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15 décembre 2006

Ron l'infirmier... A l'écoute du monde.

 

medium_12.12.06_3_Ron.JPG

Voici mon 4eme blogueur écrivain Mandorisé.

Bon, il faut être honnête les amis Aymeric (), Frédéric () et Benoît (là encore), cet homme a une fréquentation quotidienne qui dépasse l’entendement même si (pour une fois) c’est mérité. Il faut être clair, nous quatre réunis on ne lui arrive pas à la cheville au niveau des stats.

Ron l’infirmier n’est pas ce qu’on peut appeler un inconnu dans cette sphère bloguienne. Non, autant le dire, il cartonne du feu de dieu.

Pour ne rien vous cacher, j’avais quelque à priori sur son blog sans l’avoir visité.

Ce qui n’est pas très malin, j’en conviens.

Un infirmier qui raconte sa vie d’infirmier n’était pas un truc qui me faisait franchement délirer (j’ai pourtant une réelle admiration pour les infirmiers. Ils doivent faire preuve d’empathie, ils accompagnent, ils soignent les blessures physiques aussi bien que celles de l’âme.)

Mais voilà, j’ai un problème avec les stars du blog… (Voir cette délicieuse note).

Et puis, étant donné ce que je pense de l’intérêt tout relatif d’un certain Loïc, je mettais un peu tout ce beau monde dans le même panier (Sauf Folie privée, Thomas, Christophe, Vinvin qui a d'ailleurs podcasté Ron et Mry).

Et Ron l’infirmier, donc.

Parce que j’ai fini par m’y rendre sur ce fameux blog.

Et j’ai compris.

Le mec à une plume.

Belle de surcroît.

Une qui frappe vite et bien, dans le sternum, le cœur  ou en pleine gueule, c’est selon.

Humanité, horreur, dérision, second degré, le tout enrobé d’une touche d’humour.

J’ai appris qu’il consignait les évènements de « sa drôle de vie d’infirmier » depuis 1996 « sur un cahier bleu Clairefontaine ». Il était alors assistant sanitaire dans une colonie de vacances en Corrèze. Il venait de sauver la vie d’un petit garçon que tout le monde pensait être un simulateur. Le gamin avait en fait une violente péritonite.

Bref, il note ses souvenirs d’infirmier depuis plus de 10 ans.

medium_ron_livre.jpgApprenant qu’il sortait un recueil de nouvelles (édité par Guy Birenbaum aux éditions Privé) tirées des histoires qu’il écrivait sur son blog, je me suis dit qu’il n’était donc pas inopportun pour moi de le rencontrer.

En début de semaine dernière. Je lui envoie une petite bafouille matinale expliquant sommairement qui j’étais et ce que je souhaitais (en lui laissant un lien sur mes chroniques).

Une heure après, réponse positive.

Il me propose des dates proches.

J’en accepte une.

Souci, je n’ai pas son livre.

Je lui explique que, sans son ouvrage, je ne peux l’interviewer.

Rencontrer un auteur sans avoir lu sa récente prose est un truc inenvisageable pour moi.

Je ne l’ai jamais fait de ma vie.

Il me répond qu’il prévient sa maison d’édition illico.

Le jour de la rencontre approche et toujours pas de La chambre d’Albert Camus et autres nouvelles dans ma boite aux lettres.

Je commence à m’énerver intérieurement.

Je le relance par mail.

Il me rétorque que ça devrait arriver, là, incessamment, puisque le livre est parti mais m’envoie un texte inédit (qui sera sur le prochain…) et un lien vers la seule nouvelle qui reste sur son blog et qui figure également sur le livre.

Je lis et ça me fait presque pleurer.

Le salaud !

Je n’aime pas ça, de bon matin, en prenant mon énième café, être chamboulé intérieurement.

Carrément duraille.

Vraiment intime.

Une des plus intimes selon Ron.

Le jour J arrive donc (mardi dernier… 12 décembre).

J’ai rendez-vous avec lui dans sa maison d’édition.

Et je n’ai pas reçu son livre…

(Note de moi-même : Je l’ai trouvé le lendemain dans mon courrier du jour. Une semaine pour faire Paris/Val d’Oise… Mazette ! Tout ça pour dire que je l’ai lu avant d’écrire cette note. C’est la moindre des choses. Merci !)

La charmante Bob m’accueille en me disant : « Bonjour, c’est moi Bob ! »

Enchanté ! Je me présente sous ma vraie identité.

« Vous venez pour Ron, je suppose ? ». medium_ron_l_infirmier.jpg

Je reste interdit devant cette clairvoyance. Ron m’est présenté et on nous emmène dans un bureau occupé par une demoiselle qui s’active au téléphone.

Donc, nous devons faire l’interview ici devant une tierce personne.

Pas question.

Je l’ai écrit maintes fois ici. Je n’aime pas ce cas de figure.

Il me faut un entretien privé (rien à voir avec le nom de la maison d’édition !)

Je lui suggère de trouver un bar proche.

Ca le gonfle peut-être mais Ron acquiesce.

Nous voilà dans la rue à chercher un bar. Nous passons devant ma voiture, qui est entrain de se prendre une prune.

Ron me dit.

-Ce n’est pas grave, elle ne sera que de 11 euros !

Effectivement, je me dis que pour lui, il y a plus grave dans la vie.

Je sens qu’il me jauge un peu. Pas question de trop en dire pour le moment donc il est poli mais pas prolixe. On trouve enfin un bar honorable.

Je ne sais pas trop comment m’y prendre parce que :

1) Je ne me sens pas assez préparé, n’ayant pas lu ses nouvelles.

2) Il me semble un peu sur la défensive. Pas une défensive agressive, une défensive prudente. Comme s’il se méfiait.

Je suis pourtant un brave garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche. A un moustique oui, je le confesse. Ayant habité 6 ans en Guyane, je suis devenu tueur en série d’insectes en tout genre.

Je branche mon magnéto. J’ai devant moi le premier blogueur édité au rayon généraliste, je prends donc le pouls de son enthousiasme.

-Ce qui m’arrive est la cerise sur le gâteau dans ma vie. Je suis déjà très heureux mais je prends cette « aventure » comme un plus.

Je sais qu’il fait tout pour relativiser, pour que toute cette agitation autour de lui ne lui monte pas à la tête.

medium_12.12.06_2_Ron_edited.JPG-J’ai effectivement des sollicitations qui arrivent de tous les côtés. Je trouve ça plaisant mais il faut que je garde le contrôle. Au fond, c’est simple. J’ai un plan B, un métier, un salaire... Si cela devient ingérable, incontrôlable, si je sens dans le regard des gens qui m’aiment et que j’aime qu’il y a une couille dans le potage, que je fais n’importe quoi, je dirai halte à tout. Tu sais, demain, je suis au boulot. A 6h30, je fais des prises de sang. Il faut se calmer. Je ne suis pas le premier ni le dernier à écrire un bouquin.

La question que tout le monde se pose (et qui à tendance à légèrement l’exaspérer) est de savoir si ce qu’il écrit est vrai ou un peu transformé voire complètement.

-Pour rendre le récit plus agréable, il m’arrive d’amoindrir les faits qui sont durs et d’accentuer les traits caricaturaux. Mais j’ai constaté que la réalité dépassait parfois largement la fiction. Mais au fond, qu’est ce qu’on en a à foutre si tout ce que je dis est la pure vérité ? Je raconte une histoire, point barre. Et si je la raconte c’est que j’ai une raison.  

Ron tient à préciser qu’il n’aime pas se mettre en scène dans ses histoires.

-Mon personnage Ron l’infirmier est très neutre, très passif. Dans Tintin c’est le capitaine Haddock ou la Castafiore qui sont intéressants, pas Tintin.

Et là, il m’explique d’où lui vient son pseudo.

-Ron, c’est le meilleur ami d’Harry Potter. Ron Weasley. Il assiste à toute l’aventure mais il est calme, très en retrait le jeune homme. Moi, c’est la même chose.

Je cherche à connaître son vrai prénom parce que ça me gène de l’appeler Ron. Il refuse de me le donner.

-Je ne l’aime pas… Je préfère Ron.

Moi, franchement, je refuse qu’on m’appelle Mandor dans la vraie vie mais lui doit avoir ses bonnes raisons…

Ses lecteurs finissent, du coup, par faire un amalgame entre lui et son personnage.

-Mais je ne m’appelle pas Ron dans la vie ! Dans ce que j’écris, il faut prendre du recul ni tout prendre au premier degré. Mes histoires ne sont que des histoires. Ce ne sont pas des témoignages ni des autofictions. Je suis juste quelqu’un qui témoigne… qui aime transmettre.

Je n’insiste pas. Enfin si, un peu. Je suis parfois un peu tenace (et chiant aussi).

-Bien sûr que je parle aussi un peu de moi mais je choisis exactement ce que je veux raconter. Je choisis l’éclairage, le maquillage, le fond… Il y a dans mes textes uniquement ce que je veux bien montrer de moi. Pas plus.

Ses témoignages en tout cas sont intenses, profonds et font réfléchir.

Je vais vous dire sincèrement les choses. Quand j’ai refermé son livre, je me suis dit que nous étions dans un monde quand même assez pourri.

Ne me prenez pas pour une quiche, je le sais depuis longtemps, évidemment, mais Ron appuie là où c’est fichtrement douloureux, il titille nos émotions et finalement nous permet d’ouvrir nos putains d’œillères.

Je n’aime pas qu’on me prouve que je ne suis qu’un sale égoïste.

Rassurez vous, vous aussi ! (Si je puis me permettre.)

D’ailleurs son livre à pour principal sujet la connerie humaine de chacun.

 

-La connerie humaine me ralentie. Je suis peut-être naïf mais je crois à des valeurs simples. Je crois à l‘amour, au partage et au don. Mais je ne suis pas non plus mère Térésa. J’ai mes côtés relou comme tout le monde mais globalement ça va. C’est pour ça que j’écris.

Je devais faire 30 minutes d’interview, nous sommes restés ensemble 1h30.

medium_12.12.06_1_Ron.JPG

En clair (et pour conclure), je pense que Ron l’infirmier a écrit le livre idéal pour décrire l’inhumanité de l’être humain.

Comme le dit le fameux Albert Camus de son livre : « L’homme, il est trop con. Comprend rien. »

Un autre personnage (madame Pascol) dans une autre nouvelle résume bien tout ça :

« En France, le civisme, hein, le civisme… Le regard sur autrui, l’inconnu qu’on doit aider, la bienséance, l’éducation, ou simplement les valeurs humaines. On se fiche de l’autre. L’autre n’est qu’une nuisance, un moyen ou un objet. L’autre n’est plus rien. »

Ron est réac, mais il assume.

Idéaliste aussi certainement.

Mais ce n’est pas grave. Il est bon parfois de se faire chahuter, bousculer.

Tout le monde devrait lire ce livre, histoire de voir la vie d’un autre œil et d’essayer de porter un autre regard sur son prochain.

Devenir moins con quoi.

Allez ! On the Ron again !

Commentaires

Il t'a fait pleuré ?
Il est très fort pour ca. Toutes ces histoires ne sont pas tristes, il y en a de très drôles voire carrément loufoques :-)
Il faut aussi le dire.

PS: je crois que c'est la première photo "mandorienne" où tu es rasé, non ? :D

Écrit par : Tybo | 15 décembre 2006

Il a l'air complexe, torturé ton bonhomme. Presque crispé sur les photos.
Et attachant aussi. Pudique et révolté.
Je pense que je vais me procurer son bouquin.

Écrit par : Benoît, membre de la FAPM | 15 décembre 2006

Eh bien, je ne connaissais pas ce "blogueur-écrivain". Comme quoi, on en apprend tous les jours:)

Écrit par : wrath | 15 décembre 2006

Moi je le lis tous les jours le Ron. Je vais acheter son livre pour Noël et même plusieurs pour offrir.

Écrit par : Sam | 15 décembre 2006

Haaaaaaaan Régime !! Punaise, photoshope moaaaaaaa !!

(merci)

Écrit par : ron | 15 décembre 2006

@Benoît membre de la FAPM: Voilà, tout ça, il est. Mais comme tout le monde. L'homme est paradoxal (notez cette phrase qui restera dans les annales!)
@Tybo: Je suis toujours rasé. Juste, j'ai un bouc.
@wrath: Ah bon?
@Sam: Tu as bien raison.
@Ron: C'est mon appareil photo qui a tendance à grossir les gens. Tu es le deuxième figurant sur ce blog qui me dit ça.
Quelqu'un a-t-il un appareil numérique normal à me donner??? Merci à toi.

Écrit par : Mandor, membre de la FAPM | 15 décembre 2006

La première c'était marianne J. ?
Je sors... (en plus je l'aime bien) :D

Écrit par : Tybo | 15 décembre 2006

Plusieurs mois que j'en entends parler, de ce Ron, et pourtant bizarrement je n'étais jamais allé voir.
Merci d'avoir provoqué le déclic, Mandor !
En plus, ça me fait une idée de cadeau en moins à trouver pour Noel...

Écrit par : secondflore | 15 décembre 2006

Ah ouais dis donc, il s'arrondi le Ron, Faut qu'il arrête les petits fours avec les journalistes !
Juste comme ça, pour l'emmerder s'il repasse par là !
Pis il est gros même ! Photoshop n'y peut rien Ron !! Ventru ! Sac a graisse ! C'est pas Photoshop qui faut c'est Georges Lucas !...
Non mais je l'aime bien lui vraiment...(Pour une fois que j'aime bien quelqu'un) Un de ceux dont la notorité est bien fondée...
Il travaille dans quel hopital ? J'irai mourir chez lui tiens, juste comme ça pour faire chier une dernière fois qqun qui le merite.

Écrit par : Fishturn | 15 décembre 2006

@secondflore: Alors, comme ça, tu te fais "podwrather"???
Voir là: http://wrath.typepad.com/wrath/2006/12/ariel_est_trs_s.html#comments
Et sinon, tu peux lire ce livre. Obligé, tu y trouveras ton compte.
@Fishturn: Toi je te l'offre pour Noël le bouquin (sans rire). Quant à l'adresse de son hosto, c'est...
Je n'en sais fichtre rien.

Écrit par : Mandor, membre de la FAPM | 16 décembre 2006

Ha ha, j'apprends même (cf. la réponse de la demoiselle à ton comm) que j'étais "flatté" de l'être...
(Ah, je ris de me trouver si zen en ce miroir!!)

Écrit par : secondflore | 16 décembre 2006

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