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21 mars 2007

Gérard Delteil... et les coulisses du pouvoir!

 

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Ce n’est pas la première fois que je rencontre Gérard Delteil.

Plus jeune, j’ai eu ma période "auteurs gauchistes soixante-huitards".medium_delteil_photo.2.jpg

Je dévorais les Daeninckx, Jonquet, Bastid, Quaddrupani, Pouy et autres Delteil. Je faisais en sorte de les interviewer dans les médias où j’évoluais afin de comprendre qui se cachaient derrière ses écrivains de « néo polars ». Je ne sais toujours pas pourquoi aujourd’hui, mais ils me fascinaient.

Un jour, ils se sont tirés sur la gueule. (Les explications là…)

Ça m’a un peu dégoûté toutes ses histoires.

Je suis passé à autre chose, mais, de temps à autre, pour les besoins de mon travail, je ne rechigne pas à me replonger dans cet univers.

Bien au contraire.

C’est le cas avec Gérard Delteil. Il sort un livre sur les relations ambiguës pouvoir-média-justice à travers les déboires conjugaux d’un ministre de l’intérieur, candidat à l’élection présidentielle, qui ressemble diablement à notre Sarko national (cette phrase est excellente pour mes stats !)

La politique spectacle en prend pour son grade.

Un roman de circonstance qui nous éclaire sur bien des points.

(Ici, Libé.fr a critiqué le livre de manière fort pertinente).

medium_le_femme.jpgLa femme du ministre est le 35e roman de cet auteur aux nombreux prix policier.

Notamment:

Prix du Quai des Orfèvres 1993 pour Pièces détachées et Grand Prix de littérature policière 1996 pour N’oubliez pas l’artiste.

Avant-hier, dans son appartement du 19e arrondissement (11e étage), il me reçoit chaleureusement devant un bon café et un sourire franc (quoiqu’un peu carnassier). Très vite, il m’explique que, dans cet ouvrage, tout ce qu’il raconte sur le fonctionnement de l’appareil d’état est rigoureusement exact.

-Mon métier de journaliste me permet d’enquêter et d’être le plus proche possible de la réalité sociale que je décris. J’apprends d’ailleurs beaucoup de choses. Parfois, des trucs dingues. Par exemple, savez-vous qu’il y a deux sortes de RG ? Ceux de la préfecture de police et ceux de la place Beauvau. Mon livre est truffé d’informations peu connues, mais essentielles. Quand je lis mes confrères, j’ai besoin d’apprendre des choses réelles. Si c’est bourré d’erreurs, je n’insiste pas.

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Gérard Delteil se revendique d’extrême gauche, sympathisant de la LCR et de Lutte Ouvrière. Même s’il n’est pas encarté, je l’interroge sur la tentation d’aller, dans ses romans, dans le sens de ses idées politiques bien affirmées.

-Mes romans ne sont jamais des tracts politiques. Même si l’objectivité totale est difficile, je me contente d’écrire des histoires à suspense, dans l’air du temps, tout en apportant une connaissance supplémentaire aux lecteurs. Je dis ce que je ressens en m’inspirant librement de faits existants.

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Peut-être fera-t-il un jour un livre sur les mésaventures de son collègue de plumes, Cesare Battisti. Gérard Delteil fait parti de son comité de soutien et il a toujours défendu comme il a pu l’auteur italien. Détail troublant, Battisti a écrit pour medium_noir_de_tole.jpgDelteil une nouvelle dans un ouvrage sur les prisons : Noir de taule.

Je lui demande ce qu’il pense de l’arrestation de Battisti au Brésil, la veille.

-C’est un copain depuis longtemps. Ma problématique n’est pas de savoir s’il a tué ces gens, mais c’est la trahison de l’état français qui s’était engagé à lui venir en aide. La parole donnée est reprise. C’est écoeurant. Avec ceux qui le soutiennent, nous allons réagir avec nos faibles moyens. On ne sait pas encore comment, mais les possibilités sont minces. En plus, il y a un revirement des médias. Aujourd’hui, il est présenté comme un terroriste en cavale. Il y a quelques mois, les propos étaient plus nuancés.

Nous passons un long moment à parler de l’évolution du polar français. Il n’est pas tendre sur la question.

-Faire du noir sordide, de pales imitations de romans américains sur les sérial killers ne m’intéresse pas. Je ne parle pas pour tous, mais certains auteurs de la nouvelle génération ne font que ça. Pour ceux là, la seule chose qui les distingue, c’est la manière de traquer le tueur.

Après cette conversation, je lui demande de nous rendre dans son bureau pour faire quelques photos. Il accepte.

-Ne faites pas attention ! Il y a un sacré bordel !

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Effectivement, mais c’est un bordel que j’aime.

Des livres et des dossiers entassés partout.

-Pendant longtemps, je me suis targué d’avoir lu tous les romans de mes confrères de l’époque. Aujourd’hui, ce n’est plus possible, il y en a trop.

Ils ne sont pas tous bons d’ailleurs.

La femme du ministre est un roman policier passionnant et réaliste.

Du travail d’orfèvre.

Normal. Delteil est un bon artisan et ça, je le sais depuis longtemps.

Commentaires

Je ne parviens toujours pas à comprendre comment un artiste (ou, et, intellectuel) peut s'engager politiquement de façon si affirmée d'un côté comme d'un autre. Je sais c'est idiot comme reflexion et comme commentaire mais c'est réelement incomprehensible pour moi.

Écrit par : Fishturn | 21 mars 2007

Du travail de quai des orfèvres, tu voulais dire, non?! L'a pas de chance, Cesare, moi la dernière fois que j'étais au Brésil, personne ne m'a arrêtée, pourtant j'étais venue tuer le temps et crois-moi, j'en ai dézingué des journées, plein! ...moça do corpo dourado, do sol de Ipanema, o seu balançado é mais que um poema...

Écrit par : Serial Kiki | 21 mars 2007

@Fishturn: Parfois, l'engagement politique est même une marque de fabrique. Moi, ça ne me gêne pas quand c'est assumé.
Dis donc, ça n'a rien à voir mais depuis que tu es revenu sur la blogosphère, tu n'oublies rien après ton nom?
Ou alors, tu as claqué la porte sans que l'on me tienne au courant... Peut-être. Avec toi...
@Serial Kiki: Bravo pour le jeu de mot auquel je n'ai pas pensé une seconde. Ca m'ennuie d'ailleurs. Je suis en baisse de régime là.
Tu es prête? Plus que 4 jours.

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 21 mars 2007

J'ai reçu mes billets c'mat et je suis prête à tout...e-toute, t'entends pas siffler le train?!

Écrit par : Serial Kiki | 21 mars 2007

FAPM FAPM FAPMFAPM FAPM FAPMFAPM FAPM FAPMFAPM FAPM FAPMFAPM FAPM FAPMFAPM FAPM FAPMFAPM FAPM FAPMFAPM FAPM FAPM.

C'est mieux là ?
Ah tu m'as vu ?

Écrit par : FAPM FAPM FAPM | 21 mars 2007

@Serial kiki: Si.
Tchou tchou! Ah le voilà! Mais, tu n'es pas un chouia en avance? Si un peu quand même...
@FAPM FAPM FAPM: Ah, je préfère. T'es trop un rebelle toi!
Hugh!
(rapport à ton dessin du jour).

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 21 mars 2007

Mouais, bof bof mon interview de Bouvard moi...!!

Écrit par : Juju le pigiste | 21 mars 2007

J'avais bien aimé "Bugs", son recueil de nouvelles.

(et sinon... quelle mouche a piqué le président de la FAPM d'aller ainsi réveiller la bête chez la Rebelle Colérique ?? J'ai bien rigolé, en tout cas. Et je te confirme que je ne serai pas à cette soirée ;-))
A+!

Écrit par : secondflore | 22 mars 2007

@seconf flore: Oui, et encore, excuse-moi de t'avoir kidnappé dans mon sketch. Elle m'amuse de plus en plus cette Wrath. Alors, je donne du grain à moudre.

Écrit par : mandor, président de la FAPM | 22 mars 2007

Les commentaires sont fermés.