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29 janvier 2007

Michel Jonasz... chanteur mélancolico-nostalgique!

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Attablé dans sa cuisine en l’attendant, je repense à toutes les chansons de Michel Jonasz qui ont bercé notre medium_119_5d0f3be3cd17622703a591011b2c1374.jpgvie : Je voulais te dire que je t’attendsLes vacances au bord de la mer, La boite de jazz, Super nana

Je sais, c’est dans le désordre mais la chronologie a-t-elle de l’importance en matière de chanson ?

Le temps, en tout cas, reste le sujet majeur de Jonasz.

Je suis dans son appartement, juste à côté de la place des Vosges, pour évoquer son nouveau disque. Chanson Française est un hommage à ses grands aînés. Brel, Brassens, Ferré, Piaf, Montand…

Le bluesman arrive avec trente minutes de retard, s’excuse, nous prépare un thé, ne sait pas trop pour quel journal je travaille et enfin se pose.

 

-Je reviens à l’instant de la salle de sport. A mon âge, il faut s’entretenir.

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Je lui propose une fine analyse de son album. Même quand il chante les chansons des autres, il s’en dégage une infinie tristesse. Je lui demande, un peu en rigolant, s’il va bien.

Il s’offusque.

 

-Mais moi je vais tout à fait bien ! Si vous trouvez mon disque triste, c’est que vous, vous avez de la tristesse en vous. Vous allez bien, vous ?

Jonasz poursuit :

medium_12603.jpg-Mes chansons et ma façon d'interpréter celles des autres font appel à une certaine nostalgie, mélancolie, voire tristesse, mais je ne revendique pas ça du tout de moi. Que je puisse avoir un lien avec ses musiques là, un peu déchirées, où il y a des violons qui pleurent, c’est une certitude. C’est le meilleur moyen pour exprimer des émotions sincères. Elles permettent de révéler à ceux qui écoutent, leurs propres émotions.

Jonasz me ressert un thé, je n’ose pas lui demander une sucrette pour mon régime alors je lui demande s’il a peur du temps qui passe, ce qui n’a rien à voir.

-Je sais que les apparences peuvent être trompeuses et contre moi, mais je n’ai pas peur de vieillir. Je trouve ça simplement fascinant, surtout quand on commence à dire que c’est relatif, que ça ne passe pas pareil pour tout le monde… C’est pour moi une source d’inspiration comme peut l’être le passé, ce que j’ai déjà vécu : l’enfance, l’adolescence, l’amour.

Après un moment de réflexion :

-De toute façon l’amour… on ne parle que de ça finalement. Je crois à l’amour éternel. Je m’interroge sur ce qui fait qu’un état amoureux, un jour, commence à s’étioler, que le feu s’amenuise, qu’on ne pardonne plus rien à l’autre. La fusion amoureuse est un vrai mystère. Je dis simplement « Préservez l’amour ! ».

Cet album hommage est important pour Jonasz… Ce n’est pas un disque de transition, entre deux albums originaux. Il l’explique avec émotion.medium_Michel_Jonasz.jpg

-Dans mes souvenirs, tout commence dans les années 50 au 4e étage d’un immeuble de Drancy au-dessus d’un café-tabac. Une cuisine minuscule, une seule chambre où vivaient quatre personnes : mon père, ma mère, ma sœur et moi, et un seul objet de luxe, une belle vieille radio et son cadre en bois vernis… des chansons françaises… et le dimanche les grands-parents avenue Henri Barbusse et les disques de musique tzigane hongroise. Et puis un jour Piaf sur scène… Et plus tard viendront Brel, Brassens, Ferré et les années 60, les premiers groupes de quartier. Et Ray Charles et le blues, le Golf Drouot et le rock’n’roll. Et Vigon et les Lemons et le King set, les deux premiers groupes dans lesquels j’officiais… et la suite…

Ainsi, Michel Jonasz précise que ce disque est le premier d’une trilogie qui veut rendre hommage à ses trois sources d’inspiration musicale. Chanson Française sera suivie d’un projet consacré au blues et d’un autre, comme une histoire de famille, qui sera dédié à la musique tzigane.

Avant de laisser le chanteur vaquer à ses occupations, certainement musicales, il me donne un livre édité par sa propre maison MJM. Un ouvrage sur le développement personnel… Je lui dis que je ne pense pas faire un papier dessus. Il faut que « je sente » le thème pour me lancer dans une critique. Il s’étonne de ma franchise, mais me demande de le garder et de le lire quand même.

Pour la photo, il craint de ne pas être assez élégant, là, avec son T shirt de sport. Il veut aller se changer.

-Non, il faut que ce soit naturel. Pas fabriqué… Vous êtes très bien comme ça !

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Il me propose encore un thé que je refuse. Je ne veux pas abuser. Sur le pas de la porte, il me rappelle qu’il présentera son nouveau spectacle Chanson Française au Casino de Paris en mars 2007, puis en province et à l’étranger. Ne pas oublier non plus qu’il reviendra à Paris en décembre 2007 à la salle Pleyel.

C’est dit.

Ce monsieur est un grand de cette chanson française à qui il rend hommage. C’est une fierté de l’avoir rencontré. Tout comme son pote Alain, il y a quelques mois.

26 janvier 2007

Faf Larage... de vivre et de vaincre!

 

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-Mais alors, quand tu t’es installé la première fois devant la série d'M6 et que tu t’es entendu, ça a fait quoi à ton petit cœur ?

-Je te dis pas. Toute ma famille était présente. Franchement, j’ai considéré que ce n’était pas moi cette chanson. C’est un peu comme quand tu regardes une photo, c’est difficile de se supporter. En plus, j’ai fait tellement de versions pour que les studios américains acceptent que je n’ai plus aucune objectivité sur le titre.

medium_musique.jpgQuand on a Faf Larage devant soi, on est obligé de lui poser des questions un peu bêtasses de cette nature. Prison Break, je dois dire, je suis assez fan, et ce putain de générique, je l’ai fichtrement  apprécié.

C’est ça...

 

Le grand gaillard devant moi, il est simple.

Il mange des sushis en répondant à mes questions.

-Tu m’excuses, mais depuis ce matin, on fignole l’album. Ça ne te dérange pas? Tu es sûr? Je n’ai pas eu une minute pour manger.

Effectivement, ce vendredi 12 janvier, je me trouve à Pantin au Harrys Studio ou le rappeur, met une touche finale au mixage de son deuxième album solo qui sort un mois plus tard, pile poil, Rap Stories.

Faf Larage à 35 ans. Et c’est à cet âge avancé (hum !) qu’il décroche un premier tube (et un sacré !)

-A mon âge, on a du recul sur les évènements, on s’enflamme beaucoup moins. C’est bien, je kiffe le succès de ce morceau, mais je me suis dis, dès le départ « OK ! Mais maintenant on fait quoi ? ». La méfiance et la crainte du lendemain sont inscrites dans mon code génétique.

medium_1.4.jpg Il se marre un peu parce que beaucoup de personnes pensent qu’il débute. Qu’il vient de débarquer sur la planète rap. Il en est pourtant un des pionniers.

Dans l'ombre, on peut dire qu’il a construit le hip-hop hexagonal. Au milieu des années 80, Faf Larage, marseillais, trace des plans sur la comète avec ses potes. Certains de ces irréductibles deviendront IAM, Uptown ou Soul Swing and Radical, le groupe que Faf forme avec Def Bond. Un mini album underground Le Retour de l'Ame Soul émanera de cette époque où le hip hop n'avait pas encore ses lettres de noblesse. Faf avec son frère Shurik'n, du groupe IAM, posent, en duo, un premier single La Garde Meurt Mais Ne Se Rend Pas. Les moments musicaux suivants de Faf ne sont que suite de featurings remarqués avec Kheops ou sur l'album Sad Hill ou la compil Chronique de Mars, regroupant les plus prestigieux rappeurs marseillais. En 99, Faf Larage sort son premier album solo C'est Ma Cause, un mélange d'humour, de prise de conscience et d'un flow hors du commun. Plus récemment, il apparaît sur la BO de Taxi 2 puis explose dans l’imparable duo Gomez et Dubois, avec Eben. Faf est Dubois. Un album et deux extraits qui cartonnent, dont le hit Hôtel Commissariat.

C’est lui qui a co écrit avec Michaël Youn le fameux Alphonse Brown

Contrairement aux apparences, force est de constater que le Faf Larage est aussi un sacré déconneur.

Il sourit.

 

-Tu sais, dans mon nouveau disque, je parle de cul, de nanas ( dans Le brancheur et Ta meuf) mais aussi de la famille, de la ségrégation, du rejet, du chômage, du divorce (dans Prise d’otage ou Le marketing du diable)… Je suis comme tout le monde. J’ai deux facettes.

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Faf Larage me parle de ses chansons, tout en continuant à mâchouiller son poisson cru.

Je m'abstiens de vous faire un laïus trop important sur son album car vous le verrez partout très prochainement (avec possibilité d'overdose).

 

Le rappeur est sympathique, mais crevé. medium_faflarage_2006_240x180.jpg

Un bon rhume mélangé à une période de suractivité n’arrange pas son homme…

Avant de le laisser, je lui explique mon blog, les photos à faire, etc…

Pas de problèmes.

Mais la photo en gros plan n’a pas été évidente à réaliser. Ce monsieur, tout talentueux qu’il est, a un truc irrémédiable et emmerdant.

Il ferme toujours les yeux et ne sourit jamais sur les clichés.

 

-Même pendant les séances officielles, c’est toujours l’enfer… Je t’assure, les photographes me disent tous qu’ils n’ont jamais vu ça !

Après une bonne dizaine d’essais, il a fait le maximum…

Le meilleur résultat donne ça.

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21 janvier 2007

Diam's... La battante victorieuse!

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Je suppose que l’on peut  considérer que la grande gagnante des NRJ Music Awards d’hier soir est… Diam’s.

Je ne sais pas.

Mais quand même.

Artiste féminine francophone de l’année : Diam’s.

Album francophone de l’année : Dans ma bulle.

Chanson francophone de l’année : La boulette.

Oui, on peut dire que la directrice artistique du nouveau label Motown France a battu tout le monde à plate couture. Même l'AFP est d'accord avec moi.

Ah! Ca vous en bouche un coin, hein?

Alors, en cette journée dominicale, je vous propose de revenir en arrière de quelques mois.

Le 13 décembre 2005 (putain, déjà plus d’un an !).

Une petite chambre de l’Hôtel d’Orsay.

Un palace? Non.

Un honorable hôtel, simplement…

A l’image de Diam’s.

Pas tape à l’œil mais efficace.

Je suis arrivé très curieux de la connaître car cette jeune fille m’intriguait un peu.

J’en ai profité pour faire un portrait.

Le voici.
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Petit bout de femme énergique, combattante, princesse de la rime pessimiste, Diam’s revient 3 ans après Brut de femme. Chronique d’un succès assuré.

Ce qui touche chez elle, ce sont les sanglots au bord des lèvres. Quand elle rappe, l’impression est nette qu’elle va exploser, violemment. Comme rarement. Elle confirme.

« Même derrière un micro je suis souvent prête à pleurer. Tout ce que je raconte dans mes textes me secoue. Je suis extrême. En moi, c’est tout noir ou tout blanc, jamais gris. Je ne parviens pas à relativiser ce qu’il m’arrive. »

medium_252359.jpgElle réfléchit quelques secondes.

« Franchement, je ne sais pas si tout interprète doit donner autant de soi, mais moi, je ne peux pas faire autrement. Même mes réalisateurs en studio, Tefa et Masta, ont tenté de me freiner. Ils me disaient que j’en faisais un peu trop. »

A tort, car c’est certainement ce trop plein d’émotion qui bouleverse le public de Diam’s. Elle raconte dans ses textes toute sa vie. Sa vraie vie. Et elle ressemble à celle de ceux qui l’écoutent.

« Si je n’avais pas eu la musique, je serais encore entrain de galérer pour trouver du taf. Je n’ai pas de diplôme et je n’ai pas été aidée quand j’ai voulu faire des études. Je suis vraiment persuadée d’être une nana parmi les autres avec exactement les mêmes problèmes. Au fond, je suis une jeune de mon temps, un peu déboussolée sur cette planète. »

Mélanie Georgiades naît le 27 juillet 1980 à Nicosie, capitale de Chypre, d’une mère française et d’un père chypriote. Très vite, le géniteur prend la poudre d’escampette. Dès ses quatre ans, cette fille unique est élevée par sa maman, à Orsay (au sud de Paris). A l’adolescence, elle s’ennuie mais le rap rythme la vie des jeunes de sa cité. Elle se met à rêver puis à créer ses propres textes. Il lui faut rapido un pseudo… Vite, le dico ! Une définition lui offre le nom idéal : « Objet de luxe et de parure. N’est composé que d’éléments naturels. Le diamant ne peut-être brisé que par un autre diamant. » Diam’s avait besoin d’un nom rassurant.

 « Je suis un mélange de sensibilité et de fragilité mais aussi de petite guerrière et de combattante de la vie. L’un n’empêche pas l’autre. Il faut savoir se protéger et se préserver quand on affronte un peu la jungle… »

A jungle, faut-il comprendre la vie, le show biz, l’extérieure de sa bulle ? En tout cas, l’ado Mélanie décide de s’y jeter à corps perdu. A 15 ans, elle rappe au sein de différents « posses » à travers la banlieue parisienne.

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Très vite, le nom de Diam’s s’installe sur la scène rap amateur, pourtant très phallocrate. Les premières expériences discographiques pointent le bout de leur vinyle. Diam’s commence à exister. Elle n’a aucune structure professionnelle autour d’elle mais elle réussit à effectuer une cinquantaine de concerts entre 98 et 99. Déjà ses textes sont noirs, peu enclin à l’espoir.

« Je suis de cette génération où il faut se battre pour être heureux. On ne nous laisse pas le choix. Passer medium_e822159a86329d4c.jpgpar la bagarre pour vivre, ça n’encourage pas à l’optimisme. Pourquoi les choses ne sont-elles pas plus fluides, plus faciles ? Il faut du courage pour être un jeune aujourd’hui. »

En 1999, même si elle continue les galères et jobs de tout poil, elle enregistre avec Black Mozart (compositeur rap et producteur) son premier album Premier mandat sur le label indépendant Reel Up. Echec commercial. De featuring en concert en passant par des participations aux émissions de radio où les rappeurs improvisent en direct, Diam’s continue sa trajectoire sans concession.

«La meilleure façon de me faire respecter et de me protéger était de tout dévoiler, ne rien cacher. Je deviens soudain moins attaquable étant donné qu’on sait beaucoup de choses sur moi. Peu de femmes dans ce milieu agissent de la sorte. Dans mes raps, je ne suis pas quelqu’un de mystérieux. Je dis les choses que je pense sans aucun calcul. C’est peut-être inconséquent, je ne sais pas. »

medium_diams.jpgSon discours est très clair : qui aime Diam’s aime Mélanie. Très rapidement, la chanteuse rappeuse un peu garçon manqué va se faire remarquer par EMI. En avril 2002, premier contrat. Un maxi de deux titres voit le jour. Pour d’obscures raisons, l’album est annulé. C’est le label Hostile qui sort finalement son deuxième album Brut de femme en mai 2003. Carton plein, même si le rap français n’est pas habitué aux thèmes abordés dans ce disque largement autobiographique : La violence conjugale, la place des filles en banlieue et l’absence du père… Le titre le plus léger de l’album, DJ, devient le tube de l’été 2003. Les scènes parisiennes et provinciales s’enchaînent à un rythme effréné et la consécration arrive immédiatement. Elle décroche la Victoire de la musique 2004 du meilleur album rap/hip hop de l’année.

«Je prends la vie que je mène comme un cadeau, pas comme un dû. J’ai presque fait le tour du monde pour aller chanter. Je suis donc épatée tout en restant parfaitement lucide. Le succès peut être éphémère alors je travaille beaucoup afin de me donner les moyens de faire de la musique et de la scène très longtemps. »

Après la sortie d’un CD/DVD live Ma vie-Mon live fin 2004 et de nombreux textes pour d’autres artistes medium_77.jpg(Amel Bent, Sinik…), voilà que déboule le nouvel album de « la boulette » (comme elle se surnomme elle même). « Dans ma bulle » reprend les mêmes thèmes, mais abordés avec plus de maturité et d’élégance. L’écriture est plus incisive, précise. Diam’s s’y montre nettement désabusée.

« Je suis pessimiste quant à l’amour sur Terre. J’ai l’impression que l’amour des gens envers les autres est au point mort. Même le romantisme n’existe plus. Les hommes trompent les femmes et vice-versa presque ouvertement. Tout le monde couche avec tout le monde. Je suis un peu fleur bleue alors tout ça m’écoeure un peu…»

Dans Nuit blanche, elle catégorise même son opinion. « Il faut se méfier de tous les mecs ». Le comportement des adultes face aux jeunes est un autre sujet d’exaspération. Trois chansons en témoigne : Ma France à moi, Cause à effet et TS (tentative de suicide).

« Personnellement, toute ma vie je me suis senti rabaissée par l’adulte. Aujourd’hui, je me sens jugée par eux. Les adultes croient qu’ils sont finis, qu’ils n’ont plus rien à apprendre de personne. Tous les problèmes, et principalement ceux des banlieues, viennent de cette incompréhension. Les adultes ont tout à apprendre des jeunes ! »

Diam’s revendique, dénonce, se révolte… Dans Marine, une chanson qu’elle interprète à la télévision et sur scène depuis plus d’un an, elle s’adresse à la fille du leader du FN.

« Pour moi, il y a un avant et un après « Marine ». Avant, les gens me voyaient comme un divertissement, aujourd’hui, ils me considèrent comme une artiste à message. Il n’y a pas beaucoup de nanas de 25 ans qui viennent ouvertement emmerder le FN sans se soucier des conséquences… ».

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Effectivement.
Dans sa bulle, Diam’s évoque aussi sa maman, son papa, son futur bébé, la France qui parfois lui fait honte, la célébrité, le succès… et parce qu’elle n’est pas une ingrate, elle clame sincèrement son amour du public. Avec ce nouvel album, cette charismatique artiste impose sa plume, sa voix et son talent. Cette Diam’s là est éternelle.

 

P.S: L'artiste masculin francophone de l'année (toujours aux NRJ Music Awards)...

C'est M.Pokora.

Vous croyez que cette victoire a un rapport avec ma lettre écrite la semaine dernière?

Oui?

Merci.

(N'importe quoi le Mandor!)

 

Re P.S: Les photos merdiques (si, si, j'en ai pleine conscience) de Diam's en noir et blanc sont de bibi.

Pas la chanteuse.

Bibi, c'est moi.

Enfin, c'est une expression...

Hum!

 

Re re P.S: Pour ceux qui savent que Fishturn et moi, on est pote... allez voir son délire du jour. Il met des vidéos de lui maintenant...

Que dire?

Il m'a bien fait marrer ce con.

18 janvier 2007

Zazie... chanteuse rêveuse!

 

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-Allo! Une rencontre Zazie, ça t'intéresse?

-Je veux mon n’veu…Quand ?

-Dans deux jours.

-Oui, mais je n’ai pas reçu son nouveau disque.

-Tu appelles Mercury et tu règles ça.

-Bien chef ! Répondis-je avec déférence.

medium_955_476920723_zazie_082_g_H161517_L.jpgJe jubile. J’apprécie beaucoup la chanteuse et je la rencontre presque à chaque album.

Trois heures plus tard, un coursier m’amène Totem.

J’explique à ma petite famille que je ne suis plus là pour personne pendant au moins une heure et je m’enferme dans mon bureau.

2 minutes plus tard, j’entends ma fille derrière la porte.

-Papa ? Papa ?

Gratt gratt.

-Papa ? Papa ?

Evidemment, j’ai ouvert la porte et évidemment je n’ai écouté le disque que le lendemain.

Il y a des priorités.

Faire des papouilles à son enfant par exemple.

J’avais moyen aimé son précédent disque, Rodéo, (trop techno) mais là, je dois dire, c’est du grand Zazie. Du comme on l’aime. De l’incisif, du nerveux, du tendre, du sociétal, du sarcastique, mais pas vraiment du joyeux.

On sent bien qu’elle s’est fait plaquer par son mec. Ses chansons d’amour ne riment pas avec toujours.

Non, non.

J’ai rendez-vous avec Zazie dans le métro.

Pardon, c’est nul mais si je ne la place pas là, je ne la place nulle part et cela est de l’ordre de l’inimaginable.

J’ai rendez-vous, disais je, avec Zazie au café Baci (le café de Jean-Pierre Bacri me dit-on mais je n’ai pas vérifié l’info !)

Bien bobo l’endroit. « On » me fait monter à l’étage supérieur et « on » m’installe derrière un rideau. Une grande table pour moi tout seul. Chouette ! J’attends un peu et la manageuse de la chanteuse arrive. Présentation d’usage et politesse de circonstance.

5 minutes passent et Zazie déboule, casque de scooter à la main et des tas de sacs. Je suppute qu’elle vient de faire des emplettes. Elle me le confirme et me montre le nouvel agenda 2007/2008 qu’elle vient de s’acheter.

-Il est tout simple mais j’aime ça, moi, la simplicité.

J’opine du chef en souriant car je suis très poli avec les artistes. Comme elle semble agitée en s’installant à la table, je lui suggère de prendre son temps. Je ne suis pas pressé. medium_955_476920723_zazie_083_g_H161610_L.jpg

Zazie n’aime pas la promo mais joue le jeu. Elle me le dit à chaque rencontre.

-Je ne vois pas trop à quoi ça sert. On nous demande de redire mal ce qu’on a bien chanté sur le disque. C’est frustrant aussi pour les journalistes, je sais. Chacun fait son boulot, alors autant que l’on s’amuse un peu. Ce qui est intéressant, c’est la rencontre, le feeling qui peut en découler…

La presse écrite pour elle, ça va encore, mais alors… la promo à la télé, elle n’aime pas du tout, du tout. D’ailleurs, elle s’y rend avec parcimonie.

-Parce que la télé est plus forte que moi et ça m’agace. C’est un outil qui fait passer pour de l’objectivité quelque chose qui est absolument le contraire. C’est dangereux.

En tout cas, quand elle répond, elle ne semble pas angoissée. Elle prend posément chaque nouvelle sortie d’album.

medium_folibus.jpg-Depuis que je fais ce métier, j’ai l’impression que le doute en fait parti. Ca permet d’apprécier quand tu en vends pas mal. Je me dis que quelque part, c’est vaguement  un peu mérité. J’y passe tellement de temps non comptabilisable. En rongeage d’ongles et en réflexions par exemple.

Il y a du second degré dans ces propos, rassurez-vous, la belle n’est pas prétentieuse. Par contre, elle est légèrement dans son monde.

Zazie c’est un peu « Au-delà du réel »…

-Depuis que je suis toute petite, je rêve. Entre le rêve éveillé et le rêve endormi. Il y a des moments ou je suis carrément dans une dimension parallèle. Ca peut être même un peu flippant. Par exemple, il y a des gens à qui je soutiens mordicus les avoir vu tel jour, ce qui, en fait, n’est qu’une vue de mon esprit troublé.

Je lui demande à quel âge elle a commencé la drogue.

Elle rit.

-Docteur, vous avez vu l’état dans lequel je suis sans rien prendre ? Non, sérieusement, je fais l’apologie medium_08.01.07_Zazie_1_.JPGdu rêve ? J’essaie aujourd’hui, dans ma vie, de trouver des ponts entre le rêve et la réalité. S’il pouvait y avoir de temps en temps quelques rives qui se rejoignent, ce serait déjà pas mal. Mon problème est que je suis une rêveuse professionnelle.

Mais une rêveuse qui, visiblement, a beaucoup souffert d’une rupture récente… Je lui fais remarquer que cet album l’évoque beaucoup.

-Je ne suis pas d’accord. Il n’y a que deux ou trois chansons sur ce thème. et Des rails, c’est guère tout.

J’insiste. Dans presque toutes les chansons, elle en parle, même par petites touches…

-Ce qu’il s’est passé dans ma vie et que tout le monde sait + la sortie d’un nouvel album = une vigilance journalistique, toute à votre honneur mais pas forcément fondée.

Un silence, puis elle ajoute.

medium_elle.jpg-De toute manière, la rupture n’est pas grave en soi. Ce qui est plus triste, c’est ce qu’il se passe avant.

Croit elle encore à l’amour ???

-Plus le temps passe, moins j’y crois. Du coup, je suis beaucoup plus dans la magie et dans le rêve. Un peu aussi dans la réalité, mais rarement…

Dans sa chanson Totem, elle construit elle-même, de ses petites mains, un homme parfait. L’homme qu’elle aimerait rencontrer.

-J’ai une vision fantasmagorique de l’amour idéal alors j’ai bien le droit d’avoir une vision intérieure de cet intime étranger. Puisqu’on ne le connaît pas, autant l’inventer et par la même occasion, réinventer l’amour…

Je trouve qu’elle s’est beaucoup plus livrée dans ce disque que dans les précédents.

-Il y a beaucoup de « je » dans mes chansons mais le « je » n’est pas obligatoirement moi. Employer « je » est une forme d’engagement. Mes « je » sont là pour porter un texte qui est plus symbolique, plus générique et qui dépasse complètement ma pomme.

L’engagement, justement, Zazie en a fait une jolie chanson. J’étais là. Elle s’autocritique, mais pas seulement.

-Dans notre bon système judéo-chrétien, on croit assez naïvement que, parce qu’on a fait un petit restau du coeur par ci, un Sol en si par là, on est super champion du monde de l’humanitaire, de l’humanisterie. Non. Pour un artiste, c’est la moindre des politesses. Il n’y a pas de quoi crier au miracle. On est une génération individualiste, super égocentrique… C’est ce que je raconte… sans m’épargner.

La conversation se poursuit très agréablement.

Mais voilà qu’un autre journaliste se pointe.

Ca y est ! La fête est gâchée.

Peuvent pas me laisser tranquille ceux là !

Elle était entrain de tomber amoureuse de moi.

Si, j’en suis sûr.

Non ?

Mytho, moi ?
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Une petite bise et je redescends:

-Du premier étage.

-De mon pied d’estal.

 

-Sur Terre.

Heureusement, en bas, j’ai bu un coup avec Benoît à qui j’avais donné rendez-vous.

Il a remonté le moral de son président préféré.

-Tu sais président, Zazie, elle n’est pas pour toi. Tu as une femme et une fille. Soit raisonnable!

Il est gentil Benoît. Il n’a même pas émis l’hypothèse (farfelue, certes) qu’elle pourrait ne pas être intéressé par Mandor.

Inimaginable, je sais.

16 janvier 2007

Lettre à M.Pokora.

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Cher Matthieu,

Cher Matt,

Cher M.

medium_pokora2.jpgJe ne sais plus bien comment t’appeler. Je me permets de t’écrire une lettre car je t’aime bien.

Je n’aime pas du tout ta musique, elle me sort par les trous de nez, si tu veux savoir.

Il faut dire que je n’ai pas l’âge de ton public. Tu es né en 1985 et moi j’étais déjà majeur (+4) donc forcément, ce que tu chantes ne m’intéresse pas le moins du monde.

« Touch down sur notre base la riposte claque, get back to the show
l'impact de nos bases remet tout à niveau
et c'est non stop qu'elles se mettent à danser sur du artop
elles nous testent encore sur l'impro sans savoir suivre le flow
 ».

Et ben, tu vois, ça ne me touche pas des masses.

D’ailleurs, je ne comprends pas la substantifique moelle de ton message.

Je sais, il n’y en a pas.

Les ados s’en foutent.

Ils veulent bouger et voir un beau mec se trémousser en chantant.

Tu le fais bien, donc ça marche.

Cette semaine je t’ai rencontré et j’ai bien aimé te parler.

D’abord, tu n'es pas prétentieux (et crois moi cet appréciable pour un bon gars de ton âge). Tu me sembles avoir la tête bien sur les épaules malgré l’affolant succès que tu as.

C’est bien. Bravo ! Je te félicite.
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Sachant que j’allais te rencontrer je suis allé te voir à Bercy le 13 janvier. Ma conscience professionnelle me fait faire des trucs comme ça. Aller voir M.Pokora à Bercy un samedi au lieu de m’occuper de ma petite famille. C’est assez nul, j’en conviens mais du coup j’ai compris le phénomène que tu représentes pour tous ces jeunes qui t’adulent.

La dernière fois que je suis allé à Bercy c’était il y a un mois pour applaudir Bénabar. Tu vois le vieux schnock que je suis, cher M. ?

Mais tu veux que je te dise ? Ton spectacle est bien foutu. Un son et lumière performant pour un show divertissement. Bon, je ne reviendrai pas te voir. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai encore mal aux tympans et vraiment le R’nB, je déteste.

Le reste, je te l’ai dit en face.medium_affiche.jpg

Et tu as accepté mes critiques. En souriant. J’ai bien aimé cela. Tu te remets en question même devant un inconnu.

En fait, je t’écris aussi pour te tirer un grand coup de chapeau. Tu m’as dit te retirer jusqu’en 2008 pour te ressourcer, pour ne pas péter un câble, pour réapprendre à vivre simplement… Je doute que tu y parviennes mais c’est bien d’avoir la sagesse de prendre une telle décision.

Il me semble que tu es un mec bien.

Je ne serai jamais client de ta musique mais je vais suivre ta carrière, comme ça au loin.

J’ai dit la suivre, pas l’écouter…

Tu as le droit de t’en foutre.

D’ailleurs, tu t’en fous, mais je voulais quand même te le dire.

Je te transmets le bonjour de ma nièce et de mon neveu. Ils sont très jeunes. Ils t’adorent.

Merci pour les photos… Je suis devenu un héros pour eux.

« Quoi ? Tonton avec M.Pokora ! C’est trop kiffant ! »

 

Signé : Un vieux con qui veut s'la jouer djeuns (comme vous pouvez le constater, juste en dessous. C'est absolument ridicule!)

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P.S : J’ai filé ton DVD du Player Tour qui sort en vrai le 22 janvier aux enfants de ma frangine… Un héros je suis, je te dis.

15 janvier 2007

Jean-Paul Dubois... écrivain solitaire!

 

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J’ai découvert Jean-Paul Dubois en 1999 avec Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, puis je me medium_unevi19200.jpgsuis jeté sur Kennedy et moi. Depuis, je lis tout ce qu’il sort et je dois dire que je me sens en adéquation avec ses écrits. Récemment, il a reçu le prix Fémina pour Une vie française et il a connu un très large succès l’année dernière avec Vous plaisantez, monsieur Tanner. medium_vous-plaisantez_g.jpg

Aujourd’hui, il revient avec un roman magistral sur la bestialité qui est en chaque être humain (Hommes en eux, mon article est là).

Avant de le rencontrer, j’avais une image de lui pas très positive. Humainement, j’entends. Je le croyais sauvage, un rien sarcastique. J’ai rencontré jeudi dernier (11 janvier) un homme, exact contraire de mes préjugés. Satanées conneries de jugement à l’emporte pièce !

J’arrive un peu en avance aux rendez-vous fixé aux éditions de l’Olivier. Je monte et me présente (je m’appelle Henri !). C’est une nouvelle attachée de presse qui, donc, ne me connaît pas. Elle me propose à boire, ce que j’accepte. Il n’y a que de l’eau. Bon, va pour de l’eau ! C’est la big teuf en perspective.

Elle m’installe dans la salle de réunion. Je prépare mon matos puis regarde la bibliothèque dans laquelle il n’y a évidemment que des auteurs maisons. J’ai envie d’en chourer quelques uns mais je me retiens.

Question d’éducation.

L’auteur arrive enfin. Il semble un peu réservé. Pas sur la défensive mais observateur. Il voit que se trouve en face de moi le dossier de presse contenant les critiques déjà écrites sur son dernier livre.

-J’ai de la chance de n’avoir que des critiques positives… si j’en avais des mauvaises, je crois que j’en souffrirais.

Je ne pensais pas ça de lui. Il remarque que je suis étonné.medium_image0.jpg

-Tout dépend du degré de compétence que vous accordez aux critiques. Si vous sentez qu’il y a unanimité intelligente pour vous dire que vous avez fait une merde, c’est quelque chose qui doit être difficile à supporter. Bon, si c’est partagé pour des raisons idéologiques, c’est moins grave.

Et comment explique-t-il le succès considérable de ses livres ces dernières années ?

-J’ai du mal à réaliser que je fais toujours ce métier et que des gens parviennent à apprécier mes écrits. Vous savez, la réalité de ma vie se passe hors du monde de la critique et du monde de l’édition, donc le succès de mes livres me parait irréel. D’ailleurs, je trouve que le succès d’un livre n’est pas normal.

Je lui réponds que, comme moi, ses lecteurs se sentent peut-être proche de ses propos.

-Le décalage entre l’idée que l’on se fait de soi même (pas la plus fausse d’ailleurs) et l’idée que les autres se font de vous (souvent plus avantageuse) est un fossé. Je n’ai pas une formidable estime de ce que je suis. Je pense simplement que j’ai de la chance.

Il y a aussi du talent, quand même, non ?

-C’est très subjectif. Quand vous écrivez des livres depuis 25 ans et que pendant 15 vous vendez à 15.000 exemplaires et soudain, vous passez à 400.000, vous vous demandez  ce qu’il s’est passé à un moment donné. Etes-vous le même ? Vous, vous savez que oui. Vous savez aussi que vous faites quasiment les mêmes livres. Juste, il y a un phénomène que vous ne comprenez pas et que personne ne contrôle qui veut que vous ayez de la chance pendant 5 ou 6 ans. Il n’y a qu’une trentaine d’écrivains qui ont ça dans une génération. C’est peu. Je considère donc que j’ai de la chance.

Je souhaite rester sur ce terrain là. Il tient rarement ce genre de discours.

Ecrivain, c’est un métier ?

-Oui et ça se travaille. Plus vous écrivez, plus vous écrivez facilement. Longtemps et plus souvent vous écrivez, moins vous avez d’angoisse, plus le boulot se fait tranquillement. J’ai commencé l’écriture par le journalisme qui est le truc le plus difficile qui soit à cause des contraintes de temps, d’horaires, de signes, de pagination…etc. Alors que le roman, c’est de la liberté absolue. C’est un univers. Vous êtes créateur d’un monde entier, sans aucune contrainte.

Mais il faut également avoir de l’inspiration… et une sacrée en plus !

-Ce qu’on appelle bêtement l’inspiration n’est que le travail sur sa mémoire, ses peurs, sa présence et son utilité dans le monde.

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Je prétends que dans chacun de ses livres, ses héros lui ressemblent sacrément. Je ne le connais pas dans la vie, c’est donc une énorme bêtise mais pas grave !

-Chaque histoire que j’écris correspond à un moment qui raconte parfois la vie exacte de ce que je vivais à ce moment là…

Ah ! J’avais donc raison. Ca frisouille la psychanalyse.

-C’est quoi la psychanalyse ? C’est d’essayer de voir le bordel qui est en soi. C’est un travail sur sa mémoire… très important la mémoire. Mais aussi l’enfance, la jeunesse, le bonheur, la mort. C’est tout le corpus de la psychanalyse et moi je parle tout le temps de ces choses. C’est peut-être pour ça que les gens aiment mes livres. Ils sont fabriqués avec le même matériau humain qu’eux et moi.

Je lui parle de l’image que j’avais de lui avant de le rencontrer. Son côté ours qu’il ne faut pas emmerder. Son côté, j-habite-dans-une-petite-maison-dans-la-région-de-Toulouse-et-laissez-moi-tranquille-avec-votre-monde- des-lettres-factice !

medium_jean_paul_dubois1.jpg-Vous exagérez un peu jeune homme !  J’aime bien le contact avec les autres parce que je vis seul. Ma compagne vit au Canada. Simplement, je suis extrêmement timide alors je préfère vivre dans le retrait plutôt que l’on s’intéresse à ma personne… Ca me rend mal à l’aise. Je deviens gauche, emprunté, je bafouille, comme je le fais avec vous depuis une heure.

Mais pas du tout. Au contraire.

Il m’avoue qu’il craint avoir fait un peu trop la morale dans ses propos.

-Je n’ai aucune qualité particulière pour expliquer ni la littérature, ni la vie, ni les rapports entre les gens. Mon métier ne repose pas sur une science exacte ni sur la raison...

Voilà, Jean-Paul Dubois tel qu’il est.

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Après l’interview, je range mon magnéto, mon livre, mes notes. « Prenez votre temps, je ne suis pas pressé ». Mon prochain rendez-vous est dans deux heures.

Je me lève, lui sers quand même la paluche et… au final nous restons debout, sur le départ pendant une heure. Ce qu’il me raconte est passionnant mais il m’a fait jurer de ne rien dire. Les coulisses de repas entre auteurs, animateurs et comédiens… Ca vaut son pesant de cacahouète. Je ne regarderai plus miss Angot, et mister Durant et Depardiou tout à fait de la même façon. Je dis ça, j’ai rien dit !

 

Conclusion (dont j’ai affreusement honte. Mince, pourquoi, je me laisse aller ainsi ? Hop ! Ma tête dans le sable telle une autruche pendant un siècle pour me faire oublier à tout jamais…) : Dubois ne me laisse pas de marbre.

No comment !

12 janvier 2007

Laurent Baffie... le sniper du PAF!

medium_500a9859afad565ca8d91d3b6a9d3c63.jpgChoper Baffie pour une interview, c’est plus difficile que prendre un rendez-vous avec un ministre. L’homme est très occupé. Deux semaines d’attente plus deux heures de retard le jour J.

Enervé, je rejoins l’insolent sur la terrasse du café Trocadéro

Et j'en profite pour me dire que, quand même, le réchauffement de la planète et tout et tout, ce n’est pas de la blague. S’installer en chemise sur une terrasse au mois de janvier. Même si j'ai le sang chaud, il y a un problème quelque part, non ?

Laurent Baffie fait un peu la gueule. Je sens que ça va être la joie.

Il m’accueille en me lançant : «Après vous, j’vais chez le dentiste. Je déteste grave ». Bon, pour medium_laurent-baffie-thierry-ardisson.jpgle retard, je l’engueulerai une autre fois. Je lui pardonne cet affront (merde, je suis quand même le président de la FAPM!!! Ce n'est pas rien!) parce que je l’aime bien et pour tout dire, je ne souhaite pas être la victime de ses joutes verbales. Il n’a peur de rien ni de personne, en tout cas en présence d’une caméra. « Moi je préfère taper sur les forts et les puissants que sur les faibles. Bon, c’est vrai qu’il y a des proies faciles et il m’arrive d’en profiter. » Il se souvient de la défunte émission Tout le monde en parle. Il tapait sur les Devier-Joncourt, Ophélie Winter ou autres vedettes de la télé réalités par exemple. « Ils étaient des bons clients. Il y avait du grain à moudre ». Comme disait Oscar Wilde : « Je résiste à tout sauf à la tentation».

medium_ahEujO2CJKb_Jav1tHqOi20FOuFQIEto01A9.jpgCe clown triste « je suis ascendant Buster Keaton, comme signe » casse avec aisance des écrivains, journalistes, hommes politiques ou artistes plus habitués à une certaine déférence. « L’impolitesse et l’insolence sont aussi des vecteurs de communication. » Le dérapage n’est d’ailleurs jamais loin : « Il fallait aller très très vite dans cette émission et moi j’essayais d’aller encore plus vite que ceux qui vont vite. Je devais trouver la réplique la plus drôle dans le délai le plus court possible. Je fonctionnais au réflexe alors je ne contrôlais pas toujours tout. » Mais en fait, il est courtois, gentil même.medium_009701_28302_2.jpg

Il m’explique qu’il est plutôt timide en société. « Les gens pensent que je suis une vraie terreur dans la vie. C’est tout le contraire. Mes caméras cachées ont donné une image de moi complètement faussées. Mais j’assume parfaitement. Au moins, on ne m’emmerdent pas méchamment dans la rue ».

Et effectivement, je vois des gens s’arrêter, le dévisager, le prendre en photo avec un téléphone portable, lui parler. Nous sommes parfois interrompus par quelques demandes d’autographes. Il s’exécute avec un bon mot et en esquissant l’ombre d’un sourire.

Qu’il abandonne sitôt les gens repartis.

medium_livre_baffie.jpgBaffie ne sourit pas beaucoup, certes, mais c’est parce qu’il est comme ça. Pas envie de faire semblant.

Je lui parle de son livre sorti l’année dernière… Une version écrite de ses propos tenus à Tout le monde en parle était elle bien nécessaire ? « Je voulais fixer dans le temps quelque chose de très éphémère. Ca fait des années que je fais ça et ce n’est sur aucun support. Ca ne donne pas à mes vannes une dimension littéraire mais ça les fait exister un peu plus. » Et l’incroyable, c’est que ça fonctionne, même sans les images. Comme le dit Thierry Ardisson dans la préface : « Laurent Baffie et le seul sniper du PAF, les autres essaient. »

Nous parlons aussi de son émission de télé Ding Dong que Paris Première à choisi de ne pas reconduire… il m’avoue qu’il s’est sans doute trompé de concept. Ca n’a pas l’air de l’abattre. Il prépare un prochain film et une nouvelle pièce de théâtre…Pleins de projets et le vent en poupe !

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A l’issue de notre entretien, il me demande. « Vous avez peur du dentiste vous ? ». Je lui réponds que oui. Et aussi de l’avion. « On a les mêmes trouilles tous les deux alors ! ». Puis, il me regarde et ajoute. « Je pensais que ça allait me gonfler cet interview, surtout quand je vous ai vu arriver un peu miné. Mais non...ça va. Pas trop chiant !»

Je prends le « pas trop chiant » comme un sacré compliment.

Je sais, je ne suis pas difficile.

09 janvier 2007

Philippe Delerm... Tel père, tel fils!

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Je vais vous dire franchement. Moi, le sport à la télé, à part les finales de coupe du monde de football avec l’équipe de France, ce n’est pas ma tasse de thé. Alors, quand l’attachée de presse de Philippe Delerm m’a proposé de rencontrer l’auteur pour son nouveau livre La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives publié dans la nouvelle maison d'édition Panama, j'étais plus que frileux.

Mais je ne juge jamais avant d’avoir lu.

De plus, je suis loin d’être allergique à l’écriture du monsieur et j’avais gardé un très bon souvenir de sa venue dans une émission de radio que j’animais à la fin des années 90.
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Je l’avais reçu le 31 août 1999 pour son livre Le portique avec l’architecte paysagiste Gilles Clément. La rencontre entre les deux hommes s’était particulièrement bien passée.

medium_04.01.07_Philippe_Delerm.JPGAprès le fils, récemment, j’ai donc de nouveau rendez-vous avec un Delerm dans un bar. Jeudi dernier (le 4 janvier), j’arrive au café de la Mairie de la place St Sulpice à l’heure convenue.

Il est déjà là.

 Il lit.

Isolé du reste du monde.

Je m’approche.

Grand sourire.

Poignée de main.

Je lui demande quel est ce livre dont je ne connais pas l’auteur.

-La véranda de Robert Alexis… Je ne connais pas mais le titre m’a plu et la première page aussi. J’aime bien découvrir…

Je lui explique qu’il est parvenu avec son recueil de « voluptés sportives » à m’intéresser, au moins un peu, à ce monde dont habituellement, je me moque royalement.medium_V80_Livres_Philippe_Delerm_cover_.JPG

Nous parlons de ses différentes nouvelles, ses « petits bouts de souvenirs qui remontent soudainement à la surface ». Il évoque des grands noms comme Colette Besson, Platini, Zidane, Dick Fosbury, mais aussi la solitude d’un arbitre de tennis, la tristesse de la vie d’un petit gymnaste, des sports bizarres comme le curling, la course mythique du Figaro et le dopage dans le cyclisme.

Ca et bien d’autres moments d’éternité et souvenirs personnels de l’écrivain.

-Mes nouvelles suivent la hiérarchie de mes goûts. Je mets nettement en avant l’athlétisme et le football. Puis le tennis, le rugby, le cycliste. Après, il y a le reste.

S’il aime regarder le sport à la télévision, il en a aussi beaucoup pratiqué. Philippe Delerm a joué deux ans en cadet à Saint Germain en Laye, puis il a fait de l’athlétisme jusqu’à ce qu’il parte en Normandie pour être prof (il l’est toujours dans un lycée de Bernay). Il a entraîné les athlètes de demi-fond d’une association sportive d’un collège. Il avait un petit niveau régional au 400 mètres. Mais ce dont il est le plus fier, ce sont ses participations au cross du Figaro jusqu’à 45 ans.

Une des phrases que je retiens dans ce recueil de textes courts : "Comme l'amour, le sport a le pouvoir de s'intégrer au paysage, de nous faire vivre un peu plus large."

Je ne peux pas trop parler du livre parce que ces « madeleines éparpillées aux quatre coins des stades » doivent s’apprécier à petites gorgées.

medium_Livre_20Delerm.jpgA ce propos (quelle transition ridicule et peu discrète!), son livre La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules fête son 10eme anniversaire de succès. Un cas unique dans le monde de l’édition française.

-On ne peut toujours pas le sortir en poche parce que nous continuons à en vendre 500 par semaine. C’est presque antinomique avec la vie d’un best seller. Un best seller, sa vie est comptée.

Au bout d’une heure, je termine l’interview. Mais Philippe Delerm n’est pas pressé. Son prochain rendez-vous est à 18h. Il a encore deux heures à patienter. Je reste avec lui une heure de plus. A parler littérature et bien sûr chanson française.

Son fils pointe le bout de son nez dans la conversation. Le regard s’illumine.

-Vous l’appréciez vous aussi ? me demande-t-il.

J’acquiesce.

Le papa est très fier du fiston. Il est allé le voir 7 fois lors de sa dernière série de concerts à la Cigale.

Ce genre de détail qui n'en n'est pas un me touche au plus profond du coeur.

Il me raconte l’émotion devant ce public qui vient pour applaudir sa progéniture, pour vibrer, rigoler avec lui.

C’est un cadeau dont il ne se lasse pas.
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Je raccompagne Delerm père devant son arrêt de bus.

Il n’y a pas à y revenir. Cette famille est vraiment très sympathique.

Vraiment.

05 janvier 2007

Adamo... Ange chanteur!

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Quand j’étais petit, je l’ai déjà expliqué ici, je croyais que les gens que je voyais à la télévision étaient des robots.

Je sais…

Pas de commentaires.

medium_vd087p-spe-adamo.jpgUn beau jour, à la Grande-Motte (ou mes parents avaient une résidence estivale), je tombe sur un artiste qui devait se produire au théâtre de verdure de la ville balnéaire le soir même.

Il était sur une terrasse d’un restaurant du port.

Je lâche la main de ma mère et cours vers lui.

J’avais 7 ans.

Et je lui ai touché le bras.

 

-Mais c’est mou !

L’artiste se met à rigoler.

-Tu es mignon. Oui, c’est mou…

-T’es pas en fer ?

- ???

Je le retouche.

Ma mère, fan du bonhomme en plus, arrive gênée.medium_PICTO_28-10.jpg

-Oh, excusez le, monsieur !

-T’as vu maman, le chanteur, il est tout mou.

-Bon, allez, ça suffit! Laisse le monsieur tranquille.

C’est donc avec ce monsieur que j’ai rendez-vous à l’hôtel de Sers pour la sortie de son vingtième album, La part de l’ange.

C’était il y a deux jours.

Mercredi.

Adamo, donc.

J’arrive un peu en avance.

En regardant Salvatore Adamo se faire interviewer par le journaliste qui me précède, je repense à cette anecdote.

J’esquisse un sourire.

La vie, quand même.

medium_adamoy.jpgEmmanuel Marolle, du Parisien me laisse la place.

Le chanteur « tout mou » ne l’est pas en fait. Il est souriant, poli, courtois.

La classe.

J’ai tout de suite envie de lui parler « robots » mais je me retiens.

Bon, je vous passe ce que je lui ai raconté sur son album.

Poétique, élégant.

D’inspiration latine.

Réalisé par Fabrice Ravel-Chapuis et l’excellente Edith Fambuena.

Avec un duo amusant en compagnie d’Olivia Ruiz (ici avec bibi!)

Il est beaucoup question du temps qui passe (à la vitesse de la lumière…).

Et l’amour est très présent aussi.

-Je dis enfin ce que j’ai à dire à mes proches. Un de mes seuls regrets est de ne pas avoir vu grandir mes enfants, d’avoir négligé mes amis qui ont été très patients à mon égard. Là, j’ai voulu qu’ils comprennent entre les lignes que je m’adresse à eux et que je mesure parfaitement la chance que j’ai qu’ils soient toujours là.

En Mai 2004, Salvatore Adamo a eu une hémorragie cérébrale, dont il est sorti (difficilement) grâce à du repos obligatoire. Aujourd’hui, il a changé. Il est devenu plus philosophe.

Place à l’essentiel.

Il parle de sa maladie sans problème.

-Je suis plus sage maintenant. La maladie m’a fait comprendre la chance et le bonheur d’être en vie. Monmedium_Adamo.jpg année de convalescence m’a fait réfléchir à tout ce que j’étais. Avant, je privilégiais mon métier. J’ai souvent sacrifié des moments avec mes enfants, ma femme, mes amis, pour aller faire une télé ou des concerts que j'aurais pu éviter. J’essaie aujourd’hui de rétablir une hiérarchie dans l’importance des choses. J’ai le sentiment d’avoir eu beaucoup de chances et je veux profiter au maximum du temps qu’il me reste à vivre.

Et de m’expliquer qu’il ne faudrait pas qu’il travaille tant, que ses médecins lui interdisent mais qu’il ne peut pas s’en empêcher.

Avec modération, certes mais quand même.

Il sera au Bataclan du 13 au 25 mars.

Puis au Québec, puis au Japon.

Adamo s’aménage des moments de repos entre les concerts, mais quand même…

Est-ce bien raisonnable ?

Après 43 ans de carrière ininterrompue, difficile de mettre la pédale douce.
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Après l’interview et la photo Mandorienne, je lui dis l’émotion que j’ai de le rencontrer.

Ses chansons ont bercé ma jeunesse.

medium_al0000012308_large.jpgPapa et maman adoraient.

 

-Vous permettez monsieur ?

-Tombe la neige.

Et du coup moi aussi.

J’ai beaucoup écouté et chanté devant ma glace C’est ma vie !

(C’est ma vie, je n’y peux rien, c’est elle qui m’a choisi, c’est ma vie, c’est pas l’enfer, c’est pas le paradis…).

En lui serrant la main, une nouvelle fois, je constate qu’il n’est pas en fer.

C'est chaud.

Un cœur fragile bat dans cet être de chair et de sang.

Mais moi, je suis redevenu un petit enfant.

Je cherche la main de ma mère.

Tout mou, je suis.

Le temps passe…

03 janvier 2007

Riké... Positive vibration!

 

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S’il y a un album frais, positif, pas prise de tête mais qui pose parfois de bonnes questions sur la vie, c'est bien celui de Riké : Vivons !

Beau cri du cœur pour une année qui commence…

Riké (ici dans son MySpace, il y a son single) est l'une des deux voix du groupe de reggae Sinsemilia. C’est lui qui chante par exemple le carton de 2004 : Tout le bonheur du monde.

Après une première expérience solo en 2003 avec l'album Air frais, le chanteur revient donc avec son second disque le 29 janvier prochain.

Il s’y livre beaucoup plus intimement qu’au sein du combo grenoblois.

Sa vie, ses sentiments.

Ce qu’il chante est universel et tout le monde s’y retrouve.

medium_512124-625950.2.jpgC’est dans les locaux de Warner que je le rencontre le 18 décembre dernier. Les journalistes qui me précèdent sont en retard et ne veulent visiblement pas le quitter.

30 minutes à attendre dans un canapé.

L’attaché de presse finit par les « virer » avec diplomatie. Ca doit se voir quand je commence à perdre le flegme qui me caractérise.

Je leur sers la paluche quand je les croise mais j’ai tout de même envie de leur apprendre les règles de bienséances.

Je comprends très vite pourquoi ils ont pris leur temps.

Riké est un personnage attachant et éminemment sympathique.

Un gamin content d’être là…

C’est l’effet qu’il me fait.

Je lui dis que sur moi, son disque a des effets bénéfiques. Il me rend joyeux.

Il bondit de contentement.

Et ceci n’est pas un effet journalistique.

-Tous les gens que je croise depuis ce matin me disent des trucs comme ça alors, ça m’émeut, tu ne peux pas savoir.

Donc, je ne suis pas très original !

Alors que je ne lui ai pas posé la question, il tente de me rassurer.

-Ce deuxième album solo ne veut pas dire que les Sinsemilia vont se quitter. On s’entend toujours aussi medium_512124-625949.jpgbien. Tout le monde à des projets à coté et ça nous fait du bien. L’année dernière on a joué 100 concerts dans le monde entier. Là, on fait un break d’un an et demi. On se ressource tout simplement.

Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'une initiative en solitaire car un petit collectif travaille avec lui sur les textes, les musiques et les enregistrements. A ses côtés, on retrouve N°9 et Mike, l'autre chanteur de Sinsemilia et son complice depuis les bancs de l'école.

Il me raconte le pourquoi du comment de chaque chanson mais au fond, ce qui m’intéresse, c’est de le faire parler de lui.

Et ça, il n’aime pas.

Comme s’il se protégeait.

Je parviens à faire en sorte qu’il me raconte en quelques mots son histoire.

medium_1142012164_l.jpg-A l’école, je ne foutais rien. J’étais gentil, poli mais j’avais l’impression que tout ça ne me touchait pas. En 6eme, on m’a dit que ça ne servait à rien que j’aille plus loin. J’ai donc arrêté. Un peu plus tard, j’ai fait 4 ans de boucherie et j’étais le plus malheureux des garçons. Après cette expérience, je devais partir à l’armée mais je me suis fait objecteur de conscience. A la place, je me suis occupé pendant 2 ans de gamins handicapés. J’aurais pu rester dans cette voie là parce que ça me plaisait vraiment. A ce moment là, Sinsemilia est arrivé et j’ai compris que c’était ça que je voulais faire. Musicien et chanteur.

Je devine une enfance un peu moyenne mais Riké reste obscur sur cette période.

J’ai devant moi un garçon souriant, plein de pêche, dont l’aura positive déborde. Un vrai médicament contre le blues et la morosité à lui tout seul.

C’est là qu’il m’explique.

 

-Je souris tout le temps mais je ne suis pas un comédien. J’aime la vie, je n’en n’ai qu’une alors j’en profite. Ce qu’il y a après, je ne veux même pas le savoir, je m’en fous. C’est maintenant que je vis à fond.

 

Je reste sur ce terrain là car je décèle une petite faille.

-Tous mes problèmes, je les prends en rigolant et je sais que ça m’aide. Je me dis souvent que c’est super dur de faire le bien et c’est super facile d’être con. Mon message est simple : sois souriant et va vers les gens, on te le rendra.

Mais ce sourire, là, constant.

Pas normal tout de même.

-J’ai appris à être comme ça. Je ne suis pas ainsi depuis gamin. Je ne veux pas rentrer dans les détails de mon passé mais c’est très personnel. J’ai eu des trucs qui ont fait très mal dans ma vie mais il est hors de question que je rumine ces choses là. Mike, mon meilleur ami (le Mike de Sinsemilia) m’a aidé à sortir de ces trucs là.

Je n’en saurai pas plus.medium_1114529338_l.jpg

Et ça suffit comme ça Mandor !

Pas bien d’être indiscret.

Je n’y peux rien, moi.

Des gens toujours rayonnants, je trouve ça louche.

Besoin de gratter un peu.

Je sais que ça cache quelque chose.

Bien placé pour.

Deux chansons me bouleversent dans ce disque.

Comptine de la petite main et Un père.

Concerné au premier chef.

Les autres chansons sont un régal et aident à voir la vie du bon côté.

Parfois ça fait du bien, non ?

Si.

 

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Après l’interview, nous parlons de nos paternités récentes respectives.

Lui une fille de 6 mois (Ines) moi une de 19 mois (Mandorette, c’est joli non ?)

-Je me rends compte que c’est une sacrée responsabilité, un poids énorme sur les épaules mais un bonheur absolu.

Tout pareil.

Riké, après l’interview, tient à me raccompagner jusqu’à la porte de la maison de disque.

Il a peur que je revienne lui poser des questions indiscrètes ou quoi ?

Non, il est comme ça.

Formidablement humain.

C’est comme ça qu’il a voulu devenir.

C’est comme ça qu’il est à 35 ans.