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21 janvier 2007

Diam's... La battante victorieuse!

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Je suppose que l’on peut  considérer que la grande gagnante des NRJ Music Awards d’hier soir est… Diam’s.

Je ne sais pas.

Mais quand même.

Artiste féminine francophone de l’année : Diam’s.

Album francophone de l’année : Dans ma bulle.

Chanson francophone de l’année : La boulette.

Oui, on peut dire que la directrice artistique du nouveau label Motown France a battu tout le monde à plate couture. Même l'AFP est d'accord avec moi.

Ah! Ca vous en bouche un coin, hein?

Alors, en cette journée dominicale, je vous propose de revenir en arrière de quelques mois.

Le 13 décembre 2005 (putain, déjà plus d’un an !).

Une petite chambre de l’Hôtel d’Orsay.

Un palace? Non.

Un honorable hôtel, simplement…

A l’image de Diam’s.

Pas tape à l’œil mais efficace.

Je suis arrivé très curieux de la connaître car cette jeune fille m’intriguait un peu.

J’en ai profité pour faire un portrait.

Le voici.
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Petit bout de femme énergique, combattante, princesse de la rime pessimiste, Diam’s revient 3 ans après Brut de femme. Chronique d’un succès assuré.

Ce qui touche chez elle, ce sont les sanglots au bord des lèvres. Quand elle rappe, l’impression est nette qu’elle va exploser, violemment. Comme rarement. Elle confirme.

« Même derrière un micro je suis souvent prête à pleurer. Tout ce que je raconte dans mes textes me secoue. Je suis extrême. En moi, c’est tout noir ou tout blanc, jamais gris. Je ne parviens pas à relativiser ce qu’il m’arrive. »

medium_252359.jpgElle réfléchit quelques secondes.

« Franchement, je ne sais pas si tout interprète doit donner autant de soi, mais moi, je ne peux pas faire autrement. Même mes réalisateurs en studio, Tefa et Masta, ont tenté de me freiner. Ils me disaient que j’en faisais un peu trop. »

A tort, car c’est certainement ce trop plein d’émotion qui bouleverse le public de Diam’s. Elle raconte dans ses textes toute sa vie. Sa vraie vie. Et elle ressemble à celle de ceux qui l’écoutent.

« Si je n’avais pas eu la musique, je serais encore entrain de galérer pour trouver du taf. Je n’ai pas de diplôme et je n’ai pas été aidée quand j’ai voulu faire des études. Je suis vraiment persuadée d’être une nana parmi les autres avec exactement les mêmes problèmes. Au fond, je suis une jeune de mon temps, un peu déboussolée sur cette planète. »

Mélanie Georgiades naît le 27 juillet 1980 à Nicosie, capitale de Chypre, d’une mère française et d’un père chypriote. Très vite, le géniteur prend la poudre d’escampette. Dès ses quatre ans, cette fille unique est élevée par sa maman, à Orsay (au sud de Paris). A l’adolescence, elle s’ennuie mais le rap rythme la vie des jeunes de sa cité. Elle se met à rêver puis à créer ses propres textes. Il lui faut rapido un pseudo… Vite, le dico ! Une définition lui offre le nom idéal : « Objet de luxe et de parure. N’est composé que d’éléments naturels. Le diamant ne peut-être brisé que par un autre diamant. » Diam’s avait besoin d’un nom rassurant.

 « Je suis un mélange de sensibilité et de fragilité mais aussi de petite guerrière et de combattante de la vie. L’un n’empêche pas l’autre. Il faut savoir se protéger et se préserver quand on affronte un peu la jungle… »

A jungle, faut-il comprendre la vie, le show biz, l’extérieure de sa bulle ? En tout cas, l’ado Mélanie décide de s’y jeter à corps perdu. A 15 ans, elle rappe au sein de différents « posses » à travers la banlieue parisienne.

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Très vite, le nom de Diam’s s’installe sur la scène rap amateur, pourtant très phallocrate. Les premières expériences discographiques pointent le bout de leur vinyle. Diam’s commence à exister. Elle n’a aucune structure professionnelle autour d’elle mais elle réussit à effectuer une cinquantaine de concerts entre 98 et 99. Déjà ses textes sont noirs, peu enclin à l’espoir.

« Je suis de cette génération où il faut se battre pour être heureux. On ne nous laisse pas le choix. Passer medium_e822159a86329d4c.jpgpar la bagarre pour vivre, ça n’encourage pas à l’optimisme. Pourquoi les choses ne sont-elles pas plus fluides, plus faciles ? Il faut du courage pour être un jeune aujourd’hui. »

En 1999, même si elle continue les galères et jobs de tout poil, elle enregistre avec Black Mozart (compositeur rap et producteur) son premier album Premier mandat sur le label indépendant Reel Up. Echec commercial. De featuring en concert en passant par des participations aux émissions de radio où les rappeurs improvisent en direct, Diam’s continue sa trajectoire sans concession.

«La meilleure façon de me faire respecter et de me protéger était de tout dévoiler, ne rien cacher. Je deviens soudain moins attaquable étant donné qu’on sait beaucoup de choses sur moi. Peu de femmes dans ce milieu agissent de la sorte. Dans mes raps, je ne suis pas quelqu’un de mystérieux. Je dis les choses que je pense sans aucun calcul. C’est peut-être inconséquent, je ne sais pas. »

medium_diams.jpgSon discours est très clair : qui aime Diam’s aime Mélanie. Très rapidement, la chanteuse rappeuse un peu garçon manqué va se faire remarquer par EMI. En avril 2002, premier contrat. Un maxi de deux titres voit le jour. Pour d’obscures raisons, l’album est annulé. C’est le label Hostile qui sort finalement son deuxième album Brut de femme en mai 2003. Carton plein, même si le rap français n’est pas habitué aux thèmes abordés dans ce disque largement autobiographique : La violence conjugale, la place des filles en banlieue et l’absence du père… Le titre le plus léger de l’album, DJ, devient le tube de l’été 2003. Les scènes parisiennes et provinciales s’enchaînent à un rythme effréné et la consécration arrive immédiatement. Elle décroche la Victoire de la musique 2004 du meilleur album rap/hip hop de l’année.

«Je prends la vie que je mène comme un cadeau, pas comme un dû. J’ai presque fait le tour du monde pour aller chanter. Je suis donc épatée tout en restant parfaitement lucide. Le succès peut être éphémère alors je travaille beaucoup afin de me donner les moyens de faire de la musique et de la scène très longtemps. »

Après la sortie d’un CD/DVD live Ma vie-Mon live fin 2004 et de nombreux textes pour d’autres artistes medium_77.jpg(Amel Bent, Sinik…), voilà que déboule le nouvel album de « la boulette » (comme elle se surnomme elle même). « Dans ma bulle » reprend les mêmes thèmes, mais abordés avec plus de maturité et d’élégance. L’écriture est plus incisive, précise. Diam’s s’y montre nettement désabusée.

« Je suis pessimiste quant à l’amour sur Terre. J’ai l’impression que l’amour des gens envers les autres est au point mort. Même le romantisme n’existe plus. Les hommes trompent les femmes et vice-versa presque ouvertement. Tout le monde couche avec tout le monde. Je suis un peu fleur bleue alors tout ça m’écoeure un peu…»

Dans Nuit blanche, elle catégorise même son opinion. « Il faut se méfier de tous les mecs ». Le comportement des adultes face aux jeunes est un autre sujet d’exaspération. Trois chansons en témoigne : Ma France à moi, Cause à effet et TS (tentative de suicide).

« Personnellement, toute ma vie je me suis senti rabaissée par l’adulte. Aujourd’hui, je me sens jugée par eux. Les adultes croient qu’ils sont finis, qu’ils n’ont plus rien à apprendre de personne. Tous les problèmes, et principalement ceux des banlieues, viennent de cette incompréhension. Les adultes ont tout à apprendre des jeunes ! »

Diam’s revendique, dénonce, se révolte… Dans Marine, une chanson qu’elle interprète à la télévision et sur scène depuis plus d’un an, elle s’adresse à la fille du leader du FN.

« Pour moi, il y a un avant et un après « Marine ». Avant, les gens me voyaient comme un divertissement, aujourd’hui, ils me considèrent comme une artiste à message. Il n’y a pas beaucoup de nanas de 25 ans qui viennent ouvertement emmerder le FN sans se soucier des conséquences… ».

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Effectivement.
Dans sa bulle, Diam’s évoque aussi sa maman, son papa, son futur bébé, la France qui parfois lui fait honte, la célébrité, le succès… et parce qu’elle n’est pas une ingrate, elle clame sincèrement son amour du public. Avec ce nouvel album, cette charismatique artiste impose sa plume, sa voix et son talent. Cette Diam’s là est éternelle.

 

P.S: L'artiste masculin francophone de l'année (toujours aux NRJ Music Awards)...

C'est M.Pokora.

Vous croyez que cette victoire a un rapport avec ma lettre écrite la semaine dernière?

Oui?

Merci.

(N'importe quoi le Mandor!)

 

Re P.S: Les photos merdiques (si, si, j'en ai pleine conscience) de Diam's en noir et blanc sont de bibi.

Pas la chanteuse.

Bibi, c'est moi.

Enfin, c'est une expression...

Hum!

 

Re re P.S: Pour ceux qui savent que Fishturn et moi, on est pote... allez voir son délire du jour. Il met des vidéos de lui maintenant...

Que dire?

Il m'a bien fait marrer ce con.

Commentaires

plus je l'écoute, plus j'aime ses chansons.
bravo à la demoiselle qui a réussi à se faire une place dans le mini monde du rap français (que je n'aime pas du tout d'ailleurs)

3 victoires? waouu!
on m'a dit que le Roi Soleil avait eu les 2 récompenses là où ils étaient nominés: youHou!!! (et non je ne lâcherai pas le Roi Soleil!!)

Écrit par : dorothée de la FAPM vieille... :( | 21 janvier 2007

j'ai du mal avec elle... j'ai l'impression que c'est parfois un peu surfait...

Écrit par : mry | 21 janvier 2007

Discours peut-être un peu trop caricatural à mon goût, notamment sur la relation "adultes-jeunes"... Je sais que je vais faire ma vieille là, mais est-ce que quelquefois, les "jeunes" n'ont pas eux aussi trop tendance à penser qu'ils n'ont rien à apprendre des "adultes" ?
Je pense que pour arriver à l'équilibre, ça doit se faire dans les 2 sens non ? Et ça s'appelle peut-être le respect mutuel...

Écrit par : bridget | 21 janvier 2007

@Dorothée de la FAPM vieille: Oui, ça... on peut dire que tu ne laches pas prise avec cette comédie musicale... Un jour, va falloir que tu nous expliques.
@Mry: Pour être franc, moi je n'écoute pas Diam's , non plus... Sa personnalité, je l'ai dit, est intéressante mais je ne suis pas du tout amateur de rap français (commercial ou non) avec des discours passe partout.
@Bridget: Mais alors là tout à fait d'accord avec toi. Tu sais dans mes articles, je laisse les artistes s'exprimer et point barre. Ce n'est pas mon rôle de dire... "euh, non, excusez moi mais vous avez tort..." etc. Je ne travaille pas pour un journal d'opinion. Par contre, il est vrai que sur mon blog, je pourrais un peu plus dire ce que je pense.
j'ai pris note.

Écrit par : Mandor, président indestituable de la FAPM | 22 janvier 2007

A presque 40 balais (my gosh) ancienne "fly girl", je suis FAN de Diam's que j'ai vu à Marseille cet automne et qui reste un de mes meilleurs concerts à ce jour, et j'en ai vu, crois moi... La boulette est la digne fille des plus grands rappeurs oldschool à qui elle sait ,d'ailleurs en live, rendre hommage! voilou, c'est dit... de plus "Ma France à moi" est un bon titre en vu des élections imminentes

Écrit par : gucci | 22 janvier 2007

Je ne voulais pas du tout dire que tu devais prendre parti... Je comprends tout à fait ton rôle de journaliste et justement, c'est ce que j'apprécie ici sur ton blog.
Tes articles, beaucoup moins formatés que dans d'autres supports, nous donne chaque jour matière à échanges avec toi et les autres bloggers et nous donne la possibilité d'avoir un éclairage différent sur ce monde du show-biz : c'est un luxe ! Donc ne change rien, c'est parfait !

Écrit par : bridget | 22 janvier 2007

DIAM's j'aimais bien avant, mais maintenant qu'elle est chantée sur les cours de récré dans les primaires moins, car elle est un peu trop vulgaire à mon goût pour ces enfants, et même pour les ados, elle caricature trop les relations garçons filles, notemment dans son dernier clip, tous les mecs ne sont pas des salopards, elle a certes vécu des choses dures avec certains, mais en faire une généralité fausse les pensées de ces jeunes ados de 12 à 16 ans !

Ce que je trouve remarquable chez elle, c'est qu'elle se sert de sa position d'artiste pour faire passer des messages qui lui tiennent à coeur comme la violence faite aux femmes,
j'aimerai bien avoir son pouvoir, mais moi, je le fais à petite échelle, avec mon blog !

Au plaisir de vous relire !!

Écrit par : Fanette | 23 janvier 2007

Elle devrait être poilue des aisselles. ça renforcerait son discours. Si si. C'est à ce genre de détails qu'on mesure votre crédibilité.

Écrit par : arlette | 25 janvier 2007

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