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09 mai 2007

Jérôme Attal... l'amoureux (plus) en lambeaux!

medium_24.04.07_Attal.JPG 

Si je parle souvent de Jérôme Attal (là par exemple) c’est que je pense très sincèrement (c’est mon opinion personnelle) qu’il est un de nos plus admirables auteurs (de chansons et aujourd’hui, de romans). Un vrai artiste medium_j_E9rome_attal2.jpgmusicien qui ne fait pas de concessions. Et donc, du coup, qui n’arrive pas à s’imposer dans le fabuleux milieu de la chanson française.

Il faut dire qu’il est aussi victime d’une image tranchée : il est considéré comme le dandy lettré qui tient un journal intime sur Internet depuis 1998 (donc novateur, le premier blogueur français, finalement) et accessoirement pousse la chansonnette.

Il n’est tellement pas que ça que j’ai une putain d’envie de le défendre souvent (même si je ne suis qu’une goutte d’eau dans un océan d’oreilles bouchées).

Jérôme Attal écrit en français des textes sensibles et recherchés portés par une musique influencée par le rock anglo-saxon. (Son MySpace de musicien avec des clips et des vidéos d'interviews...)

Pas Obispo, on est d’accord.

medium_9782350120864.jpgParce qu’il sait que j’aime son œuvre, il m’a envoyé il y a quelques mois son premier livre L’amoureux en lambeaux (dont voici le MySpace).

Je n’ai pas pu le lire rapidement, étant débordé par des lectures obligatoires (chroniques et articles oblige)… Du coup, comme je ne donnais pas de nouvelles, Jérôme était persuadé que je n’osais pas lui dire que je n’aimais pas.

Erreur magistrale Jérôme !

Une fois que j’ai mis mon nez dans ce roman, je me suis laissé porter, comme d’habitude, par son style littéraire, fiévreux et beau.

Poésie et images superbes sur la condition d’un homme amoureux fou.

L’amoureux en lambeaux c’est Le livre sur l’amour absolu.

On arrive à caler un rendez-vous dans un café de son quartier chéri. medium_jeromeAttal_melancolique_sepia.jpg

Saint-Germain.

C’était le 24 avril dernier.

J’aime ces moments avec lui. Ils m’enrichissent.

Je sais parfaitement que l’ « on » va encore dire, « ce Mandor, il aime tout le monde ! ».

Plus fiable, du coup.

Rien à taper.

Jérôme, pour moi, est un génie méconnu (non… mal connu).

On parle de son concert au Réservoir (dont j’avais déjà écrit certaines choses ici).

De son Koan zen lancé à son public.

"On connait le bruit de deux mains qui applaudissent

Mais quel est le bruit d'une main qui applaudit."

medium_Attal_0.4.JPGEn concert, il a toujours ce genre de drôle d’idée.

-Si le public avait été génial, il aurait applaudi deux fois plus fort. Tu sais, je suis le premier artiste qui estime que le concert est raté, aussi, parfois à cause du public…

Il sourit en disant cela. Mais il doit le penser.

Un peu.

-Non, c’était très bien, en fait. J’ai du respect pour les gens qui viennent me voir en concert. Ceux qui lisent mon journal savent qu’ils trouveront quelque chose de différent dans chacune de mes prestations scéniques. Je ne dis jamais la même chose.

Il a débuté le concert par un texte de Michel Foucault qui parle du cadavre et du miroir. Un texte qui, comme il le précise dans son journal, « dans sa puissance, sa force, son écriture et sa diction continue d'exercer une grande influence sur moi, même si je n'en partage pas forcément la conclusion. Pour moi le corps n'est pas suffisant. Aimer, faire l'amour, ne concerne pas seulement l'ici. Mais l'ici et l'ailleurs. »

Il est comme ça Jérôme. Il faut réfléchir à ses propos.

Son roman, dont il parle ici avec une animatrice de Direct 8, est un parfait manuel à l'usage des femmes curieuses du point de vue de l'homme sur l’Amour (avec un grand A).

C'est Simon et Thomas qui s'y collent à la perfection.

Simon est « chahuté d’un flot de paroles anxieux ». Thomas, lui, s’enferme dans « une dynamique aussi méditative et sévère qu’un costume de couturier ». medium_Attal_contre_mur.jpg

Jérôme est à la fois l’un et l’autre.

-Au fond de moi, je suis très Thomas. Je suis assez dur avec les choses et avec les gens. Mais pour vivre et avoir des rapports sociables, il faut que je sois aussi un peu Simon. Thomas se prend un peu pour le Christ, sauf que le Christ, lui, il pardonne.

Thomas est un homme amoureux qui ne comprend pas pourquoi son histoire avec Lysa ne fonctionne pas. Il voudrait que le monde entier pactise avec son malheur, mais ce n’est pas le cas. Il s’est donc retiré du monde et en veut à tous ses amis.

Sans l’amour de Lysa, il trouve que le monde a « une réalité basse et épuisante, une violence sans contenue ».

-Être amoureux, bien sûr, ça t’aveugle sur l’atrocité de la vie, mais en même temps, ça te fait traverser les journées comme une flèche. Quand je suis dans cet état, je peux passer ma journée à chercher un cadeau pour une fille. J’ai l’impression d’avoir travaillé autant que si j’écrivais une chanson pour elle. J’adore ça !

medium_attal_maison.jpgMais dans la vraie vie, cela doit être pesant pour une femme d’avoir quelqu’un de si démonstratif.

Il sourit.

-Tout le monde n’a pas la carrure pour être mon égérie… ce doit être certainement difficile. En fait, je ne suis pas pour le rapport de force dans un couple. Je cite Balzac : « En amour, il y en a un qui souffre, l’autre qui s’ennuie. »

Thomas dit aussi : « Je ne connais qu’un seul travail. Celui qui consiste à aimer quelqu’un. Tout le reste, à côté, est d’une vulgarité insoutenable. »

Il va jusqu’à faire dire, par le biais d’une amie de Thomas, Caroline, la constatation suivante :

« Tu sais, quand on aime plus les gens, c’est terrible, on ne voit plus que leur égoïsme. »

-C’est bien que tu cites cette phrase. C’est celle que je préfère. C’est dur, tranchant, mais c’est peut-être vrai…

Dans ce roman, Jérôme Attal évoque aussi la littérature et la musique. medium_attal_et_sa_bande.jpg

Il affirme, par exemple, qu’on écrit, car « il y a trop de distances dans le monde, des distances à réduire, ou trop de bruit dans les parages pour chuchoter quelque chose de valable… ».

Il a une haute exigence de l’écriture.

-Dans mon journal, il faut que j’ai l’impression d’être le meilleur, que je sois persuadé que personne ne pourrait écrire un truc si fort. Souvent, quelques jours après, je suis déçu de ma prose. J’ai du mal à être content dans la durée. Tu sais, je suis mon premier juge. Je suis très malheureux quand je fais des choses que je n’aime pas ?

Dans L’amoureux en lambeaux, il y a un autre personnage important : Basile Green, un chanteur de rock. Je n’en parle pas ici, mais il est l’une des pièces maîtresses de ce livre.

Il sera aussi le héros du deuxième roman, déjà terminé, de Jérôme. En tout cas, la fiction rejoint la réalité de la vie de l’auteur. À un moment Thomas affirme que « ça ne sert à rien la musique. Il y a un moment où, sans raison profonde, ça devient de la gesticulation. Et puis ça implique trop de gens qui n’y comprennent rien ».medium_comme_elle_se_donne_.jpg

Si ce n’est pas ce que pense vraiment Jérôme…

Que son album Comme elle se donne soit resté confidentiel reste pour moi un mystère, mais que pour le prochain, il ne trouve pas de label, de producteur, bref, quelqu’un pour y croire et le porter vers d'autres sphères médiatiques, ça me dépasse complètement.

-Moi, je suis victime d’un barrage que je détermine au niveau des décideurs. Je suis sûr que si l’on m’offre des moyens, marketing notamment, je fais aussi bien que d’autres qui ont signé. Mes frustrations, je les règle en travaillant pour d’autres…

Jérôme Attal est très demandé en tant qu’auteur (voir là).

Il continue.

-Quand je vois Bénabar, avec sa chanson sur les pizzas, aux Victoires de la Musique , devenir chanson de l’année, je me dis que mon œuvre ne sera peut-être reconnue que de manière posthume.

Il plaisante à moitié, là.

medium_24.04.07_Attal_et_mandor.2.JPG

Avant de la quitter, je voudrais juste demander à Jérôme un truc qui me travaille. Je le regarde droit dans les yeux.

-Qu’est-ce que tu as voulu dire quand tu as écrit dans ton livre, lors du concert de Basile : « Les journalistes au bar, plutôt bon signe : les grands fauves se tiennent toujours près du point d’eau. » ?

medium_JeromeOK.jpgIl se marre.

-Mandor, tu n’es pas au bout de tes surprises. Mon deuxième livre s’intéresse plus particulièrement à mon métier de chanteur musicien et de mon expérience avec les labels et les journalistes. C'est beaucoup plus violent que dans ce roman.

J’ai hâte.

Message personnel pour Jérôme : tu es amoureux (tu l’étais en tout cas, il y a deux semaines). Tu es plus rayonnant et sympathique dans cet état. Je ne te connaissais que Thomatisé, j’aime bien quand tu es un peu plus Simoné.

Et tu as mon indéfectible soutien.

Celui d'une goutte d'eau...

Commentaires

Oh tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas été voir du côté de chez Amazon grâce à toi Mandor : ai cliqué sur le package, tant qu'à faire ;-) ! Ca fait effectivement plusieurs fois que tu nous en parles, et le moment était venu de passer à l'action...

Écrit par : Bridget | 09 mai 2007

@Bridget: Merci de passer à l'action... j'espère que tu ne seras pas la seule.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 11 mai 2007

"Quand je suis dans cet état, je peux passer ma journée à chercher un cadeau pour une fille. J’ai l’impression d’avoir travaillé autant que si j’écrivais une chanson pour elle. J’adore ça !"
Là, c'est décidé !
Je vais m'intéresser à cet "amoureux en lambeaux"...

Écrit par : Katy | 12 mai 2007

@Katy: Cours découvrir ce livre...
Encore une qui va tomber amoureuse de ce romantique des temps modernes.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 13 mai 2007

Ai reçu mon petit colis aujourd'hui et déjà écouté le CD : je ne suis pas déçue ! Univers musical qui me parle et textes à déglinguer le coeur, belle découverte ! J'attaque son livre prochainement mais c'est déjà tout vu je pense :-)). Merci Mandor.

Écrit par : Bridget | 14 mai 2007

@Bridget: Et bien, franchement, ça me fait très plaisir que tu apprécies le personnage et son oeuvre. Très.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 15 mai 2007

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