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21 décembre 2006

Nadj... chanteuse oniro-électrique!

 
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Quoi sur ce blog ça sent le sucre? Même pas... l'aspartam plutôt. Tout est édulcoré.

Ca dégouline de miel à chaque note. Beurk!

Ca en devient écoeurant.

Ok! Je ne suis pas le plus grand perturbateur de la blogosphère, je sais bien, alors aujourd'hui, je vais faire fort. Je vais vous donner une grande claque musicale dans la gueule!

J'ai reçu il y a près de 6 mois un album 5 titres d'une dénommée Nadj. Je mets le disque dans mon manche disque (quoi???).

Et là, je monte le volume. Ma femme m'engueule.

-T'écoutes quoi là! C'est plus de ton âge Motorhead. Bordel de merde, t'as plus 15 ans!

(Même pas, elle me parle comme ça en vrai!)

medium_982732896_l.jpgJe mets donc le disque dans mon walkman (quoi encore???) et là, mes cages à miel (salut Zégut!) partent en vrille méchamment.

Aïe, ouille!

'tain, ça déménage ce truc là.

Ensuite, j'ai mis mes écoutilles en soins intensifs.

Un bon Vincent Delerm et ça va mieux.

L'est folle cette Nadj!

Puis, il y a quelques jours, je reçois l'album (en entier) et dans la foulée, un appel de son attachée de presse m'invitant vivement à la rencontrer.

J'accepte, évidemment, parce que cette nana (la chanteuse, pas l'attachée de presse) me paraît déjantée, voire medium_816321482_l.jpgborderline (et je l'ai déjà dit ici, j'adore les gens extrêmes!).

Ainsi donc mercredi dernier (le 13 décembre) je me rends chez Warner.

L'attachée de presse et Nadj viennent me chercher à l'accueil pour m'emmener dans une petite salle au sous-sol. Comme d'habitude, nous consacrons les premières minutes à nous observer. Je lui pose des questions simples sur le début de sa carrière.

-Mon choix de faire du rock brut n'est pas calculé. Ca s'est imposé à moi. Entre 20 et 27 ans, j'ai expérimenté plein de choses et de styles différents. A un moment donné, il y a élagage, un tri qui se fait naturellement. Les racines de toi s'imposent. De plus, les gens que je connais m'ont beaucoup encouragé dans le sens que j'ai pris. « Hurle, crie, fait ce que tu veux mais c'est ça ton truc! »

Donc elle hurle, elle crie et elle fait ce qu'elle veut.

Sans concession.

medium_1058404963_l.jpg-Disons que je maintiens mon périmètre. C'est obligatoire de vouloir préserver son identité. Au début, avec ma maison de disque On Music, j'ai appris à mettre des nuances mais jusqu'à un certain point. Ca a été des débats houleux, bref, il a fallu se connaître, se rencontrer. C'est comme une rencontre avec quelqu'un. Il faut apprendre à se polir au contact de l'autre.

Mais, bon, disons le tout net, ce disque est le plus rock, punk, hard de la production française féminine.Ses copines Mademoiselle K, Katel ou Adrienne Pauly, à côté, ce sont des petites chanteuses à la croix de bois.

-Et encore, le disque est plus lisse que ce que je peux produire sur scène. On aurait pu faire un truc cent fois plus fou.

Ah bon! M'étonne-je.

-Les gens qui me connaissent sur scène trouvent que le disque est plus sage et tranquille. On sent qu'il y a du travail de production derrière.

Ah bon? Me rétonne-je.

Après un disque autoproduit et des concerts à gogo (dont des premières parties en solo pour Dominique A, Brigitte medium_1145260249_l.jpgFontaine, Arno ou en trio pour Jean-Louis Murat, Venus, Radio 4, Elysian Fields...), Nadj n'a rien à apprendre de quiconque. Dans le métier depuis 10 ans, ce premier disque « officiel » lui sert juste à accéder à l'échelon supérieur. Point barre.

-Je connais bien l'envers du décor du monde de la musique parce que je l'ai beaucoup pratiqué. Ce n'est pas parce que tu signes dans une maison de disque que tu y es arrivé!

Lucide la demoiselle.

Elle vit sa musique comme un parcours initiatique, une quête de soi.

-Le parcours d'un artiste ne peut se dérouler sans passer par de sérieuses remises en question. On passe sa vie à faire des choix pour un jour comprendre le chemin qu'il faut emprunter.

Un peu comme pour tous les métiers, suis-je tenté de préciser.

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En tout cas, la musique est salvatrice pour Nadj. Sans elle, serait-elle paumée?

-Carrément. C'est la scène qui me permet de me sentir à ma place dans cette société. J'ai mis beaucoup de temps à savoir qui j'étais. J'avais du mal à comprendre ce qu'il se passait autour de moi, ce que je foutais là... J'avais de grandes questions existentielles. Quand j'ai admis que ma place était autour de la musique, les choses ont été beaucoup plus simples pour tout le monde. Ce qui n'est pas simple après, c'est la survie. Ok! Je suis une artiste mais, qu'est-ce que je fais? Comment je vais vivre?

medium_1143350142_l.jpgJe trouve cette chanteuse très charnelle.

-Je suis contente que tu me dises ça. Mes textes ont un rapport avec le corps. Du moment que tu es connecté à ton corps, à ta réalité sensitive, à tes sensations tu ne peux pas être endormi, ni te complaire. C'est un peu le refus de l'intellect. J'ai une trop grande capacité à réflechir, à cogiter. J'ai appris à devenir une sensitive.

Son écriture en est la preuve parfaite.

-Je ne cherche pas à ce que l'on comprenne ce que j'écris. J'ai envie que mon écriture reste instinctive et qu'elle provoque plutôt une sensation qu'une réflexion. J'ai une vision des choses kaléidoscopique et hallucinante, mais (en souriant) je ne prends pas de drogue.

Ah bon??? Pourtant, elle est artiste... (Oui, ben les clichés ont la vie dure!)

-Je pense que je chope des trucs. Je suis très sensible, j'ai des antennes. Ca m'a valu des périodes assez difficiles parce que je captais pas mal de choses autour de moi. J'ai un ressenti et des intuitions très forts en présence d'autres personnes.

A ce moment là, je vois son nez qui gigote de gauche à droite très rapidement.medium_725260717_m.jpg

Mince! Ma sorcière bien aimée devant moi.

J'ai l'air de me moquer mais pas du tout en fait. Cette fille dégage un sacré truc, je vous assure.

Le charisme ça s'appelle et une espèce de folie qui m'attire.

-Il faut accepter la folie qui est en nous. Ne surtout pas l'étouffer. Quand j'ai essayé, ça finissait par ressortir quelque part. Donc maintenant, je chante et je joue de la musique. Ma folie sort par là!

Nadj, une chanteuse enragée alors?

-Enragée, je ne sais pas ce que ça veut dire. Moi, j'arrive à accepter ma puissance, à apprivoiser mes ombres. Je ne veux surtout pas me juger. Je suis plus dans la jouissance que dans la rage. Ma musique est un exhutoire qui n'est ni glauque, ni plombant, ni obscur... c'est une allée pour rejoindre la lumière et la liberté.

Après l'interview, je lui parle de mon blog. Ca l'amuse pas mal mais quand je lui demande de faire les photos nécessaires, je sens que ça la branche moyen moyen.

Mais je ne désarme pas.

Elle me dit que généralement elle s'occupe elle même de ses photos.

Négociations.

Elle accepte enfin.

Ouf!

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medium_art_couvlo37nadjb2.jpgNadj est à découvrir si vous aimez la zic forte, puissante, avec aspérités.
Rien n'est feint chez elle. Dans ce disque, la fureur sonique se mêle à des titres plus intimistes, presque acoustiques.
Comme le dit sa bio officielle: Imprévisible Nadj. Une antie-statue. Le mouvement perpétuel. Une promesse d'après. Une révélation!
Et la reprise de Ace of spades de Motorhead sur son MySpace, ça se laisse écouter aussi.
Tiens ce mois ci, elle est en couv' de Longueurs d'Ondes (ce n'est pas le joural dans lequel je travaille, je précise.)

Commentaires

On dirait du Iron Maiden au féminin :D

Écrit par : Tybo | 21 décembre 2006

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