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28 mai 2007

Alix de Saint-André... à l'ombre de Malraux!

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J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour Alix de Saint-André… parce que, d’abord, je me souviens de ses années Canal. Dans une émission présentée par Jérôme Bonaldi, avec 5 autres chroniqueurs (dont Frédéric Taddéï), elle était chargée de traiter les informations délaissées par les journaux télévisées, en leur trouvant un intérêt. Comme elle l’explique dans son nouveau livre Il n’y a pas de grandes personnes (Gallimard) « Nous devions être prêts à nous mettre des nez rouges, sauter sur la table ou au besoin marcher à quatre pattes, dans le noble but d’instruire un public jeune et en délire… ».

Ce que j’étais sans doute, car j’adorais cette émission.

C’était dans les années 90.

Il m’est arrivé de rencontrer Alix de Saint-André, plus tard.

Comme là, le 30 novembre 1998 dans une émission de radio pour évoquer son livre Les archives des Anges (Nil éditions).
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Son cinquième livre sort ce mois-ci.

Et le sujet m’intéresse particulièrement puisque le fil rouge de ce roman ( ?) est André Malraux.

Son œuvre est ici.

11f988a75a4e9dcbed6dd9b64cc1d70e.jpgMoi, je n’ai lu que La condition humaine (prix Goncourt 1933) mais ce livre m’a marqué à tout jamais.

La barbarie des hommes…

Bref, je rencontre Alix de Saint-André chez Gallimard, le 16 mai dernier.

Sur mon calepin, j’ai noté 16 h…

J’arrive à 15 h 20 rue Sébastien-Bottin. Super ! Une place béante devant la maison d’édition.

Il faut que je surveille ma femme, dites donc.

Puisque j’ai 40 minutes d’avance (notez, au passage, mes capacités en calcul mental!), je décide d’aller rafraîchir mon gosier avec un liquide pétillant et frais fabriqué à base de houblon.

Du Pschiiit orange, voilà, c’est ça.

Je m’installe à une table dans le premier café rencontré. Je sors mes notes, vérifie quelques questions, en imagine d’autres, tout ceci, en buvant mon Seven Up.

-Patron ! Un autre verre de Banga, s’il vous plait !

À peine, posé, j’ingurgite une première gorgée quand mon portable sonne.

Tiens donc !

Il est 15 h 45.

-Bonjour, je suis l’attachée de presse d’Alix de Saint-André. Nous sommes un peu inquiètes, vous aviez rendez-vous à 15 h 30…

-Euh… oui, j’arrive tout de suite. J’étais coincé dans les embouteillages et là, je n’arrive pas à trouver une place.

-D’accord, mais faites vite. Clic !

Bon, je ne boirai pas un troisième verre de Tang et je serai plus vigilant avec les horaires.

Bref, j’arrive à l’accueil. Je me présente (je m’appelle Henri, j’voudrais bien réussir ma vie, être aiméééé.)

Vous savez quoi, on m’a fait patienter. Quelle perfide vengeance !

Enfin, l’attachée de presse me mène vers Alix qui m’attend sagement dans les jardins de chez Gallimard. Elle papote avec une amie (ou sa cousine, je ne me souviens plus bien). Je lui rappelle que nous nous sommes croisés pour quelques interviews et, bonne éducation oblige, elle fait semblant de s’en souvenir parfaitement.

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Je me mets sur le mode « professionnel » et lui pose des questions sur son cinquième livre dans lequel elle mélange souvenirs, réflexions et citations autour de « l’homme de sa vie »: André Malraux… Mais pas seulement.

Mandor: Après un polar noir, un essai théologique angélique, un roman sur le Panthéon et une 421858be67020e7a14a2b05141993a6c.jpghagiographie de votre nounou, vous vous lancez dans la biographie déguisée ?

Alix de Saint-André : C’est d’abord une histoire d’amour que j’ai eu avec l’œuvre de Malraux. La littérature et l’amour de la vie, c’est un peu la même chose. L’amour de Malraux a plus occupé mon existence que les quelques amours de ma vie. Je parle finalement de moi à travers l’existence de ce génie.

Mandor : Telle une midinette, vous considériez dès l’âge de 13 ans, que personne n’arrivait à la cheville de Malraux…

A.D.S.A :L’adolescence est le moment des grands coups de foudre littéraires. On découvre un monde plus fort que la vie, plus vrai que vrai. Un peu comme un alcool fort.

Mandor : Vous évoquez aussi Chateaubriand, Rousseau (que vous détestez) et bien d’autres écrivains. Mais c’est Proust qui occupe plusieurs pages de votre livre...

A.D.S.A : Aimer Proust, c’est une autre façon d’aimer la littérature. La lecture de ses romans peut irriguer la vie et expliquer autrement l’existence. Proust et Malraux sont de merveilleux décrypteurs du monde.

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Ce roman est passionnant. Ce que peut faire une femme amoureuse d’un écrivain…

La quatrième de couverture en témoigne…

« Pour l'amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole, visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d'universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d'une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d'un roman. Jusqu'au jour où elle s'est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros... »

C’est d’ailleurs Florence Malraux qui a incité Alix à écrire ce livre. Elle a bien fait. C’est vraiment un régal pour ceux et celles qui aiment la littérature et sa « petite » histoire.

22cc68ebe789959d152818d6a9cf1731.jpgEt puis, je lui avoue que j’apprécie qu’elle rende aussi hommage à la dernière compagne  d’André Malraux, Sophie de Vilmorin (nièce de Louise de Vilmorin, la poétesse et grand amour de Malraux). Les biographes oublient tout le temps Sophie. Alix de Saint-André ne comprend pas pourquoi.

Personnellement, je l’avais reçu dans une émission pour évoquer son livre Aimer encore.

En photo, là, Sophie de Vilmorin (à gauche) accompagnée de Christiane Moatti (à l’époque directrice du centre de recherche André Malraux) et mon ami Philippe Michaël de Saint-Chéron (biographe et actuel président des « Amitiés internationales André Malraux). C’était le 28 mai 1999.

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Au sujet de Aimer encore, Alix de Saint-André écrit dans Il n’y a pas de grandes personnes:

« C’était un récit d’amour pour rétablir la vérité. En ce qui concerne la littérature, elle était claire et simple : sans Sophie, jamais Malraux n’aurait pu mener son œuvre à son terme… Elle raconte sa façon de vivre et de travailler, sa désintoxication de l’alcool, ses derniers voyages, ses derniers livres et ses dernières paroles. »

Après une heure de conversation, je commence à me dire que point trop n’en faut.

Il est temps de se séparer. Et aussi de passer à la séance photos.

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Je lui explique mon blog et les traditions qui en découlent. Elle est d’accord sur tout.

-Je peux fumer ? On n'a plus le droit nulle part. Sur un blog, on peut voir quelqu’un fumer ?

-Oui, je suppose.

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Nous sommes finalement deux sacrés rebelles.

Dans les jardins, nous faisons donc les photos qui décorent à merveille cette fin de note magistrale (et absolument pas décousue)…

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On se quitte en nous promettant de nous revoir.

Pour le prochain livre, sans doute…

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Commentaires

Il y avait quelque chose, dans cette émission, vraiment. De la culture et de la futilité traitée avec intelligence. Loin finalement du "détachement 2e degré" qui commençait déjà à devenir la norme...

Écrit par : secondflore | 28 mai 2007

@secondflore: 'tain, c'est le désert aujourd'hui... heureusement que tu es là. D'ailleurs, je te conseille de revenir demain... Je dis ça, tu fais ce que tu veux.
;o)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 28 mai 2007

Allez, je te fais un autre commentaire.
On n'évitera pas l'impair.

(les grandes personnes ont parait il le droit d'être petites,
... rassurant)

Écrit par : Amélie | 28 mai 2007

@Amélie: C'est gentil Mésu... oh pardon! Elle n'est plus mais peut-être bien que c'est toi que je préfère.
Bises

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 29 mai 2007

Ah! C'est toute une époque.... je vous sens un brin nostalgique....

Écrit par : Claude | 29 mai 2007

@Claude: Je le suis souvent (nostalgique)... merci d'être passé.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 30 mai 2007

Pour info: dédicace + vente de livres d'Alix de Saint-André, le 12 juin au Fouquet's à partir de 18h30 !

Écrit par : Céline | 30 mai 2007

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