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30 octobre 2006

Aymeric Patricot... l'horreur disséquée.

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 Les médias en font-ils trop avec la banlieue ? C’est la question à la mode en ce moment. La littérature s’y est mise également. Les essais ou les romans déguisés sur la banlieue fleurissent comme des petits pains (Quoi ? Elle n’est pas jolie cette expression ?)

Et bien la semaine dernière, j’ai rencontré par l’intermédiaire involontaire de mon ami prixdeflore2006 (d’ailleurs toi, tu l’ouvres quand ton nouveau blog ? Et je peux me permettre d’être transporté de joie par ta dernière note? Oui, je peux. Félicitations !), un jeune auteur : Aymeric Patricot.

medium_azima_bis.2.jpgCe trentenaire, diplômé d’HEC, ancien attaché culturel à l’ambassade de France au Japon, actuellement prof de français dans un  lycée de banlieue, nous a livré il y a quelques mois un roman subtil, bien écrit et à contre courant sur ce qui se dit, s’écrit, se suppose, se fantasme sur la banlieue. Voici le pitch « officiel » d’Azima la rouge (chez Flammarion) par l’auteur lui même:

« Azima raconte l’histoire d’une jeune femme sensible, vivante, intelligente, vivant en banlieue parisienne et dont le frère se révèle extrêmement possessif. Elle va commettre l’erreur, en début de roman, de croiser le regard d’un jeune homme en présence de ce frère. Elle comprendra très vite que des choses très graves lui seront infligées. Le livre est l’histoire de cette montée de la pression autour de la jeune femme, jusqu’au drame final. »

Initialement, si je n’avais pas reçu un mail d’Eymeric sur mon blog, s’il ne m’était pas paru sympathique, si ses propos ne m’avaient pas intrigués, je n’aurais pas été tenté de lire son livre. Il me l’a envoyé, je l’ai dévoré et j’ai voulu le rencontrer.

Chose faite le jeudi 19 octobre dernier, juste après ma rencontre avec Kad et Olivier (vous vous souvenez ?). medium_19.10.06_Aymeric_Patricot_3_.2.JPGRendez-vous au Virgin Café des Champs Elysées. Nous arrivons quasiment en même temps. J’ai un petit avantage… je l’observe quelques secondes. Il ne connaît pas mon visage (et pour cause !). Je lui fais signe. Il arrive, s’installe et ouf ! Nous sommes sur la même longueur d’ondes. Je dirais même que j’ai l’impression de le connaître depuis longtemps. Il y a des gens comme ça !

Petit bémol tout de même sur le choix du liquide à ingurgiter. Il prend un café allongé (enfin, lui, il reste assis), moi, un verre de Bordeaux. Je prétexte une interview précédente compliquée à gérer du coup « besoin de se détendre ». Oui, je sais… un peu facile. Il n’en reste pas moins que suis un peu déçu de constater que les écrivains ne boivent plus… (Celui qui me rappelle que j’ai raconté sur ce blog ma biture avec Nicolas Rey chez lui, deux bouteilles de rouge à deux pendant une interview (Hemingway, sort de nos corps !!!...) je lui réponds que ce n’est pas joli joli de cafter. Bref, Aymeric Patricot lui se shoote au café. « Le vin, ce n’est que le soir. » (Bukowski, rentre dans son corps !)

Nous commençons sérieusement la conversation parce que, quand même, nous sommes là pour parler littérature. Je demande à Aymeric pourquoi il va à contre courant des écrits habituels sur la banlieue :

medium_aymeric_patricot.3.jpg-D’un point de vue romanesque et dans la vie en général, j’aime bien prendre le contre-pied de ce que les gens pensent. Les clichés ont l’art de me gonfler profondément. Dans le cas présent, je ne voulais pas faire un livre sur la banlieue mais je souhaitais essayer de comprendre ce qu’il se passait dans la tête de gens qui subissent des traumatismes, mais aussi de saisir la pensée des types qui peuvent commettre des trucs infâmes.

Non, parce qu’il faut bien dire une chose, Azima est victime d’une tournante organisée par son frère. Ce qui est choquant dans ce livre (et aussi, ce qui, du coup, est original et intéressant) c’est qu’elle analyse cliniquement la situation.

-Pour supporter le cauchemar qui lui arrive, elle est obligée de prendre une distance complètement dingue. Elle poétise la chose, elle réfléchit… Comme si elle n’était plus dans son propre corps, elle laisse se dérouler les faits. Elle trouve des excuses à son frère, elle fait un effort intellectuel pour comprendre comment il a pu l’amener à faire ça. L’humilier et la faire souffrir de manière si intense.

Ce qui est troublant dans le roman d’Aymeric Patricot, c’est que tous ses personnages sont lucides sur les medium_presse_visu03_Aymeric.2.jpgévènements. Ils savent très bien ce qu’ils font, ce qui ne les empêchent pas, pour la plupart, d’être lâches et faibles… inconséquents aussi.

C’est un livre très « psychologique ». On rentre à l’intérieur du mode de fonctionnement cérébral de chaque protagoniste.

Pourquoi cette manière de traiter l’horreur dans toute sa splendeur (si je puis dire) ?

-Dans ma famille, il y a eu des évènements un peu terribles. Des suicides notamment. Je me suis rendu compte qu’on pouvait refouler le tragique en soi, rester zen malgré tout. C’est un peu ce que fait Azima. Mais pour être franc, la banlieue me sert de décors pour investir des choses personnelles, pour exorciser des angoisses profondes que j’ai en moi. C’est ce que j’appelle « l’exotisme intime ».

Ce qui est brillant dans ce tout premier roman, c’est que l’auteur raconte la même histoire à cinq voix. Ces cinq personnages expriment tour à tour leurs espoirs, leurs fantasmes et leurs peurs face à cette réalité intolérable. Un exercice de style parfaitement maîtrisé. De plus, quand on le lit, des images s’imposent à nous.

-J’ai un imaginaire visuel. J’en ai parlé avec Christine Angot, que j’ai croisé récemment à un cocktail chez Flammarion, elle me disait qu’elle fonctionnait à l’oreille. Moi, c’est tout le contraire, je fonctionne à l’image. C’est pour ça que j’aime les polars américains. La violence est particulièrement visuelle…

Inévitablement, nous finissons notre longue discussion en évoquant les blogs. Le sien est là. Et il est très littéraire. Aymeric hésite à le rendre plus personnel, à être plus incisif (alors que, déjà, il n’est pas toujours tendre). Je me fais d’ailleurs la réflexion que sous son air angélique, délicat, charmant, se cache un diablotin très énervé… un putain de maelström intérieur, je suis sûr.

medium_19.10.06_Aymeric_Patricot_4_.2.JPG-C’est dur d’être très gentil. Je fais notamment des critiques de bouquins et, une fois sur deux, je suis tenté de les descendre. Gide, de Beauvoir n’ont pas mes faveurs par exemple. Pour tout dire, je meurs d’envie de m’attaquer aux auteurs contemporains mais j’ai peur que ce soit mal perçu, que ça fasse prétentieux… un écrivain qui crache sur les autres.

Il commence à écrire aussi des billets dans lesquels il décrit sa vie de classe, il évoque aussi les banlieues, inévitablement.

-J’hésite aujourd’hui à parler politique, je tâte le terrain. En fait, j’aime bien faire de la provoc’.

De ma part, ce serait l’hôpital qui se fouterait de la charité si je lui disais de se lâcher un peu plus, de se laisser aller à écrire ce qu’il pense réellement…

Et bien, moi, qui écris sous anonymat et des choses plutôt positives, je lui dis quand même.

J’ai l’impression qu’il y viendra, qu’il prend son temps...

Vous, sans vous commander, vous feriez bien de prendre un peu de temps pour découvrir ce nouvel auteur. Le jeune homme promet. Et puis, Aymeric et moi, nous risquons bien de nous revoir.Une histoire de rencontre bloguesque littéraire... On en reparle bientôt.

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Aymeric Patricot m’a promis qu’il réagirait à cette note chez lui.

P’t’être il va dire que j’ai mal compris ses propos, p’t’être bien aussi qu’il va comptabiliser les fautes d’orthographe, de syntaxe (en bon prof de  français qui se respecte…etc., p’t’être aussi qu’il sera magnanime ? P’t’être bien, p’t’être pas. J’sais pas.

27 octobre 2006

Eric-Emmanuel Schmitt... l'homme multiple!

 

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En ce moment, je suis très Albin Michel comme gars (voir là, récemment). Je vous promets d’être très Flammarion dans les prochains jours.

Eric-Emmanuel Schmitt m’a toujours intrigué. A la fois, dramaturge, essayiste, romancier, scénariste, musicien, cet homme là n’arrête jamais et tout ce qu’il touche se transforme en or. Il n’était pas inintéressant d’aller voir ce monsieur, en vrai, en tête à tête durant une heure.

medium_p_jaketodette-web.jpgLe prétexte : son nouveau livre qui sort le 2 novembre. Un recueil de nouvelles : Odette Toulemonde et autres histoires. Huit récits, huit femmes, huit histoires d’amour. « De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, de la trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des maris ambigus, des amants lâches et des mères en mal de filles, c’est une galerie de personnages inoubliables qu’Eric-Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur ». Amen. Le service de presse est efficace.

L’endroit : la maison d’édition.

Le temps : maussade.

L’humeur : comme le temps.

Le jour : mardi 24 octobre.

L’heure : 12h30.

L’auteur est un peu en retard mais l’attachée de presse me fait patienter tant bien que mal. medium_spielplan_2004_schmitt.jpg

Il arrive, souriant et chaleureux. On nous installe dans la pièce « interview » que je connais bien. Entourés de vitres, nous sommes visibles de tous. C’est toujours un problème pour moi car je suis très curieux et je ne peux pas m’empêcher de zieuter dès que quelqu’un sort d’un bureau ou passe dans le couloir… Je vois Amélie Nothomb qui passe devant nous et fait un coucou à mon interviewé. Ils se connaissent très bien et s’apprécient. J’en profite aussi pour la saluer, elle me sourit.

Eric-Emmanuel Schmitt est avenant. Le courant passe immédiatement. Je lui précise que je l’ai vu la veille, tard dans la nuit dans Vol de nuit de PPDA. Il se marre en me racontant qu’il a essayé mais qu’il s’est endormi avant. De toute manière, il n’est pas excité à l’idée se voir à la télé. Il m’explique.

-Je n’aimerais pas m’aimer et je n’aimerais pas ne pas m’aimer donc, je ne regarde pas.

Comprenne qui veut.

medium_SCHMITT.jpgUne des nouvelles de ce recueil s’intitule Odette Toulemonde. C’est aussi le titre du film qu’il vient d’achever (avec Catherine Frot et Albert Dupontel dans les rôles principaux) et qui sort en février 2007. Il s’empresse de raconter son expérience cinématographique car il est fier de cette nouvelle activité. Une nouvelle corde à son art ?

-J’ai vécu cette aventure comme un cadeau que me faisait la vie. On m’a fait confiance alors, je me suis efforcé de mériter cette confiance pendant la préparation et le tournage du film. Tout le monde a dit que le tournage avait été extrêmement serein mais en fait, moi, je bouillonnais. Je ne voulais pas décevoir l’équipe. Je me sentais en dette et c’est un très bon sentiment. Un sentiment dynamique qui m’a obligé à donner le meilleur de moi-même.

Il existe deux films connus tirés de son œuvre et réalisés par d’autres. Eric-Emmanuel Schmitt est mitigé quant aux résultats.

medium_monsieur_20ibrahim.jpg-Je suis très content de  Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran réalisé par François Dupeyron. Il a fait ce film pour de bonnes raisons… pour l’humanité qu’il y avait entre les deux personnages. Omar Sharif m’a emballé dans le rôle de Monsieur Ibrahim. Par contre, je n’ai pas aimé  Le Libertin que Gabriel Aghion a réalisé d’après une de mes pièces. Après, je suis devenu psychorigide, j’ai passé mon temps a refuser ce genre de proposition…

Et donc l’ami Schmitt s’y est mis tout seul.

-A ma grande surprise en plus, j’ai aimé ça. Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas réalisé de film avant. J’étais comme un poisson dans l’eau.

Je cherche à comprendre comment on s’improvise réalisateur du jour au lendemain.

-J’ai beaucoup travaillé de manière livresque. J’ai dévoré des ouvrages techniques pour acquérir la même langue que les techniciens. Et j’ai aussi lu beaucoup d’entretiens de cinéastes. Fuller, Truffaut, Hitchcock...

D’accord mais je présume que cela ne suffit pas. Il faut une sacrée équipe derrière.medium_schmitt_4.jpg

(Amélie n’arrête pas de nous regarder, comme ça, l’air de rien…)

-Je l’ai eu. Que des pointures et en plus j’avais le choix. J’ai sélectionné  mes collaborateurs pour leur talent mais aussi pour leur caractère. Je voulais des gens avec qui je pouvais passer 6 mois, des gens dont je percevais qu’ils étaient généreux et que ça les excitait beaucoup de faire le premier film d’un écrivain.

Il est comme ça Eric-Emmanuel Schmitt. Puisqu’il est obligé de travailler à plusieurs, autant se sentir en famille.

medium_eeschimtt.jpg-Pour moi, ça a été un vrai bouleversement de découvrir que la création n’était pas forcément solitaire. Habituellement, je crée tout seul. Si j’ai un problème, c’est entre moi et moi. Je m’arrange, il y a des armistices parce qu’il faut bien continuer à vivre.

Il dit cela en souriant. Je sais que la création chez lui passe aussi par la souffrance.

-Quand j’ai envie d’une forme et que je n’arrive pas à la maîtriser, c’est une souffrance énorme mais sous cette souffrance, il y a un rendez-vous possible. Paradoxalement, je suis quelqu’un qui compose très lentement mais qui écris très vite. Je passe des mois avec des personnages, des thèmes et tout se construit dans ma tête… je compose, règle, imagine… un jour, il n’y a plus qu’à coucher cela sur du papier.

Eric-Emmanuel me voit regarder Amélie Nothomb.

-Vous l’aimez bien elle aussi ?

J’acquiesce. Mais je lui explique que ses deux derniers romans m’ont déçu. medium_schmitt_eric.jpg

-C’est vraiment une copine. Nous avons débuté ensemble chez Albin Michel. Nous ne vendions pas encore beaucoup de livres alors notre éditeur nous faisait faire les salons et signatures ensemble. On prenait le train et buvions ensemble… C’était sympa. Du coup, maintenant, nous nous sentons liés.

Nous bavardons si agréablement que c’est son attachée de presse qui vient avec tact le délivrer de moi.

-Vous devez répondre à des interviews par téléphone je crois…

J’ai compris. Je lui demande de nous prendre en photo (vous savez pourquoi). L’auteur joue le jeu avec élégance.

-Ca vous va ? Vous en voulez d’autres.

medium_24.10.06_Eric-Emmanuel_Schmitt_1_edited.JPGJ’ai ce qu’il faut, merci !

Et au revoir.

Très sympathique cet homme là.

Pas déçu.

Du tout.

 

P.S : Sinon, son recueil de nouvelles, je le trouve sensible, intelligent et très agréable à lire. Les chutes sont inattendues et on s’attache aux héroïnes (souvent en souffrance) moins aux hommes (qui n’ont pas le beau rôle : lâche, faible, mesquin et tout et tout)… Mais chez Schmitt, ce n’est pas si simple. Il déteste le manichéisme…

Mon article pour le journal est .

26 octobre 2006

Jérôme Attal... le retour!

 

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Bon, aujourd’hui, je remets un coup de projo sur un type que j’aime bien et qui, de temps en temps me donne des nouvelles par mail. Ce fut le cas hier. Un mail bien touchant. Merci l’ami !

Je vous ai déjà parlé ici même de Jérôme Attal. Cet auteur de chansons (pour lui et pour d’autres comme Johnny par exemple), sorte de génie de l’écriture encore mal connu (ou pas encore assez reconnu) publie enfin son premier livre en février 2007 : L’amoureux en lambeaux (aux éditions Scali, dans la collection Bordel, dirigé par le décapant Stéphane Million).

medium_6_Jerome_Attal_et_moi_08.08.06_.JPGEt bien, figurez vous que cet espiègle personnage a eu l’idée de créer la première B.O.L (bande originale de livre), en clair, d'écrire, quelques mois avant sa sortie, une chanson qui évoque ce roman. A écouter sur cette page MySpace là, ouverte pour l’occasion. Jérôme me précise qu’il va promouvoir ce livre comme « le cadeau ultime et nécessaire pour la Saint Valentin ». Attal est le chantre absolu de l’amour (ou le chantre de l’amour absolu… je ne sais pas, j’hésite).

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, il me reste deux longs articles à terminer avant ce soir pour mon journal (celui qui me rémunère)… mais, je ne vous quitterai pas sans vous préciser que :

1) Jérôme est en concert le

Mercredi 08 novembre 06 :
Festival gratuit Roy Music avec 5 groupes. La Flèche d'or (Paris) entrée libre.

Je viens, promis Jérôme, à cette date là ! 20h pétantes ! C’est noté.

Mais aussi les:

Vendredi 17 novembre 06 :
Concert rock et feutré dans l'ancien cinéma de Malakoff (92) Salle Jours de Fête, à 10 minutes de Montparnasse par métro.

Mercredi 20 décembre 06:
Le Triptyque (Paris). Festival Eh ! les vilains.

Et aussi le

Jeudi 04 janvier 2007:
Back to Le Réservoir (Paris)
 

 medium_melanie.jpg2) Son tout nouveau clip Quand tu ne m’aimeras plus (en duo avec la comédienne Mélanie Laurent, lauréate du Prix Romy Schneider de cette année) est visible sur sa page MySpace perso ici, (ainsi que son premier clip « très chaud » réalisé par Frédéric Taddéï avec deux superbes actrices Marie Denarnaud et Vahina Giocante…)

medium_clip.jpg
3) Il faut lire son journal intime... parce que c'est beau.
4) Il m'agace un peu... Passer son temps avec de jolies filles...

25 octobre 2006

Faudel, Leslie et Shy'm... rapidos!

Récemment, un ami me faisait part d’une réflexion concernant mon blog. Ce n’était pas méchant mais cela m’a fait réfléchir.

-Tu évoques uniquement des artistes qui plaisent aux trentenaires un peu bobos. Tu vois pourtant aussi des artistes plus « populaires », qui plaisent aux jeunes. Pourquoi, tu ne racontes pas tes rencontres avec eux ? Ca pourrait élargir ton audience ?

medium_albfaud.jpgCet ami "qui me veut certainement du bien" n’a pas tout à fait tort mais je n'y arrive pas. Ici, la « nouvelle scène française » est bienmedium_30.08.06_3_Faudel_edited.JPG représentée et j’occulte pas mal les chanteurs (et teuses) pour ados.

Pourquoi ?

Parce que, souvent, ce ne sont pas mes interviews les plus brillantes. Par exemple, je garde un souvenir récent un peu déçu d’un rendez-vous avec Faudel pour son nouvel album. Ce garçon est sympathique mais disons que son discours est convenu, policé et au final, pas hyper passionnant. Et comme je ne me résous pas à critiquer négativement des personnes qui m’ont offert une heure de leur temps, je fais l’impasse.

Hier, j’ai repensé à cette conversation car j’ai réalisé trois interviews.

12h30, l’écrivain et dramaturge Eric-Emmanuel Schmitt (évidemment, bientôt ici).

Et deux chanteuses qui tournent en boucle sur les chaînes musicales et sur les radios très « funs » et « énergiques » :

medium_389-leslie-nouvel-album.jpg15h : Leslie

17h : Shy’m, tenez, ici, son blog (ouais, enfin, son outil marketing concocté par la maison de disque!)

Beaucoup d’entre vous ne savent pas de qui je parle mais ils n’en sauront pas plus en me lisant aujourd’hui. medium_24.10.06_Leslie.JPG

Les deux jeunes femmes de 21 ans ont été délicieuses, charmantes, accueillantes et humbles. Elles ont répondu parfaitement et avec lucidité sur leur carrière, la fragilité du succès…etc. mais, le R&B n’est décidément pas ma spécialité !

medium_384-son-album-mes-fantaisies-.jpgCe matin, devant mon ordinateur, j'ai tenté de vous livrer une note à peu près correcte sur Leslie et Shy'm... sans succès. Je parviens à écrire un papier pour mon journal mais je n’ai plus aucune inspiration pour mon blog.

J’ai besoin de me sentir un chouia concerné par l’œuvre de la personne et de la comprendre. Je n’ai pas envie de me pencher plus encore dans un univers qui m’est complètement étranger et que je n’apprécie pas particulièrement. Ce n’est pas une question d’être humain mais de genre musical (non, je dis ça parce qu’en plus, j’ai été séduit... ) .

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Donc, ces chroniques garderont le même cap. La littérature et la chanson française plus « traditionnelle ». Evidemment, avec des exceptions qui confirmeront la règle…

23 octobre 2006

Jeanne Cherhal... fraîche et liquide.

 

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Celle là, je l’attendais avec impatience. J’ai demandé expressément à mon rédac chef bien aimé de me la réserver sous peine de démission immédiate dans les plus brefs délais (euh…en fait non, je me suis à genoux et j’ai pleuré et prié pour qu’il accepte, non parce que j’aime trop mon boulot pour partir, comme ça, sur un coup de tête !)

medium_j_cherhal_leau_192.4.jpgLe nouveau disque de Jeanne Cherhal, L’eau, sort donc aujourd’hui. J’ai petit déjeuné avec elle le 10 octobre dernier au bar La lubie (comme avec lui). Il faut que je vous dise, la Jeanne, je la kif totale (vous aimez quand je parle djeuns ?). J’aime ses chansons, sa personnalité et…

 

Et en plus, elle est souriante, agréable et polie. Bon, vous allez me dire, elle est normale quoi ! A cela je réponds tout de go. Oui, normale.

Mais, vous savez, dans ce métier, tout le monde ne se comporte pas de la même manière.

Après 12 fois par an, la Victoires de la Musique en 2005, catégorie artiste révélation du public propose un deuxième album vraiment différent et d’une rare sensualité. Il transpire le désir.  

-J’aime bien avancer et profiter des choses que j’apprends au contact des autres artistes. Si j’ai évolué, ce n’est pas délibéré, j’ai juste grandi. J’ai abordé l’écriture différemment, c’est moins concret et donc, très logiquement, plus abstrait.

Jeanne Cherhal est là, calme, réservée mais à l’écoute. Elle semble curieuse de ce que je peux penser de cette medium_jeanne_cherhal_02.jpgévolution. Je lui explique que j’écoute cet album depuis le début du mois de septembre et que je ne m’en lasse pas, quelque part, cela doit bien signifier qu’il est joliment troussé, non ?

Ce que je ne lui dis pas, c’est qu’en fait, il tourne en boucle. Je suis incapable d’en expliquer les raisons… bref, la solitaire a fait du bon boulot.

-C’est vrai que pour cet album, je suis partie m’isoler sur plusieurs périodes et endroits, en véritable ermite. En période de travail, j’ai besoin de me renfermer, je suis une véritable taupe.

medium_jeanne12.jpgElle ne chante plus son petit voisin et elle envoie ses talents de croqueuse de portraits au calendes grecques.

Aujourd’hui, elle nous parle du port de la bourka dans Le Tissu :

-J’ai pris ce sujet avec des pincettes. C’est très délicat en ce moment. Ce n’est pas mon rôle d’écrire des réquisitoires. J’aborde simplement ce sujet avec le regard d’une occidentale qui est complètement étrangère au port du grillage. Moi, en tant que femme ça me dérange et ça me rend triste.

Elle évoque aussi l’excision dans On dirait que c’est normal.

-Là, pour moi, c’est sans appel. C’est le mal absolu. Franchement, j’ai pris conscience de l’horreur de lamedium_jeanne_20cherhal2.2.jpg chose en jouant pendant 3 semaines la pièce Les monologues du vagin. Avant de me plonger dans ce texte, je n’avais pas compris que c’était aussi grave.

Mais, sainte Jeanne, sait aussi se faire plus coquine, dévoiler une part de son intimité. Tu m’attires en est le parfait exemple.

-C’est vraiment le genre de chanson que je n’aurais jamais assumée sur un disque il y a encore un an. C’est quand même très sensuel. Parler du corps, du rapport physique et charnel avec quelqu’un, ce n’était pas ma spécialité.

medium_jeanne.jpgMa chanson préférée de l’album est La peau sur les os. Elle parle de son amoureux (et néanmoins excellent musicien chanteur Albin de la Simone, qui réalise d’ailleurs cet album et dont j'ai chroniqué il y a deux ans son deuxième disque) et en profite pour glisser que la vie à deux n’est pas toujours simple… Qui domine qui ? That is the question.

Disséquant toutes ses chansons, je finis par lui avouer que c’est un truc que je n’aime pas faire : les explications de textes. Initialement, tout devrait être dit dans une chanson. Pas besoin d’appuyer, de surligner, de stabiloter… Mais, en tant que bon connard de journaliste, je le fais aussi, parce qu’il faut que j’écrive un putain de papier le plus précis possible (il est ici medium_cigale.jpgd’ailleurs).

-C’est vrai que la meilleure façon de dire les choses est dans nos chansons. Après, c’est délicat de les justifier. C’est sympa que vous soyez conscient de la chose… »

Ouais, ben, ça ne me plait pas toujours ce rôle là… mais bref, c’est en faisant ce métier que je peux me permettre de passer une heure avec des gens que j’admire, du moins que je respecte.

medium_10.10.06_Jeanne_Cherhal1_edited.2.JPG 

Que dire de plus ? Cet album est (pour moi) un des meilleurs de la production française actuelle. Je ne me lasse pas d’écouter Canicule, Je suis liquide ou Voilà. Le clip de Voilà est visible ici et quelques chansons écoutables là.

Jeanne Cherhal, Merci ! (Titre de l’avant dernière chanson du disque).

21 octobre 2006

Marianne Farouch... la swingueuse!

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Enfin, nous avons réussi à nous croiser! Une petite heure à L’île enchantée, bar du 10eme arrondissement de Paris. Ca fait pas mal de temps que je voulais ce rendez-vous avec Marianne Farouch (la preuve , et aussi là et encore là, j’y évoque sa dernière prestation scénique…)

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_6_edited.JPGBref, j’ai connu la jeune chanteuse en recevant son disque il y a deux ans, Le nombril du monde. J’avais beaucoup aimé la fraîcheur qui s’en dégageait. Je ne l’avais pas rencontré parce que je ne devais écrire qu'une petite chronique. La voici: 

 

"Parce qu’elle a des origines de l’Est, Marianne joue une musique qui, au regard de l’histoire qu’elle véhicule, file des frissons. Un peu Manouche, un peu Yiddish, un filet de bossa, de jazz, de tango, bref, tout ce qui swingue. Elle aime Django Reinhardt mais aussi la musique Brésilienne, John Coltrane et Jacques Higelin. Les études en musicologie de cette éclectique jeune trentenaire, sa fonction de chef de chœur, ses nombreux concerts et premières parties, font d’elle une musicienne complète et chevronnée. Elle écrit, compose, arrange et chante la plupart de ses chansons. Alexis Hk (qui fait office de parrain) a co-signé deux textes et interprète un duo avec Marianne sur la ballade « Le Funambule ». Autre chanson à deux voix, « Une journée à rien faire », avec le chanteur et guitariste brésilien Ricardo Teperman. Les chansons sucrées salées de Marianne offrent un regard positif et nostalgique sur le monde et les gens. Cerise sur le gâteau, l’amour côtoie l’humour."

 

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_2_edited.JPG Aujourd’hui, dans un contexte hors promo, je peux me pencher un peu plus sur le cas Marianne Farouch (comme je l’avais déjà fait ici même avec Jérôme Attal).

 

Et c’est toute pimpante, rayonnante et enceinte (lien de cause à effet ?) que débarque Marianne. Le feeling passe immédiatement. Un thé pour elle, Coca Light pour moi (l’importance des détails).

Très vite, nous parlons de sa page Myspace (dans lequel vous pouvez d’ailleurs écouter 3 titres tirés de son disque et une reprise d’une chanson qu’elle joue régulièrement sur scène) et de mon blog, qu’elle connaît un peu. D’ailleurs, c’est amusant parce qu’elle croyait qu’une photo Mandorienne, c’était une photo trafiquée. Pas du tout. Les gens son naïfs.

Regardez là (à droite), elle voit bien que je n’ai réellement pas de visage… et ça surprend toujours un peu au medium_11.10.06_Marianne_Farouch_5.JPGdébut.

Notez, d'ailleurs, que les formidables clichés de la demoiselle sont prises par moi même et je n'en suis pas peu fier (à part celle du haut, où elle se fait attaquer par de méchants papillons!)

 

Le premier disque du Marianne Farouch’Orchestra a « marchouillé » étant donné une promo plus qu’aléatoire. Disons qu’il ne s’est pas vendu des masses et c’est bien dommage parce que c’est un disque différent de la production française actuelle. Joyeux, émotionnel et sensible. Au pays de Marianne ça swing !

 

Normal.

 

-Mes grands-parents sont juifs polonais et j’ai bercé à la fois dans la musique yiddish et dans celle de Django Reinhardt. Mon père est un fou de jazz et comme lui, ses deux frères sont musiciens.

medium_11.10.06_Marianne_Farouch_4.JPGMarianne Farouch voulait, elle aussi, faire du jazz mais aujourd’hui sa musique est puisée non seulement dans ses racines mais aussi dans la musique brésilienne.

Dans Le Nombril du monde, les chansons sont écrites par elle même et deux autres auteurs : son copain chanteur Alexis HK (dont j’ai beaucoup écouté le premier disque Belleville en 2003 mais dont j'ai zappé involontairement son L'homme du moment l'année suivante) et Vincent Rothenburger. Ses chansons lui collent à la peau et correspondent parfaitement au tempérament de feu de Marianne (je dis ça, je ne la connais pas vraiment mais c’est l’image que j’ai d’elle). Croyez moi, cet opus est peu connu mais quasi essentiel dans une bonne discothèque…medium_art_mariannefarouchorchestra.2.jpg Il est trouvable sur les sites de la fnac, ou celui de Price Minister par exemple...

Evidemment, j’ai envie de savoir si elle travaille sur un deuxième disque et évidemment, oui, bien sûr, elle travaille sur un deuxième disque. Etre enceinte n’empêche pas l’inspiration.

-Les trois premiers mois, je n’étais pas du tout inspirée. J’étais plus concentrée sur mon bébé mais depuis quelques temps je suis stimulée au niveau de la création artistique. Mes textes sont plus dans l’émotion mais la musique est plus énergique, presque plus « psyché ».

medium_Carton_marianne.jpgMarianne Farouch est loquace et j’aime ça. Nous devisons sur sa musique mais aussi sur la maternité, sur la joie qu’elle éprouve quand elle monte sur scène, sur ses « collègues » es nouvelle scène française (son préféré étant Sanseverino ») et sur ses voyages nombreux et lointains avec son compagnon…

Il n’est pas interdit de penser que Marianne va enfin se faire connaître d’un public plus large. Le contraire serait même injuste et étonnant.

Nous nous quittons, parce qu’il le faut bien. Elle remarque que je n’ai pas la version définitive de l’album (avec la jaquette et tout et tout) mais une bête copie protégée par un étui transparent en plastoque. Elle me demande de l’attendre, le temps pour elle de filer chez elle (elle habite, vous l'avez compris, à proximité du bar) afin de m’en offrir un.medium_11.10.06_Marianne_Farouch_1_edited.JPG

Petit geste appréciable.

En ce moment, elle a mis la pédale douce sur les concerts pour s’occuper de sa grossesse. Ce temps de repos, elle l’utilise pour préparer et peaufiner tranquillement l‘écriture et les compositions de son deuxième album « qui sera forcément  mieux produit ». Elle espère le sortir au printemps prochain. Moi aussi.

Longue route...

 

P.S: Je viens de tomber là dessus... une fan, je crois.

20 octobre 2006

Kad et Olivier (et Mandor) sont dans un bateau...

medium_Iznogoud.jpgHier après-midi, à l’Avenue, restaurant people de l’avenue Montaigne, je me suis posé une question.

Comment interviewer pendant une heure deux comiques quand on n’a pas grand-chose à leur dire sur l’objet de la rencontre ?

Et l’objet de la rencontre, c’est un livre humoristique : 100 bonnes façons de ne pas avoir de contraventions.

medium_1185_100bonnesfaconscontraventions.2.jpgC’est simple.

On biaise.

On évoque l’objet en dix minutes.

Tout est là… Il n’y a rien à ajouter.

Puis on part dans tous les sens.

medium_quiatuepamelarose_aff.jpgEt avec Kad et Olivier c’est facile de partir dans tous les sens.

Ils sont multifonctions.

Depuis 1991, date de leur rencontre, ils ont tout fait. Radio, télé, spectacle.

Et cinéma…

A deux : Mais qui a tué Pamela Rose et aussi  Un ticket pour l’espace.

 

Et Kad, devenu Kaddour Merad pour le cinéma en solo. Comédien qui cartonne (voir là !).

Alors, on en parle et on taquine…medium_unticketpourlespacepack.jpg

Olivier Barroux, pas jaloux de Kad ?

Olivier : Absolument pas, j’en suis même très content. Ca rejaillit sur notre duo.

Kad : (un brin ironique) Il veut faire un film avec moi alors, tant que j’ai du succès, je suis bankable pour monter son projet.

Olivier : Oui, mais en fait, je n’y arrive pas.

Kad : Parce que ton scénario est pourri.

Rires des deux.

medium_19.10.06_11_Kad_et_Olivier_edited.JPGOlivier : On a une boite ensemble. Son succès nous sert. Moi, franchement, je n’ai jamais eu de velléité à devenir comédien à tout prix.

Kad : Oui, mais tu n’es pas un bon acteur, non plus.

Re rires des deux comparses.

Kad : Pour parler sérieusement, j’ai eu un gros coup de bol de jouer dans Les Choristes. C’est ce qui a tout déclenché.

Olivier : Il n’y a pas que ça. Tu es bon comédien. Très bon même. Tu touches les gens.

Ces deux là s’aiment, ça se voit, ça se sent. Mais, la pudeur est là. L’humour reprend donc le dessus.

medium_kadetoliecrallargeself.2.jpgKad : Et puis, à un moment donné, il y en a un de nous deux qui va décéder. En plus c’est toi qui vas décéder en premier.

Olivier : C’est pas sûr ! Statistiquement, c’est toi qui as le plus de chance de partir avant moi.

Kad : Tu dis ça par rapport à ce que je bois ? C’est vrai.

Et puis, le temps s’écoule lentement… il faut continuer sans relâche à alimenter la conversation.

On parle projets.

Un « two men show » en préparation, un double DVD de tous leurs meilleurs moments à la télévision en janvier, un autre film en commun bientôt à l’écriture…

medium_La_traverse_a_l_atlanyiq.jpgQuand il faut meubler, des questions connes et inutiles sont posées. Je vous en fais grâce.

Au  bout de trente minutes. On navigue à vue. La terre est lointaine.

Au bout de quarante cinq, on sort les rames.

Au bout d’une heure. On reboit un café, on plaisante un peu et surtout…

On fait les photos Mandoriennes sans expliquer pourquoi on se fait tirer le portrait avec eux.

Du coup. On fait fan.

medium_19.10.06_13_Kad_et_Olivier_3_edited.JPG

Jamais eu peur de passer pour un fan.

Je suis fan de plein de monde.

Je revendique ma « fan attitude ».

Il y a peu de journalistes qui ose.

J’ose.

Mais parfois, j’ai un peu honte.

On se quitte en se promettant de se revoir pour la sortie du DVD.

Le pire, c’est que le cirque risque effectivement de recommencer dans 3 mois.

Peur de rien.

19 octobre 2006

Charles Aznavour et l'Arménie...

Une petite note, comme ça, au passage.

Peu de gens le savent mais c’est l’année de l’Arménie en France (voir là et aussi )

Plus jeune, je ne savais rien de ce pays. Pour tout dire, je savais à peine le localiser et ne connaissais rien de son histoire. J’avais vaguement entendu parler du « génocide arménien » mais le contexte historique et les faits réels m’étaient inconnus. Si cela vous intéresse, je ne peux que vous recommander ce livre

Depuis 5 ans, je vis avec une arménienne. Avec son amour, c'est aussi son "histoire" que j'ai reçu en pleine gueule.

J’ai fait un bébé avec elle.

Ma fille de 17 mois est donc moitié arménienne. J'ai mis du temps à m'habituer à cette évidence.

 

Ca m’a donné envie d’en savoir plus… normal, ces évènements deviennent son histoire à elle. Je me suis penché sur ce génocide vraiment en détail et je n’en suis pas revenu.

Et je ne comprends pas que la Turquie reste sur ses positions.

Je ne sais pas, ce matin j’ai regardé ma pitchoune et j’ai pensé à tout ça alors qu’elle dormait paisiblement.

Je n’entame pas de débat et ne répondrai pas aux éventuelles polémiques parce que ce blog est avant tout consacré aux coulisses du show-biz et qu’il est hors de question de dévier de cette trajectoire.

D’ailleurs, me voici avec un chanteur … qui à un léger rapport avec cette note. (Photo Mandorienne prise le 23 septembre 2005, à l’issue d’un entretien d’une heure en tête à tête dans son bureau des éditions Raoul Breton.)

medium_0022_edited.jpg

Comme quoi, on peut toujours trouver des liens pour évoquer un sujet.

Ce chanteur là est le dernier « monstre vivant », il est engagé et je l’aime.

Charles, restez et chantez encore longtemps !

P.S: Note dédiée à ceux qui me reprochent (gentiment) de ne pas me livrer assez. Voilà un tout petit bout de moi.

J'aime la parcimonie.

18 octobre 2006

Aldebert, le bouffeur de bonheur...

medium_Aldebert_6.2.jpg

Mince, deux jours de retard… Je  voulais sortir cette note le jour précis de la mise en vente du nouveau et quatrième disque d’Aldebert. C’était lundi, j’ai merdé.

Pardon.

J’arrête le métier.

Non, je plaisante. Vous n’allez pas vous débarrasser de Mandor si facilement.

medium_Aldebert_3.2.jpgAldebert donc, aujourd’hui.

Un rapide retour en arrière s’impose car ce n’est pas un chanteur encore très populaire, bien qu’il joue systématiquement dans des salles bondées…

Guillaume Aldebert est né en 1973 (quel jeunot !) à Paris mais grandit à Besançon.

Entre un papa dessinateur passionné par le chant et un oncle pianiste de bar, il tombe rapidement dans l’univers de la musique (même pas mal !) bercé par les grands noms de la chanson française (Brel, Brassens, Barbara, Carlos, Gainsbourg).

Quoi ? Il y a un truc qui vous choque. Z’êtes pas tolérant vous…

L’école ne le passionne pas (moi non plus) et Aldebert commence l’apprentissage de la musique : piano, orgue, medium_Aldebert_en_concert.jpgsynthé et guitare.

Il commence dans des petits groupes puis compose et joue de la guitare pendant 7 ans dans un groupe de Rock Métal (Les White).

En 2000 sort son premier album, tout seul, comme un grand : Plateau télé, puis le jeune homme bourlingue sur toutes les scènes et festivals de France et un peu de Suisse et de Belgique.

En mars 2003 (ça va, vous ne vous ennuyez pas ?), sort son deuxième album Sur place ou à emporter et participe à un album hommage à Hubert-Félix Thiéfaine : Les fils du coupeur de joint. Après cela, il poursuit ses périples « concertiques » avec de plus en plus de succès.

medium_paris_aldebert.jpgEn octobre 2004, il sort son troisième disque L’année du singe. C’est à ce moment que je découvre ce nouvel artiste. Je le rencontre pour mon journal et tout de suite, le type me parait gentil, sincère, marrant et surtout, content de ce qui lui arrive. Je me souviens qu’il m’expliquait que le fait que des journalistes se déplacent pour lui le touchait à un point inimaginable. Jusqu’à présent, c’était lui qui tapait aux portes, qui les enfonçait même pour avoir l’espoir que quelqu’un l’écoute et parle de lui. Avant il collait les affiches lui-même… depuis qu’il est chez Warner Music France, il est pris en main (et en considération). Son label Up Music croit beaucoup en lui…

Donc, pour la seconde fois, j’ai rendez-vous avec Aldebert (le 13 septembre dernier) dans un minuscule bureau de sa maison de disque. Toujours aussi courtois, bienveillant et amical.

medium_les-paradis-disponibles.jpgJe lui explique que j’ai flashé sur cet opus, Les paradis disponibles beaucoup plus que sur le précédent. D’abord parce qu’il a laissé de côté ses petites chansons du quotidien empreintes de nostalgie, très à la mode dans la nouvelle scène française.

-Avant mes textes étaient très descriptifs, très visuels. Aujourd’hui, ils sont plus oniriques, imagés, medium_Guillaume-Aldebert1.jpgpoétiques. Je cultive un peu mon côté rêveur. Dans la vie, je ne fais pas forcément la différence entre l’imaginaire et le réel, parfois ça me pose d’ailleurs un problème. Franchement, sans être autiste, il m’arrive d’être complètement déconnecté.

Un moment de réflexion assez long puis il reprend.

Pour ce disque, je voulais enfin prendre des risques. Parler des origines de l’homme dans L’homme songe et C’est comment là-haut ? par exemple était pour moi primordial.

Je l’interroge sur ces questionnements métaphysiques tardifs.

medium_aldebert_4.jpg-J’ai grandi dans une famille assez catholique, bien que mon père soit protestant… bref, je suis allé au cathé et j’ai reçu une éducation catho. Il n’empêche que j’ai du mal avec les gens qui sont sûrs, surtout sur ce terrain là. Moi, je veux avouer mes doutes, mes incertitudes. Je me pose en agnostique en disant que je crois autant aux extra-terrestres qu’au petit Jésus.

"Les paradis disponibles résonnent comme un hymne à la vie, à l’amour, une sorte de carpe diem cher à Aldebert. Il écrit des petites phrases telles « le bonheur, c’est d’arriver à désirer ce qu’on a déjà » ou encore, « le bonheur, c’est un chagrin qui se pose » (dans Des chatons dans un panier). Son sens de la formule, son goût pour la chanson métaphorique, ses interrogations sur l’au-delà, ses réflexionsmedium_13.09.06_Aldebert_1_.JPG sur le couple et cette obsession omniprésente pour le temps qui passe font de cet album, un recueil de textes à la fois touchant et plus mâture", dixit le dossier de presse, qui est souvent concocté par quelqu'un de quand même bien renseigné et qui, de préférence, a écouté l'album.

Par exemple, moi, il m'est arrivé d'en écrire pour une maison de disque et pas forcément pour des artistes que j'appréciais... Mais Aldebert, lui, j'aime bien. Mais, on ne m'a pas proposé d'écrire le dossier de presse. Voilà, c'est comme ça. La vie est injuste et cruelle.

Quiqu'il en soit, chez Guillaume Aldebert, on sent un homme qui vise le but ultime : être heureux. Regardez, la photo Mandorienne (juste là, un peu plus haut à gauche) en témoigne, non?

Même si ses personnages sont souvent claudicants, il y a toujours l’espoir qui pointe le bout de son petit nez.

-J’aime le héros ordinaire, les personnages qui ont des failles, qui boitent dans la vie. Je les aime parce que se dégagent de ces gens là des trucs très forts. La fragilité et la naïveté mêlées à l’inconscience, la fraîcheur et l’amour de la vie.

Même musicalement, Aldebert a changé. Fini le flon flon et le bal musette (là, j’exagère un peu). Il y a ici un zest de reggae, des pincées de rock, quelques rythmes africains et quelques bons morceaux pop électriques. Ca swingue toujours autant mais en plus moderne.

medium_Aldebert_en_concert_2.jpg

Son premier single L’appétit du bonheur tourne en boucle sur les chaînes de clips et passe beaucoup à la radio… Elle est assez représentative de l’état d’esprit d’Aldebert. Un mec pas sûr de lui qui veut bouffer la vie à pleine dent.

Tendresse, rires, sourires et émotion… Voilà le programme de ce jeune homme en devenir.

Mesdemoiselles, vous serez nombreuses à rejoindre sa cohorte de fans en transe… (dans ses concerts, il n’y a que des jeunes filles, parfois accompagnées de leur copain mais rarement).

 

Aldebert est un tombeur talentueux.

 

En plus, il est aussi un dessinateur de bande dessinée très doué.

J’arrête là. Il m’énerve.

Jaloux, moi ?

Pfff !

N’importe quoi !

Mais, bon,  pour ceux et celles qui souhaitent le voir bouger, s'exprimer, chanter... , il y a une vidéo d'une interview et un documentaire très récent réalisé par France 3 Bourgogne-Franche-Comté et diffusé le 7 octobre (je ne suis pas chien.)

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Un gentil visiteur (Vincent) me signale par mail que la formule "le bonheur, c'est du chagrin qui se repose" n'est pas de Aldebert mais de Léo Ferré "un p'tit gars apparemment plein d'avenir" ajoute Vincent malicieusement. Dont acte. Mais précisons aussi qu'Aldebert lui même m'avait indiqué qu'il avait emprunté cette formule.

17 octobre 2006

Encore un livre interdit!

En bon démagogue que je suis dans la vie (si, si, j’ai quand même un peu de ça en moi), je suis POUR la liberté d’expression (et la guerre, c’est pas bien ! La planète est en danger ! Il faudrait plus de riches et moins de pauvres ! ...etc.)

medium_9782756900377.jpgDonc, dans le cas présent, il s’agit d'un livre retiré de la vente. Derrière l’écran, une biographie romancée de Claire C. (puisque, dans ce contexte, citer son nom est déjà un délit). J’ai reçu hier un mail sous forme de communiqué envoyé par Sarah Vajda, l’auteur du livre elle-même (mais dont je comprends qu'il ne m'est pas adressé à moi personnellement, je dois être sur un listing quelconque...)

Je vous laisse le lire et je reviens.

Bonjour,

Vous êtes invité(e) à assister à la lecture publique d'extraits de Derrière l'écran, biographie romancée de Claire C. direcrice de l'Info à TF1, livre de Sarah Vajda sorti le 23 juillet 2006 et retiré de la vente par mesure judiciaire conservatoire, dans l'attente d'un jugement de fond.

Où ? Au café du Progrès, 1 rue de Bretagne, 75003 Paris (Métro Filles du Calvaire ou Saint Paul - la station Chemin vert est fermée au public pour rénovation ! )

Quand ? Le jeudi 26 octobre

à 20h.

Consulter le blog dédié à cette affaire :
http://clairezachal.blogspirit.com/

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Remerciements à Christine Moreau, Isabelle Laurio, Marc Deramaix, Bernard Malblanc... pour la lecture et à Bruno Deniel-Laurent, Joël Schmidt, Jacques Aboucaya, Raphaël Dargent, Stéphane Chaudier, pour les critiques ; à Jean-Luc Moreau pour l'heure et demi passée sur les ondes de Radio Libertaire à évoquer le livre, "l'affaire" et le docteur No-Bouygues ; à Laurent Schang toujours pour l'entretien publié sur le site du Stalker, enfin à Juan Asensio qui nous a offert l'hospitalité de la Zone.

Mention spéciale à Jean-François Kervéan qui, dans France-Soir au lendemain de l'interdiction, fut le seul à saluer le livre et à mesurer l'enjeu d'une telle interdiction. En effet, mention était faite dans le jugement de "diffamation et d'atteinte" à la vie privée de la Star, quand il s'agissait seulement de conter le devenir tête de gondole d'une journaliste économique qui, à TF1, fit don de son image et de sa personne, de la déchéance d'une petite fille de France dans le Spectacle, d'un essai de psychologie contemporaine, d'une mythologie française. Disproportion entre la faute et la condamnation ? Peut-être pas. En aucun cas, l'objet invoqué n'était recevable... On pouvait dire bien des choses en sommes... mais de cela, je ne fus pas coupable, considérant que la pornographie consistait davantage à avoir consenti à être l'employée modèle de TF1 qu'à vivre librement ou pas.

Voilà, j’ai laissé l’intégralité du mail.

Pour tout vous dire, ce matin, j’ai lu le livre de Sarah Vajda (en pdf sur le blog).

Le point de vue sur « la société du spectacle » (cher à Debord) et la description de la vie dans l’empire TF1 sont de grands moments de bravoure… Très instructif et les bras m’en sont tombés.

A lire absolument !

Et je sais bien… moi-même sur ce blog, je vous parle des coulisses du show-biz. Je participe à la connerie ambiante, certes mais en tentant d’avoir un peu de recul.

Mais de toute façon, l’homme est paradoxal.

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Ajout à 14h00 :

Ce matin, j’ai prévenu par mail Sarah Vajda de cette note la concernant. Et voici sa réponse sympathique…

Cher Monsieur,

Laissez-moi vous remercier d'avoir si vif ouvert le fichier PDF et d'avoir lu ce pauvre livre ! Désormais, j'irai oublier mes sérieuses préoccupations dans les coulisses du Show bizness. Etes-vous un descendant d'XXXXX (là, elle dévoile mon patronyme et comme ce blog est censé être anonyme…) le philosophe ? Aurai-je le plaisir de faire votre connaissance le 26 ?

Très cordialement à vous

Sarah Vajda  

medium_ferdi.gifChère madame,

Alors, non, je n’ai rien à voir avec le philosophe du même nom et la question m’est posée systématiquement par des érudits qui ont des lettres. J’ai moi-même étudié le monsieur, histoire de ne pas mourir idiot. J’ai particulièrement apprécié ses Plans de philosophie générale, dans lequel Ferdinand XXXXX expose les problèmes essentiels de la philosophie et les idées directrices des grands auteurs, avec une clarté admirable.

Et je cite avec délectation mon homonyme : Le droit de penser appartient à tous.

Mais le droit de publier, visiblement, non…

Je vais tenter d’assister (et avec plaisir) à votre séance de lecture du 26.

Très amicalement,

Mandor (qui n’a donc pas d’aïeul, ni d’aïeux d’ailleurs, philosophe).

P.S (1):Une peu lourde cette dernière phrase, non ???

P.S (2): Et pour les malins qui découvriront par le biais de cet ajout mon vrai nom de famille, j'applaudis des deux mains. Clap, clap! De vrai Sherlock Holmes!

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