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05 décembre 2006

Mabrouck Rachedi... auteur très urbain!

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Le 8 novembre dernier, je reçois un mail sur l’adresse de mon blog. Un dénommé Mabrouck Rachedi me dit être un lecteur de mes chroniques, me précise qu’il est écrivain et qu’éventuellement, nous pourrions nous rencontrer…

Je tape son nom sur Google et constate qu’il y a de nombreuses critiques positives sur son roman Le poids d’une âme. Mais, bon, je reste réticent car, selon les journalistes, malgré tout le bien qu’ils en disent, c’est un roman sur la banlieue…

Je me demande s’il n’est pas souhaitable que je reste sur un bon souvenir avec celui d’Aymeric Patricot qui traitait ce sujet sous un angle original (voir ici ma rencontre avec lui). Et puis, comme je suis un incorrigible curieux, je demande à Mabrouck de m’envoyer son livre. Dès réception, la quatrième de couverture me rassure :

medium_mabrouck_livre_avec_photo.jpg« Sur le mode picaresque, les mésaventures d’un jeune homme de banlieue toujours au mauvais endroit au mauvais moment, et le chassé-croisé des hommes et des femmes qui, contre le système, contre la banlieue, contre leur quotidien, vont tenter de l’aider. »

Il y a donc du positif dans ce roman.

J'ai lu, je me suis régalé (sur un sujet qui au départ, je le rappelle au risque d'être lourd, me laissait froid.)

Hop ! C’est décidé, je prends rendez-vous avec cet écrivain qui a fait l’effort de me contacter.

C’était mardi (28 novembre), vers 19h, dans un café de le rue du capitaine Ferder. J’étais encore avec mon pote la louve. Ca faisait un moment que nous n’avions pas siroté ensemble. Mabrouck est arrivé pile poil à l’heure. Un peu gauche, timide et… pince sans rire. Curieux personnage mais tout de suite attachant. Il se joint à nous et participe à notre conversation de manière curieuse et inédite.

Une phrase = une remarque pertinente.

Pas un mot de trop.

Le bavasseur que je suis est impressionné.

Je demande à la louve de faire les photos Mandoriennes avant qu’il ne nous laisse.

L’auteur s’amuse à prendre la pose comme sur la photo de la jaquette de son livre. Je ne le sens pas très à l’aise avec ce genre de séance.

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Pas très à l’aise non plus quand je sors mon magnéto. Je lui dis de faire comme s’il n’y en avait pas tout en sachant que c’est impossible. Une conversation enregistrée n’aura jamais rien à voir avec une conversation en off. C’est comme ça.

 

Je dis à Mabrouck que, quand même, son héros a une sacrée scoumoune. Lounès, un matin comme les autres arrive en retard au lycée. Quelques heures plus tard, il se retrouve en prison, accusé quasiment de terrorisme et sous la menace d’une expulsion. Mazette ! Il aurait mieux fait de ce casser une jambe. La faute à qui ? A « pas de chance » qui traînait dans le coin. En fait, une succession de petits événements qui, assemblés, vont se transformer en engrenage infernal… « Cette histoire, je la porte depuis longtemps. La question principale est : comment un type pris dans un absurde imbroglio peut parvenir à s’en sortir ? Moi, je n’en sais rien mais j’ai essayé d’inventer. C’est mon travail d’écrivain. ».

Conseil au prochain journaliste qui rencontrera Mabrouck Rachedi, évitez de lui dire qu’il s’agit là d’un énième roman sur la banlieue… il en a un peu ras la cacahouète (quoi, elle n’est pas jolie cette expression ?) d’entendre cette remarque convenue (mais tellement tentante). Parce qu’il décrit des émeutes, une cité qui s’embrase, un bus qui flambe et autres joyeusetés déjà vu en vrai de vrai, genre fin 2005. Mais voilà, Mabrouck a écrit ce livre quelques semaines avant ces « évènements ». Est-ce être visionnaire que de décrire avant l’heure l’escalade d’une banlieue où la misère et l’ennui sont des cocktails explosifs ? Tout au moins, c’est ce qu’on appelle avoir du nez.  « Cette histoire aurait pu aussi bien se dérouler dans le 9eme arrondissement de Paris. Simplement, je raconte un environnement que je connais puisque j’en viens. »

Il n’en reste pas moins qu’on lit ce livre comme un roman policier. Un style virevoltant et haletant. Pas de temps mort, du suspens à chaque fin de ses courts chapitres et des coups de théâtre divers et variés. Malin le Mabrouck.

Bon, au final, qui sont les fautifs des (més)aventures du pauvre Lounès ?

Parce que, figurez-vous, tout le monde en prend pour son grade. A commencer par les médias qui jettent de l’huile sur le feu et cultivent la peur au point de ne pas hésiter à transformer la réalité (les salauds !). Mais la faute aussi à l’autorité parentale absente, à la police et à la justice qui ne tournent pas toujours rond et qui se foutent du respect de l’être humain (ok ! Je schématise un chouïa).

En tout cas, ce livre est plein d’espoir.

Je ne raconte pas la fin, hein ?

Mais bon sang de bonsoir, c’est bon la solidarité ! Quand un chauffeur de bus, une prof de français, un journaliste, un juge, une infirmière et quelques autres personnes désabusés mais finalement volontaires se réunissent pour combattre l’injustice, c’est fichtrement beau.

Et bravo à monsieur Rachedi d’avoir le talent de ne pas faire pleurer dans les chaumières et même de parfois nous faire un peu sourire.

En plus, il nous informe sans nous faire la leçon.

Malin le Mabrouck (bis).

Un peu fou, certes, puisqu’il m’avoue avoir abandonné son travail « officiel » dans la finance pour exercer à temps plein le métier d’écrivain. Voilà ce que dit de lui le site de JC Lattes :

Né en 1976, Mabrouck Rachedi vit à Vigneux-Sur-Seine. Bac C, DEA d'analyse économique, il a travaillé quelques années dans une société de bourse. Lassé des costumes rayés, des cheveux gominés tirés en arrière et des chaussures trop bien cirées, il a regagné sa banlieue pour se consacrer à sa passion, l'écriture.

Je lui dis que c’est un acte courageux. Il me répond qu’il espère que dans quelques années il ne dira pas que c’était un acte suicidaire.

Pour Mabrouck, un livre, un combat ?

Et lui de me citer une phrase formulée par l'écrivain Jean-Marc Parisi : « Ecrire est un acte d’engagement, on se met en première ligne… »

Je m’abstiens de lui chanter « Malbrouck s’en va-t-en guerre mironton, mironton, mirontaine… »

Non, je sais me tenir quand même.

J’arrête mon magnéto. Nous parlons encore quelques minutes puis au moment de lever l’ancre, nous nous promettons de nous revoir bientôt.

J’espère.

Ce qui est certain, c’est que je vais suivre de près l’évolution littéraire de cet écrivain en devenir.

Commentaires

j'aime beaucoup ta note et ce genre de "rencontres" par procuration
je sais quelle sera ma prochaine lecture (depuis le temps que je suis sur mon Lévy...)

ça me rappelle le film "qui ne casse pas une pate à un canard" avec Arié Elmaleh. oui c'est sur les banlieues où les djeun's parlent "wech wech" mais le sujet est abordé de façon délicate et c'est plaisant

Écrit par : Dorothée | 05 décembre 2006

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Mandor sans jamais oser le demander (les coulisses de l'entretien avec Mandor)

Le 8 novembre dernier (donc), sur un coup de tête, j’envoie un mail à Mandor, l’icône du blog culturo superficielo et surtout, passionnant, que je suis du coin de l’œil depuis trois ou quatre mois. Gentiment, Mandor me propose d’envoyer mon roman à une adresse au nom imprononçable. Tu croyais qu’anticonstitutionnellement était le mot le plus long de la langue française ? Amateur, le nom de rue de Mandor, c’est plus fort que toi.
Je me pince : est-ce un canular ? Est-ce bien Mandor, le seul, l’unique, qui me répond ? Et cette adresse sortie tout droit du Sceptre d'Ottokar (vous savez, l’épisode de Tintin où Bordures et Syldaves se foutent sur la gueule pour des raisons obscures), n’est-ce pas le signe d’une roche sur anguille ?

C’est avec toutes ces interrogations en tête que je me présente le 28 novembre, vers 19 h dans un café de la rue du Capitaine Ferber. Anxieux, je suis un peu en avance. Un coup de fil à Mandor, qui m’invite à le rejoindre puis plus rien. Problème de batterie. Ca arrive même aux meilleurs, n’est-ce pas Mandor ? Un appel de Mandor et oublié le contretemps.

Quand je pose le premier pied dans le café, je me sens dans la peau de Christophe Colomb foulant le sol américain. Enfin, je suis dans le royaume de Mandor, vous ne vous rendez pas compte ! Je vais enfin savoir à quoi ressemble celui dont tout le monde parle. A peine réalisé-je ma chance, un type me fait signe. De dos, tête baissée, il me hèle. J’avance, gauche, quand, arrivé à hauteur du quidam, je me retourne. Que vois-je ? Rien, ou plutôt, surprise, un gars sans tête ! Le bonhomme ne courbait pas l’échine, je suis dans un remake de Sleepy Hollow. De la banquette d'en face, j’entends un hurlement strident, pourtant, rien d’autre qu’une touffe de poils qui dépassent. Qu’est-ce que c’est encore, cette histoire ?

Sleepy Hollow interrompt « Tais-toi la louve » et il enchaîne, « Mandor, enchanté de te rencontrer ». Qu-qu-qu-qu’est ce qui se passe ? Je rêve ou quoi ? Je dois être livide parce que Mandor poursuit « je fais souvent cet effet-là, va savoir pourquoi ». Puis, tout à coup, montant sur la table, accompagné au chœur par la louve, il entonne :
« Les apparences et les préférences/ Ont trop d'importance/ Acceptons les différences/ C'est vrai, faut de tout tu sais / Faut de tout c'est vrai / Faut de tout pour faire un monde / Personne dans la vie ne choisit sa couleur / L'important c'est d'écouter son cœur / Si celui qui te paraît différent / Très bien, c'est le sien/ Tu as le tien et j'ai le mien/ Alors donnons-nous la main ».
Tout en chantant, Mandor et la louve improvisent une bourrée auvergnate du meilleur aloi.
Le spectacle me détend, mais avis aux prochains interviewés de Mandor (surtout les cardiaques) : les photos ne sont pas truquées, Mandor n’a vraiment, vraiment pas de tête. Faut s’y faire.

Avant l’entretien « officiel », on discute tranquillement Mandor, la louve et moi.
On parle de tennis, chouette, mon sport préféré.
Moi : Je trouve que Federer est un phénomène, un coup droit du tonnerre, un service vicieux, une stratégie aux petits oignons.
Je sens que j’impressionne la table.
Puis les Bienveillantes : Je trouve que Littell est un phénomène, un usage du verbe du tonnerre, une intrigue vicieuse, un déroulement aux petits oignons.
J’enfonce le clou. Tout le monde me regarde les yeux écarquillés (sauf Mandor, par la force des choses)
Le dernier James Bond ? Daniel Craig est…
Mandor me coupe… un phénomène, un smoking du tonnerre, un revolver vicieux et une intelligence aux petits oignons.
Tope là Mandor, les grands esprits se rencontrent.
Bref, je reste sur ma tendance une phrase = une remarque pertinente.
Sans doute tourneboulé par tant d’esprit, Mandor sort négligemment de sa poche un magnéto en le faisant virevolter, comme Philippe Risoli à la grande époque du Millionnaire. Tout un art.
L’enregistrement commence. Je pense immanquablement à Mission impossible. Cette bande s’autodétruira dans cinq secondes…
Non, puisque le compte-rendu se trouve sous mes yeux en ce moment.

Merci Mandor, comme d’hab, tu fais de l’excellent travail. Avec moi, le matériau de base n’était pas « aux petits oignons » (quoi, elle n’est pas jolie cette expression ?) mais tu es comme Midas, tu transformes tout ce que tu touches en or.
Du coup, j’ai envie de chanter « Va donc chez Speedy », va savoir pourquoi.

Allez, soigne-toi bien et à bientôt j’espère.
Parce que tu n’es pas qu’un bon journaliste, tu es un type bien.

Écrit par : M | 05 décembre 2006

Bravo Mabrouk ! Tu as une bien meilleure mémoire que moi... Je ne me souvenais pas de tout en fait. Et pourtant nous n'avons bu q'une bière. Mais c'est vrai, qui peut donc bien se cacher derrière Mandor, qui bien que parfois un peu cavalier, s'entête ! (bon... je sais j'ai un peu trop fréquenté Maître Capelo). Derrière ce masque peut-être découvrirons nous un jour le visage de Willy, d'Arnold ou de Monsieur Drummond...
En tout cas un Monsieur bien agréable que ce Mabrouck, mais ce que Mandor ne dit pas c'est que, bien qu'il se soit retenu de chanter Malbrouck s'en va-t-en guerre, il n'a pas pu s'empêcher d'évoquer la défunte mascotte de 30 millions d'amis. Bon... je dis çà... je dis rien...
Et moi je suis super fier d'avoir une ligne supplémentaire à mon CV : Auteur d'une photo Mandorienne, là çà le fait graaaave !!!!

Écrit par : La Louve | 05 décembre 2006

@Dorothée: De quel Lévy parles tu? Marc ou Bernard Henri belle chemise blanche sur torse glabre?
Je suis sûr que c'est Marc.
Hein?
@Mabrouck: Je suis un peu choqué par ce que je viens de lire. Je ne souhaite pas que les gens sachent que je suis un homme sans tête (tu sais, quelques personnes pourraient être effrayées), que mon adresse est imprononçable, que mon portable parfois n'a plus de batterie, que j'aime le tennis, que j'ai un avis éclairé et subtil sur le dernier James Bond, que je me prends parfois pour Risoli, enfin tout plein de choses essentielles qui font partie de ma vie privée et que je m'évertue à cacher à la face du monde. Alors pourquoi une telle trahison de ta part? Maintenant plus aucun auteur, chanteur ou autre grand esprit n'osera accepter une rencontre. Tu as tout dévoilé de moi en l'espace d'un commentaire. Je me retrouve nu comme un ver devant mes lecteurs qui connaissent désormais mes faces cachées peu reluisantes. Je suis pour ainsi dire "démythé". Que vais-je faire à présent?
Fermé ce blog. En ouvrir un autre. Je ne sais pas moi, sur le monde de l'entreprise, ou plus particulièrement sur celui de la pub, non, tiens de la com'.
Ouais, c'est ça.
Mabrouck, à part ça, toi aussi tu es un chic type.

La louve: T'as vu? Il a tout dit l'auteur... Que faire, la louve, à présent? Tu n'es donc plus le seul (enfin presque) à savoir ça de moi...

Écrit par : Mandor | 06 décembre 2006

oui c'est de Marc dont je parle... '7 jours pour une éternité': ça fait 1 mois que je l'ai commencé et je n'accroche pas mais alors pas du tout!!
la réponse de Mabrouck: excellentissime!!

Écrit par : Dorothée | 06 décembre 2006

petit salut à mabrouck... que je croise décidément un peu partout !

Écrit par : mister pat' | 11 décembre 2006

Bonjour les amis !
Ce message pour vous faire savoir que le collectif d'écrivains "Qui fait la France?" dont fait partie Mabrouck Rachédi est l'objet d'un article dans Respect magazine, en vente en kiosque...

Vous pourrez obtenir plus d'informations sur le site :
www.respectmag.fr

A très bientôt

Écrit par : Respect magazine | 18 octobre 2007

Bravo Monsieur Rachedi, j'ai adoré votre livre. J'aime votre style virevoltant et haletant, pas de temps morts, du suspens, des coups de théâtre, ce livre est plein d'espoir. BRAVO.
J'attends avec impatience le prochain.
biz. chantal

Écrit par : chantal Friedmann | 10 avril 2008

Monsieur,
Je suis ravi d'avoir vos cordonnés et je viens de vous adresser que j'ai un souci par apport aux système de publier un livre. A l'issu que je vous adresse ce message et je vous prie de bien vouloir me donner plus de précision si sa ne vous derange pas.
J'ai toujour réver de réaliser ce rêve et je pense que c'est le moment .
Je vous remercue d'avance et je vous souhaite une bonne journée

Écrit par : kwete | 17 juin 2008

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