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04 avril 2007

Alan Furst... thriller, espionnage sous la seconde guerre mondiale!

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Hier, je suis allé à la rencontre d’un auteur américain dont j’avais beaucoup entendu parler, mais qui, inexplicablement, n’avait jamais été traduit en français (enfin presque jamais.)

Alan Furst.

medium_V85_Livres_Allan_Furst_cover_.JPGSouriant et éloquent (et dans la langue de Molière, s’il vous plait !), l’homme est charismatique.

Pour l’interview, il a souhaité la présence d’un traducteur. En l’occurrence, celui qui a traduit ce roman, Le royaume des ombres, le jeune et sympathique Alexandre Boldrini.

C’est juste pour le rassurer, j’ai l’impression parce qu’Alexandre n’est là que pour préciser ce que veut dire Alan quand il a du mal à trouver un mot ou une expression en Français.

C’est curieux.

Ainsi, je me retrouve (dans sa nouvelle maison d’édition) devant ce maître du roman d’espionnage.

Si John Le Carré a écrit le roman de la guerre froide, Furst, lui, est l’auteur d’une œuvre entièrement consacrée à la tragédie des années 30.

« Je raconte l’histoire de cette période à travers le développement d’une activité nouvelle : l’espionnage. medium_furst184.jpgLa montée du fascisme et du nazisme, le triomphe du stalinisme en URSS, la faiblesse des démocraties face aux totalitarismes et l’imminence de la Seconde Guerre Mondiale. J’y mets de l’humanité en plus…»

Avant de continuer, une petite présentation du monsieur s’impose.

Ex collaborateur à Esquire puis chroniqueur pour l’International Herald Tribune, Alan Furst a écrit ses premiers romans dans les années 70…

« Des livres affreux… des romans policiers horribles. A 28 ans, Gallimard en a traduit un, mais je ne le compte pas. »

Mais depuis une visite en Russie en 1983,  effrayé par l’ambiance qui régnait là-bas, Alan Furst a trouvé sa raison d’écrire. Le devoir de mémoire pour que l’histoire ne se répète pas.

medium_alanfurst.jpgDu coup, l’auteur attache un soin extrême à la conformité du récit avec les évènements politiques et militaires survenus dans la période concernée. Les lecteurs avides de vérités historiques suivent donc, avec plus d’intérêt encore, les péripéties de ses héros.

Dans Le Royaume des ombres, Nicholas Morath, un officier de cavalerie hongrois qui vit à Paris, lutte contre la politique d’expansion hitlérienne. Sans aucun temps mort et en parcourant une Europe aux frontières mouvantes, il devra notamment sortir des griffes des services secrets allemands, lutter contre des agents russes du NKVD et échapper à des tueurs croates. C’est palpitant.

« Ce qui m’intéresse dans cette époque, c’est que personne n’était manichéen. Cette période trouble rendait les gens troubles. Ma grande question sera toujours : qui peut dire ce qu’il aurait fait dans cette période là ? Je trouve qu’il n’y a rien de plus exaltant que de voir des gens ordinaires, plongés dans des medium_livresalanfurst.jpgcirconstances extraordinaires, se débattre avec leurs propres faiblesses et réussir, peut-être, à peser sur le cours de l’Histoire. »

Je lui dis que j’aime son écriture.

Elle s’adresse à l’intelligence du lecteur plutôt qu’à ses fantasmes.

Il apprécie le compliment.

Alan Furst décrit comme personne la vie et les péripéties d’un espion…

« L’ambiguïté, le mensonge et la désinformation forment le quotidien des agents secrets. Ils reposent sur un ensemble de techniques, c'est-à-dire sur un travail, souvent obscur et fastidieux. »

Ses romans se déroulent tous dans la capitale française, je lui demande pourquoi.

medium_furst3.jpg« Ce n’est pas uniquement parce que je suis fou de cette ville et que j’y ai un appartement. Non. (Il sourit). Je considère cette ville comme le cœur de la civilisation, le symbole de la belle vie, de la sophistication, du bon vin, des intrigues amoureuses. C’était également le sentiment d’Adolf Hitler. Quand il s’est emparé de Paris, c’est le centre même de la civilisation européenne qu’il a occupé et qu’il s’est targué d’avoir mis à sa botte. Et quand Paris a perdu la bataille, des quantités de gens se sont suicidés un peu partout en Europe. Parce que, si Paris n’était plus, que restait-il ? »

Alan Furst me demande de ne pas trop évoquer le contenu, l’intrigue de son livre… il faut que le lecteur soit medium_book3.jpgsurpris.

Il le sera.

Moi, j’attends les autres livres de l’auteur, prévus dans quelques mois: Le correspondant étranger, et Le sang de la victoire.

Je vais devenir Furst addict

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Marc Lawson dans The Gardian écrit :

Furst est l’un des rares stylistes auprès desquels Chandler et Hemingway semblent verbeux. […] Parce qu’il sait que des millions de mots ont déjà été écrits sur cette période, il veille à n’utiliser que le strict nécessaire, chose peu commune dans le domaine du thriller. 

Pas mieux !

Commentaires

Hé, y'avait quoi dans les boîtes à côté des livres de Furst, un petit nécessaire à espion? Sinon, moi, je préfère ta façon de parler de lui que celle de Marc Lawson...

Écrit par : Kiki | 04 avril 2007

Eh bien après "Elle s'appelait Sarah", ce livre me parait tout indiqué pour continuer d'explorer cette période de notre histoire... Convaincue par ta présentation en tout cas !

Écrit par : Bridget | 04 avril 2007

J'achète les droits pour un film!!

Écrit par : Juju le pigiste | 04 avril 2007

@Kiki: Il y avait de la drogue dure.
Des Pépitos!
;o)
@Bridget: Tout à fait! Deux façons d'écrire une même période. Le livre de Tatiana de Rosnay joue plus sur la corde sensible... Je n'ai pas versé ma petite larme en lisant Furst mais j'ai appris beaucoup!
@Juju le pigiste: Tu as raison. Nous en parlions avec l'auteur. Il adorerait que quelqu'un lui fasse ce genre de proposition. Cela ferait un bon film.
(C'est quoi ton journal? Parce que tu dois être très riche!)

Écrit par : Mandor, président de la FAPM en pleine réflexion | 05 avril 2007

Des pépites, oh! Je suis déçue... J'pensais qu'on y trouverait du fil à découdre le rideau de fer, des dés pipés et Dédé l'embrouille, l'aiguille dans la botte de ceux qui font le foin, puis aussi l'espion qui m'aimait, ça fait un bail que je l'ai pas vu celui-là... Boucle bien, Mand'or;-)

Écrit par : Kiki | 05 avril 2007

http://www.johnlecarre.com/

http://hermes001.skyrock.com

Écrit par : Drew | 11 octobre 2008

Les commentaires sont fermés.