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29 novembre 2006

Yann Queffélec... l'élégance du bon vivant!

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medium_queffelec.2.jpgCe que je savais de Yann Quéffelec n’était pas grand-chose. Prix Goncourt 1985 pour Les Noces Barbares, romancier prolifique qui écrit sur la difficulté des sentiments et plus généralement sur l’Amour. Je savais aussi qu’il entretenait des rapports douloureux avec son géniteur. J’avais poussé le vice jusqu’à le regarder chez Mireille Dumas raconter son manque d’amour du père (Henri, écrivain lui aussi). C’était très émouvant et son histoire m’avait touché. Parce que tout ce qui a un rapport avec le père me touche.

Capable même de verser ma larme.

Ma rédaction me demande d’écrire un papier conséquent sur son nouveau livre. Je rechigne un peu car cette littérature là n’est pas ma tasse de thé mais comme le personnage m’intéresse et que surtout, je n’ai pas le choix, j’accepte.

Et puis, je me laisse prendre à la lecture de L’amour est fou. Que voulez-vous ? Je suis influençable et possède un cœur de midinette… Mon article est là.

J’ai rendez-vous chez son attachée de presse indépendante (c'était vendredi dernier). Elle et l’auteur ne sont pas encore là à l’heure fixée mais je suis accueilli par deux assistantes.

-Installez-vous là, ils vont arriver.

Bien, bien.

Elles continuent de vaquer à leurs occupations.

-Allo ! Bonjour, c’est (Bip !). Vous avez reçu le beau livre des frères Poivre d’Arvor, je suppose ? Oui, c’est cela, exactement. Je voulais savoir, si vous comptiez en parler prochainement dans votre magazine ?

Bref, elles font très bien leur boulot mais ne s’occupent pas du tout de bibi, encore sous le choc de la rencontre avec le « blogueur star » de mes deux (si je puis me permettre).

Pour tout dire, je commence à m’ennuyer un brin.

Je tente une réplique imparable.

-Vous en avez des personnalités sous votre férule ! C’est bien. Du beau monde quand même…

-Oui, c’est vrai.

-…

J’abandonne.

Je sens que je vais bientôt sortir les confettis et mon turlututu chapeau pointu !

Le duo arrive enfin alors que je m’étais endormi en regardant le plafond.

(Même pas vrai, j’avais mis des allumettes pour faire tenir mes paupières.)

Je propose à Yann Queffélec de sortir immédiatement dans le premier troquet venu. En expliquant medium_queffel.jpgdiplomatiquement à tout le monde qu’interroger un auteur dans un bureau ou 6 autres oreilles font semblant de ne pas écouter en s’agitant dans tous les coins n’est pas propice à une parfaite concentration de l’interviewé et de l’intervieweur.

Queffélec acquiesce, visiblement emballé par le projet.

Il sait où il va.

Pas trop loin, il connaît un bar sympa.

medium_queffelec_2.jpg-Vous prenez quoi ?

J’hésite.

-Moi, ce sera un verre de Chardonnay.

Je n’hésite plus.

-Bon… moi aussi.

(Vous ai-je déjà parlé ici de mon esprit de sacrifice ?)

Il règle dès l’arrivée des verres.

Elégant. Pas le temps de réagir. Classe !

Et nous parlons du livre, de ses sujets de prédilections que sont les sentiments, l’amour, les relations hommes-femmes, de son père et plus généralement de littérature.

Franchement bon moment.

Au deuxième verre, il se livre un peu plus. Parfois, il me dit : « Ca, vous ne le dites pas dans l’article ! »

A un moment, je ne sais plus pour quelle raison, il me parle de son déjeuner avec son éditeur Claude Durand. Il me raconte même par le menu, le menu.

(Si, cette phrase veut dire quelque chose et elle est fichtrement bien tournée… parfois, je m’impressionne.)

Yann Queffélec semble avoir une réelle admiration pour le n°1 de Fayard. Il me raconte comment il travaille avec lui.

medium_quef.jpg-Tous les jours à midi, je lui envoie ma copie. J’aime bien ce rite parce qu’il m’oblige à faire mon boulot tous les matins. Ca me permet d’avoir la conscience tranquille vis-à-vis de l’éditeur et de moi. Quand il lit, éventuellement, il y a une observation. 3 mots… mais 3 mots de Claude Durand, ça fait réfléchir. Il connaît bien ses auteurs et leurs façons de travailler, il sait donc bien comment nous motiver.

Il me fait penser à un petit écolier qui parle de son prof… Je lui dis.

-Mais vous ne croyez pas si bien dire. Claude est un ancien instituteur. Pour tout dire, je suis impressionné par lui.

Je lui demande s’il le considère comme un père de substitution.

-Il a plus l’âge d’être un grand frère mais oui, vous avez raison, un peu quand même.

Yann Queffélec à l’art d’écrire des histoires dans lesquelles chacun peut se retrouver.

C’est en tout cas ce que je lui dis.

Je brosse un peu dans le sens du poil, parfois.

-Un roman, c’est un piège, comme un attrape-mouche. Quand le tapis collant est déroulé, il y a forcément un moment où le lecteur se fait chopper, souvent lorsqu’ il ne s’y attend pas.

Pas faux.

L’attachée de presse nous rejoint. Elle s’installe à notre table et nous devisons quelques minutes supplémentaires. Je ne la connaissais pas et découvre une femme très ouverte et agréable. Un dernier coup ensemble, pour la route.

Avant de m’éclipser, elle prend quelques clichés Mandoriens, dont un que voici…

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Content de cette rencontre.

Avoir Queffélec fils comme ami doit être très agréable.

J’aime les bons vivants, je n’y peux rien.

Commentaires

Tiens, à propos de bons vivants...
Si tu veux inviter Queffélec ce sera avec plaisir... Mais quand est-ce qu'on bouffe ?

Écrit par : secondflore | 29 novembre 2006

@scond flore: Je t'ai répondu par mail... Hips!

Écrit par : Mandor | 30 novembre 2006

Les commentaires sont fermés.