lui dis que c’est exactement ce qu’elle fait.

Elle ne sait pas quoi dire devant les compliments, elle ne dit donc rien.

J’observe cette fille en me disant que, décidément, j’ai devant moins une très forte personnalité.

En fait, je vais être clair. Je ne suis pas très à l’aise. Comme impressionné. Je ne cesse de rencontrer des artistes, tous les jours et elle, toc ! Elle me fout le trac.

Bizarre.

A-t-elle une idée de l’image qu’elle projette ?

-Je n’en n’ai aucune conscience et je ne veux surtout pas le savoir. Je me laisse aller comme je le sens. On me dit souvent que je ne fais pas comme tout le monde… moi, je veux juste faire ce que j’ai réellement envie de faire. Ce n’est pas plus compliqué !

Non, certes, mais il faut y mettre les formes, une espèce de diplomatie.

Pas sûr que la jeune Suissesse (qui vit à Grenoble) soit douée en la matière. Mais, cela n’a aucune importance.

C’est ce qui fait et fera longtemps son charme.

Une chanteuse sans concession et exigeante.

Tenez, une page de pub…

medium_Yoanna_cosmo.JPG

J’ai piqué cet article dans le Cosmo (qui vient de sortir) de ma femme.

(Penser à lui rendre.)

Maintenant, voici la photo avec l'artiste après l'entretien.

Vraiment, j'ai un peu de mal à ne plus me cacher...

medium_PICT2520.JPG

Je ne l’ai pas dit à Yoanna, car les artistes détestent les comparaisons.

Mais Piaf n’est pas loin.

Sa façon de rouler les R.

Ses débuts dans la rue et les bistrots.

Ce souci de ne rien lâcher.

Ce charisme qui saute aux yeux.
medium_yoanna_oops.jpg

Cet animal solitaire, difficile à apprivoiser (même si elle se produit parfois avec des musiciens), ira loin.

Très loin.

Je prends le pari.

Je m’engage rarement (à part sur Jérôme Attal...)

medium_Yoanna_Greg_Cl_ment.2.jpg

09 mai 2007

Jérôme Attal... l'amoureux (plus) en lambeaux!

medium_24.04.07_Attal.JPG 

Si je parle souvent de Jérôme Attal (là par exemple) c’est que je pense très sincèrement (c’est mon opinion personnelle) qu’il est un de nos plus admirables auteurs (de chansons et aujourd’hui, de romans). Un vrai artiste medium_j_E9rome_attal2.jpgmusicien qui ne fait pas de concessions. Et donc, du coup, qui n’arrive pas à s’imposer dans le fabuleux milieu de la chanson française.

Il faut dire qu’il est aussi victime d’une image tranchée : il est considéré comme le dandy lettré qui tient un journal intime sur Internet depuis 1998 (donc novateur, le premier blogueur français, finalement) et accessoirement pousse la chansonnette.

Il n’est tellement pas que ça que j’ai une putain d’envie de le défendre souvent (même si je ne suis qu’une goutte d’eau dans un océan d’oreilles bouchées).

Jérôme Attal écrit en français des textes sensibles et recherchés portés par une musique influencée par le rock anglo-saxon. (Son MySpace de musicien avec des clips et des vidéos d'interviews...)

Pas Obispo, on est d’accord.

medium_9782350120864.jpgParce qu’il sait que j’aime son œuvre, il m’a envoyé il y a quelques mois son premier livre L’amoureux en lambeaux (dont voici le MySpace).

Je n’ai pas pu le lire rapidement, étant débordé par des lectures obligatoires (chroniques et articles oblige)… Du coup, comme je ne donnais pas de nouvelles, Jérôme était persuadé que je n’osais pas lui dire que je n’aimais pas.

Erreur magistrale Jérôme !

Une fois que j’ai mis mon nez dans ce roman, je me suis laissé porter, comme d’habitude, par son style littéraire, fiévreux et beau.

Poésie et images superbes sur la condition d’un homme amoureux fou.

L’amoureux en lambeaux c’est Le livre sur l’amour absolu.

On arrive à caler un rendez-vous dans un café de son quartier chéri. medium_jeromeAttal_melancolique_sepia.jpg

Saint-Germain.

C’était le 24 avril dernier.

J’aime ces moments avec lui. Ils m’enrichissent.

Je sais parfaitement que l’ « on » va encore dire, « ce Mandor, il aime tout le monde ! ».

Plus fiable, du coup.

Rien à taper.

Jérôme, pour moi, est un génie méconnu (non… mal connu).

On parle de son concert au Réservoir (dont j’avais déjà écrit certaines choses ici).

De son Koan zen lancé à son public.

"On connait le bruit de deux mains qui applaudissent

Mais quel est le bruit d'une main qui applaudit."

medium_Attal_0.4.JPGEn concert, il a toujours ce genre de drôle d’idée.

-Si le public avait été génial, il aurait applaudi deux fois plus fort. Tu sais, je suis le premier artiste qui estime que le concert est raté, aussi, parfois à cause du public…

Il sourit en disant cela. Mais il doit le penser.

Un peu.

-Non, c’était très bien, en fait. J’ai du respect pour les gens qui viennent me voir en concert. Ceux qui lisent mon journal savent qu’ils trouveront quelque chose de différent dans chacune de mes prestations scéniques. Je ne dis jamais la même chose.

Il a débuté le concert par un texte de Michel Foucault qui parle du cadavre et du miroir. Un texte qui, comme il le précise dans son journal, « dans sa puissance, sa force, son écriture et sa diction continue d'exercer une grande influence sur moi, même si je n'en partage pas forcément la conclusion. Pour moi le corps n'est pas suffisant. Aimer, faire l'amour, ne concerne pas seulement l'ici. Mais l'ici et l'ailleurs. »

Il est comme ça Jérôme. Il faut réfléchir à ses propos.

Son roman, dont il parle ici avec une animatrice de Direct 8, est un parfait manuel à l'usage des femmes curieuses du point de vue de l'homme sur l’Amour (avec un grand A).

C'est Simon et Thomas qui s'y collent à la perfection.

Simon est « chahuté d’un flot de paroles anxieux ». Thomas, lui, s’enferme dans « une dynamique aussi méditative et sévère qu’un costume de couturier ». medium_Attal_contre_mur.jpg

Jérôme est à la fois l’un et l’autre.

-Au fond de moi, je suis très Thomas. Je suis assez dur avec les choses et avec les gens. Mais pour vivre et avoir des rapports sociables, il faut que je sois aussi un peu Simon. Thomas se prend un peu pour le Christ, sauf que le Christ, lui, il pardonne.

Thomas est un homme amoureux qui ne comprend pas pourquoi son histoire avec Lysa ne fonctionne pas. Il voudrait que le monde entier pactise avec son malheur, mais ce n’est pas le cas. Il s’est donc retiré du monde et en veut à tous ses amis.

Sans l’amour de Lysa, il trouve que le monde a « une réalité basse et épuisante, une violence sans contenue ».

-Être amoureux, bien sûr, ça t’aveugle sur l’atrocité de la vie, mais en même temps, ça te fait traverser les journées comme une flèche. Quand je suis dans cet état, je peux passer ma journée à chercher un cadeau pour une fille. J’ai l’impression d’avoir travaillé autant que si j’écrivais une chanson pour elle. J’adore ça !

medium_attal_maison.jpgMais dans la vraie vie, cela doit être pesant pour une femme d’avoir quelqu’un de si démonstratif.

Il sourit.

-Tout le monde n’a pas la carrure pour être mon égérie… ce doit être certainement difficile. En fait, je ne suis pas pour le rapport de force dans un couple. Je cite Balzac : « En amour, il y en a un qui souffre, l’autre qui s’ennuie. »

Thomas dit aussi : « Je ne connais qu’un seul travail. Celui qui consiste à aimer quelqu’un. Tout le reste, à côté, est d’une vulgarité insoutenable. »

Il va jusqu’à faire dire, par le biais d’une amie de Thomas, Caroline, la constatation suivante :

« Tu sais, quand on aime plus les gens, c’est terrible, on ne voit plus que leur égoïsme. »

-C’est bien que tu cites cette phrase. C’est celle que je préfère. C’est dur, tranchant, mais c’est peut-être vrai…

Dans ce roman, Jérôme Attal évoque aussi la littérature et la musique. medium_attal_et_sa_bande.jpg

Il affirme, par exemple, qu’on écrit, car « il y a trop de distances dans le monde, des distances à réduire, ou trop de bruit dans les parages pour chuchoter quelque chose de valable… ».

Il a une haute exigence de l’écriture.

-Dans mon journal, il faut que j’ai l’impression d’être le meilleur, que je sois persuadé que personne ne pourrait écrire un truc si fort. Souvent, quelques jours après, je suis déçu de ma prose. J’ai du mal à être content dans la durée. Tu sais, je suis mon premier juge. Je suis très malheureux quand je fais des choses que je n’aime pas ?

Dans L’amoureux en lambeaux, il y a un autre personnage important : Basile Green, un chanteur de rock. Je n’en parle pas ici, mais il est l’une des pièces maîtresses de ce livre.

Il sera aussi le héros du deuxième roman, déjà terminé, de Jérôme. En tout cas, la fiction rejoint la réalité de la vie de l’auteur. À un moment Thomas affirme que « ça ne sert à rien la musique. Il y a un moment où, sans raison profonde, ça devient de la gesticulation. Et puis ça implique trop de gens qui n’y comprennent rien ».medium_comme_elle_se_donne_.jpg

Si ce n’est pas ce que pense vraiment Jérôme…

Que son album Comme elle se donne soit resté confidentiel reste pour moi un mystère, mais que pour le prochain, il ne trouve pas de label, de producteur, bref, quelqu’un pour y croire et le porter vers d'autres sphères médiatiques, ça me dépasse complètement.

-Moi, je suis victime d’un barrage que je détermine au niveau des décideurs. Je suis sûr que si l’on m’offre des moyens, marketing notamment, je fais aussi bien que d’autres qui ont signé. Mes frustrations, je les règle en travaillant pour d’autres…

Jérôme Attal est très demandé en tant qu’auteur (voir là).

Il continue.

-Quand je vois Bénabar, avec sa chanson sur les pizzas, aux Victoires de la Musique , devenir chanson de l’année, je me dis que mon œuvre ne sera peut-être reconnue que de manière posthume.

Il plaisante à moitié, là.

medium_24.04.07_Attal_et_mandor.2.JPG

Avant de la quitter, je voudrais juste demander à Jérôme un truc qui me travaille. Je le regarde droit dans les yeux.

-Qu’est-ce que tu as voulu dire quand tu as écrit dans ton livre, lors du concert de Basile : « Les journalistes au bar, plutôt bon signe : les grands fauves se tiennent toujours près du point d’eau. » ?

medium_JeromeOK.jpgIl se marre.

-Mandor, tu n’es pas au bout de tes surprises. Mon deuxième livre s’intéresse plus particulièrement à mon métier de chanteur musicien et de mon expérience avec les labels et les journalistes. C'est beaucoup plus violent que dans ce roman.

J’ai hâte.

Message personnel pour Jérôme : tu es amoureux (tu l’étais en tout cas, il y a deux semaines). Tu es plus rayonnant et sympathique dans cet état. Je ne te connaissais que Thomatisé, j’aime bien quand tu es un peu plus Simoné.

Et tu as mon indéfectible soutien.

Celui d'une goutte d'eau...

08 mai 2007

Anniversaire de (1ère partie): Nicolas Rey...

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Nicolas Rey... (mais pas que... voir ce soir!)

medium_courir.jpgIl est né le 8 mai 1973 à Evreux.

Quel jeunot!

Je l'ai rencontré le 17 mars 2004, chez lui, pour la sortie de Courir à 30 ans.

Comme j'essaie tant bien que mal (et le plus discrètement possible) de recaser tous mes articles, je prends même ce genre d'excuse.

Un anniversaire.

Même pas honte.

 

Le voici:

medium_Rey1.JPG
J’ai picolé avec Nicolas Rey…

Ce matin, un lascar de la télé-réalité m’a posé un lapin. Je me serais bien transformé en chasseur. Pan-Pan ! Embouteillages, chercher une putain de place pour la voiture, au final PV de 35euros. Tout ça pour rien!

Et toute la journée, tracas du type : chemise blanche, café qui se renverse dessus, caca sur le sol, marcher dedans (du pied droit en plus), rendez-vous importants à confirmer, plus de batteries dans portable… (Et je continue à puer des chaussures) Je sais, pendant ce temps-là, le Terre continue à tourner de travers… Il a donc bien fallu relativiser, arriver de bonne humeur chez Nicolas Rey.

A priori, j’aime bien ce type.

Dring !!!

« Mince, je vous avais oublié ! » (Ça commence bien !) « Désolé, je suis avec un mec de Libé. On a un peu bu ». Je comptabilise les bouteilles sur la table : 4 bouteilles vides de rouge, grand cru. Un magnum est entamé. L’autre journaliste s’en va, le regard vaporeux. Rey me dit « Il est là pour la dernière page de son journal ». Et bé ! J’ai hâte de lire l’article. À propos, je suis là pour ça aussi.

medium_nicola_ray.gifNicolas Rey : Tu veux boire un coup ?

Mandor : ( Il faut parfois donner de sa personne dans ce métier) Oui, bof, pourquoi pas ? (Le mec qui assume, mais pas trop).

N.R : (En levant son verre.) Première interview avec 12 grammes d’alcool dans le ventre !

Mandor : Bon alors, c’est ton 4e roman dit « de jeunesse ». Dans « Courir à 30 ans », tu présentes à travers 5 portraits de trentenaires désabusés, les affres du temps qui passe. Un peu comme d’habitude…

N.R : Je brosse en fait le pathétique de la condition masculine de notre époque. Ça m’intéresse de parler de notre état de délabrement moral, physique et sentimental.

Mandor : La difficulté à aimer te traumatise ?

N.R : C’est un truc intemporel ça ! On commence à courir après les choses à 30 ans. Après un premier amour à jamais disparu, après un rêve de vie qu’on ne va jamais réaliser. On rate tous sa vie. Ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est de la rater le mieux possible.

Mandor : Tes personnages sont tous cyniques. Franck, par exemple, dit : « Les victimes volontaires de la vie de couple. Des héros ou des lâches selon l’heure des repas ».

N.R: C’est marrant, moi, j’ai l’impression d’être euphorique. On me parle de cynisme, de désillusion…Au fond, je dois l’être. L’image qu’on donne, c’est un peu le début de ce qu’on est.

Mandor : Tu pratiques les aphorismes avec brio, dis donc ! « L’amour, une suite de petits tacles réciproques ». Celle qui dit ça est une jeune fille mineure. Précoce la fillette !

N.R : J’ai rencontré un mec de 17 ans qui m’a affirmé : « Je vais éviter l’écueil du bébé- couple avec ma copine ». C’est marrant le mélange de naïveté et de maturité de la nouvelle génération. Ils sont encore plus désabusés que nous.

Mandor : Les femmes adorent tes romans. Elles expliquent qu’elles connaissent ainsi mieux leurs mecs.

N.R : Heureusement pour moi parce que j’écris pour plaire aux femmes.

Mandor : Et ça marche ?

N.R : Tiens, encore un verre ! Non, pas tant que ça. Je me suis fourvoyé là. Non seulement, tu es hyper mal payé et en plus, tu niques très peu. Mieux vaut présenter la météo. Le top du top, c’est réalisateur de film. Toutes les nanas rêvent de faire du cinéma. Écrivain, tu es n°62.

Mandor : Tu vas donc arrêter d’écrire? (Je commence à  être bourré là !)

N.R : Limite oui ! Les jeunes de « Star Academy », dont je suis fan, cartonnent plus que moi. Patxi, qui est petit et qui a un visage pas facile, il nique plus que moi. Holà, je vois ton œil qui frise. Tu vas mettre ça en gros titre ! « Patxi nique plus que moi ». Tu sais, j’ai été journaliste, je connais les ficelles.

medium_rey_2.JPG
(À la fin de l’interview, mon meilleur ami Nicolas Rey me propose d’aller boire une bière sur une terrasse : « Il fait beau ce soir. On regardera les filles passer ! » Y a pas. J’aime bien ce type !)