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29 mars 2007

Magyd Cherfi, artiste citoyen...

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L’ex-parolier des Zebda est de retour avec son deuxième album solo.

medium_cite_des_etoiles.jpgLes orages passés de La cité des Étoiles, laissent la place au soleil.

La semaine dernière (le 21 mars), lors de l’interview, le silence ponctuait souvent mes questions.

Magyd Cherfi réfléchit longuement avant de se lancer dans une réponse.

Comme dans ses chansons, cet amoureux de la langue française n’a qu’une obsession : faire jaillir de sa bouche uniquement les mots justes.

Dans Pas en vivant avec son chien, il a transformé ses mots acides en mots figuratifs.

(Quelques exemples à écouter sur son MySpace)

-En sortant de l’aventure Zebda, je me suis lancé dans l’intime parce que l’on me croyait « festif ». Il y avait erreur d’identité et j’ai voulu me réapproprier ma vraie personnalité.  Aujourd’hui, j’ai compris que j’étais autant chroniqueur que conteur mais qu’il fallait poétiser les propos. Je suis capable d’évoquer des thèmes graves comme de me moquer de Delerm et Bénabar.

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Magyd à l’art de la parabole caustique et généreuse. Chanter les racines, l’identité et la fraternité sous forme de fables modernes, c’est une façon pour cet artiste, entre Desproges et Lafontaine, de faire accepter ses idées en douceur.

 

- Je place sur des musiques colorées (tango, bossa, folk, un peu façon New-Orléans) la mélancolie qui est en moi, mais aussi mon humour noir et mes chroniques sociales. Si je suis quelqu’un de moral, je ne suis pas, pour autant, un donneur de leçons.

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Très vite, la conversation dévie sur l’actualité du moment. Il s’emporte un peu puis se calme. Magyd Cherfi me confirme que parfois, il est tenté de baisser les bras devant la bêtise des hommes.

-Tous ces combats, ces luttes que nous sommes censés mener ne nous mènent nulle part justement. On n’est pas capable de porter toutes ces batailles de l’humain, de l’égalité, de la liberté, de la fraternité. Un mec comme moi, même si je suis désabusé, j’ai le sentiment de n’avoir rien lâché.

Le message qu’il veut divulguer en ce moment est simple. C’est la cause de l’immigration et les enfants de banlieue qui l‘importent.

-Nous sommes des fils d’immigrés fiers d’être français, mais nous ne nous sentons pas de Vercingétorix ou de Napoléon. On n’a pas forcément envie de se revendiquer de deux millénaires même si on aime vivre dans ce pays.

Magyd Cherfi s’implique en tout cas dans la vie citoyenne de son pays.

Son blog (Toujours un connard pour sauver la France ) propose ses débats citoyens sur Second Life.
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Dans cet album (qui sort le 10 avril), il « boit à la source des prolos et transforme les héros anonymes en combattants de l’essentiel ».

medium_livret_de_famille.3.jpg-J’ai trouvé sur ce terrain un frère de sillon avec le dessinateur Larcenet, qui m’a bâti de son trait acerbe et impitoyable un univers de gueules du peuple et de cabots. Un univers noir et un dessin ouvrier.

Ses projets sont nombreux. Une suite à son bouquin Livret de famille,  une plongée dans le répertoire de Brassens (récemment, Magyd a entrepris quelques relectures du grand Georges à Sète) et une tournée qu’il monte de A jusqu’à Z avec de nouveaux musiciens (au Café de la Danse à Paris, les 25, 26 et 27 mai prochain).

Je ne peux que vous engager à aller le découvrir ou le redécouvrir.

Il est vraiment magique Magyd !

28 mars 2007

Stephan Eicher... chanteur organique!

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« Ne pas s’arrêter, regarder et passer » est la philosophie inaltérable de Stephan Eicher. Pourtant, les années passent et le chanteur suisse, lui, ne change pas. Il se contente d’évoluer sagement. Son nouveau disque en témoigne. Eldorado est né à la fin de sa précédente tournée marathon, Taxi Europa Tour. En ce mardi 20 mars, au Pavillon de la Reine de la Place des Vosges, Stephan Eicher m’explique qu’avec tout ce bruit et cette fureur, le calme s’imposait.

« Je ne supportais plus de chanter fort. Involontairement, j’ai enregistré mes maquettes dans des lieux qui m’empêchaient de faire du bruit. En Camargue, dès que je chantais, ma voix portait un peu trop, j’entendais sur ma bande, au loin,  un chien qui aboyait. Du coup, j’ai du placer ma voix autrement. »

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C’est donc un Eicher adouci et plus intime qui chante sur ses propres textes, mais aussi sur ceux de ses fidèles auteurs, Philippe Djian (en Français) et Martin Suter (en Bernois). Mais des petits nouveaux débarquent aussi dans sa bulle.

Raphaël et Michaël Furnon (Mickey 3D).

« J’ai une grande tendresse pour Raphaël. Il traverse une période que j’ai vécu avec Engelberg. Il avale tout ça très bien. Quant à Michaël Furnon, il m’a avoué que mes 3 premiers disques l’avaient incité à se lancer dans la musique. En toute honnêteté, j’ai besoin de me nourrir du talent des autres artistes, sinon, je risque de me manger moi-même. »

Ce n’est pas pour rien que la moitié de l’album est réalisé par Frédéric Lo (accoucheur du dernier Daniel Darc).

« Entre 40 et 50 ans, c’est une phase assez critique pour les chanteurs. Il faut se réveiller. Les Bénabar et les M sont là. Moi, à leur âge je voulais bouffer les vieux ! ».

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 Entre jazz et électro-pop modéré, Eldorado a tout pour charmer son auditoire.

« L’art est basé sur des phénomènes instables. Un équilibre demande le déséquilibre. Quand l’équilibre est trouvé, le musicien donne de la joie et du repos. »

L’ami Stephan, il lui fallait de l’organique, du grain, de la matière et du toucher pour laisser plus de places aux silences, une instrumentalisation figurative, presque une vraie musique de film qui puisse raconter ce que la voix taisait.

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Dans ce disque, on sent bien qu’il  hérité de son grand-père tzigane, le culte de l’errance…

Ne cherchons plus l’Eldorado.

Cet album est déjà une pépite.

Si, si.

(Sortie le 16 avril).

23 mars 2007

Christophe Maé... frère du roi devenu phénomène!

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Bon, en ce moment, il y a une baisse de régime au niveau des commentaires. Je le comprends très bien. Que dire sur telle ou telle personnalité à part, je suis fan, j’aime bien, je n’aime pas, je déteste, j’exècre, je lui crache dessus… ?

…etc.

Pas grand chose à commenter.

Aussi, aujourd’hui, je vais employer les grands moyens pour attirer de jeunes internautes.

J’ai remarqué que dès que j’évoque une Zazie, un Calogero, un Emmanuel Moire, un M Pokora, un Thierry Amiel ou encore une Chimène Badi (liste non exhaustive), je me retrouve avec tout plein de nouveaux lecteurs qui viennent des forums des artistes sus cités. Ils ne laissent pas forcément de commentaires, mais m’envoient des mails à tire-larigot.

A tous, un grand bonjour!
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Mon préambule me paraissait important parce que certains de mes lecteurs quotidiens trouvent moyen moyen que je fasse la part belle à ce genre d’artiste. Ils préfèrent les chanteurs de la nouvelle scène française et les auteurs obscurs et désenchantés (ah bon ? N’importe quoi, moi !).

Bref, aujourd’hui, je vais vous parler d’un chanteur qui est depuis hier

1er du Top Fnac

1er du Top  Carrefour 

2ème du Top Virgin

2ème du Top  Auchan 

Ok ! Vous êtes calmés ?

D’abord, c’est son attachée de presse qui m’a envoyé un mail pour me le dire.

Mon Mandorisé du jour est donc Christophe Maé.

Qui ça ?

Ne faites pas semblant de ne pas savoir que c’est lui qui jouait dans la comédie musicale Le Roi Soleil. medium_mae_roi_soleil.2.jpg

Le frère du Roi. Un frère gay et excentrique.

Il s’est bien fait remarquer dans ce rôle là. Il était, c’est peu de le dire, le chouchou du public.

Figurez-vous que son premier album solo Mon Paradis est sorti le 19 mars (autant dire, il y a 4 jours).

Son MySpace est là.

Je suis allé le rencontrer dans sa maison de disque Warner le 26 février dernier. J’avoue que, bon, ce genre de musique n’est pas précisément ce que j’écoute spontanément chez moi, mais, depuis que je fais ce métier, j’ai toujours du m’adapter. Et le garçon me paraissait sympathique.

J’arrive un peu en avance pour discuter avec sa jolie attachée de presse (quoi ?) et elle me propose de regarder le clip de son premier single On s’attache. « Il est tout frais » qu’elle me dit,medium_V84_Musique_Christophe_Mae_cover_.JPG la demoiselle. « On vient de le recevoir à l’instant ! Christophe ne l’a pas encore vu terminé ! ».

 

Quelle exclue Lulu ! pense-je.

 

Nous le regardons quand l’artiste lui-même déboule dans le bureau. On se présente mutuellement et il demande à ce qu’on le rembobine (le clip) pour qu’il puisse le voir à son tour. Il est comme un gamin en voyant le résultat. Content quoi !

Il me raconte qu’il a tourné ce petit film musical (je dis « ce petit film musical" pour ne pas répéter le mot clip que j’ai déjà utilisé 2 fois. Z’avez vu ? Je fais des efforts, hein ?) au Brésil près de Rio, à côté des favelas. « Sans maquillage. Comme ça. Brut de pomme. Je voulais que l’ambiance soit naturelle. »

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Nous nous installons dans un studio d’enregistrement du sous-sol. Inévitablement, nous parlons de la comédie musicale dans laquelle il s’est fait repérer.

-J’ai eu la chance de jouer dans ce cadeau empoisonné. Au début, je pensais que j’allais être uniquement le bouffon du Roi pour aérer les scènes lourdes. Mais j’ai réussi à retourner ce rôle-là en ma faveur parce que je l’ai joué à 200%. J’assume cette expérience et je la revendique. Tu sais, j’ai quand même eu mon mot à dire sur le choix des chansons que je devais chanter. Dove Attia (le producteur du spectacle) m’a permis d’avoir mon mot à dire.

Il m’avouera aussi qu’il a accepté de faire Le Roi Soleil pour accélérer sa carrière qui végétait.

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Je résume grossièrement son parcours.

A 16 ans, il apprend la guitare et l’harmonica. A 18 ans, il assure environ 200 concerts par an, dans un style reggae, soul et blues. Il fait même des premières parties de concerts comme Cher et Seal. Puis vient Le Roi Soleil et aujourd’hui son disque personnel.

-Dans mes chansons qui sont très intimes, je me dévoile beaucoup. Je rends hommage à ma mère, mon père, Bob Marley, mon père spirituel, je parle des rapports passionnels et amoureux, il y a même une chanson humanitaire sur la planète… Je cherche à me retrouver et à retrouver mes racines.

medium_mae_1.jpgC’est normal. Un premier album est souvent une carte de visite.

-Je l’ai moi-même en grande partie écrit et composé tout en collaborant avec Lionel Florence et Bruno Dandrimont, mon ami de toujours, à la composition. C’est Volodia qui a réalisé le disque. C’est un maître.

Musicalement, c’est quand même très dépouillé. Trop peut-être, non ?

-Tu trouves ? Non, j’ai fait un album très simple. Basse, batterie, guitare folk, pas d’instruments qui sortent d’ordinateurs. C’est très acoustique, comme le travail de ceux que j’admire. Tracy Chapman, Ben Harper, Bob Marley. Il n’y a même pas de guitares électriques. Je voulais que ce soit très pur, roots, sans concession. Ce n’est pas formaté alors, ça passera ou ça cassera.

C’est passé ! L’album cartonne et ses dates parisiennes sont complètes. Ces deux dates à l’Élysée Montmartre (les 26 avril et le 22 mai) sont complètes, à la Cigale (le 6 juin) aussi. Sa production lui a calé une date au Zénith de Paris le 7 novembre pour contenter tout le monde.

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Christophe Maé devient en deux temps trois mouvements, un véritable phénomène.

Il a d’ailleurs été élu « Révélation francophone 2007 » aux NRJ Music Awards.

Je sais, ce n’est pas une référence.

Mais, bon…j’irais le voir le 26 avril.

Par curiosité.

Et pour tout dire, si je ne suis pas attiré par ce genre de chansons là, j’avoue que je trouve sa voix assez bluffante.

22 mars 2007

Abha Dawesar au Salon du Livre 2007!

medium_affiche_salon.jpgJe n’en peux plus de joie.

Le Salon du Livre 2007 ouvre ses portes aujourd’hui.

Chaque année, depuis 5 ans, j’y passe mes week-ends. J’aime baguenauder, m’arrêter sur un stand, discuter avec un auteur, observer, lire, fureter, acheter…

Même la foule, dans ce contexte, ne me dérange pas.

Toutes ces familles ou ces âmes solitaires qui errent dans les travées à la recherche d’on ne sait quoi…

Donc, pour fêter le Salon du Livre, ma note du jour est consacrée à une auteur(e) qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment (voir là par exemple), puisqu’elle est l’une des invitées officielles de ce salon, la nouvelle égérie indienne Abha Dawesar.

medium_ABHA_20DAWESAR.jpgElle est considérée comme le chef de file du renouveau littéraire en Inde. Au début de cette année, le new’s magazine India Time l’a retenu dans sa sélection des jeunes talents indiens, rare femme et seule écrivain.

Ce sont mes amis des éditions Héloïse d’Ormesson qui l’éditent et c’est tant mieux, car, du coup, ils m’ont organisé une rencontre aux petits oignons.

Rendez-vous avec Abha (qui parle couramment le français, ouf !) le jeudi 1er mars dans l’appartement réservé medium_dawesar_main2.jpgaux auteurs maison.

Tatiana de Rosnay m’avait largement incité à la lire puis à la rencontrer et comme je n’ai aucune personnalité, je me suis penché sur son cas.

Je ne le regrette pas.

Babyji, traduit déjà en 5 langues, est sorti le 15 mars dernier en France, mais il a été couronné par deux prix littéraires :L’American Library Association’s Stonewall Award en 2006 et le Lambda Literary Award en 2005.

-Bon d’accord Mandor, tu l’as bien vendu ce « Babyji », mais de quoi ça parle ?Parce que c’est bien joli de copier le dossier de presse, mais cela ne suffit pas à nous convaincre…

Mince ! Mais qui me parle ?

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Le sujet, en bref :

Dans les années 90, sous fond d’Inde déchirée par la violence des castes, une « lolita » rebelle n’offre son corps qu’aux femmes et casse tous les codes d’une société cloisonnée.

Un roman est à la fois subversif et érotique.

Je demande, avec un œil malicieux, comment ses écrits ont été accueillis dans son pays qui me semble être puritain.

 

-Ce livre est devenu culte. En Inde, chacun sait que la vie sexuelle existe mais personne n’en parle. Avec ce livre, les non-dits se sont envolés et les lecteurs ont apprécié qu’un auteur brise ce tabou hypocrite.

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Babyji est homosexuelle, idéaliste et moralisatrice. Elle découvre les joies de l’amour et du sexe avec 3 femmes différentes : une divorcée, créatrice en freelance (Linde), une servante magnifique (Rani), elle aussi plus âgée et une camarade de classe (Sheela).

Babyji est une jeune fille flattée si on la désire en la réduisant toute entière à son corps. « C’est mieux que d’être désirée pour mon intelligence ».medium_Abha_20Dawesar_20_20001.2.jpg

Ressemble-t-elle à l’auteur ? Sa réponse est vague et on la comprend :

-Sur certains points, mais pas complètement. Comme elle, je me suis toujours battue pour ne pas devenir une femme « qui coupe des légumes en rondelles dans la cuisine », je suis très indépendante et je sais ce que je veux.

Il faut dire qu’Abha Dawesar s’est donné les moyens d’être indépendante et de réussir… elle est diplômée de philosophie à Harvard et a travaillé dans la finance. Aujourd’hui, elle se consacre à plein temps à l’écriture. Elle a raison.

Babyji est un grand livre.

medium_babyji.jpgSur l’amour charnel évidemment, mais aussi sur la peur de grandir. Plus précisément sur la peur de découvrir que « grandir soit une  illusion, l’âge adulte un mythe, et les hommes, des petits garçons… »

Bien sûr l’Inde est décrite, mais elle est débarrassée des clichés habituels. Elle évoque les traditions, le folklore, les évènements politiques qui troublent le pays, certes, mais ce n’est pas la jolie carte postale que l’on pourrait attendre. Tant mieux.

Ce roman est une vision de l’amour très forte et originale. « L’amour ne peut exister que dans la perfection et la perfection n’existe pas », affirme Babyji.

-Elle n’est pas dupe. Babyji vit des relations sexuelles avec trois femmes aux styles et aux vies opposés, mais elle sait que ce ne sont pas les femmes de sa vie. Elle veut juste vivre des expériences pour se sentir grandir et prendre son envol.

Je ne vais pas faire un pataquès sur cet ouvrage parce que plutôt que lire une critique, mieux vaut lire un livre. J’ai toujours peur d’en dire trop (ou pas assez).

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Donc je m’arrête là.

Abha Dawesar est une personne charmante.

Nous avons aussi parlé de nos blogs respectifs.

Elle en a deux.

Un en anglais, un en français. (D’ailleurs, je lui avais demandé de le faire vivre un peu plus. J’ai été flatté qu’elle relate la chose.)

Retrouvez Abha Dawesar au Salon du Livre.

Son programme là-bas ?

Je ne sais pas mais, tenez, je vais me renseigner dans la journée…

Edit:

Voici le programme: (merci à toi Yansor!)

programme Abha salon du Livre :
Mars 23 2007 1:00P
Abha Dawesar au Studio SNCF animé par Isabelle Rabineau @ Lecteur Studio SNCF, Salon du Livre
Mars 23 2007 3:00P
Abha Dawesar "Entre les lignes" animé par Catherine Fruchon-Toussaint @ RFI en direct du salon du livre
Mars 23 2007 4:00P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand RTL/Lire

Mars 24 2007 11:00A
Les Nouvelles Voix de l'Inde @ Stand RTL/Lire
Mar 24 2007 2:00P
Terrasse politique/ Le thé des écrivains @ Terrasse politique au Salon
Mars 24 2007 3:30P
Table ronde CNL @ Salon du Livre
Mars 24 2007 4:30P
BABYJI Signature au Salon du Livre @ Stand Editis/Interforum
Mars 25 2007 10:00A
Femmes du monde @ Espace Vision du Monde

21 mars 2007

Gérard Delteil... et les coulisses du pouvoir!

 

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Ce n’est pas la première fois que je rencontre Gérard Delteil.

Plus jeune, j’ai eu ma période "auteurs gauchistes soixante-huitards".medium_delteil_photo.2.jpg

Je dévorais les Daeninckx, Jonquet, Bastid, Quaddrupani, Pouy et autres Delteil. Je faisais en sorte de les interviewer dans les médias où j’évoluais afin de comprendre qui se cachaient derrière ses écrivains de « néo polars ». Je ne sais toujours pas pourquoi aujourd’hui, mais ils me fascinaient.

Un jour, ils se sont tirés sur la gueule. (Les explications là…)

Ça m’a un peu dégoûté toutes ses histoires.

Je suis passé à autre chose, mais, de temps à autre, pour les besoins de mon travail, je ne rechigne pas à me replonger dans cet univers.

Bien au contraire.

C’est le cas avec Gérard Delteil. Il sort un livre sur les relations ambiguës pouvoir-média-justice à travers les déboires conjugaux d’un ministre de l’intérieur, candidat à l’élection présidentielle, qui ressemble diablement à notre Sarko national (cette phrase est excellente pour mes stats !)

La politique spectacle en prend pour son grade.

Un roman de circonstance qui nous éclaire sur bien des points.

(Ici, Libé.fr a critiqué le livre de manière fort pertinente).

medium_le_femme.jpgLa femme du ministre est le 35e roman de cet auteur aux nombreux prix policier.

Notamment:

Prix du Quai des Orfèvres 1993 pour Pièces détachées et Grand Prix de littérature policière 1996 pour N’oubliez pas l’artiste.

Avant-hier, dans son appartement du 19e arrondissement (11e étage), il me reçoit chaleureusement devant un bon café et un sourire franc (quoiqu’un peu carnassier). Très vite, il m’explique que, dans cet ouvrage, tout ce qu’il raconte sur le fonctionnement de l’appareil d’état est rigoureusement exact.

-Mon métier de journaliste me permet d’enquêter et d’être le plus proche possible de la réalité sociale que je décris. J’apprends d’ailleurs beaucoup de choses. Parfois, des trucs dingues. Par exemple, savez-vous qu’il y a deux sortes de RG ? Ceux de la préfecture de police et ceux de la place Beauvau. Mon livre est truffé d’informations peu connues, mais essentielles. Quand je lis mes confrères, j’ai besoin d’apprendre des choses réelles. Si c’est bourré d’erreurs, je n’insiste pas.

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Gérard Delteil se revendique d’extrême gauche, sympathisant de la LCR et de Lutte Ouvrière. Même s’il n’est pas encarté, je l’interroge sur la tentation d’aller, dans ses romans, dans le sens de ses idées politiques bien affirmées.

-Mes romans ne sont jamais des tracts politiques. Même si l’objectivité totale est difficile, je me contente d’écrire des histoires à suspense, dans l’air du temps, tout en apportant une connaissance supplémentaire aux lecteurs. Je dis ce que je ressens en m’inspirant librement de faits existants.

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Peut-être fera-t-il un jour un livre sur les mésaventures de son collègue de plumes, Cesare Battisti. Gérard Delteil fait parti de son comité de soutien et il a toujours défendu comme il a pu l’auteur italien. Détail troublant, Battisti a écrit pour medium_noir_de_tole.jpgDelteil une nouvelle dans un ouvrage sur les prisons : Noir de taule.

Je lui demande ce qu’il pense de l’arrestation de Battisti au Brésil, la veille.

-C’est un copain depuis longtemps. Ma problématique n’est pas de savoir s’il a tué ces gens, mais c’est la trahison de l’état français qui s’était engagé à lui venir en aide. La parole donnée est reprise. C’est écoeurant. Avec ceux qui le soutiennent, nous allons réagir avec nos faibles moyens. On ne sait pas encore comment, mais les possibilités sont minces. En plus, il y a un revirement des médias. Aujourd’hui, il est présenté comme un terroriste en cavale. Il y a quelques mois, les propos étaient plus nuancés.

Nous passons un long moment à parler de l’évolution du polar français. Il n’est pas tendre sur la question.

-Faire du noir sordide, de pales imitations de romans américains sur les sérial killers ne m’intéresse pas. Je ne parle pas pour tous, mais certains auteurs de la nouvelle génération ne font que ça. Pour ceux là, la seule chose qui les distingue, c’est la manière de traquer le tueur.

Après cette conversation, je lui demande de nous rendre dans son bureau pour faire quelques photos. Il accepte.

-Ne faites pas attention ! Il y a un sacré bordel !

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Effectivement, mais c’est un bordel que j’aime.

Des livres et des dossiers entassés partout.

-Pendant longtemps, je me suis targué d’avoir lu tous les romans de mes confrères de l’époque. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, il y en a trop.

Ils ne sont pas tous bons d’ailleurs.

La femme du ministre est un roman policier passionnant et réaliste.

Du travail d’orfèvre.

Normal. Delteil est un bon artisan et ça, je le sais depuis longtemps.

20 mars 2007

Shirley sans Dino...

 

medium_shirley_tete.jpg
-Ca t’intéresse, coco, de rencontrer Shirley et Dino ?

Je réponds à mon rédac-chef que ce duo n’est pas ma tasse de thé. Ils sont sympathiques, mais je suis allergique à leur humour. Pas moyen de sourire en regardant leurs prestations. Ils sont à la limite de m’insupporter.

Mais au fond, toutes les rencontres m’intéressent, alors j’accepte.

medium_Shirley_20_20Dino.jpgRendez-vous est pris la semaine dernière chez Maxim’s (mazette !) avec les rois du rire du moment, Corinne et Gilles Bénizio, alias Shirley et Dino. Donc.

Un duo révélé au grand public par de nombreux passages dans "le plus grand cabaret du monde" de Patrick Sébastien (pas Mandorisé exprès là!).

Première déception, Corinne est seule. « On se partage la promo, ça n’arrête pas en ce moment ! ».

En fait, elle m’avouera plus tard que son mari est plus introverti qu’elle. « Je n’aime pas beaucoup les interviews non plus. Je rechigne toujours, mais quand j’y suis, je suis contente ». Je me dis que tout ça commence bien.

Mais allons-y pour le portrait demandé.
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Popularisée depuis seulement cinq ans, voilà déjà bien longtemps que Shirley et Dino présentent divers spectacles tous plus ambitieux les uns que les autres, notamment avec la troupe Achille Tonic. « Grâce à Patrick, nous sommes connus nationalement, mais pendant 20 ans, on a appris notre métier. Aujourd’hui, on est capable de faire ce qu’on fait sur scène : improviser, parler aux gens, rire même parfois avec eux. On a appris à donner et aussi à recevoir.» medium_shir52.jpg

C'est sur les bancs de la fac de Censier à Paris que Corinne et Gilles se sont rencontrés. Non seulement, cette école de théâtre permettra à Gilles de le libérer d'un boulot dans les télécommunications, mais elle lui donnera aussi l'occasion d'enlever la belle Corinne de son domicile parental. Ils se marièrent en 1985 et eurent beaucoup de spectacles.

Très vite, ils rejoignent Ariane Mnouchkine au cours d'un stage qui les marquera et qui sera à la base du duo. « C’est elle qui nous a conseillé de nous remettre en question tous les soirs, faire comme si c’était le premier jour ». De salles de spectacles à bistrots du coin, ils connaissent le succès d'un jour et surtout une galère qui les contraint à travailler dans des chantiers de peinture pour lui et dans un hôtel pour elle. Mais ils ont foi dans leur duo et finissent par grappiller un à un les échelons du succès. « Nous on est vraiment parti de zéro. On ne connaissait personne et venions d’un milieu modeste. Lors de notre première tournée dans les campings et dans les bars, on était les plus heureux du monde».

Corinne veut absolument me convaincre qu’ils se moquent de la célébrité. « Pour moi, ça ne veut rien dire. On est dans un monde aujourd’hui ou on aime ce qui brille. La Jet Set est partout. Ça ne veut rien dire ! Humainement, ça ne remplit personne tout ça ! La seule fois où l’on a accepté c’était à la Première d’Alain Delon à Marigny. Nous y sommes allés pour le remercier de nous prêter la salle ses jours de relâche. Résultat on se retrouve dans les pages « people » de Paris Match ! Tout ce qu’on déteste. Il y a des gens pour qui c’est faire l’artiste qui est important, pour nous, c’est de l’être sur scène, concrètement. On aime le vrai bonheur, les enfants, la famille, les amis avec qui on aime rigoler… Le reste, je vous vous dire (elle me touche la main et me regarde droit dans les yeux), ça fait pas bander ! »

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Sur scène, Corinne est écuyère, ventriloque, musicienne, danseuse, magicienne, chanteuse, devant moi, une femme normale. Évidemment, mais Shirley lui colle tellement à la peau : « On va abandonner un jour ces costumes encombrants. On va refaire des spectacles ou nous serons d’autres personnages. On l’a déjà medium_Cabaret-paradis.jpgfait avant ».  Ses exemples d’artistes sont bien sûr ceux du music-hall, ceux qui endossaient des personnages : « Si je vous parle de Mac Roney, Gérard Séty ou Serge Davy, ça ne vous parlera pas, bien sûr ! »  Quand j’évoque le cinéma, elle s’exalte. « Je suis fan du cinéma noir américain des années 30, et encore plus du cinéma italien des années 60».  Je pose deux trois questions sur leur film sorti l’année dernière : Cabaret Paradis. Échec cuisant. Shirley explique qu’ils ont certainement fait des erreurs mais ne s’étale pas sur la question.

 

On parlerait bien des heures mais le temps est compté. 30 minutes pile poil. « Je suis désolé, je dois rejoindre Dino. Euh ! Gilles. »

On frise la schizophrénie… Au revoir Shirley. Euh ! Corinne.

P.S : Ce soir mon copain Laurent Madiot est au Café de la Danse. Venez nombreux !!!

Nous boirons un coup à la santé du chanteur !

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Il y a quelques jours, j’ai organisé un jeu-concours pour gagner des places et des disques.

Voici ceux qui ont joué le jeu (c'est-à-dire écrire une note après avoir reçu et écouté le disque).

Merci à :

Ferdie

Christine

Bridget

Et Benoît

(Il en manque une. Hum hum !)

10 mars 2007

Nuit Noah.

Ce Tout petit déjà, n’est pas si lointain.

19.12.97, il y a marqué dans mes archives.

Presque 10 ans, quand même...

Pas envie de raconter le contexte.

Pas envie d’expliquer cette interview devant un feu de camp.

Pourquoi nous sortions d’un cirque tzigane ?

Beau moment si rien n’est dit.

Le pourquoi du comment, parfois...
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J’aime l’homme qu’il est.

L’artiste m’indiffère.

Je n’aime pas ces chansons.

Mais ce qu’il fait…

Pour Les enfants de la Terre.

J’applaudis.
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Une conversation sous les étoiles de Clichy.

Les étincelles qui crépitent autour de nous.

Personne, juste lui et moi.

Un Yannick détendu et heureux.

De rendre les autres heureux.

Et moi, un peu ému de voir un homme ému.

Lui larmes.

Moi larmes.

J’suis une éponge.

Comme toujours.

Un soir émotion.

08 mars 2007

Mylène Demongeot... Hommage de la France!

 

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Hier, la comédienne Mylène Demongeot a été élevée au rang de commandeur dans l'Ordre des Arts et Lettres par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres au cours d'un cérémonie tenue au ministère.

"Si votre nom tient une place si particulière dans le coeur de tous les amoureux du cinéma, c'est parce que par votre charme, votre regard, vous incarnez une manière d'être, de jouer et de séduire, telle une vamp blonde et lumineuse (...) typiquement française, que vous avez su faire rayonner dans la monde entier", a déclaré le ministre à Mylène Demongeot.

Tu m’étonnes, comment cette blonde platine a illuminé ma vie. J’en étais fou dans Fantomas d'André Hunebelle. Elle était la petite amie du journaliste Fandor (je le répète, rien à voir avec moi !).

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Elle n’est pas étrangère à mes premiers émois amoureux.

medium_sbdemong.jpgBref, je m’égare.

Renaud Donnedieu de Vabres a retracé le parcours de comédienne, qui fut en son temps rivale de Brigitte Bardot.

Mylène Demongeot a notamment tourné dans les Sorcières de Salem d'Arthur Miller, dans la très populaire série des Fantômas (ah! Qu’est ce que je vous disais !), mais aussi dans Explosion ou Signé Furax au côté de son mari disparu, le réalisateur Marc Simenon.

Récemment, on l'a vue dans Camping de Fabien Onteniente36 Quai des Orfèvres du sieur Olivier Marchal, ou La Californie de Jacques Fieschi, ces deux derniers films lui valant une nomination aux César.

Voilà une photo de Camping ! Elle y jouait le rôle de la femme de Claude Brasseur…

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Je suis absolument content de son retour sur le grand écran après des années d’absence et de galères.

"Artiste complète, figure impressionnante du cinéma français, vous êtes aussi une femme d'engagement, d'esprit et de coeur", a conclu le ministre avant l'accolade.

Le ministre a oublié de dire qu’elle jouait aussi les blondes ingénues dans la série des OSS 117 des années 70… Là non plus, je n’ai pas oublié.

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"Je n'ai fait que mon métier depuis un demi-siècle, et le travail m'a gardé jeune", a répondu la comédienne âgée de 71 ans, dans sa verve habituelle. medium_agr-demongeotsamlevin500-l3m.jpg

"Je n'ai pas encore accompli la moitié de ce que j'avais prévu d'accomplir: je veux aller plus haut, plus loin, plus fort et continuer à m'engager pour l'écologie et contre la souffrance animale", a-t-elle conclu, confiant à l'AP qu'elle venait de terminer "Sous les toits de Paris" du cinéaste kurde Hiner Saleem.

 

Perso, j’ai eu la chance de la recevoir dans une émission que j’animais sur une web TV dont j’étais le rédac chef : cinema-tv.com…

Le 14 septembre 2001, je l’avais invité pour qu’elle me parle de son livre de souvenirs, Tiroirs secrets.

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Après l’émission, je l’ai raccompagné chez elle dans ma bagnole toute pourrie (à l’époque, hein, parce medium_vph-demongeot-bio.jpgque maintenant, j’ai quand même une Fiat Panda bleu électrique !).

Des images remontaient à la surface de mon moi intérieur (notez là, cette phrase !) pendant qu’elle me parlait de tout et de rien.

Mais parler de tout et de rien avec une star du cinéma français, je suis toujours preneur.

En cette journée de la Femme , je voulais célébrer Mylène.

Elle que la France décide de distinguer enfin.

Il était temps !

P.S : Franchement, vous comprenez pourquoi elle me troublait cette femme ? Faut dire... j'étais sensible.

J'étais?

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07 mars 2007

Martin Monestier... écrivain de l'étrange!

 

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Je ne sais pas vous, mais moi j’adore l’émission de Paris Première, Ca balance pas mal à Paris.

Pour ses chroniqueurs principalement.

Et les trois que je prends un malin (voire malsain) plaisir à voir tirer à bout portant sur presque tout ce qui bouge, sont Philippe Tesson, Eric Naulleau et celui qui tient quasi systématiquement le rôle du "très méchant", Martin Monestier.

C’est dans son appartement (cossu, mais loué) que je suis allé, peu rassuré, le mardi 20 février dernier, à l’occasion de la sortie de son livre Les monstres (paru aux Editions Cherche Midi).

medium_V83_Livres_Martin_Monestier_cover_.jpg30 ans après sa première version, le grand prêtre des faits divers, l’encyclopédiste du bizarre, propose une édition revue et largement augmentée de cette étonnante galerie « d’hommes différents ».

Il y a, dans cet ouvrage, des pages comiques, terribles, repoussantes ou séduisantes, alternance de contemplation pénible ou admirative.

-L’individu, en général, ne supporte pas une atteinte à l’intégrité de son corps et chacun a sa limite de l’inacceptable. C’est pour cette raison que ce livre dérange et fascine à la fois.

Martin Monestier explore toujours des univers décalés, surréalistes parfois, sans jamais verser dans l’écueil de la vulgarité.

-Mes livres sont des enquêtes longues, avec un style alerte, une information toutes les deux lignes, des intertitres qui aident à la lecture… Je suis mon propre archiviste-concepteur-metteur en page. Je fais tout de A à Z.

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Je lui demande pourquoi il s’est spécialisé dans les thèmes si peu ragoûtants comme le crachat, les excréments ou les monstres…

-Je cherchais moi-même depuis l’âge de 25 ans des documents qui parlaient de ses thèmes parce qu’ils font aussi partie de la vie quotidienne et qu’ils m’intéressaient vraiment. J’ai une nature qui tend vers l’exhaustivité, donc j’ai eu le besoin intense de posséder la totalité des informations. Les sujets dont je parle ne sont pas excentrés, ils sont juste ignorés. Mes choix d’enquêtes doivent répondre à 3 critères fondamentaux. Être pris depuis les origines, dans toutes les civilisations et sur tous les continents, avoir une actualité aujourd’hui et un devenir demain.

Etait-il impératif de compléter cette « histoire encyclopédique des phénomènes humains » ?

-Une fois qu’un sujet est publié, je ne renonce jamais à eux et je continue à engranger les informations dessus. Concernant les monstres, en 30 ans, j’ai reçu et recueilli beaucoup d’autres documents inédits et mon écriture a évolué. L’idée de me replonger dans cet univers vient peut-être d’un désir d’exorciser des psychoses, des déséquilibres, des réflexions confuses sur la vie, la mort, l’amour.

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Dans chacun de ses livres, il y a l’embryon d’un autre. Quel est donc le lien entre ses 40 ouvrages?

-Même s’il faut relativiser c’est quand même la mort et la conviction que l’humanité est mauvaise.

Sympa la vision de la vie!

Pas positive, mais réaliste.

Nous parlons de sa franchise et de sa dureté à Ca balance pas mal à Paris.

-Je ne peux admettre qu’une idée ou qu’un point de vue ne puisse avoir qu’une face. Ca me choque, alors, je regarde derrière les cartes… ça devient une seconde nature. Dans Ca balance pas mal à Paris, je me suis fait en 4 ans et demi beaucoup plus d’ennemis rédhibitoires que pendant 40 ans de vie professionnelle et journalistique. Certains de l’équipe me haïssent,  par exemple. A commencer par Pierre Lescure et aussi Elisabeth Quin. Je me demande si je vais rester encore longtemps…

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Je lui fais remarquer qu’il y  a une différence ENORME entre le brave homme, accueillant, sympathique, courtois et prévenant que j’ai devant moi et l’image que j’en avais en le regardant à la télé.

 

-C’est tout mon problème et en plus, je ne m’en fous même pas. Vous savez, en vrai, je suis un sentimental. Je suis catastrophé quand les gens me détestent. Parce que moi, ce n’est pas que l’on ne m’aime pas, on me déteste. C’est pire. Je provoque les extrêmes. Pas de tiédeur dans mes relations…

Nous faisons quelques photos (beaucoup en fait) de lui à son bureau (bordélique).

Martin Monestier obéit stoïquement à tout ce que je lui demande (mais, je reste raisonnable, vous me connaissez).

Ca ne l’énerve même pas.

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Ensuite, il me propose d’aller boire un coup ensemble dans le bar d’en bas.

J’accepte avec plaisir.

La conversation devient plus intime et serait hors sujet ici.

Monestier raconte facilement des pans de sa vie privée.

J’en suis étonné.

J’ai découvert un grand écorché vif.

Mais ce nounours-là, on peut le caresser.

Il ne mord pas si on le respecte.

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Il me pose beaucoup de questions sur moi, d’où je viens, mon parcours…etc.

Très curieux et ouvert.

Remarquez, il faut l’être pour écrire ce qu’il écrit.

En partant, je me dis que, décidément, ce métier m’apprend à me méfier des apparences.

On se trompe toujours sur ce que sont réellement les gens.

Toujours.