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28 février 2007

La société du spectacle selon Jean-Marie Catonné!

medium_jmcartonne_portrait.jpgJe viens de lire cette note de Yansor (Tatiana de Rosnay, dont je vantais les mérites ici récemment). Je l’ai trouvé amusante étant donné que ma rencontre avec Jean-Marie Catonné s’est tenue précisément dans le bureau dont il est question…

Fou, non ?

Là, c’est sûr, si vous ne cliquez pas chez elle, vous ne comprendrez pas grand-chose.

 

Bref, je suis loin d’être insensible à ce que publient les Éditions Héloïse d’Ormesson (d’abord mon auteur fétiche, Pierre Pelot, est dans cette maison et j’aime bien leurs deux attachées de presse, Audrey et Anne-Laure. À ce moment là de ma note, j’ai pleine conscience que je donne du grain à moudre à Wrath… "encore du copinage attachée de presse/journaliste et bla bla blab et bla bla bla…" )

J’ai souhaité interviewer Jean-Marie Catonné parce que son Double Je m’a fortement intéressé. J’apprécie beaucoup les livres qui dévoilent l’envers du décor, en l’occurrence, du milieu de l’édition, de la télévision et des médias (qui pratiquent le nivellement pas le bas), et des politiciens qui manient la langue de bois et les coups bas (libre !).

Ce jeune homme de 65 ans, prof de philo à la retraite (39 ans à l’École Alsacienne) est l’auteur de quatre romans : La Tête étoilée (1996), Portraits volés (2001), Villa les mésanges bleues (2002) et Excès de mémoire (2004) et de deux biographies : Romain Gary - Émile Ajar (1990) et Queneau (1992).

Catonné n’a jamais été nègre.

Il me l’a assuré.

Cependant, il raconte l’histoire épique d’un romancier contrarié (et naïf), Jean-Rémy, qui va découvrir à ses dépens que le monde des Lettres n’est pas gouverné pas l’amour de la littérature.

Preuve est faite qu’il ne faut pas vendre son âme au Diable.

Pas bien.

medium_eho_catonnec.2.jpgDouble Je est sous-titré : Les éditeurs ne sont pas tous des chiens.

Justement, Pierre-Ulysse Banador (PUB) est un grand éditeur parisien. Il accueille le jeune homme en lui laissant l’espoir d’une publication prochaine. En attendant, peut-être pourrait-il se faire la main en écrivant la vie des autres ? Des gens connus mais sans le talent d’écriture, en l’occurrence, une pseudo Loana, un homme politique roublard et un animateur de télévision très con (c’est le mot !). Jean-Rémy, fasciné par l’éditeur (et s’imaginant qu’il tient là le sésame pour une publication prochaine) plonge tête baissée dans un système qui finit par le dépasser. Il devra lutter pour ne pas perdre son identité personnelle, ses valeurs, ses principes, bref, son intégrité. Gagnera-t-il ce combat?

C’est toute la question.

Je demande à Jean-Marie Catonné de quel personnage se sent-il le plus proche.

-Pas celui du narrateur en tout cas. Il n’a que la trentaine et n’est pas très sympathique. Il est lâche et est prêt à tout pour réussir. Il s’illusionne sur la fait qu’on va l‘éditer grâce à toutes ses compromissions. Très curieusement, je me retrouve plus dans l’éditeur. Il est un peu cynique, certes, mais il assume ses actes.

Et l’écrivain de m’expliquer que le système économique des maisons d’édition n’est pas simple à gérer.

- Je comprends parfaitement la logique des livres « commerciaux ». Ces livres peuvent exister si l’argent recueilli sert à éditer des ouvrages plus confidentiels, mais essentiels.

C’est loin d’être un cas systématique.

Quant aux auteurs « prête-nom » (nègres, puisqu’ils s’appellent ainsi et qu'il en est fortement question dans Double Je), ils sont légions. Mais pourquoi pas après tout ?

-Un sportif ou une starlette qui donne ses confidences, ses souvenirs à quelqu’un qui les met en forme, ça n’a rien d’infamant. Chacun son métier après tout. C’est le côté hypocrite des choses qui m’exaspère.

Je lui raconte que j’ai rencontré des « vedettes » qui prétendent mordicus avoir écrit leur livre.

-Je sais. Il y en a qui vivent très mal qu’on les soupçonne de ne pas être les vrais auteurs. Ils finissent par s’auto persuader qu’ils le sont réellement… c’est très curieux ce déni.

medium_Catonne.JPG

Nous parlons aussi des écrivains qui sortent des pavés de 700 pages tous les 3 mois… Ca commence à se voir qu’ils ne sont pas les seuls rédacteurs.

Soyez plus malin, espacez vos sorties… ce sera plus discret.

J’ai envie de donner des noms.

Mais non.

On a dit « pas de méchanceté » sur ce gentil blog.

Cette satire enlevée est, en tout cas, pleine de rebondissements, cynique et drôle (très).

-J’ai écrit une charge que j’ai voulu flamboyante contre la médiatisation à tout prix et la célébrité factice et éphémère (et donc cruelle). J’évoque les méthodes utilisées pour le devenir et les renvois d’ascenseurs lancés en permanence dans les médias.

Pas beau le royaume du paraître.

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Jeunes auteurs en soif de reconnaissance, la lecture de ce livre est un passage obligé avant de frapper à la porte des maisons d’édition.

Salutaire.

Commentaires

C'est quoi finalement être en en soif de reconnaissance ? C'est vouloir faire d'une passion un bon gagne pain ? C'est vouloir être aimé à tout prix ? C'est avoir quelquechose à dire au plus grand nombre ? C'est vouloir laisser une trace ? C'est croire être autre chose que de la chair entre quatre planches ? C'est se donner une autre image de soi même ? C'est quoi...Toi qui rencontre presque chaque jour des personnalités reconnues. Quel en est le point commun ?

Écrit par : Damon Fishturn (Fapm) | 28 février 2007

Grand débat que lance Fishturn... l'amour de soir est sans doute la première étape avant de recevoir l'amour/la reconnaissance du prochain.

Écrit par : Dorothée THE cheerleader, member of the International FAPM | 28 février 2007

Oui grand débat, mais recevoir n'est pas vouloir ou avoir besoin de, d'accord avec toi Dorothée, mieux on est avec soi-même, plus on positive le regard des autres et moins la non-reconnaissance nous affecte, mais il y a toujours une fois où l'on s'expose et où l'on a soif de " oui, c'est bien ce que tu as fait"... Quand en plus il s'agit de gagner un peu d'argent, c'est encore une autre histoire... Toujours est-il, cher Mandor, que tu m'as donné envie d'acheter le Double Je, certes d'actualité! Et merci de m'avoir fait découvrir "les miscellanées de mr Schott" délicieux petit livre!

Écrit par : begonia | 28 février 2007

Cher Mandor, cela tombe bien que vous l'ayez lu, vous allez donc à votre tour pouvoir enfin frapper à la porte des maisons d’édition. . .

Écrit par : Jean-Monriz Cantoné | 28 février 2007

Moi aussi, j'irais bien voir les maisons d'édition, mais la poésie, ce n'est pas dans l'air du temps. Quant à un roman, j'ai une plume si "noire" que je ne suis pas certaine de plaire. C'est dur la confiance en soi ;o)
Et puis j'habite trop loin des éditeurs... c'est dommage.

Écrit par : Nathalie | 28 février 2007

@Damon Fishturn (FAPM): Points communs? Sensibilité, fragilité, créativité et ego supérieure à la moyenne...
@Dorothée, THE cheerleader, member of the International FAPM: L'amour de soi et l'estime de soi. Aussi.
@bégonia: Je suis content que mon blog serve parfois à faire découvrir des petits bijoux...
@Jean-Monriz Cantonné: J'y travaille en ce moment. Sérieusement en plus.
@Nathalie: Ce sont des raisons qui n'en sont pas. Je ne te fais pas la morale car je suis tout aussi frileux que toi de proposer mon "oeuvre " (avec de sacrés gros guillemets!) à des maisons d'édition.

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 01 mars 2007

Mention spéciale à Mandor qui parle de Wrath avant ce monsieur Catonné (ça à l'air drôle d'ailleurs,, ce bouquin!), laquelle Wrath tire à vue sur Christophe Fourvel, qu'on connait assez peu.
Précision utile: lisez ses livres qui méritent mille fois mieux que des petites considérations mesquines genre, ça sent son Proust...

Non, je ne me trompe pas de blog pour mon commentaire, j'écris juste là où c'est propre.

Écrit par : Clémentine | 02 mars 2007

@Clémentine: Dommage que vous n'ayez pas un blog vous... Vous me semblez avoir du style et des choses intéressantes à raconter.
;o)
A ce propos, il serait intéressant que vous lisiez la dernière note ainsi que les commentaires de votre bien aimée Wrath...

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 02 mars 2007

Ben oui, on a parfois même pas les éditeurs qu'on mérite
:-)

Écrit par : Renoncule & Cactus | 02 mars 2007

Tu peux toujours m'envoyer ton manuscrit, je le lirai!;-)
savais tu que J-M Catonné avait été mon prof de français et philo il y a plus de 30 ans?
Si tu savais comme c'est jouissif de publier son ancien prof et de lui dire qu'il y a des choses à corriger!
Bon je te vois le 25/03 pour la fête de la maison , demande les coordonnées à Audrey ou Anne-Laure
P.S: Double Je c'est vraiment formidable, quant à Wrath elle a du talent, elle est décidée...et je suis un peu tétu!
Mais rien n'est pas fait...!;-)
À bientôt
GCS

Écrit par : gillou le fou | 05 mars 2007

@Gillou le fou: Fais gaffe, je suis capable de te le faire lire. En fait, un peu timide sur mon oeuvre perso...
En tout cas, compte sur moi pour la soirée du 25! Je connais le lieu, l'heure et tout et tout.
"Rien n'est pas fait": J'adore l'expression!

Écrit par : Mandor, président de la FAPM | 05 mars 2007

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