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29 juillet 2006

Polar sous influence...

medium_Polar.jpgCe doit être une nouvelle mode…

Dans une précédente note j’évoquais le travail d’écriture à deux entre Pierre Guimard et Jérôme Attal. Quatre mains et deux cerveaux seraient donc la manière 2006 d’écrire un disque. Bâtir un nouvel édifice musical avec des fondations solides ? Un puceau de l’écriture lié à un Don Juan de la prose ? Le 28 juin dernier, j’ai rencontré dans les locaux d’EMI un autre artiste qui a bénéficié du talent d’un as de la plume. Fait trop chaud à l’intérieur mais toutes les tables sont prises dans l’immense jardin de la maison de disque. Nous trouvons finalement refuge sur des escaliers extérieurs. Même pas à l’ombre et dégoulinants. J’ai vraiment bien fait de choisir une chemise noire (voir « with the stars 3eme partie »). Je suis avec le suisse Polar (Eric Linder en vrai). Pour son premier disque en langue française Jour Blanc (sortie officielle le 4 septembre prochain), il s’est adjoint les services de Christophe Miossec. Excusez du peu ! Polar a déjà trois albums à son actif (du folk existentiel à vif) mais tous interprétés en anglais (maman irlandaise et papa suisse germanophone oblige). Un beau jour, il rencontre Miossec, fan de la première heure, qui l’incite à se lancer dans cette nouvelle aventure. Un album tout en français. « Il considérait qu’avec ma voix et mon univers c’était dommage de ne pas tenter l’aventure. Grâce à lui, j’ai ouvert une porte que je ne pensais jamais ouvrir. » Mais il se trouve que Polar sait ce qu’il veut et qu’il n’est pas homme à dire amen à tout. « J’ai accepté que Miossec écrive avec moi mais avec certaines règles. Je ne voulais pas que ce soit par ordinateurs interposés. Il fallait que ce soit un boulot de rencontres. » J’avoue que j’ai du mal à me concentrer sur les propos du sympathique suisse puisque je ne cesse de regarder Axelle Red déjeuner à 20 mètres de nous avec quelques obscurs personnages (attaché(e)s de presse, directeurs marketing, chefs de projet et autres directeurs artistique… Son nouvel album Changer ma vie sort le 11 septembre 2006, il faut donc préparer le plan promo). Pas mal la dame! Je rechoppe la conversation de Polar : « J’ai trouvé une maison qui a appartenu à un important éditeur allemand. Il y accueillait de très grands auteurs. Bon, c’est un gars qui était légèrement nazi et donc interdit de publication… » Là je dresse l’oreille parce que, quand même, ça mérite son pesant de cacahuète. «Après la guerre, il a fait fortune en publiant des auteurs américains... Hemingway, Miller, Faulkner venaient en vacances dans cette maison. Et donc Miossec et moi nous nous sommes retrouvés dans ce lieu chargé d’histoire, en huis clos, dans une campagne magnifique et une ambiance automnale. »  Merde ! Axelle Red ne jette même pas un regard sur nous. Je déboutonne deux boutons supplémentaires. Quelle fournaise! Polar m’explique qu’au début avec Miossec, ce n’était pas gagné. medium_0002_edited.jpgmedium_0001_edited.jpg« Quand il est arrivé, nous avons du accorder nos violons. Tu connais Miossec... » Euh… non, pas personnellement. « On n’est pas tout à fait pareil. Moi, je courais pendant que lui s’en jetait une. » (Autrement dit, il se pétait la tronche au vin rouge) « Mais très vite, on a trouvé une méthode de travail. Je lui ai raconté toutes les histoires des chansons de mes trois premiers albums. Au début j’étais un peu timide parce que c’était très personnel. Nous avons fini par nous livrer nos vies respectives. Nos deux histoires se sont rencontrées, elles se sont même confondues dans nos textes. » Hop ! Un coup d’œil sur Axelle qui rigole d'une blague, certainement vaseuse, racontée par son voisin, hilare lui aussi.

J’essuie les gouttes qui coulent sur mon visage luisant. « Avec Christophe, on a écrit des histoires de cœur et surtout des amours déchirés. Et puis, la nature aussi est très présente dans les chansons de cet album. L’énorme étendue de forêt qui était devant nos yeux constamment a été une source d’inspiration involontaire. Pour tout dire. On a vécu deux mois en synergie artistique et personnelle totale. » J’opine du chef. Et Edith Fambuena dans tout ça ? (Comme Chancel disait « Et Dieu, dans tout ça ? ») « Elle aimait bien mon travail mais, selon elle, les arrangements n’étaient pas exactement à la hauteur… Chez elle, en écoutant sa version de mes chansons, j’ai été bluffé ! C’est donc finalement elle qui donne la couleur de l’album. » Il faut dire qu’Edith n’est pas un bras cassé de l’arrangement (Pauline Croze, Jean Guidoni, Alain Bashung…). Mes semelles en caoutchouc commençant à coller aux escaliers, je décide d’interrompre cette conversation pour aller nous rafraîchir. En nous dirigeant vers la buvette, Polar me demande de ne pas oublier de parler de ses sites dont son myspace. « J’ai jusqu’à présent plus de 5000 visites et 300 personnes par jour. Les gens peuvent découvrir ma musique et mon journal quasi quotidien. » C’est fait. Nous passons devant l'Axelle Red’s band et je prodigue à la chanteuse un clin d’œil lourd de sous-entendus scabreux juste au moment où elle fixe son assiette. La belle ne saura jamais à côté de qui elle est passée ce jour là. Sacré destin !

 

(Les photos judicieusement parallélisées par mes soins sont de Mandor lui même, disciple de David Hamilton... Manquaient les adolescentes pré-pubères mais avec mon doigté et mon regard le monde est tout de même resté flou! Quant à la photo d'en haut, elle a été prise par un type qui aime les arbres, le vent et les chemises écossaises.)

 

Liens:

www.polar-music.com

www.myspace.com/ilovepolar

www.axelle-red.com

www.emimusic.fr

 

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