31 mars 2012

Dominique A : interview pour "Vers les lueurs"

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(Photo: Julien Mignot)

Voici une rencontre que j’attendais depuis longtemps (même si ce n’était pas ma première avec lui). Dominique A est un maître de la belle chanson française. Beaucoup de jeunes artistes se revendiquent de lui. Il le sait, mais reste humble et détaché par rapport à l’image qu’il véhicule. Fausse ou vraie, cette interview réalisée à l’occasion de la sortie de son nouvel album Vers les lueurs était un bon prétexte pour revenir sur sa réputation et sur son œuvre en général… 

Le 13 mars dernier, nous nous retrouvons en tête à tête dans un bureau de son label (Cinq7). Voici l’interview publiée dans ActuFnac daté du mois d’avril 2012 (dans les magasins FNAC à partir de lundi).

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Voici un avant goût de Vers les lueurs, le premier clip tiré de cet album : "Rendez-nous la lumière".

Un autre extrait de l'album, mais en live... "Par les lueurs".

Bonus mandorien : Avec Dominique A, on a aussi parlé littérature…

Vous n’êtes pas sans savoir que j’anime depuis 3 ans le Salon du Livre de Provins, grâce à David Sottiez et l’association Encres Vives qui me réitèrent leur confiance chaque année. Ce même David a convié l'année dernière Dominique A à chanter à Provins, ville dont il est originaire. Pour l’artiste, c’était un moment unique et troublant… qui lui a donné envie d’écrire un livre. Explications.

Vous sortez  bientôt un livre de souvenirs, principalement lié à votre enfance…  à Provins (en Seine-et-Marne).

Oui, j’ai écrit sur mon rapport à Provins. Un rapport que je qualifierais d’ambivalent. Je n’aurais pas écrit ce livre s’il n’y avait pas eu un problème.

Vous avez eu envie d’écrire ce livre, quand l’année dernière, vous êtes venue à Provins chanter à l’initiative de David Sottiez dans le cadre du festival Encre Vives.

Oui, et cette journée est devenue la dernière partie du livre. Plusieurs fois, je suis revenu à Provins parce qu’il y a quelque chose qui m’attire et en même temps qui me révulse dans la ville et ses environs. Ce que la ville dégage. Cette espèce de solitude, ce truc qui tire vers le bas. Ces vieilles pierres, cette humidité antique. En même temps, j’ai l’impression que cette ambiance correspond à mon état d’esprit vraiment.

Vous vous êtes, je crois, beaucoup interrogé...

Des interrogations sur : Dans quelle mesure un lieu vous modèle ? Quel effet miroir ou non ? Et ce jour-là, le fait de revenir là-bas pour chanter certaines chansons qui étaient en rapport avec Provins, voir la réaction des gens, je vous assure que j’appréhendais beaucoup. Je me suis aperçu que certaines idées que j’avais préconçues sur moi et sur la ville étaient faussées. Cette journée m’a permis de me rendre compte que j’étais dans l’erreur. À la fin, du livre, je suis dans les rues de la ville et je raconte ce que je ressens, ce que je vois et ce que j’en retire. C’est un portrait de la ville peu engageant et, du coup, je ne suis pas sûr que les Provinois apprécieront particulièrement. Je ne pense pas que l’office du tourisme de Provins mettra en avant ce livre. Après je serais ravi de revoir David pour en parler et participer éventuellement au Salon du Livre de l’année prochaine. Il faut voir…

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Avec Dominique A, dans les locaux de sa maison de disque, Cinq7 le 13 mars 2012.

30 mars 2012

Revolver : interview pour "Let Go"

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Le 12 mars dernier, je me suis rendu dans les locaux d’EMI, afin d’aller interviewer les 3 membres du groupe Revolver.  J’aime bien musicalement et humainement ces jeunes hommes particulièrement matures et talentueux. Voici le fruit de notre conversation pour ActuFnac (daté du mois d’avril 2012 et dans les FNAC à partir de lundi).

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Pendant l'interview...

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Après l'interview, avec la participation amicale et discrète de David Robert Jones.

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Pour finir, le premier clip de Revolver tiré de ce deuxième album, Wind Song.

16 mars 2012

Rover : interview d'une future star mondiale !

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Le titre de cette chronique est un brin exagéré et provocateur, mais bon, je ne suis pas loin de le penser. Ce serait, en tout cas, assez logique étant donné le talent immense de la personne concernée…

Le 5 mars dernier, j’ai reçu le très charismatique Rover à MusiqueMag pour une session acoustique et pour une interview. J’ai eu un vrai gros coup de cœur pour son premier et magnifique album. Ses compositions et sa voix m’ont bluffé au plus haut point. Comme très rarement, en fait. J’avais écrit dans le FNAC ACTU daté du mois février 2012 un article pour le moins dithyrambique sur la sortie de son EP. À lire pour comprendre un peu mieux le personnage.

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Les deux sessions acoustiques...

 
Une belle session dans la jungle de MusiqueMag...

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rover,interview,actufnac,mandorInterview :

Vous venez de nous interpréter deux titres en acoustique. Je vous sens habité quand vous chantez…

C’est la première fois que l’on me le fait remarquer, mais personnellement, je sais que c’est indispensable pour interpréter les morceaux de Rover. Inconsciemment, je suis obligé de rentrer dans une émotion qui est la plus vraie possible. Les morceaux ont été écrits avec une émotion assez forte qui j’espère est ressentie à leur écoute. Le plus facile pour bien chanter une chanson, c’est de savoir et comprendre ce qu’on est en train de chanter, pourquoi on a écrit ces paroles et s’appuyer là-dessus. Je fais comme un acteur qui joue son texte au théâtre. Je prends donc votre réflexion comme un compliment.  J’ai une tendance à avoir une relation amoureuse avec la musique. Je la consomme et je la joue de façon passionnelle. J’essaie d’être le plus « dedans » et le plus « avec ».

Il y a des influences évidentes quand on vous entend, Bowie et les Beach Boys par exemple, et pourtant, vous avez votre propre style… c’est difficile de se détacher des gens qu’on a beaucoup écoutés ?

Oui, pour être franc, c’est difficile évidemment. Je suis absolument certain qu’il ne faut jamais renier ses influences, les disques avec lesquels on a grandi… Il faut bien assimiler ses influences, les assimiler, bien les passer dans son filtre. Il faut s’appuyer sur leur travail prémâché et parvenir à mettre ses propres émotions, sa patte, à travers les clés qu’ils nous donnent. Ce sont des alliés, pas des concurrents.  David Bowie en fait partie et c’est un nom qui revient très souvent quand on parle de ma voix. C’est très flatteur, du moins si cela fait écho à la première période de son travail, dont je grand fan. Il fait partie des 5 grands song writers de ses 50 dernières années, alors j’accepte volontiers cette remarque élogieuse.

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rover,interview,actufnac,mandorVous venez d’un groupe punk rock. J’ai remarqué que les artistes qui viennent de ce genre musical  ont besoin d’apaisement et ont tendance à avoir en solo un répertoire calme.  

C’est drôle comme réflexion. Je n’y avais jamais songé, mais c’est fort possible. Les rockeurs sont souvent des gens très doux, tout comme les balèzes, les gens très forts et très grands… en fait, s’ils font peur au premier abord, ils sont très sensibles. Un rockeur, c’est un song writer qui crie juste un peu plus fort pour qu’on l’entende. Moi, je ne fais pas une grande différence entre les catégories de chansons, entre un chanteur de folk, un rockeur ou un rappeur. Ce sont juste des habillages qu’on utilise qui diffère. Que ce soient les influences, les outils, les instruments ou les codes vestimentaires,  tout ça permet de faire passer son message. Mais au fond, peut être que vous avez raison, il y a ce sentiment de prendre une retraite après le rock…

Vous venez parler de message. Quel est le vôtre ?

Il y a une thématique qui rejoint le ressenti que j’ai au moment d’écrire des chansons. Quand je vis mon quotidien, c’est ce temps qui passe. La musique, c’est la raison n° 1 qui me donne la foi au quotidien, pour écrire une chanson, pour prendre ma guitare ou me mettre au piano… j’essaie d’avoir un peu d’emprise sur le temps qui passe, je crois que c’est ce qu’il y a de plus dur à notre époque. Tout est chronométré dans la vie, la musique me permet de me mettre dans une bulle intime ou je peux suspendre le temps. Ce n’est pas une volonté de ne pas vieillir, c’est juste ne pas en être le témoin chaque minute qui passe.

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Quand vous créez, vous êtes un solitaire ?

Plus on met d’éléments, plus ça peut devenir des pollutions potentielles. On est toujours diverti de l’essentiel quand on est plusieurs. La solitude à cela de fantastique qu’on est en relation qu’avec soi même et on apprend à se connaître, du coup, on en sort enrichi.

Quand vous êtes sur scène, vous avez des musiciens. C’est facile pour vous de donner votre musique à d’autres personnes. Les musiciens doivent s’accaparer votre musique.

Non, ce n’est pas facile. Les musiciens qui composent l’équipe qui m’accompagne sur scène sont des gens humains, brillants, fins et intelligents. Ils ont tout de suite compris l’ambiance de l’album et ils ont su se l’approprier avec respect tout en injectant leur « touch ».

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rover,interview,actufnac,mandorPour un musicien, c’est dur de jouer du Rover ?

A mon avis oui. C’est un projet tellement personnel et je suis tellement exigeant avec moi-même au moment d’écrire et d’interpréter les morceaux que je le suis forcément avec les autres. Dans mon répertoire, il  y a une zone de sensibilité très fragile. L’émotion peut très vite devenir pathétique si elle est prise à la légère. Il n’y a rien de pire que de jouer avec les émotions. Il faut qu’elles soient pures, blanches, dans le sens translucides, et sans maquillage. C’est ce que j’aime en musique, c’est ce que j’aime en peinture et chez les gens en général.

Vous venez de parler de peinture. Vous dites qu’elle vous inspire souvent.

Au-delà du support artistique, c’est une façon d’aborder son travail. Je ne suis pas un grand historien de la peinture. Je découvre des toiles, des peintres, mais ce sont les  peintres romantiques du début du 20e siècle qui me fascinent le plus. La peinture, c’est comme la musique, il y a quelque chose d’impossible à toucher idéalement. Quand on y arrive, on se rend compte qu’il faut s’y remettre le lendemain. 

Vous sentez qu’il se passe des choses autour de vous en ce moment ?

Indéniablement. Je perçois une vraie réception des gens qui ont acheté le disque et qui écoutent. C’est toujours angoissant parce que c’est une musique très personnelle. J’ai voulu un disque vrai, sans fioritures et qui ne suit pas les modes. Voir cet engouement autour de lui et de moi, ça me touche réellement.

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Pour finir voici son premier clip officiel...

12 septembre 2011

Delphine de Vigan : interview de la lauréate du Prix du roman FNAC 2011

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Rien ne s’oppose à la nuit est un véritable choc. Je l’avais lu pour le chroniquer dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc. L’idée de la rencontrer m’avait traversé l’esprit… parce que je trouvais dans son livre beaucoup de résonances.

Beaucoup.

Du coup, lorsque j’ai appris que je devais l'interviewer pour ActuFNAC parce qu’elle était la lauréate du Prix du roman FNAC, je me suis dit que : "quand même, la vie..." (ce qui, certes, n'est pas une réflexion d'un grand intérêt, mais on ne choisit pas ce que l'on pense.)

Nous nous sommes donnés rendez-vous le 30 août dernier dans un bar parisien.

Elle m’avait dit 15h, j’ai noté 15h30.

Bien joué!

Je débarque donc avec une demi-heure de retard. Delphine de Vigan, tout sourire, ne m’en a pas tenu rigueur…  (le paradoxe de l'histoire, c'est que je suis arrivé à l'heure prévue, mais m'estimant en avance, j'ai lu sur un banc jusqu'à ce que l'auteure m'appelle pour me demander, avec diplomatie, si j'arrivais bientôt. Être là, mais ne pas l'être, telle est la question.)

L’entretien a duré une heure. En voici la substantifique moelle pour le journal de la FNAC (et un peu plus pour ce blog).

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delphine de vigan,rien ne s'oppose à la nuit,interview,prix du roman fnac 2011Le bonus mandorien (ce que vous ne lirez pas dans ActuFNAC...):

Rien ne s’oppose à la nuit est un livre qui parle à tout le monde.

J’ai l’impression. C’est toujours la question que je me pose quand j’écris. Qui ça va intéresser à part moi ? C’est ma deuxième expérience d’écriture un peu personnelle. On se pose davantage la question dans ce cas que quand on écrit de la fiction. Avec les retours que j’ai sur ce livre, je me rends compte que les thèmes que j’évoque à des degrés divers sont assez universels et trouvent des échos.

Le seul proche que vous n’avez pas interviewé, c’est votre père…

Ça n’était pas possible d’interviewer mon père pour des raisons personnelles. En tout cas, j’ai estimé qu’il ne pouvait pas apporter un regard objectif sur ma mère. Et puis, malgré tout, par loyauté pour lui, je n’ai pas voulu non plus interroger les autres hommes qui ont traversé la vie de ma mère. Si sa vie d’épouse m’aurait intéressée, celle d’amante, pas du tout. Ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu traiter.

Il n’y a aucune révélation de ce qu’il se passait quand vous alliez chez votre père, les relations que vous aviez avec lui… vous écrivez juste que ce n’était pas facile, mais sans en expliquer les raisons.

C’est le livre dans le livre. C’est le livre qui ne pouvait pas s’écrire. S’il reste un non-dit, c’est celui-là. Il est de taille, je vous l’accorde, mais je ne pouvais pas l’écrire.

Je n’ai pas beaucoup vu le bonheur familial dans ce livre, plutôt le désastre et le gâchis.

Pour ce livre, les gens sont plus ou mois sensibles à la lumière qu’ils y trouvent. Certains m’ont dit avoir vraiment ri, reconnu des choses de leur propre famille… et j’aime à dire que c’est un livre lumineux parce qu’il est question de famille, mais aussi d’amour. Parce qu’il y a de l’amour dans tout ça !

Parlons de Liane et Georges, les parents de Lucile.

Liane est avant tout une femme de sa génération. Elle a connu l’époque ou une femme n’avait pas le droit d’avoir un compte en banque et pas le droit de vote. Il y a ça aussi dans son histoire. Ma grand-mère avait une très forte personnalité, très forte à sa manière. C’est tout ce paradoxe qu’elle abrite. Elle a su et dû encaisser la mort répétée de certains de ses enfants, mais elle a su garder une vitalité, une gaité, une énergie absolument inattaquable.

Vous avez plus de mal à parler de son mari, Georges. Vous écrivez des choses dont on ne peut pas parler ici, ce serait dévoiler un peu trop l’histoire.

Ma position sur la relation qu’a eue Lucile avec son père entre de manière négative dans sa construction psychique. Ce n’est pas la seule raison. C’est aussi perdre 3 frères. Elle n’a pas bien vécu toute une succession d’évènements malheureux.

Vous vous êtes peut-être délestée d’un poids, mais j’imagine que votre famille aussi se sent plus « légère »… 

C’est difficile pour moi d’en parler parce que je pense que c’est à double tranchant. Je suis tentée de vous dire que, oui, ce livre était nécessaire, que ça remue les choses, en même temps, je ne peux pas nier que c’est compliqué pour eux. Entendre les commentaires que mon livre suscite, ce ne doit pas être évident. Les membres de ma famille font preuve de beaucoup d’intelligence en se disant : « on va y arriver, il faut faire avec ». Ils m’ont même demandé de leur faire savoir ce qu’il se passait autour du livre. Je ne peux que les remercier d’appréhender tout ça de la manière dont ils le font.

A un moment, avez-vous senti le besoin d’abandonner le projet ?

Oui, j’ai eu quelques moments de découragements. C’est surtout quand je me suis rendu compte à quel point je le payais physiquement. J’ai eu mal au cou, mal au dos… Je le décris dans le livre, j’espère avec humour. À un moment, je me suis demandé si j’allais y laisser ma peau.

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Vous demandez vous comment vous êtes sortie de ce contexte/passé difficile ?

La seule raison qui fait que mes frères et sœurs s’en sont sortis, c’est qu’il y avait beaucoup d’amour entre nous. J’ai été quelqu’un d’aimé et c’est la base de tout développement et de tout équilibre. Concernant ma mère, j’ai l’intime conviction qu’elle nous aimait et que nous étions sa raison de vivre. C’est amour-là était parfois maladroit, parfois douloureux, parfois dangereux, mais c’était de l’amour.

Vous avez écrit ce roman aussi pour vos enfants ?

Oui, aussi. Ça fait partie des moteurs qui m’ont permis d’aller au bout. Je suis très heureuse que ce livre existe pour mes enfants. Même si les deux ne l’ont pas lu, c’est déjà un support de dialogue assez important. Ils ont 13 et 16 ans. Ma fille de 16 ans ne veut pas encore le lire, mais je sais qu’elle n’ignore rien de ce qu’il y a à l’intérieur. Je pense qu’elle perçoit très bien le potentiel de bouleversement que ça peut entraîner pour elle.

Et votre sœur ?

C’était la seule personne qui aurait pu m’arrêter, c’est d’ailleurs la seule personne qui a lu le manuscrit. Elle m’a demandé quelques tout petits changements sur des choses qui l’ont heurté, ce que j’ai fait. Je me sens extrêmement liée à elle. S’il est question dans ce livre de ma souffrance, je voulais qu’il soit aussi question de la sienne. Elle a été complètement solidaire de ce projet depuis le début.

La structure narrative de l’histoire, on y pense qu’on écrit une histoire si forte ?

On y pense tout le temps. Il ne fallait pas que cela devienne juste une confession intime. Pourquoi je passe de la première à la troisième personne… tout cela est volontaire et étudié. J’ai travaillé ce livre de manière obsessionnelle et j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher. La langue que j’ai trouvée pour écrire ce livre-là, elle est au maximum de ce que je peux en faire. C’est un système qui se met en place pour chaque livre, qui a son propre vocabulaire, son propre rythme. Moi, je suis convaincue que l’on progresse en écrivant.

Avec la promo de ce livre qui vous attend, vous n’avez pas peur de saturer ?

Si, franchement, j’ai peur que ça devienne très lourd pour moi. Je viens de rentrer de vacances, je vous avoue que ce week-end, j’ai eu un moment de panique. J’ai parfois le sentiment, que je ne vais pas y arriver.

Vous êtes déjà sur le prochain livre ?

Je n’enchaîne jamais l’écriture de deux livres. Ça m’est absolument impossible. J’ai besoin de temps de jachère, de reconstruction entre deux romans. Après l’écriture de ce livre, je n’envisage rien. Je laisse passer un peu de temps avant d’attaquer d’autres projets, peut-être un peu plus légers. Je suis d’ailleurs en train d’écrire une comédie pour le cinéma. J’espère que le projet ira jusqu’au bout.

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Merci à Delphine de Vigan d'avoir le joué le jeu... avec gentillesse.

Ici, après l'entretien, le 30 août 2011, aux "3 Passages".

10 septembre 2011

dEUS: interview pour Keep You Close

Pour le magazine ActuFNAC daté du mois de septembre 2011, j’ai interviewé le groupe dEUS. Impossible de les rencontrer à Paris, ils ne sont pas encore en promo. J’ai donc fait ce que je n’aime pas faire, interviewer un artiste par téléphone.

Bon, là, pas le choix. C’est urgent !

Voilà ce qu’à donné mon coup de fil en Belgique au leader et chanteur du groupe, Tom Barman…

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21 avril 2011

Cascadeur : interview pour Human Octopus

Et de trois !

Après toutes les pages « Musique » du Magazine des Espaces culturels Leclerc et d’Addiction le Mag (Virgin, Carrefour Market, Linas et autres), je m’occupe aussi (depuis ce mois-ci) de celles du nouveau journal de la FNAC.

Du boulot supplémentaire, certes, mais de nouvelles possibilités d’interviews également.

Pour ce nº 3, j’ai rencontré le 23mars dernier le phénomène musical du moment : Cascadeur.

Il est d’ailleurs en "Une" du magazine. J’ai commencé par une interview traditionnelle, puis nous avons conclu avec ses goûts musico-littéro-cinématographique…

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Le clip de "Walker"...


Cascadeur - Walker par umusic

Après l'entretien, dans sa loge du Café de la Danse à Paris le 23 mars 2011.

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On termine (comme chaque fois depuis un mois), avec une page de publicité (discrète et spontanée, vous vous en doutez bien) pour un ouvrage essentiel...

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Juste avant ma rencontre, j'ai assisté à la séance de photos destinée à cet article de Libé.