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07 juillet 2006

Murat emmuré...

medium_murat.4.jpg"Je suis pour l'Italie à fond. Moi, vous savez, je compare le foot à la musique... Ce combo de 11 mecs fait une espèce de jazz-rock-zouk qui ne me fait ni chaud, ni froid. Je préfère de loin la musicalité du jeu italien ou anglais. Franchement, celle des français est loin d'être enthousiasmante, non?" Jean-Louis Murat n'est pas chauvin et encore moins nationaliste mais provocateur, ça oui. L'homme est enfin là, devant moi, de bonne humeur, le sourire goguenard, pieds nus, la chemise débraillée laissant poindre son petit ventre rebondi (prouvant que l'ermite auvergnat n'en n'est pas moins bon vivant). Relax quoi... Je suis venu pour qu'il m'en dise plus sur son album à venir (le 28 août 2006): Taormina. Il répond à mes questions allongé sur son lit (oui, nous sommes dans sa chambre d'hôtel) en sirotant un verre de rouge dans lequel régulièrement il ajoute des glaçons (quelle faute de goût!) Je vous le dis tout net: j'aime bien ce type. En tant qu'artiste mais aussi en tant que je m'en foutiste absolu, électron libre dans ce milieu pas toujours sincère. "Le monde médiatique, c'est de la connerie. Dans la mesure ou il faut plaire au plus grand nombre et prendre le plus petit dénominateur commun, évidemment, on tombe dans la tyrannie de la médiocrité. Ce monde du show biz est une machine à broyer, avec mes chansons et mon comportement, je tente simplement de résister." Je vous le concède, parfois, Murat va trop loin (chez Bern, Ardisson ou Ruquier par exemple). Je lui dit, il s'énerve. Il est franchement dégouté de l'hypocrisie ambiante et du nouvellement vers le bas permanent. Personne ne trouve grâce à ses yeux parmi ses collègues de la chanson. "Dans le milieu, je ne connais personne et personne ne me dit bonjour. Je n'ai aucun ami chanteur. J'ai essayé mais je n'y arrive pas. Il y a toujours un moment où je ne suis pas d'accord. Je suis donc quelqu'un de très seul et ça me fait souffrir." Snif! Quelqu'un a t-il un mouchoir? "Vous savez qu'on m'a viré de l'Elysée Montmartre récemment. Je me suis fait insulter par 4 mecs qui n'avaient pas aimé ma prestation lamentable chez Bern. Ils m'ont carrément foutus dehors au bout de 10 minutes du concert que je venais voir tranquillement. Depuis, je vous jure, je suis devenu parano. Je trouve que tout le monde me regarde de travers. Encore ce matin dans le train... J'ai décidé d'essayer de me calmer sur les plateaux de télé parce que les conséquences sont terribles pour moi." Mon opinion perso c'est que Murat est emmuré dans un monde dans lequel il ne se sent pas bien. (C'est qui le roi de la psychanalyse de comptoir?) Donc, il déborde constamment. Sa seule issue est de créer. Ecrire, peindre, chanter, jouer de la guitare... tout le temps. "Peut-être bien." réfléchit-il en me versant, sans me demander, un verre de Vittel (putain, mais j'en veux bien, moi, de son pinard congelé!). "Etre créatif, c'est vouloir sortir de soi. Si je n'expulse pas les choses, elles m'empoisonnent, alors j'écris. Vous avez raison au fond. Je passe mon temps à essayer de retrouver une vie ou une dimension humaine dans laquelle je me retrouve. La vie quotidienne sans exercer mon art est une torture pour moi." Hop! Encore deux glaçons in the wine! Paradoxal discours parce qu'en même temps le crédo de Jean-Louis (oui, je l'appelle Jean-Louis, c'est désormais mon meilleur pote...) c'est "Amour, plaisir, désir".  Je lui demande si l'amour au sens large, le plaisir de boire et de s'envoyer en l'air sont ses seules activités extra artistiques. Il se marre. "Pas vous peut-être? Franchement, il faut en profiter et faire en sorte que la vie soit enthousiasmante pour tout le monde." Moralité: il faut picoler, baiser et se lâcher. La vie selon St Murat, c'est un peu le paradis.

Lien:

www.jlmurat.com

Commentaires

bah voilà, c'était un de mes heros Murat, pis là le coup des glaçon, tu me casse un mythe.

Écrit par : Fishturn | 03 août 2006

Les commentaires sont fermés.