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23 juillet 2006

Pourquoi Biolay énerve...

medium_biolay_2_.jpgAvant-hier soir j’ai regardé l’excellente émission « La boîte à musique de Jean-François Zygel » sur France 2. Chaque semaine, le présentateur (compositeur, pianiste et pédagogue hors pair) fait redécouvrir un musicien classique de manière ludique en présence d’une vedette de la chanson française. Cette fois-ci, il s’agissait d’une leçon magistrale sur l’œuvre et la vie de Schubert sous le regard intéressé de Benjamin Biolay (qui en connaît un rayon sur la question). Benjamin Biolay… Un vrai mystère ce garçon là. Je suis sa carrière depuis le début même si j’ai moyennent accroché à Rose Kennedy (2002) et Négatif (2004). Trop lent, trop « atmosphérique », trop triste, trop noir, trop neurasthénique… Par contre son boulot pour les autres m’a toujours impressionné (Henri Salvador, Valérie Lagrange, Coralie Clément, Daphnée, Françoise Hardy, Isabelle Boulay, Juliette Gréco, Karen Ann, Julien Clerc, Hubert Mounier...). Jusqu’au jour où l’album A l’origine (2005) a pointé le bout de ses sillons… Une claque (voir mon article, à gauche). Qui est ce type « énervant », décrié par une bonne partie de la nouvelle génération de la chanson française? Je veux juger par moi même cet artiste qui fait tant l’unanimité contre lui. Encore tout récemment, un chanteur que je ne nommerai pas m’a dit à propos de la réputation de Biolay : « Il n’y a pas de fumée sans feu ! ». J’adore ce genre de phrase… très fin comme analyse. Au fait, quelle est sa réputation ? Que reproche-t-on à ce Benjamin Biolay? (En cherchant bien, à l’heure où Israël et le Liban s’entretuent, il y a certainement au moins une personne qui se pose cette question essentielle pour l’avenir du monde.) Peu habitué à manier la langue de bois, il a rapidement été considéré comme quelqu’un d’arrogant et de détestable. Son allure indolente d’élégant suranné, ombrageux, boudeur, séducteur et bohème en excède plus d’un. Mais non ! Il ne s’agit aucunement de jalousie. Quoique… La lecture d’une table ronde entre Jeanne Cherhal, Vincent Delerm et Bénabar dans le Chorus n°50 m’a franchement incité à me poser la question. Les trois chanteurs (que j’aime au demeurant beaucoup) se foutent discrètement de sa gueule sans explication et justification apparente. Ma copine Sophie de EMI/Virgin Music me cale donc un rendez-vous le 10 mars 2005 avec ce monstre d’opportunisme « qui se prend pour Gainsbourg » (dixit d’autres artistes bien intentionnés). C’est au Café des éditeurs que m’attend le mari de Chiara Mastroianni (4 carrefour de l’Odéon dans le 1er arrondissement de Paris, pour ceux qui souhaiteraient éventuellement y faire un pèlerinage… c’est son point de chute fréquent) . Il me semble au bout du rouleau mais je m’abstiens de lui en faire la remarque (pour le moment). Nous échangeons nos avis sur son disque : « même s’il est lapidaire, ce n’est pas un album règlements de compte. Je dis beaucoup de choses mais mes colères les plus intimes restent mes colères. » Rapidement, sans que je ne lui pose aucune question sur ce sujet, il déballe ce qu’il a sur le cœur, comme un trop plein de bile à déverser sous peine d’étouffer. « Je commence à vieillir et donc à devenir plus sage, à voir le vrai visage des gens, à démasquer les personnes qui pensent ne jamais être démasqués. » Devant mon air interloqué, il précise. « Je suis dégoûté en fait. Des journalistes mais surtout des confrères se sont permis de m’insulter dans les journaux. Qu’est ce que je leur ai fait ? J’ai gagné le respect de mes aînés mais pas celui des gens de ma génération. Ils s’imaginent que je suis un prince consort parce que j’ai épousé une actrice qui a des parents célèbres. Il y a une espèce de décorum pourri autour de ma personne. Avec le lot de coups bas et d’intrigues que j’ai reçu de manières répétitives, je suis fatigué. Très las de devoir me justifier. Merde ! Il ne s’agit que de musique après tout. » Il me regarde avec un air de chien battu. Je me retiens de le caresser sur le haut du crâne, entre les deux yeux, de peur qu’il tire la langue de contentement. Ce ne serait pas correct dans un tel établissement. J’ai envie de lui dire « non, t’es pas tout seul Jef » mais n’est pas Brel qui veut et son prénom ne correspond pas. Je me contente de lui demander si ce n’est pas la fameuse rançon de la gloire (ouais, je sais, j’ai toujours su remonter le moral des troupes !). « Mais ma gloire est toute relative. Ca me fait chier de recevoir la dose maximale. » Pour ne pas le peiner un peu plus, j’en rajoute dans les compliments. Il est content mais prudent: « J’attends de lire ton article. Souvent les gens sont gentils devant mais ce qu’ils écrivent est assassin… » Ca sent quand même le mec qui en a pris plein la gueule. A l'issue de l'entretien, je lui demande pourquoi il a l’air déchiré (ça s’appelle le tact), du moins fatigué. « Non, aujourd’hui, ça va plutôt bien ! » Je m’entends expulser de ma bouche espiègle cette subtile remarque : « Heureusement que je ne t’ai pas vu hier alors. » Benjamin Biolay m’a regardé en appréciant à sa juste valeur cet excellent trait d’humour. Qui ne dit rien consent.

Moi, je le trouve touchant Benjamin Biolay. J’aime sa fragilité mais aussi et surtout son talent d’auteur, de compositeur et d’arrangeur. A ce propos, j’ai reçu récemment le nouvel album d’Elodie Frégé (Le jeu des 7 erreurs, sortie le 25 septembre prochain chez Mercury). Mes aïeux ! L’est en forme le Biolay ! Il l’a trouvé son Elodie Nelson ! (Quelqu’un m’a dit (pas Carla Bruni malheureusement) que je point d’exclamationise beaucoup mes phrases… Et aussi que je point de suspensionise et entre parenthérise énormément mes propos. C’est vrai ?) Quoiqu'il en soit, j’aurai l’occasion de revenir très bientôt sur ce disque qui va en bluffer plus d’un. Les anti Biolay et anti ex gagnante de la Star Ac’compris. Voilà, c’était notre rubrique « Joie de vivre et compagnie. » A bientôt pour une nouvelle tranche de rigolade !

 

Liens:

www.benjaminbiolay.com

http://elodiefrege.artistes.universalmusic.fr

www.chorus-chanson.fr

www.france2.fr

www.emimusic.fr

Commentaires

ah benjamin... :-)
moi, il avait une énorme gueule de bois mais a été absolument délicieux, pas du tout "oui/non/parce que!" comme je le craignais et avec cet humour noir ravageur que j'adore.

quant à élodie, voilà tout le bien que je pense d'elle:
http://pinkbubble.hautetfort.com/archive/2006/07/04/je-vous-aurai-prevenus.html

Écrit par : kaféine - Pink Bubble | 13 août 2006

Woaw!!! J'applaudis des deux mains. kaféine, j'ai cliqué sur ton lien. Quelle analyse! Je pense tout pareil. Dis donc, je crois que je vais faire des pauses fréquentes dans ton monde...

Écrit par : Mandor | 14 août 2006

Les commentaires sont fermés.