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01 septembre 2006

Isabelle Alonso, chienne qui ne mord pas!

medium_V73_Livres_Isabelle_Alonso_photo_.jpgL’homme est faible. Je suis faible. Je pensais que ma rencontre avec une chienne de garde allait être une joute verbale ironico-hypocrite mais alors, pas du tout…

Isabelle Alonso me donne rendez-vous au bar de l’hôtel du Louvre (le Defender) à 18h00. Comme, évidemment, j’arrive largement en avance, je pose mon fessier sur le bar qui fait face à l’hôtel. Je commande un verre de Bordeaux, puis un deuxième, puis un troisième (j’étais vraiment très en avance) tout en lisant, regardant les gens passer et respirant l’air vif et sain de la capitale (qui a dit que les hommes ne pouvaient pas exercer plusieurs activités en même temps ?) L’heure H arrive et je reçois un coup de fil de Gilles Paris, l’éminent et sympathique attaché de presse d’Isabelle (et par ailleurs auteur de deux jolis romans). Il me prévient qu’elle aura une trentaine de minutes en retard.

-Tu comprends, elle était invitée par Bern dans sa nouvelle émission. Elle était là pour évoquer le cas Ségolène Royale.

-D’accord Gilles, je patiente.

Garçon ! Un autre s’il vous plait !

Pour être franc, le livre d’Isabelle Alonso L’exil est mon pays (Editions Héloïse d’Ormesson) m’a beaucoup plu. Elle raconte sa petite enfance au sein d’une famille d’exilés politiques espagnols qui débarque en France dans un petit village. Un livre plein d’humour qui raconte surtout comment une fillette apprivoise le déracinement et se débrouille avec ses questions de mômes… (ma chronique sur le livre est dans la rubrique Mille feuilles, à gauche).

Je m’installe au Defender. Mince, il y a peu de luminosité… L’ambiance feutrée, c’est sympa pour un rendez-vous galant mais pour faire une interview avec mes notes couchées sur une feuille mal imprimée (parce que je suis à court d’encre chez moi), c’est pas la joie ! Tant pis, je vais improviser, de toute façon, le thème m’intéresse. Je vis avec une arménienne (donc ma fille de 16 mois est moitié arménienne, je réalise tout juste… ça alors !), vous pensez si je connais les problèmes d’exil et de déracinement.

Isabelle Alonso arrive mais ne connaissant pas la tête de son futur interlocuteur, je la laisse essayer de deviner avec qui elle a rendez-vous (quel espiègle personnage je suis !) Au bout de 30 secondes (ma pitié arrive vite) je me signale à elle. Et là, je tombe sur un nana pétillante, souriante et très sympathique. L’osmose dans toute sa splendeur.

-Je prendrais bien une petite coupette si ça ne vous dérange pas.

-Bon, deux coupettes alors !

Nous voilà donc lancés dans des explications sur son livre. Le pourquoi du comment. medium_V73_Livres_Isabelle_Alonso_cover_.jpg

Et je lui parle de son écriture. Subtile, tendre. Les propos tenus sont des réflexions enfantines, mais sa façon d’écrire reste celle d’une adulte maîtrisant parfaitement la langue française (Isabelle Alonso a fait des études littéraires).

 

-Ce livre est un voyage très subjectif dans mon enfance. Je voulais échapper au discours bêtifiant et aux mots faussement naïfs qu’on n’a plus quand on est adulte. Les mots d’enfants sont magnifiques quand ils sont dits par des enfants.

 

Ce roman autobiographique n’est pas larmoyant au contraire, il est plein d’espoir et d’humour.

 

-L’humour est la défense ultime. Dans toutes les dictatures et chez tous les peuples opprimés, la première chose qui se développe, c’est l’humour. C’est vraiment un sparadrap contre l’adversité.

 

Encore aujourd’hui Isabelle est une femme qui s’interroge tout le temps. Exemple :

 

-Qui aurais-je été si mes parents n’avaient pas eu à quitter le pays. Si j’étais née en Espagne en 1930, aurais-je pu survivre telle que je me plais à me considérer aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûre. Je pense que je serais morte. Dans une société très conservatrice, très bloquée, je n’aurais pas pu m’en sortir.

 

Au lieu de cela, en France, elle s’en est bien sortie la diablesse !

 

-Je suis arrivée à la télé par hasard… mais le hasard existe-t-il vraiment ? Si au départ, dans la vie, on a eu le sentiment d’être méprisée pour ce qu’on est, après, on a toujours le désir très excessif d’être approuvé, accepté, intégré par les autres. Ce désir, pour moi, est une fragilité.

medium_arton498.2.jpgFragile, je constate qu’elle l’est. Rentrant assez loin dans ses souvenirs, parlant de ses parents, de ce qu’ils ont vécu et fait pour les protéger (les enfermer dans un cocon de bonheur, un peu à la manière de Roberto Benigni dans La vie est belle), elle s’arrête de parler, des sécrétions lacrymales coulent sur sa joue… Je lui dis que si elle s’implique autant dans chaque interview, elle n’a pas finie de verser des torrents de larmes. Elle se ressaisie très vite. Puis pleure encore un petit coup.

-Vous comprenez, je ne peux même pas voir à la télévision l’image d’un réfugié marchant sur une route. C’est pour moi insupportable ! Les images du Liban cet été…

Silence… yeux mouillés, encore. Bon, comme j’ai l’art de détourner la détresse humaine (et l’art de savoir consoler tout en douceur), je change de conversation. Je lui parle de son image qui lui colle à la peau et lui avoue même que, parfois, son côté « chienne de garde » me sort par les trous de nez.

-Pour moi, c’est un honneur d’être féministe, parce que les féministes ce sont des femmes qui ont fait avancer l’humanité de façon merveilleuse. Etre féministe, c’est se battre contre l’injustice, contre l’exploitation, contre l’oppression. Je revendique tout ça et je me fous totalement des gens qui trouve ce terme péjoratif, ils ont simplement un manque de culture…

N’en jetez plus, la coupette est pleine (enfin, plus vraiment) ! Je l’interroge ensuite sur son rapport aux livres.

-Je suis épanouie quand je le vois physiquement. C’est quelque chose de palpable que j’ai fait. J’ai un sentiment de plénitude. En plus, mon nouveau livre à l’air de plaire encore plus que les précédents. Ce matin, j’ai reçu un courrier très positif de Benoîte Groult et un de Gisèle Halimi.

Isabelle manque de s’étouffer avec des cacahuètes, il est temps pour moi de lui parler sexe (ne cherchez pas de rapport, il n’y en a pas.). Il y a des pages osées dans son livre. Elle raconte ses premiers émois sexuelles, ses attouchements solitaires (il y a notamment une scène avec un bâton de rouge à lèvre de sa mère, pas piquée des hannetons !)

-Pour moi le sexe est tellement éminemment positif et génial que je me dis que les pervers et  les pédophiles ont gagné, que tous les gens qui salissent la sexualité ont gagné parce que finalement, on entend qu’eux. Vous entendez, vous, les gens qui ont une sexualité juste joyeuse, débridée, tranquille et sereine ?  Moi, je voulais juste décrire sincèrement quelque chose qui fait partie de mes souvenirs. Ne pas en parler aurait été une forme d’auto censure que je réprouve. L'évoquer est très sain.

Bref, ce fut un moment vraiment très surprenant. Isabelle Alonso devrait faire gaffe à son image… Elle agace plein de gens alors qu’elle est agréable et qu’émane d’elle un fluide positif, humainement chaleureux.

-Mais les gens me voient comme ils veulent bien me voir. Mes discours à la télé, chez Ruquier par exemple, ne sont pas radicaux contrairement à ce que l’on pense… Je suis même plutôt gentille. L’étiquette que l’on me colle n’est pas celle qui me correspond.

Du coup, j’écouterai plus attentivement ce qu’elle raconte. Peut-être édulcore-t-elle ce qu’elle est ou est-ce moimedium_isabellealonso_laurent_denis.jpg qui ai des œillères ? Je ne sais plus trop. Mais, de toute façon, quelle importance ? J’ai passé un joli moment, il me semble qu’elle n’a pas été dérangée par ma personne.

La « mauvaise » réputation, depuis Brassens, on sait ce que c’est…

Rien à voir, mais ce soir la Star Ac’ revient ! Cela me permet de préciser que je prépare une note sur Elodie Frégé, gagnante de la troisième mouture (dont la photo est déjà sur With the Star 3eme partie). Je l’ai rencontré hier après-midi. Je n’en suis pas encore complètement remis…

Commentaires

A V Cher M A N D O R

Je decouvre avec stupéfaction que vous êtes de plus en plus Galant !

Inutile de vous dires que le jour ou votre visage sera à la Une de www.Canal2V.com nous nous efforcerons de le faire savoir sur votre Blog ! ET na ! J'AI VOTRE PHOTO? QUI LA VEUT !??????

GRRRRRRRRRR ce Poivre d'Arvor du Net, je l'aurai !

James - Canal2v.com

Écrit par : James | 01 septembre 2006

(James, ta pub dans tous les messages n'est pas subtile..passons)

Mais j'y étais à la nouvelle émission de Bern, c'est donc moi le coupable ? Si j'avais sû.
En effet, elle est adorable mais parfois s'emporte de façon totalement innatendu. Une sanguine hihihi

Écrit par : Tybo | 01 septembre 2006

Heureusement que de femmes comme ça existent pour défendre nos droits. Moi, je l'aime bien. Et, du coup, je vais lire son livre.

Écrit par : Julie | 01 septembre 2006

@James: Tu as ma photo, m'en fous. J'en confiance...
@Tybo: 'Tain, c'est à cause de toi que j'ai picolé sans vergogne!!! A propos de Bern j'ai vu les belles photos de son nouveau studio sur le site de Morandini... (qui ne t'avait pas crédité le coquin!)
@Julie: Bon, ben, voilà aussi à quoi il sert ce blog...

Écrit par : Mandor | 02 septembre 2006

Il faut toujours se méfier des images comme ça

PArfois les gens grinçants sont les plus agréables dans la vie ;
et le contraire aussi...
On en croit certains plein d'humanité alors que.....(queue)
hum!!!!

Écrit par : MISSPARkerAPrèsLille | 04 septembre 2006

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