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03 octobre 2006

Bernard Werber, le marathonien...

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C'est la deuxième fois que j'évoque Bernard Werber sur ce blog... La première fois, c'était pour cette anecdote truculente...

 

Dans ma voiture, en ce mecredi 27 septembre (la semaine dernière, donc), je m’amuse à comptabiliser le nombre de fois que j’ai interviewé Bernard Werber…

Pour La Révolution des Fourmis à Limoges dans une radio locale, pour son court métrage La Reine de Nacre chez lui, pour Nous les Dieux dans un café pas loin d’Albin Michel, pour Le Souffle des Dieux de nouveau chez lui mais pas le même que pour le court (et oui, les écrivains déménagent aussi)… et enfin là pour medium_Werber_3.jpgLe Papillon des étoiles (l'ouvrage sort aujourd’hui.... comment je colle à l'actu moi!). Je jubile de trouver une place devant son immeuble. Je suis en avance mais j’en profite pour potasser encore un peu mes questions en écoutant le nouveau disque de Jeanne Balibar Slalom Dame (le 7 novembre dans les bacs)… quand la sonnerie stridente de mon portable déchire l’espace de mon véhicule en tuant la voix feutrée de la belle Jeanne. Ca me met en rogne.

-Bonjour, je suis l’attachée de presse de Bernard Werber.

Là, je me dis qu’il va y avoir du changement de dernière minute.

-J’appelle de la part de Bernard. Il me demande si ça ne vous gène pas de venir plutôt chez Albin Michel ?

-Ben non, pas du tout, j’ai juste tourné une demie heure pour me garer et comme il y a beaucoup de circulations je vais juste m’énerver avant mon interview… ne réponds-je pas.

medium_27.09.06_Bernard_Werber_5_.JPGEvidemment, j’accepte.

L’homme est faible.

Mandor est poli et met de l’eau dans son vin (même pas vrai !)

Du coup, j’arrive un peu en avance à la maison d’édition.

J’attends dans la salle d’accueil. Werber est à la bourre, il m’appelle directement et me dit.

-J’arrive, je suis coincé dans les embouteillages. Excusez-moi, franchement, je suis gêné…

Pas grave.

medium_PapillonDesEtoiles_200.jpgIl arrive enfin, comme d’habitude un sourire enfantin aux lèvres, s’excuse encore une fois et me propose de nous rendre dans un café, au bout de la rue. Nous nous installons dehors et commençons l’interview. A l’intérieur du café, je remarque deux étudiantes qui nous matent en minaudant. Enfin, j’imagine que c’est plutôt lui qu’elles ont reconnu. D’autant plus que son nouveau livre est posé bien en évidence sur le guéridon. Nous commençons d’ailleurs par l’analyser mais, bon, vous pouvez lire ma chronique ici alors je ne vais pas m’étaler. Sachez simplement, que c’est un bon cru Werberien, son Papillon des Etoiles se lit vite et le suspens est mené tambour battant.

-Moi j’ose oser ce qui n’est pas autorisé. C’est ma touche personnelle. Quand dans mon livre, le dernier survivant s’opère lui-même de la hanche, s’évanouit, puis se réveille pour continuer l’opération, je reconnais que c’est un peu gros. J’ai la volonté de prendre le maximum de surenchère de risques tout en  m’amusant avec l’outil littéraire pour ne pas m’ennuyer moi-même. Je ne veux pas faire des livres qui ressemblent à ceux des autres.

Il sait y faire le Bernard. D’ailleurs, il s’exerce comme un sportif de haut niveau pour garder le cap dans sa création littéraire.

-Pour moi la littérature, c’est un marathon. Il y a une vitesse à trouver et cette vitesse, je l’ai depuis l’âge medium_werber_.jpgde 16 ans. Dans le reste de ma vie, je suis un peu paumé. Il n’y a que sur ce rail là que je suis solide. Frédéric Dard disait : « Pour moi, être écrivain professionnel, c’est trouver une régularité quotidienne ». Quand je vois des écrivains qui font des coups, je me dis qu’ils ne savent pas que ce n’est pas un sprint, je le répète, c’est un marathon. L’imaginaire est un muscle qui s’entretient. Une fois assimilé la technique, il ne reste que l’émotion et le plaisir. Pour pouvoir embarquer le lecteur, il faut vraiment dépasser ce seuil de l’effort.

Alors, il écrit 4 heures par jour et sort un livre chaque année. Il est hors de question pour lui de ne pas suivre ce rythme.

-J’ai un contrat de régularité avec mes lecteurs et mon éditeur. Toujours ce côté marathon. Je fais ça aussi comme on rend une copie à l’école… on a envie de rendre son travail à l’heure. Je crois que l’art est servi par la contrainte… celle du temps est très intéressante. Actuellement, je pourrais sortir deux livres par an. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas le faire, mais en prenant un pseudo. En France, je crains qu’on ne me le pardonne pas. A ce sujet, aux Etats-Unis, ils sont plus tolérants.

Bernard Werber n’hésite pas à faire des révélations étonnantes…

-J’ai une relation avec mon public comme avec une maîtresse. Si je fais l’amour toujours de la même manière, au bout d’un moment, elle va en avoir marre de moi, donc il faut que je la surprenne.

Nous parlons aussi de son prochain livre, le 3eme volet de son «cycle des Dieux » qui sortira dans un an et de la sortie imminente de son premier film produit par Claude Lelouch :"Nos amis les Terriens", un documentaire extra-terrestre sur les Terriens, inspiré du court-métrage "Les Humains". La sortie en salles est prévue en janvier 2007.

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Avant de se séparer jusqu’à l’année prochaine, je lui parle de ce blog, sujet, vous vous en doutez, qui l’intéresse très franchement (si, si). Il décide de faire une séance photo devant le café où nous sommes mais plutôt que de me noircir le visage, le cacher tout simplement avec son livre. Oui, je sais… il fallait y penser…

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On peut dire ce qu’on veut sur lui, Werber suit sa route, en faisant fi des commentaires de tout poil…Chez lui, rien n’est le fruit du hasard.

Et je lui laisse le mot de la fin.

-Mes livres, mes bandes dessinées, mes films… tout est connecté pour former une méga œuvre architecturale. Le métier d’écrivain tel que je le conçois ressemble à celui d’architecte. Je place des éléments pour équilibrer, créer des harmonies, des surprises, de la lumière…

Commentaires

Salut MANDOR et le crédit photo pour ta photo ! pas mal Le Livre devant la Tête !
Circulez ! James

Écrit par : James | 03 octobre 2006

Bernard, je te lis depuis mes 16 ans. Et je ne suis jamais parvenue à décrocher. Vivement que j'achète ton nouveau livre.

Écrit par : Monica | 04 octobre 2006

"...quand la sonnerie stridente de mon portable déchire l’espace de mon véhicule en tuant la voix feutrée de la belle Jeanne. Ca me met en rogne." que c'est bien dit !!!!! soupir ! :)

bisous mandor

Écrit par : lola | 04 octobre 2006

Il a l'air sympa pour quelqu'un qui vend beaucoup de livres.
Moi, de Bernard Werber, c'est "les Thanatonautes" qui m'a fasciné. Si vous avez peur de la mort il faut le lire.

Écrit par : Laurent | 04 octobre 2006

@James: C'est cela oui...
@Monica: Juste un petit rappel. Ce n'est pas le blog de Bernard ici, mais, effectivement, peut-être viendra-t-il y faire un tour, et dans ce cas, tu peux le tutoyer en t'adressant à lui directement...
@Lola: Merci miss. ;o)
@Laurent: C'est même, à mon avis, un de ses meilleurs livres.

Écrit par : Mandor | 04 octobre 2006

Qu'est ce qui cause pour un architecte...Moi j ai rien lu de Werber...et non...et quand je lis "J’ai une relation avec mon public comme avec une maîtresse"...Je vais pas m'y mettre.

Écrit par : Fishturn | 05 octobre 2006

@Fishturn: Ah oui, c'est sûr, c'est hyper violent et choquant comme image...
Allons, jeune homme, en même temps que le Julien Green que je dois te prêter, j'en profiterais pour te faire passer "Les Thanatonautes ou "Les fourmis", juste comme ça, pour voir. Je suis plus circonspect sur d'autres de ses ouvrages mais ces deux là, sans être de la "grande littérature", sont passionnants, j't'assure.

Écrit par : Mandor | 05 octobre 2006

"Les Thanatonautes" alors...Ok

Écrit par : Fishturn à 2 heure d'une grosse présentation chez un gros client qui a plein de sous à dépenser mais qui bien sûr me met en compet' contre mes concurents, pas fou l'animal... | 05 octobre 2006

Coucou! merci pour cet article, j'adore l'auteur! C'est clair que le livres sur les Thanatonautes était interessant, il incite a imaginer la mort, à l'appréhender d'un peu plus près... :)
A bientot.

Écrit par : Pauline | 06 octobre 2006

@Pauline: Tout à fait! J'ai beaucoup aimé ses histoires quand j'étais plus jeune alors aujourd'hui je le suis avec un peu de nostalgie même si je lis bien d'autres auteurs plus "littéraires".

Écrit par : Mandor | 06 octobre 2006

coucou,Bernard Werber est aussi a Madagascar. 1+1=3 j en doute pas,la preuve c est nous.

Écrit par : Rasamimanana | 26 août 2012

Les commentaires sont fermés.