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22 janvier 2017

Mell : interview pour le double album Déprime et collation

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Déprime et collation est le 6e album de Mell. Ce double-album, en fait, est composé d'une vingtaine de titres en français où l'identité sonore mêle voyage musical et vibration rock. Un disque doux, tendre mélancolique et parfois en colère.

Uppercut garanti à l’écoute de ce  disque new wave-disco-blues-rock-punk-electro qui fait virevolter la tête et les jambes. Assurément l’un des grands albums français de l’année.

J’avais déjà reçu Mell à l’agence il y a trois ans pour son album Relation Cheap (voir ici). Le 25 novembre 2016, elle est revenue pour la deuxième fois… et c’était un pur bonheur.

mell,déprime et collation,interview,mandorArgumentaire de presse (un peu écourtée) :

C’est depuis Montréal que Mell nous livre son sixième album Déprime & Collation. Construit entre chansons et morceaux instrumentaux, ce double-album livre un réel parcours. L’hiver et les amours troubles planent sur un son lo-fi, l’univers reste espiègle et enlevé mais la composition nous plonge dans une nouvelle atmosphère.

Cet album ménage un espace où ambiances haletantes et passages plus méditatifs dansent une gigue tantôt langoureuse, tantôt sur un rythme tendu.

Déprime & Collation marque par la diversité de ses tonalités : la chaleur et la délicatesse côtoient l’amertume et le doute avec une certaine urgence – sans oublier l’ironie et l’insolence qui sont déjà la marque de fabrique de Mell.

L’outre-tombe et l’urgence de vivre s’effleurent dans un flirt risqué. Le versant tête brûlée de la musique de Mell est toujours au rendez-vous mais les mots, insolents, tremblent néanmoins. Les blessures ouvertes fréquentent l’autodérision, le jeu, pour un western émotif qui sait trouver son inquiétante étrangeté.

Mell propose un album audacieux, une expérience d’écoute riche et de belles promesses pour l’à-venir.

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Interview :

Pourquoi t’es-tu exilée à Montréal en 2014 ?

Je me suis rendue là-bas par amour. Il fallait aussi que je trouve des buts professionnels, sinon, ça n’avait pas de sens d’immigrer. Ça faisait longtemps que je voulais faire une école de son, je suis donc partie avec un visa étudiant.

Tu trouvais que tu avais des carences dans ce domaine ?

J’avais des connaissances empiriques assez floues. J’utilisais des logiciels, mais je faisais n’importe quoi. Je mettais beaucoup de temps pour faire sonner ma musique comme je l’entendais et je n’étais jamais vraiment contente. Ça me frustrait. J’ai voulu mettre de l’ordre dans ces connaissances-là. J’ai donc repris tout depuis le début.

Cette école de son était-elle difficile ?

Je ne sais pas. Il ne me semble pas. On m’a dit que j’ai eu les meilleurs résultats depuis que l’école existait.

Ton passé musical a dû t’aider, non ?

Je ne crois pas. J’ai surtout bossé comme une malade.

Clip de "Au cinéma".

Tu as donc appliqué ton nouveau savoir sur ton nouvel album ?

Oui. Pendant l’année, j’ai passé mon temps, soit à l’école qui possède plusieurs studios d’enregistrement, soit dans mon local de répétition. J’ai passé un an à enregistrer et mixer des morceaux pour mes copains ou pour moi, tout en composant.

Tu as même monté ton propre studio.

J’y ai enregistré tous les instrumentaux de mon disque et mixé la moitié.

Par contre, pour ta voix, tu n’as pas pu travailler seule ?

Non, c’est difficile de travailler sur sa voix, c’est même pour moi insupportable. Comme je ne me considère pas comme une bonne chanteuse, j’avais besoin de quelqu’un qui avait du recul. J’ai donc fait appel au réalisateur Laurent Lepagneau. Il me connait bien parce qu’il a déjà travaillé sur mon précédent album, Relation Cheap. C’est une des rares personnes à qui je peux envoyer des bouts d’embryons de chansons et qui est capable de me recadrer immédiatement. Il parvient à m’amener une vision plus large de ce que je propose à la base.

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A une époque où la majeure partie des artistes sortent des EP, toi, tu sors un double album…

Si personne ne va à l’encontre des règles du marché actuel, rien ne peux bouger. Pour moi, faire des EP, c’est se plier aux journalistes qui ne veulent pas écouter beaucoup de chansons, à la maison de disque qui ne veut pas prendre beaucoup de risques…

Oui, mais toi, tu as la chance d’avoir un label qui te soutient.

C’est vrai, j’en ai conscience. Il me fait confiance et il est ouvert. Mon disque n’est pas seulement un double, c’est un double dans lequel on s’est permis de l’expérimentation. Ca invite à prendre son temps et à penser l’album différemment.

Comme David Lynch, je suis certain que tu n’aimes pas que ton œuvre se comprenne comme une évidence.

C’est marrant, c’est la deuxième fois que l’on me parle de Lynch en deux jours. Ça me plait comme remarque en tout cas. David Lynch ou Jim Jarmusch, ce sont plus que des références. J’adore le mystère. J’aime bien qu’il y ait dans ce que je fais plusieurs lectures et dimensions. Que tout ne soit pas accessible à la première écoute.

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A quoi servent les instrumentaux qui figurent sur ton disque ?

Ça permet du relief et de la profondeur à la chanson précédente. Ça permet aussi de faire un break de paroles. Ce que l’artiste se doit d’incarner pour des gens qui travaillent dans des bureaux de 9 heures à 17 heures, c’est la liberté. Dans cet album, je prends clairement la liberté de faire ce que je veux.

Ce qui est bien avec toi, c’est que quand un nouveau Mell arrive, on sait que ce sera toujours différent du précédent.

(Rires) Mais du coup, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire pour le prochain. Pour être franche, je ne sais pas toujours où je vais.

En tout cas, tous les articles sur ce nouvel album sont dithyrambiques. On crie presque au génie.

Ça m’hallucine ! J’ai l’impression que les journalistes ont tous compris ce que je voulais faire. Presque mieux que moi.

J’ai lu dans le dossier de presse : « On s’imprègne d’une atmosphère plus apaisée mais aussi déroutante… Mell nous offre une plongée dans les eaux troubles et profondes de son âme. » Apaisée et eaux troubles de son âme… je trouve que ça ne va pas ensemble.

Tu peux être apaisée avec le trouble de ton âme. Apaisée, c’est faire la paix. Faire la paix avec qui tu es, avec tes fragilités et ta vulnérabilité. Je pense que cet album, c’est exactement ça. C’est un disque qui est sur le fil, qui est un peu fragile. Je me permets des choses, donc je me mets en danger. Je peux justement le faire parce que j’ai fait la paix avec mes eaux troubles. C’est de la philo (sourire).

Clip de "Ton corps j'ai crié".

J’ai lu quelque part que c’était un disque complet et complexe. C’est tellement ce que je pense…

Il faut prendre un moment pour rentrer dans mes chansons. Si quelques personnes prennent le temps de s’arrêter pour écouter, rentrer dans ce que je propose, se laisse aller, pour moi c’est gagné.

Tu trouves qu’il faut faire bouger les lignes bien tracées de la chanson française ?

Je ne réfléchis pas à ça quand je fais un disque. Je ne sais jamais ce qui va se passer quand je commence.

Tu aimes les interviews ?

Elles me permettent parfois de comprendre ce que je viens de faire. Si je ne devais pas répondre à des questions très précises, je n’y réfléchirais pas.

mell,déprime et collation,interview,mandorDésormais, tu es ingénieure du son. Tu gagnes ta vie ainsi à Montréal.

Ça me fait du bien d’être au service d’autres projets. Je travaille du son et ça me rend heureuse. J’adore ça. Je  peux passer des heures à explorer le son. Je me fais embarquer par ça. C’est mon vecteur, c’est ce qui m’attire. Je passe des heures et des heures sur mes logiciels, sur mes machines. Je suis un peu autiste. C’est un peu difficile pour la personne qui vit avec moi. Quand je fais de la musique instrumentale, je rentre dans un état second, je suis un peu en transe.

Tu rêves de quoi dans la musique ?

De faire des musiques de films par exemple. J’en ai déjà fait pour des documentaires et des pièces de théâtre. J’ai la vie devant moi pour atteindre les objectifs que je me suis fixée.

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Après l'interview, le 26 novembre 2016.

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21 janvier 2017

Virgule : interview pour l'EP Maelstrom

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virgule,maelstrom,interview,mandorMaelstrom  est le titre du nouvel EP de Virgule. Six morceaux soutenus par 150 personnes via un financement participatif. Ce disque est aussi mélancolique que vertigineux. On se perd dans les méandres de l’âme humaine et on est secoué par la puissance de la poésie dégagée par cette artiste si sensible.

Déjà mandorisée en 2012 pour son premier EP, Les Précieuses, qui avait déjà « le goût du tragique et de la puissance ». Virgule y dressait le portrait sombre d’une réalité cruelle.

Elle est venue une seconde fois à l’agence pour me parler de ses nouvelles chansons. Notamment. C’était le 14 novembre dernier. Et c’était bien.

Biographie officielle (un peu écourtée) :

La musique de Virgule se déploie telle une broderie où se tissent les contrastes d’une vie de souffles et devirgule,maelstrom,interview,mandor silences. 

En français et accompagnée de musiciens aériens et modernes, elle s’engage cette fois-ci sur des chemins plus apaisés mais tout aussi conscients. Il y a chez Virgule ce fragile équilibre qui surplombe le vide. Toute en délicatesse et en sincérité, elle pose sur l’universel un regard particulier, mûri par des chemins parcourus seule, à deux ou dans la foule. 

La musique apparaît alors comme une aventure partagée : pour Maelstrom, la fine équipe a travaillé deux ans. De parties de campagne pour arranger les chansons au mixage à Paris, après avoir enregistré à Liège sous la direction d'Emmanuel DelcourtMaelstrom  s’est peaufiné au fil des kilomètres, devenant un projet riche de rencontres et d’éclosions. L’art de Virgule se conçoit avec maturation et effervescence, où se rencontrent l’impulsion des instruments et la maitrise littéraire. Les mots gravitent dans des effluves aux milles époques, aux milles textures, aux milles références. On y croise des cordes teintées de lyrisme, des trompettes feutrées, une section rythmique acide ou enflammée, des mouvements perpétuels aux machines et aux guitares. Et puis au bout du chemin, la gravité des chœurs de Dimanche. Virgule construit des chansons marquées par les expériences où le maitre mot est l’indépendance. Musicale. Poétique. Humaine.

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virgule,maelstrom,interview,mandorInterview :

Que s’est-il passé après ton premier EP, Les Précieuses ?

Beaucoup de scènes, notamment à Paris, dans l’est et en région bordelaise. Deux ans après, j’ai eu envie de partir sur un autre disque. Mes nouvelles chansons ont été écrites entre 2014 et 2016. J’en avais beaucoup, mais évidemment les conditions financières et le temps font que j’ai dû faire des choix. On a donc enregistré 6 chansons.

Tu as fait ton disque grâce à un financement participatif.

A la base, c’est un moyen que je voulais éviter. Mais au final, je me suis rendu compte que je ne volais personne. On ne force pas les gens à donner. Ceux qui le font le font avec plaisir, c’est très agréable. C’est une histoire de don et de contre don. Cela créé quelque chose de beaucoup plus intime avec ceux qui donnent. Je remercie à nouveau les 150 personnes qui m’ont aidé à faire Maelstrom.

J’ai l’impression que ce disque est plus posé que le précédent.

Pour Les précieuses, je sortais de l’adolescence. J’avais des choses à régler et à dire. Maelstrom est plus rond, mais il dit beaucoup plus qui je suis. Il me ressemble plus musicalement et personnellement. J’ai bossé avec un réalisateur qui était un ami de lycée. Avec les musiciens et lui, on a beaucoup travaillé. Je tenais à ce que la musique et les textes forment un bloc. Je trouve qu’à ce niveau-là, c’est beaucoup plus équilibré sur Maelstrom que sur Les précieuses.

Le clip de "Autel du Nord".

Vous avez enregistré le disque à Liège en Belgique.

Oui dans un super studio. J’ai laissé mixer le réalisateur et l’ingénieur du son et quand je suis arrivée pour écouter les premiers mix, je n’ai pas reconnu les chansons. Ça a été très déroutant. Du coup, j’ai souhaité qu’il y ait un second mixage, auquel à participer Emmanuel Delcourt, le réalisateur. J’ai voulu garder la main sur mon disque et nous sommes arrivés à un compromis.

Un compromis ?

Oui, c’est mon projet, c’est moi qui le porte, mais je travaille avec des gens et parfois ils ne sont pas d’accord avec ce que je veux faire. Si tout le monde dit oui sauf moi, c’est qu’il y a une raison. Je ne travaille qu’avec des gens en qui j’ai confiance donc on arrive toujours à trouver une solution.

Tu écris facilement ?

En tout cas,  j’écris sans me poser aucune question. Ça vient ou ça ne vient pas. Souvent, le sens me vient après l’écriture et c’est souvent un sens précis. Au bout d’un moment, je finis par savoir exactement de quoi parlent toutes mes chansons. J’écris quand même de manière à ne pas perdre les gens. Il y a une vraie démarche de sincérité dans la musique et dans les paroles. Mais j’ai conscience d’avoir une écriture peut-être à plusieurs couches. La majorité des textes ne sont pas lisibles comme moi je les entends, mais ça, ce n’est pas grave.

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(Photo : Martin Tronquart).

Tu écris comment ?

J’écris toujours en même temps que je compose. La musique ne va pas sans le texte. Les deux viennent en même temps. En général, vient un début de chanson, couplet-refrain, par exemple, et après je décline. Il y a toujours une brèche qui s’ouvre dans laquelle je peux m’engouffrer. Si le voyage vaut le coup, j’y vais et ça fait une chanson.

Arrives-tu à t’écouter facilement ?

De plus en plus. Je suis plus libérée aujourd’hui. J’ai vraiment hâte de la suite parce que je sais que je progresse et que c’est constant.

Tu parles de toi dans tes chansons ?

Oui. Même si j’essaie de dire les choses avec pudeur, en vrai, ce sont des choses très impudiques que je dis.

Qu’est-ce qui anime ta vie ?

Les concerts, le studio, les répétitions, l’écriture, la musique, les compositions… il y a un an, j’ai quitté mon boulot pour vivre ça le plus intensément possible.

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Les avis semblent plutôt positifs, c’est bon signe.

Oui, mais avec ma situation personnelle actuelle, défendre ce disque sera un peu délicat. L’année qui arrive sera un peu différente que ce que j’avais imaginé.

Tu as accepté d’évoquer ton cancer du sein.

Quelque part, ça fait partie de la vie et il va falloir que je compose avec ça. Comme je ne sais pas du tout comment va se passer la suite pour moi, je ne peux pas me permettre de chercher des dates de concert, de me projeter dans un quelconque plan promo. C’est une sortie de disque vraiment étrange.

Quand tu as écrit tes textes, savais-tu que tu avais cette maladie ?

Non, le disque est sorti le 22 septembre et j’ai appris que j’avais un cancer le 4 octobre. J’ai dû annuler un concert et des interviews…

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Pendant l'interview...

Face à ta maladie, tu arrives tout de même à te concentrer pour créer ?

Pour l’instant, non. L’écriture d’une chanson va chercher trop loin. Je me laisse un peu de temps. J’ai plein d’autres envies. Je ne sais pas si elles aboutiront mais avoir des envies et des idées, ça me fait du bien. J’écrirais bien un livre.

Un recueil de nouvelles, un roman ?

Un livre pour raconter ce qu’il se passe pour moi en ce moment. Je vais en avoir besoin et d’ailleurs, ça commence à s’écrire dans ma tête. Je me découvre dans cette épreuve. Je ne pensais pas que j’aimais autant la vie.

Je trouve ça fou que ton album s’appelle Maelstrom, étant donné ce que tu vis.

Oui, je traverse au moins un tourbillon. C’était quasi prémonitoire.

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Après l'interview, le 14 novembre 2016.

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18 janvier 2017

Yucca : interview pour la sortie de l'EP Johnny pour la vie

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(Photo : Séverin)

Après avoir remporté le tremplin des jeunes talents Europe 1 en 2013, Yucca (à l’époque encore nommée Yucca Velux) avait dévoilé un premier EP, LOVE. Son répertoire d’alors était majoritairement en anglais. Heureusement,  trois ans plus tard, c’est en français que la chanteuse a décidé de se tourner (oui, j’avoue, j’aime quand les artistes français chantent dans leur langue. Parce que, comme le soulignait Balavoine, « le français est une langue qui résonne »). Bref, son second EP Johnny pour la vie est sorti le 7 octobre 2016 (et oui, je suis (très) en retard, mais si je n’étais pas en retard, je ne serais pas Mandor).

J’adore la voix de  Yucca : un timbre un peu  rétro, mais un phrasé moderne. Bref, une variété de qualité, moderne et sensible, portée par une excellente chanteuse et des musiciens à la hauteur.

Le 1er décembre 2016, Yucca est venu à l’agence. Et ça m’a bien fait plaisir.

Byucca,yucca velux,johnny pour la vie,ep,interview,mandoriographie officielle (mais un chouia écourtée) :

Mais qui est Yucca ? Pas facile de décrire ce personnage décalé aux sentiments exacerbés. Une artiste, sans aucun doute. Une interprète hors pair, assurément.

Yucca veut chanter « Des Mots Légers », toucher en plein cœur ceux qui aiment la chanson pop, celle qui puise son essence dans les mélodies pour aller chercher la joie, la tristesse, les hauts, les bas, le rire et les larmes. Et si elle choisit de se livrer à cœur ouvert,  c’est parce qu'elle ne sait pas faire autrement.

Il y a, en ouverture, l’histoire de cette fille qui court après les garçons, une génération fantasmée avec Johnny pour symbole, ou encore Eddy et toute la clique. Un titre dans lequel elle revendique qu’une femme puisse évoquer ses multiples conquêtes et ses déboires amoureux comme un homme.

Au programme également, le pulsionnel et orientalisant « La Chaleur » qui évoque la moiteur des nuits yucca,yucca velux,johnny pour la vie,ep,interview,mandord’été, entre danse et mysticisme. Et puis, plus loin, on trouve « Le Diable au Corps » titre sulfureux et addictif, qui revisite les slows 50's américains avec des arrangements grandiloquents.

La piquante Yucca peaufine depuis quelques années un répertoire qui a débuté en anglais, sous le patronyme Yucca Velux, parce qu’il n'est pas simple d'assumer des textes en français quand on inscrit à son Panthéon l’écriture de Gainsbourg ou Brassens.

Voici donc une première collection de chansons, comme on pose son cœur sur la table.

Yucca écrit, compose, à la recherche de la mélodie qui va vous trotter dans la tête avec des harmonies déchirantes ! Des textes directs, entre plaisirs de la vie et tourments que l’on connaît tous.

Elle est une femme d’aujourd’hui qui a laissé son armure au placard, rien de tiède chez elle !

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yucca,yucca velux,johnny pour la vie,ep,interview,mandorInterview :

Pourquoi chantais-tu en anglais avant cet EP ? Moi, j’ai un peu de mal avec ça.

Moi aussi en fait. Ça m’agace de plus en plus. J’ai commencé à chanter en anglais parce que j’étais très influencé par ma culture et en particulier par les Beatles. C’était aussi une façon pour moi de masquer ma timidité et une formidable manière d'être quelqu'un d'autre en se déguisant.

En plus, je crois savoir que tu es une admiratrice des grands textes français.

C’est aussi pour cela que je n’osais pas écrire en français. Je ne me sentais pas à la hauteur. En français, même si tu chantes des bêtises, tu te dévoiles plus qu’en anglais. Il y a toutes les émotions liées à la langue, les névroses, ta structure psychique,  ton histoire personnelle, les intonations, les intentions, les doubles sens, les connotations, les mots… tout est plus ressenti et plus pulsionnel. Et quand on est interprète dans sa langue maternelle, une immense palette d’émotions s’imposent. Des émotions que l’on peut nuancer à l'infini.

Alors, pourquoi as-tu décidé de chanter en français aujourd’hui ?

Sur Internet, je suis tombée sous le charme d’une chanson  d’une fille qui s’appelle Sarah Hirschmuller. Du coup, je me suis intéressée à son travail. Je l’ai contacté pour qu’elle m’écrive des chansons. Elle m’a expliqué qu’avant de chanter en français, elle chantait en yiddish et en hébreu. Dès lors qu’elle a commencé à chanter dans la langue de Molière, elle a vécu cela comme une jouissance pas possible. C’est elle qui m’a incité à franchir le pas.

Et du coup, tu as dû apprendre à chanter différemment ?

C’est exactement ça. Au départ, j’étais mal à l’aise dans ma voix et dans mon corps, maintenant, je ne pourrais pas t’expliquer pourquoi,  j’adore ça.

Clip de "Johnny".

Tu es fille d’un père musicien. C’est ce qui t’a incité à suivre ce chemin ?

Il était compositeur et arrangeur professionnel. Aujourd’hui, il continue à jouer et il m’écrit des chansons.

Tu as toujours voulu être chanteuse ?

Oui,  mais je ne le disais à personne. J’ai fait mes études de psycho et en sortant de la fac, quand j’ai eu mon diplôme, j’ai pris la décision de faire de la musique sérieusement. Je chante depuis toujours et être chanteuse est mon rêve absolu.

Clip de "La chaleur".

As-tu pris des cours de chant ?

J’en ai pris il y a trois ans, mais j’ai arrêté. Je suis une autodidacte. J’ai chanté trois heures par jour toute ma vie.

Avant Yucca Velux, y-a-t-il eu un autre groupe ?

Oui. Avec un ami de la fac, nous avons The Rayees. C’était un groupe au style indescriptible. Il y avait des chansons folks, des chansons un peu hip hop, des trucs un peu bizarre à la CocoRosie, voire parfois à la Britney Spears. Ca partait dans tous les sens. Nous chantions à deux voix et en anglais.

"Le diable au corps", version acoustique.

Parlons de ce nouvel EP, Johnny pour la vie. On dirait un disque des années 50. Musicalement et l’imagerie proposée.

C’est ma période préférée. J’aime tout ce qui est vintage. Musicalement et esthétiquement. Cette période-là, très gaie et énergique, est phénoménale. Il y a une époque de ma vie où je n’écoutais que les Beatles. Du coup, tout ce qui a généré les Beatles, j’adore. La magie de cette période-là n’est plus. J’ai l’impression que tout est sombre aujourd’hui.

Ce que tu fais est populaire. C’est de la très bonne variété. Ce mot ne te choque pas ?

Mais pas du tout. Moi, j’aime de plus en plus Joe Dassin (rires). Je trouve que la chanson populaire à de la grâce.

Tu écris sur les musiques des autres. Pourquoi ?

Je ne suis pas très bonne compositrice, il me semble. Si on me propose des musiques que j’adore, je les prends. Je ne me pose plus de questions que cela.

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Pendant l'interview...

C’est dur ce métier ?

C’est super dur. Il faut convaincre. De plus en plus, j’aime les défis. C’est quasiment ce que je préfère. Réussir à rester allante et enthousiaste alors que le travail est difficile, cela me procure un immense plaisir. C’est dur, ça ne me rapporte pas d’argent, mais je suis libre. La liberté est une valeur qui m’est chère.

Tu aimes qui dans la chanson francophone actuelle ?

Je me sens proche de Lise. J’adore Stromae, ce n’est pas très original. Je trouve que c’est un génie. Il a des mélodies simples et populaires qui rentrent dans le crâne et qui n’en sortent pas. C’est exactement, ce que je cherche à faire.

Tu as beaucoup de chansons dans ta besace. Comment as-tu choisis les six chansons qui figurent sur cet EP ?

Ce n’est jamais simple de choisir... Mais j’ai comme projet de sortir deux EP par an, c’est-à-dire 12 chansons par an.

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A l'issue de l'interview, le 1er décembre 2016.

17 janvier 2017

L'Arthur : interview pour son premier EP.

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l'arthur,ep,interview,mandorAttention, artiste (exceptionnel) en devenir ! Je ne vois pas L’Arthur passer inaperçu encore bien longtemps. Je l’ai découvert avec sa reprise de « Mon amour, mon amie » de Marie Laforêt. Je suis resté KO ! Puis les 5 chansons originales suivantes ont fini de m’achever. En mélangeant production moderne et poésie réaliste, L’Arthur, 27 ans, signe un premier EP original et percutant… avec des chansons dans lesquelles les femmes n’ont pas le beau rôle. Elles sont généralement garces et infidèles. Cet EP est la preuve qu’un petit cœur blessé peut engendrer de grandes chansons universelles.

 

L’Arthur est venu m’expliquer tout ceci à l’agence le 29 novembre 2016.

Biographie officielle :

En 2014, il participe à On a les moyens de vous faire chanter, le radio crochetl'arthur,ep,interview,mandor de France Inter et fait partie des 6 finalistes. Il profite ensuite des retombées du concours pour se produire dans des lieux atypiques durant toute l’année 2014. Tout autant inspiré par les films de Marcel Carné, que par les affiches de mode qui tapissent le métro Parisien, L’Arthur enregistre son premier Ep à l’image d’un bouquet de fleurs dans lequel chaque titre a sa propre identité, sa couleur particulière, son odeur unique mais qui forme un ensemble original et harmonieux. A travers cet EP, il pose les premières bases de son identité artistique qui consiste à créer ce qu’il nomme des « mises en scènes musicales ». Partant d'un texte écrit, chaque chanson intègre un ou plusieurs personnages qui évoluent en fonction de l'environnement musical dans lequel ils se situent.

l'arthur,ep,interview,mandorInterview :

Ton père est le musicien Pierre Sangra. Il a travaillé avec des gens que j’adore comme Thomas Fersen et Vincent Delerm. Peut-on dire que tu es un enfant de la balle ?

J’ai des parents divorcés et j’ai grandi chez ma mère qui, elle, n’est pas musicienne. Elle écoutait un registre musical très populaire, la variété. Après, il ne faut pas s’étonner que je reprenne une chanson de Marie Laforêt.

Et quand, un week-end sur deux, tu allais chez ton père ?

J’écoutais et allais voir les artistes avec lesquels il travaillait, toute la génération du Label tôtOutard qui a explosé il y a 10, 15 ans. Mais, outre cela, il nous a biberonné, ma sœur et moi, au rock, de Led Zeppelin à Queen en passant par les Pink Floyd.

Du coup, as-tu l’impression que ce que tu fais toi-même est un mélange de tout cela ?

Oui. Forcément, on prend de ce qu’on nous inculque quand on est enfant, mais on prend aussi ce que l’on va chercher. J’ai grandi en Seine-Saint-Denis, dès mon arrivée au collège public, j’ai découvert le rap et j’ai adoré.

Quel genre de rap ?

Ma référence incontestable était MC Solaar. Les textes et la production me paraissaient incroyables. J’ai aussi beaucoup écouté les deux premiers albums de Rohff, ceux de Disiz la Peste. J’aime le rap décalé, comme les Nèg’ Marrons ou plus récemment Vald.  Ça m’ennuie quand on me fait la morale. Le rap conscient, j’en écoute quand il est vraiment très bien fait.

"Burn out". Pour son premier clip, L'Arthur souhaitait un court-métrage musical plutôt qu’un clip illustratif d’un récit à la première personne. 
L'ambiance est sombre mais pas glauque. La voiture et la route bitumée exprime la vie d’avant, subie, non choisie, plongée dans la nuit. Le paysage sauvage, déchiré mais sublime, exprime à la fois la fuite mais aussi le renouveau, rempli de doute et de tourment. L'homme a pris sa vie en main. 
Le GPS, féminin, va vivre sa mue également. Cette femme, robotique et froide, autoritaire par définition, incarne la lueur d’espoir. Humaine, elle va décider d’accompagner cet homme en le laissant s’échapper vers le large…

Tu as commencé la musique très tard.

A la base, je viens du théâtre. J’ai fait un bac littéraire, option théâtre, puis le Conservatoire. Mais un jour, je me suis rendu compte qu’être comédien me saoulait, je préférais faire de la mise en scène. J’ai eu mon diplôme vers 22 ans et j’ai eu envie d’émancipation. Je suis donc allé vivre en Irlande pendant 8 mois.

C’est là que tu as commencé à écrire des chansons ?

J’ai toujours écrit des chansons, mais dans mon coin. C’est vrai qu’en Irlande, j’en ai écrit beaucoup. En revenant en France, je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse quelque chose. Je me suis isolé et j’ai commencé quelques maquettes.


Radio Crochet Inter - L'Arthur, Passez par franceinter

Et en 2014, tu les proposes à un concours sur France Inter, On a les moyens de vous faire chanter.

C’est un ami qui m’a conseillé de participer. J’ai été auditionné aux Trois Baudets. Ça leur a plu et, du coup, j’ai joué à la maison de la radio. Je suis allé jusqu’en quart de finale.

Qu’as-tu fait après ?

Des petits concerts, à gauche, à droite pendant un an.

Sans l’idée de faire un EP ?

Au début non, puis, après, j’ai senti qu’il fallait que je me lance. Ce que j’ai fait et en totale indépendance. J’ai rencontré Valérie Suder, de la Teamzic. Elle aide aujourd'hui les artistes auto-produits à créer leur structure et à financer leurs projets. A la force de faire des dossiers, j’ai reçu des subventions pour pouvoir créer mon EP.

Clip de "Garce".

As-tu voulu t’affranchir du professionnel qu’est ton papa.

Pas vraiment puisqu’il a joué sur deux morceaux rock dont « L’hymne à la modération ». Mais je suis arrivé avec le matériel. Il a toujours été bienveillant envers mon travail et il m’a toujours encouragé.

Tu composes tout chez toi ?

Oui, et quand j’arrive en studio, je demande à mes musiciens de se caler sur mes lignes mélodiques. En fin de session de studio, je leur demandais, alors qu’ils maitrisaient parfaitement le morceau, de faire ce qu’ils voulaient avec. Je leur demandais ce qu’ils auraient à dire avec leur instrument. Ça me permet d’avoir de la matière et ça m’enrichit énormément.

Etre comédien, ça te sert quand tu montes sur scène ?

Non, cela m’a même desservi. Au concours de France Inter, on m’a reproché d’avoir été trop théâtral. Au début, je le prenais mal, et puis j’ai réfléchi. J’ai revu des vidéos… j’admets que j’en faisais trop. Il y a avait un manque manifeste de simplicité. Ça m’a un peu perdu, du coup, je travaille à être plus simple et plus direct.

Tes textes sont très ironiques, désabusés… et un peu comme Souchon, subversifs mine de rien.

Subversif, ça me va. Souchon aussi ça me va. Il a écrit une chanson que j’aurais aimé écrire : « La vie ne vaut rien ». La mélodie est sublime et le texte est un résumé de la vie que je trouve parfait.

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Le texte est primordial pour toi ?

C’est la base du travail. Pour cet EP, les textes étaient écrits avant les musiques. Je pars toujours sur un texte et je l’habille après.

Es-tu satisfait de ce premier disque ?

On sent encore quelques influences et pour le prochain, il faudra que je ressere l’étau. Je ne suis jamais content de moi, alors quand j’écoute cet EP, je lui vois plein de défauts.

Tu écris beaucoup ?

Tout le temps. Il n’y a que comme ça que je me sens vivre. Dans la création… Il n’y a que quand je crée que je me sens utile.

Tu fais des EP pour quoi ?

Pour bouffer de la scène, pour partir en tournée. D’ailleurs, il faudrait que je trouve un tourneur et un éditeur.

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Après l'interview le 29 novembre 2016.

11 janvier 2017

Sophie Barjac : invité avec moi dans le Koby Show sur Air Show.

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15871820_848112281995509_5248354056073956618_n.jpgRécemment, je vois sur Facebook Arno Koby annoncer qu’il reçoit la comédienne Sophie Barjac dans son émission le Koby Show sur Radio Air Show. Il y a quelques mois, il m’avait reçu très gentiment pour mon livre sur Louane et j’avais beaucoup apprécié sa façon de mener l’interview. Je lui envoie un message pour lui dire qu’il avait de la chance de rencontrer cette actrice et lui explique combien je l’ai apprécié quand j’étais ado. Je regardais le feuilleton quotidien Anne jour après jour. En tout, 55 épisodes de 14 minutes, créé d'après l’œuvre de Dominique Saint-Alban, réalisé par Bernard Toublanc-Michel et diffusé à partir du 23 septembre 1976 sur TF1. Ce feuilleton racontait la vie mouvementée d'Anne, jeune infirmière anglaise, quiAnne jour apres jour (2).jpg va, après une déception amoureuse, retrouver en France un père et un frère jusqu'alors inconnus. Je ne sais pas pourquoi, mais je regardais tous les soirs les aventures d’Anne. Peut-être n’étais-je pas insensible à la beauté de Sophie Barjac ? On l’a vu aussi en 1975 dans A nous les petites anglaises et en 1977 dans L’Hôtel de la plage, deux œuvres de Michel Lang et dans bien d’autres films et séries.

Arno me répond : « Super ! Pourquoi ne viendrais-tu pas pour ton actu ? » Je réponds que je n’en ai pas. Au final, nous décidons que je viendrai évoquer mon blog qui vient de fêter ses dix ans et que je poserai des questions à l’invitée d’honneur.

Ainsi, l’émission a eu lieu le 9 janvier 2017 (et c’était un délicieux moment).

Pour l'écouter en intégralité, il faut cliquer ici.

Merci à Arno Koby et à Sophie Barjac. Voici quelques photos...

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Arno Koby a extirpé de cette heure d'interview 5 minutes... les voici.


Live AIR SHOW - Sophie Barjac et François... par Airshowradio

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Après l'émission, le 9 janvier 2017, avec Sophie Barjac et Arno Koby.

08 janvier 2017

Charlotte Savreux : interview pour L'année du déclic

charlotte savreux,l'année du déclic,interview,mandor

Mon amie Corinne Daunay (ancienne attachée de presse, mais professionnellement bien plus) me dit un jour « tu devrais lire le livre de mon amie Charlotte Savreux, il est excellent ».  Habitué à ce que l’on me recommande tel ou tel artiste, je suis toujours dans la méfiance. Copinage, toussa toussa… sauf que Corinne Daunay, j’ai une confiance absolue en ses goûts. Je me renseigne sur ce livre qui « redonne le goût du « tout est possible » à 66 millions de Français ». Là encore, ce n’est pas le genre d’ouvrage dont je parle habituellement. Par amitié, je lis. Et j’ai fini par dévorer tant ces témoignages m’ont passionné, voire m’ont reboosté. Je suis dans une période où j’ai des choix professionnels à faire, des décisions à prendre, L’année du déclic est tombée à pic.

Le 28 décembre dernier, j’ai donc rencontré son auteure, Charlotte Savreux pour un long et savoureux entretien. Ce n’est pas pour rien que j’ai souhaité que ce soit la première mandorisation de l’année. A ce propos… belle année à tous !

charlotte savreux,l'année du déclic,interview,mandorArgumentaire officiel:

50 personnalités ouvrent le champ des possibles à 66 millions de Français

Ce livre revient sur le parcours de personnalités dont on connaît la réussite, sans pour autant deviner le cheminement parfois complexe qui les a menées vers la lumière et qui rend leur victoire d’autant plus belle et exemplaire. Une réussite honorable et une réalisation personnelle admirables tant elles semblaient, a priori, improbables. Rien ne les prédestinait à… et pourtant leur histoire trompe toutes les attentes et prouve combien tout est possible et pour tout le monde. Ils ont connu des premiers pas dans la vie fragiles, chaotiques ou des réussites suivies de revers, quand la vie bascule pour voler en éclats; mais en quête de reconnaissance, par instinct de survie, par conviction, avec le grain de folie de l’insouciance, ils se sont offert une seconde chance, celle de réorienter leur trajectoire, de sublimer leur vie et de transcender leur destin. En partageant leur expérience et en suivant leurs conseils, tout devient possible ! En misant sur la dynamique de l’exemplarité et de la contagion sont réunies dans de ce livre cinquante personnalités : artistes, chefs d’entreprise, politiques, résolument optimistes, qui refusent de vivre dans une époque de déprimés. Leur enthousiasme et leur foi en la vie inébranlables vous offrent l’essence de leur expérience au tempo de leurs succès et de leurs épreuves, et les fils conducteurs qui ont guidé leur parcours, pour mieux vous permettre de décrocher votre victoire. Car une société plus forte, plus bienveillante, est aussi la somme des engagements individuels.

Retrouvez Zaz - Thierry Marx - Maud Fontenoy - Frédéric Lenoir - Fadela Amara - Yann Arthus-Bertrand - Marianne James - Philippe Croizon - Jean-Pierre Mocky - Florence Servan-Schreiber - Éric-Emmanuel Schmitt - André Comte-Sponville - James Dyson - Stephane Hessel - Roselyne Bachelot - Frédéric Lopez - Louise Del Busto Gomez - Didier van Cauwelaert - Nicole Castioni - Michel Pouzol - Hervé de la Martinière - Denys Chalumeau - Mireille Nègre - Dani - Jean-Marie Bigard - Alain Ducasse - Mohed Altrad - Rougui Dia - Memona Hintermann - Daniel Picouly - Malika Bellaribi - Guy Laliberté - Guy Martin - Philippe Bouvard - Orianne Garcia - Christian Estrosi - Jean-Michel Apathie - Clara Gaymard - Thierry Saussez - Véronique Jannot - Jacques-Antoine Granjon - Mercedes Erra - Patrick Poivre d’Arvor.

L’auteure (source Wikipédia) :charlotte savreux,l'année du déclic,interview,mandor

Après avoir travaillé pendant 3 ans comme journaliste dans la rédaction de France 3 Normandie, elle présente de 2005 à 2010 l'émission Bien-être sur Direct 8. Puis, elle rejoint France Télévisions pour y animer des émissions et des évènements exceptionnels comme La Nuit Blanche (6 heures de direct sur France 3) ou le Téléthon. À partir de 2012, elle rejoint France 5 pour y tourner une série documentaire Une Vie Ailleurs où elle part en immersion à la rencontre de communautés coupées du monde puis participe en septembre 2013 au lancement de l'émission La Quotidienne en y animant deux chroniques hebdomadaires sur la consommation.

Elle vient de publier: L'année du déclic - Et si c'était la vôtre...? Editions Balland.

charlotte savreux,l'année du déclic,interview,mandorInterview :

Ce livre a une dimension personnelle et sociétale.

En 2017, les gens vont être dans l’espoir d’un changement politique. L’idée, c’est qu’on ne peut plus être en attente de tout et de tout le monde. On ne peut plus tout attendre d’un chef de l’état, de son employeur, de la sécurité sociale… à un moment, il faut aussi pourvoir à sa propre trajectoire. On ne peut pas reprocher à une société d’être sclérosée, figée, enfermée, si soi-même on n’offre pas à sa vie cette bouffée d’oxygène dont on a besoin. Je pars du principe que c’est en se changeant individuellement et en étant dans une dynamique d’action qu’on pourra changer les choses. Mon leitmotiv c’est « espérer moins, agir plus ».

Pour toi, la société française est défaitiste ?

De manière collective, oui, mais individuellement, je rencontre des gens qui sont dans une dynamique d’action et qui veulent faire bouger les choses. De manière générale, on sent que les gens sont dans une forme de rétention aux autres ou par rapport à leur propre vie.

Les gens ne veulent pas sortir de leur « cadre » ?

Pas souvent. Ce cadre étriqué leur permet de se protéger, mais il en vient à brider leur potentiel et leur vie. Certains finissent par être enfermés dans leur bulle tellement ils ont peur de l’extérieur. Nous sommes plus dans une société de peur que dans une société d’actions et d’envies.

As-tu appris sur toi-même en écrivant ce livre ?

Il y a tellement de sujets potentiels d’écriture que quand tu choisis un angle, ce n’est jamais par hasard. charlotte savreux,l'année du déclic,interview,mandor

Tu aimes faire bouger les choses, transmettre et permettre l’ouverture vers l’extérieur.

J’ai la curiosité de ce qu’il se passe dans mon environnement et surtout, j’aime ouvrir le champ d’horizon aux autres. Après, ils en font ce qu’ils veulent. Si je veux permettre aux gens qu’ils soient acteurs de leur propre vie, je n’ai pas l’ambition d’imposer une manière de vivre ou une manière de penser. Je n’infantilise pas le lecteur. Si je peux faire en sorte que chacun aille au-delà d’un postulat de départ, ce sera déjà pas mal.

Ce livre est le cheminement logique de ce que tu as toujours fait à la télévision.

Pendant cinq ans, j’ai animé une émission de 52 mn en direct sur le bien-être. J’ai toujours considéré que la thématique du bien-être était sous-estimée. Pour moi, le développement personnel est un sujet de société. Cette société n’a d’ailleurs pas besoin d’un nouveau président de la République, mais d’une bonne psychanalyse. Dès lors que nous aurons déverrouillé les peurs,  là, on pourra se remettre dans une dynamique d’actions. Avec ce livre, j’essaie d’apporter le déclic qui te fait passer de l’intention à l’action, qui te fait transformer une épreuve en une expérience de vie et qui fait passer des « nons » successifs en un « oui ».

Que projettes-tu dans ce livre ?

D’être bien dans son histoire. A l’école, on apprend à compter, lire, écrire, mais pas à vivre. Toute notre vie, on apprend à bien vivre en relation avec la personne que l’on est. Je ne crois pas du tout au bonheur que l’on te vend à tout prix, il n’y a pas pire pour rendre les gens malheureux. L’essentiel est d’être dans l’histoire qui nous convient.

charlotte savreux,l'année du déclic,interview,mandorLa société souffre d’un potentiel bridé ?

Oui, alors qu’on a tous un potentiel extraordinaire. Quand, soi-même, on n’a pas le courage d’aller exploiter le potentiel qui est le nôtre,  d’aller porter nos propres projets, la vie risque de s’en mêler en apportant des secousses sismiques. Je vais citer Albert Camus : « C’est au cœur de l’hiver que j’ai découvert que j’avais en moi un invincible été. »

Ton livre porte des valeurs dont la société a besoin.

Notre époque nous demande du courage, de la persévérance, du goût de l’effort et du sens de la responsabilité. Quelle plus belle victoire que celle qui nous a demandé du courage, de l’audace et de la persévérance ?  Je suis certaine qu’on ne peut pas avoir une grande réussite, sans avoir eu une prise de risque à un moment.

Notre vie est-elle jalonnée de déclics ?

Oui et c’est tant mieux, car les déclics c’est ce qui permet de rebattre les cartes du jeu de sa vie. La vie n’est pas une autoroute linéaire. Il y a des périodes où les choses sont limpides et fluides et puis d’autres où il y a des ronds-points, des départementales un peu plus en retrait et c’est bien aussi. Les gens veulent tellement être toujours rassurés qu’ils souhaitent voir les mêmes paysages. Mais la vie est une aventure, une salle de classe où on apprend tous les jours. Il ne faut pas avoir peur des virages et des changements, car ils sont une chance formidable d’avoir des tremplins sur lesquels s’élever et rebondir.

D’après ce que j’ai compris, le déclic ne vient jamais de l’extérieur.

Non, il ne vient pas d’un appel téléphonique ou d’une proposition quelconque, tu as raison. Il vient toujours de soi. C’est nous-mêmes qui osons faire le pas supplémentaire, et là, sur le cheminement, la vie s’en mêle, les opportunités apparaissent. Je peux dire qu’au moment du déclic, on est seul, mais pendant le cheminement, jamais.

Faut-il être ambitieux ?

Quelle plus belle ambition que de réussir sa vie et de mettre toute celle-cicharlotte savreux,l'année du déclic,interview,mandor à son  propre service ? Ce n’est pas égoïste de s’occuper de soi et de sa vie. En mettant toute son énergie au service de sa trajectoire personnelle, cela permet aussi à notre lignée familiale de s’élever. Le but, c’est d’être meilleur que nos parents et que nos enfants soient meilleurs que nous. De plus, en servant notre propre trajectoire, on va pouvoir nourrir la société de valeurs beaucoup plus vertueuses que celles que l’on a aujourd’hui.

Tu dis qu’il faut prendre la vie comme un jeu plutôt qu’un enjeu.

Les gens ont tellement peur que tout est devenu grave. Il faut s’amuser des décisions à prendre et d’essayer les choses. Quand tu es dans cette posture-là, la vie te le rend au centuple. Une invité que j’ai reçu dans une de mes émissions m’a dit « quand tu fais un pas dans la vie, la vie en fait dix pour toi. »

Nous avons besoin de positif et de se requinquer.

On a aussi besoin d’être remué.

C’est ton premier livre. Es-tu émue ?

Pour moi, la plus belle aventure de cet ouvrage, ce n’est pas la sortie, c’est le cheminement qui m’a mené jusqu’à lui. Je me sens comme une passeuse. Ce livre ne m’appartient plus, il appartient au grand public.

Ce livre a été un vrai virage pour toi.

Un virage à 180°. Je suis passé d’un travail solitaire à un travail collectif. J’ai toujours participé aux projets des autres et c’était la première fois que j’écrivais pour un projet qui m’appartenait. C’était un peu mon objectif de cette fin d’année 2016.

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Après l'interview, le 28 décembre 2016.

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30 décembre 2016

Valérie Motté : interview pour Pour tout ce que la vie nous donne

valérie motté,pour tout ce que la vie nous donne,interview,mandor

Je connais Valérie Motté  parce que nous nous rencontrons professionnellement depuis des années. Elle m’a toujours paru différente. Hors norme. Toujours souriante, bienveillante et lumineuse. Dans son récit de résilience, Pour tout ce que la vie nous donne, elle partage avec nous son besoin  d’améliorer le quotidien des enfants touchés par la maladie…. Elle raconte son parcours de vie atypique qui force le respect. La première partie du livre narre la vie pleine d’obstacles de l’auteure dont la perte d’un petit frère qui devient le fer de lance de sa vie. Dans la seconde partie, Valérie Motté « fait vibrer l’âme et l’esprit pour convertir les obstacles de la vie en éléments constructifs pour sa vie, se forger et mieux apprécier chaque instant que nous procure la vie » (comme l’indique un commentaire d’une lectrice sur Amazon).  

Le 29 novembre dernier, Valérie Motté est venue me voir à l’agence pour une première mandorisation.

valérie motté,pour tout ce que la vie nous donne,interview,mandorLe livre (par l’auteure) :

"Nous traversons actuellement une période de grandes transformations énergétiques qui bousculent le monde entier. Certains s’interrogent sur ce chaos et sont effrayés ; d’autres ressentent le besoin de se recentrer sur l’essentiel et sont en quête de vérité. Au final, la majorité d’entre nous aspire à la paix, au respect et à l’équité. Les drames familiaux qui m’ont touchée ont révélé ma médiumnité et mon cheminement m’a conduite à développer ma spiritualité et à écouter mon cœur. Je suis infiniment reconnaissante pour chacun de ces instants expérimentés, pour la confiance que le monde invisible et ses messagers m’ont accordée, pour ce caractère qui m’offre cette conscience de la préciosité de la vie et de ses charmes si nombreux. J’ai souhaité partager avec vous mon parcours pour, peut-être, donner envie à quelques-uns d’entre vous d’envisager la vie différemment. Pour témoigner qu’il est toujours possible de voir la lumière dans l’obscurité."

L’auteure :

Tourangelle d'origine, Valérie Motté est productrice artistique (Vavélie productions). Elle est également l'auteure de plusieurs ouvrages de développement personnel dont Douceurs angéliques aux éditions Pygmalion et Conseils de fées et potions magiques pour se sentir bien aux éditions Jouvence. Valérie Motté est douée d’une intuition hors du commun, qui lui permet d’être à l’écoute de la nature, des messages et des signes que lui transmet la vie. Adepte des médecines douces, elle utilise des « potions naturelles » pour prendre soin de son âme et de son corps. Autant de connaissances qu’elle souhaite partager, aujourd’hui, avec le plus grand nombre, à travers ses ouvrages et ses conférences.

Elle anime aussi l'émission Douceur et Confidences qu'elle propose sur Dailymotion  (je vous propose d'ailleurs les trois dernières dans cette chronique).

Ivalérie motté,pour tout ce que la vie nous donne,interview,mandornterview :

Ce livre témoignage  a-t-il été écrit pour aider les autres ?

C’est un livre que j’ai commencé il y a 9 ans. C’était à la base pour rendre hommage à mon petit frère Erwan qui est décédé. C’est le fil conducteur. Autour de moi, mes amis trouvent que je suis toujours positive quoi qu’il arrive et que je vois toujours la lumière même quand la période est plutôt ombragée. Ce sont eux qui m’ont poussé à témoigner, à partager… encore plus dans cette période complexe et difficile pour tout le monde. Du coup, j’ai essayé de proposer humblement une vision de la vie. Il faut se dire que la vie est belle, même quand on traverse des choses  difficiles. J’ai traversé des épreuves pas simples, mais aujourd’hui, je dis que la vie est belle.

Tu ne fais pas la morale, juste tu racontes ton histoire.

C’est un partage au plus grand nombre de mon parcours de vie et il n’y a aucun prosélytisme. Je ne détiens aucune vérité, juste la mienne.

Tu parles aussi de ta vie spirituelle.

Pas trop, parce que c’est personnel et je ne suis pas donneuse de leçon. Il y a beaucoup de livres de témoignages qui sont dans les conseils directifs. Moi, je considère que chacun doit expérimenter et vivre ce qu’il a à vivre.

Cela t’a fait du bien d’écrire ce livre ?

Ça ne m’a pas fait que du bien. La fin de ce livre a été écrite avec beaucoup de souffrance. Toi qui écris, tu sais qu’on revient souvent en arrière, on recorrige, il y a des allers-retours avec la maison d’édition. Même si je suis guérie de beaucoup de chose, j’ai tant ressassé que ça a fini par m’atteindre. Je dois admettre que ça été difficile et violent, mais aujourd’hui, je suis très heureuse parce que c’est une page qui se tourne. Je n’oublierai rien, mais c’est quelque chose qui se termine. Nous sommes en année 9 et en numérologie, cela équivaut à la fin, à l’achèvement de quelque chose. Pour moi, c’est tout un cycle qui se termine.


"Douceur & confidences" Olympe HD par VavelieProductions

Tu expliques au début du livre qu’il aurait pu sortir il y a bien longtemps, mais qu’une conjonction d’évènements à fait qu’il ne sort qu’aujourd’hui. C’était donc que le bon moment était aujourd’hui.

Exactement. Il a pu être enrichi par les 9 années d’expériences et par mon évolution spirituelle. Si je l’avais sorti avant, il y aurait eu beaucoup plus de colère. Là, elle est posée à un moment, parce que je ne renie pas la tristesse et la colère que j'ai pu avoir. Avec le recul, j’y vois des choses très belles. Et grâce à ce que j’ai traversé, je suis devenue la femme que je suis aujourd’hui.

Tu ne regrettes rien ?

Je n’ai absolument aucun regret. Si je devais refaire mon parcours amoureux ou professionnel, je ferais la même chose.

C’est difficile ce côté « j’écris ma vie, mais il faut intéresser les gens » ?

Bien sûr, j’ai envie d’intéresser le plus grand nombre. Dans ce livre, il y a différentes facettes qui devrait faire résonance à des lecteurs. Tous ceux qui ont lu mon livre ont été touchés. Autant les hommes que les femmes d’ailleurs. J’ai ouvert mon cœur avec sincérité et authenticité. C’est un livre de partage, mais aussi de gratitude.

valérie motté,pour tout ce que la vie nous donne,interview,mandorTu parles des fées et des anges, tes sujets de prédilections dans tes précédents ouvrages. Tu dis que tu as vu réellement des fées quand tu étais jeune. Tu n’as pas peur que l’on te prenne pour une dingue ?

On me l’a déjà dit, mais ça ne me fait rien. J’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres personnes qui voyaient les esprits de la nature. Quand on me demande comment sont les fées, je réponds que je les vois comme la fée Clochette. Toute petites, scintillantes, pétillantes  et joyeuses. Souvent, quand je raconte ça, les adultes bloquent et s’imaginent que ce sont les fameux personnages imaginaires que les enfants voient. Pour la plupart des enfants, la médiumnité est ouverte. Il n’y a pas de filtres et ils voient réellement des choses qu’adultes, on se refuse de croire. Les esprits de la nature existent, je t’assure.

Pourquoi tout le monde ne peut pas les voir ?

Je pense qu’il ne faut pas en avoir peur et y croire. Si tu laisses la possibilité que tout est possible, tout est possible. La vie va s’offrir à toi, mais il faut être ouvert et curieux  pour cela.

Et les anges ?

Mon ange gardien, c’est mon frère Erwan. Ce n’est pas un fantasme. Quand je suis remontée dans mes différentes vies antérieures, j’ai bien vu qu’il était là avec moi dans chaque vie.

Tu te sens privilégiée de voir ce monde invisible ?

Oui, surtout quand on traverse des périodes mondiales très complexes comme nous le vivons actuellement. Pour moi, les liens d’amour ne se brisent jamais et Erwan est vraiment là. Il m’envoie des signes assez régulièrement. Parfois, je le vois comme je te vois.

Tu m’as raconté que tu t’étais déjà fait réveiller par des entités. Moi, ça me ficherais la trouille.

Oui, ça, ce n’est pas marrant, mais je n’ai pas peur.


"Douceur & confidences" Gregory Mutombo HD par VavelieProductions

Tu ressens les gens plus intensément que la moyenne?

Oui, j’ai beaucoup de ressentis énergétiquement positifs ou négatifs. Mais c'est parce que j’écoute mon intuition. Cela, tout le monde peut le faire. Tout le monde à une intuition. On la développe ou on ne la développe pas.

Dans tes choix d’amoureux, par contre, on constate que tu ne fais jamais les bons.

Ça vient de mes blessures d’enfance. Avec les manquements de mon père, l’abandon, le rejet, je crois que je reproduis des schémas. Tant qu’on ne le comprend pas, qu’on ne l’accueille pas et qu’on ne le guérit pas, la vie est superbe (ironie)… elle t’envoie les mêmes. Ces hommes-là, je les remercie. Ils sont venus me montrer mes failles et mes blessures. J’ai travaillé sur moi et depuis un an, je sais que je ne veux plus du tout ça. Récemment, la vie a mis sur mon chemin un homme du même profil, je l’ai vu tout de suite et j’ai coupé court immédiatement. Je suis guérie.

Qu’espères-tu que ce livre apporte aux gens ?

Je ne pose plus d’attente aujourd’hui. Comme j’ai appris à vivre de plus en plus dans l’instant présent, je me dis que si les gens le reçoivent comme un simple cadeau et si ça produit en eux une petite résonance, si ça peut leur apporter une petite touche colorée dans leur vie, c’est gagné. On a tous en nous les ressources en nous pour aller bien. C’est aussi ce que j’explique dans ce livre.

Avec Vavélie Productions, tu t’occupes d’artistes (comme Magali par exemple).

Aujourd’hui, j’ai la liberté de choisir avec qui j’ai envie de travailler. Je ne pourrais pas travailler avec des artistes qui ne m’intéressent pas humainement et dont les univers ne me touchent pas. Il faut qu’il y ait quelque chose de positif dans la relation.

Tu fais aussi des émissions pour Dailymotion, Douceur et Confidences.

Je reste dans mon univers. J’allie, j’associe toutes mes palettes… et c’est génial de pouvoir le faire.


"Douceur & confidences" Geneviève de Fontenay HD par VavelieProductions

29 décembre 2016

Pierre Barouh : interview pour Les 50 ans Saravah

pierre barouh,hommage,les 50 ans saravah,interview,mandor

Hier soir, j’étais en train de décrypter mon interview récente de Pierre Barouh à propos de l’album Les 50 ans Saravah. Cela faisait deux heures que je l’écoutais me parler quand j’ai ressenti le besoin de faire une pause. Une pause Facebook (mon péché mignon). Et là, je tombe sur un statut de Laurent Balandras annonçant la mort de Pierre Barouh. Je lui envoie un message spontané tant cela me parait improbable. Un type qui m’a reçu chez lui une bonne partie de la matinée, le 15 novembre dernier, ne peut pas être mort, ça n’a pas de sens. Réflexion idiote, je le sais bien. La mort frappe n’importe qui à n’importe quel moment. Je reste abasourdi.

Je me suis remis à l’écouter et plus rien n’avait le même sens. Je me marrais un peu avant cette terrible nouvelle parce que je m’entendais lui poser des questions sur l’album, mais il me répondait à côté, comme si ça ne l’intéressait pas d’en faire la promo. « C’est ma femme qui s’en est occupée » me répondait-il et il partait sur d’autres sujets… j'ai donc remis un peu en ordre certains de ses propos.

pierre barouh,hommage,les 50 ans saravah,interview,mandorQuand on interviewait Pierre Barouh, il fallait s’attendre à ce que cela parte dans tous les sens, mais tout était intelligent, magnifique et empreint de sagesse. Je l’avais déjà pratiqué (lire ma première mandorisation du personnage en 2007 et photo à gauche). Le 15 novembre dernier, celui qui avait indiqué sur sa carte d’identité à la mention profession, « promeneur », me baladait là où il voulait. Et moi, ça ne m’a jamais dérangé que l’on sorte des sentiers balisés de la promo. Bien au contraire. Je me laisse tout le temps faire si cela est fait avec bienveillance. Et avec cet artiste solaire, c’était toujours avec bienveillance.

Je vous propose donc cette interview dans sa version un peu écourtée.

Mini bio de Pierre Barouh :

L’auteur, compositeur, interprète et éditeur a écrit des paroles restées dans les mémoires, comme «La bicyclette» interprétée par Yves Montand.

Le parolier a également créé Saravah, son label découvreur de talents. Parmi eux : Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Jean-Roger Caussimon, Areski Belkacem, mais également le Bénino-Togolais Alfred Panou, précurseur du slam dans le paysage hexagonal, le Gabonais Pierre Adekengué, aux prémices de la world music, ou encore le percussionniste brésilien Nana Vasconcelos.

«Un homme et une femme», chanson du célèbre film de Claude Lelouch (1966) dont il est le parolier et l’interprète avec Nicole Croisille, sur une musique de Francis Lai, reste comme l’un des monuments de la carrière de cet artiste éclectique et curieux.

L’album"50 ans Saravah"   :

Crée en 1966 par Pierre Barouh, Saravah est l’un des plus anciens labels indépendants français de pierre barouh,hommage,les 50 ans saravah,interview,mandormusique. Son célèbre slogan : « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire » définit très bien l’âme de ce label qui aime à se qualifier comme «  Les rois du slow-bizz ». Au-delà de la production phonographique, Saravah, est avant tout une aventure humaine, faite de coups cœurs, de rencontres artistiques;  toujours imprégnées d’une profonde éthique : passion et amour de la découverte de l’autre par les voyages et la création. Face aux obsessions de rentabilité, sa dimension romantique et bohème, semblait pourtant la condamner à court terme…  Pourtant, Saravah est heureuse de fêter cette année : ses 50 ans d’activités! Aujourd’hui, plus que jamais, nous voulons témoigner des talents et du monde qui nous entourent. C’est dans cette optique que nous souhaitons partager notre patrimoine sonore, de 50 ans de productions et d’éditions, en le rendant plus accessible à ceux et celles qui nous suivront demain. Avec Bertrand Belin, Kahimi Karie, Albin de la Simone, Camélia Jordana, François Morel, Yolande Moreau, Bastien Lallemant, Maïa Barouh, Jeanne Cherhal, Séverin, Olivia Ruiz, Bears of Legend et Sheena Ringo. Avec le soutien de la SPPF , l'ADAMI et  la SACEM. Dessin : Charles Berberian.

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pierre barouh,hommage,les 50 ans saravah,interview,mandorInterview :

Vous avez toujours été indépendant et libre. Des hommes comme vous, cela devient rare…

Je n’ai jamais eu aucune ambition de carrière, jamais eu d’imprésario ou d’agent. Je ne crois pas en la liberté, mais je crois en la disponibilité… mais la disponibilité réclame une énorme vigilance. J’adore me rendre disponible. On me dit « viens ! », je viens. Et je ne reviens jamais sur une parole donnée.

Vous êtes un grand et éternel voyageur.

Sur mon tout premier passeport, à la rubrique « profession », j’avais marqué « promeneur ». Mon premier voyage était en Norvège. J’avais ma petite guitare et je faisais du stop. Il m’arrivait de faire du stop alternativement d’un côté et de l’autre de la route. C’est vraiment le symbole de la disponibilité. Se dire que le premier qui s’arrête m’amène vers le nord ou vers le sud.

Vous avez aussi toujours été disponible à la reconnaissance du talent des autres.

Je fais même un prosélytisme qui est très chiant pour les gens qui m’entourent, parce que dès que j’aime quelqu’un, un film ou un livre, je n’arrête pas d’emmerder tout le monde avec ça.

Séverin a invité Pierre Barouh à chanter "Samba Saravah" à l'occasion des Francofolies de La Rochelle 2016. 

Nous sommes chez vous pour parler des 50 ans de votre label Saravah. C’est vertigineux pour vous 50 ans ?

Je n’ai aucun sens du temps. Je vis trop au présent pour remarquer le temps qui passe.

Ce projet de disque n’est pas gênant pour vous, du coup ? Parce que ça veut dire s’arrêter et regarder en arrière…

Mais, ça ne me dérange pas. Je suis rentré du Japon la semaine dernière et là-bas, ils ont fêté cet anniversaire. C’était formidable ! Il y a eu des projections de mes films, des interviews, un concert avec ma fille Maïa et des amis à elle. C’était dans une grande salle et quand ça s’est terminé, les gens étaient en larme d’émotion. C’était vraiment super. J’ai vécu au Japon des aventures d’un romantisme incroyable. J’y vais depuis 1982 et je suis fou de ce pays.

Vous êtes plus honoré là-bas qu’en France.

Je reste spectateur et il n’y a aucune amertume dans ce que je vais vous dire, mais je suis dans une situation très ambigu en France. Je suis un auteur à succès et j’ai passé 50 ans de ma vie à m’occuper du talent des autres. Dans notre pays, c’est suspect. Si je dis que je fais ça par passion, on trouve que c’est infantile. Dans ma vie il y a la chanson, mais il y a aussi le théâtre, le cinéma, du coup, les gens des médias ne savent pas où me placer, il m’ont mis dans un ghetto underground. En ce moment, je suis en train de glisser de ce ghetto au mythe. Ça prend d’ailleurs un parfum nécrologique (rires).

Vous sentez que l’on vous « mythifie » ?

Je le sens parce que je n’ai jamais autant reçu d’hommages qu’en ce moment.

Vous êtes spectateurs de cela, mais avec amusement ?

Oui. J’ai conscience d’être un privilégié total. Je n’ai vécu que de mes passions et je sais que ce n’est pas le cas de grand monde.

Parlons « argent ». C’est le nerf de la guerre. Je me suis toujours demandé si votre label Saravah s’en sortait correctement.

Au-delà du chiffre 3, je ne comprends rien. Je suis incapable de parler d’argent. Je sais que tous les trois mois, je reçois un chèque de la SACEM depuis des années. Avec Saravah, je ne prends pas d’argent. Tout va à a création. Mes rentrées, en priorité, ce sont les droits éditoriaux de mes chansons. Ils nourrissent beaucoup Saravah. J’ai passé ma vie à sauter à pied joints de répartition SACEM en répartition SACEM. Aujourd’hui, je touche une retraite de la SACEM.

Alors qu’un artiste comme vous n’est jamais à la retraite.

Je n’arrête pas puisque, je le répète,  j’ai cette obsession de la disponibilité.

Le 20 octobre 1966, Nicole Croisille et Pierre Barouh interprètent la chanson du film de Claude Lelouch, "Un homme et une femme" écrite par Francis Lai et Pierre Barouh.

Que pensez-vous de ce disque célébrant les 50 ans de Saravah ?

Il est formidable. Ma compagne, Atsuko Ushioda, a joué un grand rôle dans ce projet, tout comme elle a joué un rôle incroyable dans la survie de Saravah. Aujourd’hui, nous sommes le plus ancien label indépendant planétaire et c’est grâce à elle.

Qui s’est occupé du casting des chanteurs qui ont participé à ce disque ?

C’est Atsuko qui a tout géré, je vous dis, je n’ai pas fait grand chose. Je lui fais confiance.

Est-ce que les marques d’affection et d’admiration vous touchent encore ?

Evidemment. Ça m’émeut beaucoup.

Et les critiques ?

(Il réfléchit longuement.) On vit dans une société ou le négatif prend le pas sur le positif. Il y a 300 personnes qui vont me dire que je suis un mec super et trois qui diront le contraire. Ces trois-là vont faire un chemin disproportionné par rapport aux 300 autres.

Pierre Barouh, Des ronds dans l'eau, avec Pierre-François Blanchard au piano au Festival chansons et paroles 2012 de Barjac. Cette chanson écrite par Pierre Barouh a été interprétée par Françoise Hardy.

Je sais que vous vous vous battez depuis longtemps pour que les gens deviennent plus courtois les uns envers les autres…

Comment vous savez cela ? Quand je suis rentré du Japon en 1982, j’ai même fait un dossier que j’ai envoyé au ministère de la culture. Je voulais monter en France une grande campagne de courtoisie. L’élément de la courtoisie est un élément vital dans toute la spirale économique. Je voulais réunir des sociologues et des économistes qui puissent tenter de faire l’inventaire de ce que coûte à la nation le manque de courtoisie élémentaire. C’est inchiffrable. Je n’ai jamais eu de réponse du ministère de la culture (rires).

En tout cas, on sent que vous avez un amour total de la chanson.

Pour moi la chanson, c’est un mode d’expression totalement privilégié et absolument magnifique. Vous pouvez exprimer des sentiments très complexes avec des mots toujours très simples. Le privilège, par rapport à d’autres formes artistiques, c’est que c’est communicable immédiatement.

Excusez-moi la banalité de cette question, mais est-ce difficile ou simple d’écrire une chanson ?

Quand j’ai commencé à écrire à 14 ans, je me suis nourris de gens comme Brassens. C’est lui qui m’a appris que la contrainte sollicite l’imagination, que mon imagination naturelle est pauvre comparée aux contraintes que je m’impose pour écrire. Parfois, je reste 4 mois sur une chanson. La grande satisfaction, c’est de savoir que les gens croient que je l’ai écrite en 12 minutes.

Si je résume, c’est dur de faire simple.

Oui, c’est ça. Par exemple, dans « Le vieux Léon », Brassens a pratiquement tout écrit en octosyllabe. Il fait arriver des rimes très riches au bout du 4e pied. Brassens m’a appris que la vraie élégance, c’est que l’on ne sente pas l’effort. Tout est au service du portrait qu’il trace.

Lundi 26 novembre 2012, lors d'une soirée privée organisée par le magazine "Plaisirs du Gers" à L'Atelier de Marciac, Pierre Barouh interprète "La bicyclette", chanson qu'il a écrite et qu'a chantée Yves Montand.

C’est un film qui vous a mené à la chanson.

Il n’y a que des hasards objectifs. Il y avait un petit cinéma en bas de chez moi à Levallois-Perret, L’Eden. Je suis allé voir Les Visiteurs du Soir  et je peux dire que ma vie a basculé sur trois mots de Jacques Prévert. Bref, beaucoup de mes chansons ont un découpage totalement cinématographique. C’est le cas de « La Bicyclette » par exemple. Raconter des histoires, provoquer l’imagination des gens, c’est primordial pour moi.

Avez-vous envie de ressortir un disque à vous ?

Si j’ai des nouvelles chansons, bien sûr. J’en ai déjà deux ou trois, écrites récemment. J’ai toujours en tête le souhait de traduire des sentiments ou des évènements par des mots.

C’est toujours une joie intense d’être sur scène ?

Oui, parce que j’ai toujours eu le goût du partage. J’espère en faire encore longtemps.

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A l'issue de l'entretien, chez lui, le 15 novembre 2016.

Le lendemain de cette interview, je me suis rendu à la soirée de lancement du livre de Baptiste Vignol, Les tubes, ça s'écrivait comme ça pour lequel Pierre Barouh avait donné un entretien-fleuve sur sa vie, ses chansons, son amour des rencontres. Je laisse Baptiste raconter la suite (tiré de son blog perso Mais qu'est-ce qu'on nous chante?).  "Pierre Barouh était arrivé tout sourire, son casque sous le bras, entrant dans la librairie Parallèles, rue Saint-Honoré, les doigts dans sa belle chevelure blanche. Il avait retrouvé ce soir-là son vieux copain Frank Thomas qu'il n'avait pas revu depuis au moins vingt ans. «Tu sais qu'on est tous jaloux de toi» lui avait dit Thomas, en l'embrassant. Devant l'air étonné de Barouh, le parolier (Frank Thomas est l'auteur de Marie-Jeanne pour Joe Dassin, du Téléphone pleure pour Claude François, de Dites-moi pour Michel Jonasz…) précisa sa pensée: «“La Bicyclette”, “Les Ronds dans l'eau”… On aurait tous rêvé de les écrire, ces chansons-là!» Après avoir longuement bavardé avec ce complice de toujours, revu François Bernheim, rencontré Vincent Baguian et dédicacé quelques livres à des admirateurs, Pierre Barouh s'en était reparti à scooter dans la nuit de novembre, saluant tout son monde d'un fraternel «À bientôt!»"... 

La suite est à lire ici.

J'ai pris quelques photos de ces moments. Les voici:

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Photo culte (mais floue) : Frank Thomas, Laurent Balandras, Geneviève Morissette Perso, Baptiste Vignol, Pierre Barouh et François Bernheim.

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Frank Thomas, François Bernheim, Geneviève Morissette et Pierre Barouh.

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Frank Thomas, Geneviève Morissette, Baptiste Vignol, Mandor et Pierre Barouh.

28 décembre 2016

Thierry Brun : Interview pour Les Rapaces

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Thierry Brun est un auteur de roman noir très poli et discret. On se demande d’ailleurs si c’est bien lui qui écrit les histoires qu’il raconte tant il laisse KO le lecteur. Ses héros sont sans pitié ni état d’âme. Dans son monde animal, c’est dur, puissant, sans concession. Quand on lit un livre de Brun, on a l’impression de recevoir de véritables coups de poing dans la tronche et dans le cœur. Les rapaces n’échappent pas à cette règle.

Le 6 octobre dernier, Thierry Brun est venu à l’agence pour une troisième mandorisation (voir la première ici, et la seconde là).

thierry brun,les rapaces,interview,mandorLa 4e de couverture :

Ancien bras droit du narcotrafiquant Arthus Graham, respectée de la profession, Alexandra Blaque, jeune femme qui a laissé derrière elle les trottoirs de Vitry-sur- Seine pour gravir les marches des palaces de Paris à Ibiza, purge aujourd’hui une longue peine de prison.

Appartements transformés en ateliers de production de pains de coke, caves et escaliers gangrenés par le deal, policiers désabusés, caïds hyperviolents à peine sortis de l’enfance… Même si la menace du gang la hante souvent, celle qui déclarait encore quelques années auparavant : « J’ai seize ans et la médiocrité me terrorise. Je sais menacer, mettre à exécution » a décidé de tirer un trait sur sa jeunesse de soldat pour commencer une nouvelle vie et aller vers le soleil.

Mais on ne trahit jamais impunément. Et à sa sortie de prison, Alexandra voit son passé ressurgir avec violence.

Avec l’aide d’une journaliste d’investigation farouchement déterminée à faire toute la lumière sur ce monde interlope, elle va affronter la vengeance des clans et tenter de retrouver Nicolas, celui qui lui a appris l’amour, le seul à qui elle n’a rien à cacher, le seul à être craint de tous. Ses vieux démons réveillés, Alexandra se lance dans cette quête dangereuse, entre amour, paradis perdus et vendettas fratricides, avec la détermination de celle qui n’a plus rien à perdre.

L’auteur :

Thierry Brun vit et travaille à Paris. Il est l’auteur de Surhumain (Plon, 2010), La Ligne de tir (Le Passage, 2012) et Les Rapaces (Le Passage, 2016).

thierry brun,les rapaces,interview,mandorInterview :

C’est en écoutant la chanson de Maissiat, « Le départ » que tu as eu l’envie de créer le couple Alexandra/Nicolas.

Dans ce livre, j’ai voulu écrire sur mon enfance, mon adolescence, les amis que j’ai pu côtoyer à Garges-lès-Gonesse, à Sarcelles et à Vitry, mais je voulais aussi un couple qui s’aime vraiment. Et effectivement, les paroles de cette chanson de Maissiat ont tout déclenché. Elles m’ont inspiré le sentiment d’abandon, de perte, d’envie de revivre… qui collait parfaitement à mes deux héros. J’ai tout de suite eu le scénario de ce couple séparé par les événements et qui endure la chienlit pour se reformer, contre vents et marées. Merci Maissiat !

Qui sont les Rapaces ?

Ce sont des criminels, des trafiquants, toujours en mouvement. Ils n’ont aucune excuse, ne s’en cherche pas. Ils avancent, font du fric, tombent (prison, blessures) et se relèvent. Entre deux coups de pression, ils essaient de s’aimer le mieux qu’ils peuvent; sans trop se blesser. Choisir le monde qui te verra grandir n’est pas donné à tout le monde. Ils auraient pu prendre une autre voie et ne se cachent pas derrière leur petit doigt. Ce ne sont pas des anges sous des airs menaçants. Ils dealent, menacent, et aucune de leurs actions ne vient les racheter.

Ce livre est très documenté !

Il y a eu beaucoup d’interviews, de recherches, de souvenirs personnels qu’il a fallu faire remonter à la surface… J’ai bien connu beaucoup de personnes et d’évènements dont je parle dans mon roman, mais j’ai repris aussi des histoires que l’on m’a racontées.

Gamin, tu aurais pu basculer du mauvais côté ?thierry brun,les rapaces,interview,mandor

Je n’ai pas fait ce que font les jeunes dans mon livre, mais j’ai eu des problèmes. C’était plus à cause de mon comportement avec les autorités. Je n’étais pas le garçon policé que je suis maintenant. J’étais un peu rebelle, un peu dingue, mais j’ai rencontré les bonnes personnes, dont un prof de musique et un flic. Le prof de musique m’avait dit un jour : « On se démet ou on se soumet, mais se soumettre, c’est un apprentissage. »

Dans tous tes livres, il y a cette part d’enfance que tu as vécue. Tu n’arrives pas à t’en détacher ?

J’ai eu une enfance nomade. Mon père était itinérant. Il vivait dans une caravane et travaillait sur les chantiers dans toute la France. Je pensais que je m’en étais bien affranchi quand  je suis devenu papa. Mais quand j’ai commencé à écrire, tout est revenu. C’était un ciment qui était beaucoup plus solide que je ne le pensais.

Tes personnages sont tous très forts. Même ceux qui ont moins d’importance que les autres.

En fait, je suis amoureux de tous mes personnages. Il n’y en a aucun que je considère anodin. Je tiens beaucoup à eux. Mais je ne voulais pas qu’ils soient sympathiques. Alexandra est une enfoirée, elle fait les choix les moins sympathiques et ses actions sont souvent cruelles. Mais, sans l’excuser, elle a des raisons d’être comme elle est.

thierry brun,les rapaces,interview,mandorDans le chaos le plus total, tu as écrit une histoire d’amour… et, du coup, on s’attache presque à Alexandra et Nicolas.

J’ai voulu montrer que même les plus pourris étaient capables d’amour. S’il ne reste plus qu’une chose, c’est l’amour.

Tes romans deviennent  de plus en plus noirs, je trouve.

Oui, et il y a de moins en moins d’espoir dans ce que j’écris. Ça doit venir de mon état d’esprit (rires).

Les Rapaces sort en poche. C’est une seconde vie pour ton livre.

Oui, c’est une bonne nouvelle. Quand un livre est acheté pour sortir en poche, on est rassuré sur sa qualité.

Dans tes livres, tu aimes bien jouer avec la psychologie de tes personnages.

C’est ce qui m’intéresse le plus. Rentrer dans la tête de mes héros et développer leur pensée et leurs actions.

Tu écris déjà ton prochain livre ?

Oui. Ce sera la suite des Rapaces, mais on pourra le lire indépendamment. Il y aura moins de personnages et je développerai la relation Alexandra et son père. Je considère que le passé nous rattrape tout le temps et je ne peux m’empêcher d’en faire un sujet récurrent dans mes romans.

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Après l'interview, le 6 octobre 2016.

27 décembre 2016

Tété : interview pour Les chroniques de Pierrot Lunaire

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Six albums en seize ans de carrière, Tété prend son temps pour écrire, définir le concept général de ses albums et coucher ses humeurs... toujours dans l’air du temps. Les critiques sont unanimement positives et les fans toujours enthousiastes.

Pour Les Chroniques de Pierrot Lunaire, comme d’habitude, les mots ne sont jamais vains, les mélodies jamais convenues et la voix chaleureuse toujours assurée.

tété,les chroniques de pierrot lunaire,interview,mandorInterview d’un artiste qui sait se faire discret et qui parle rarement pour ne rien dire. C’était le 19 octobre dernier dans un hôtel de la place Pigalle (lire la première mandorisation, puis la seconde).

Argumentaire officiel de l’album:

L’auteur-compositeur et musicien Tété est de retour avec un 6e et nouvel album Les Chroniques de Pierrot Lunaire entièrement produit par lui-même. Un retour aux sources entre blues et folk, où sa voix limpide renoue avec la simplicité et le dépouillement sonore des débuts. C’est l’histoire « d’un homme qui doit un jour affronter la violence de la réalité. Chanson après chanson, il apprend à changer son regard sur ce qui l’entoure ». Des chœurs entêtants de « Persona Non Grata » à « L’amour à nos chevets », l’album narre une quête personnelle tout en évoquant les méandres kafkaïens de notre société et la course à la consommation.

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tété,les chroniques de pierrot lunaire,interview,mandorInterview :

Tu aimes bien la promo ?

Je me suis retrouvé moi-même à interviewer des gens à l’étranger pour une émission de télévision, alors je comprends comment ça se passe. Je ne suis pas journaliste, ce n’est pas mon métier, il m’est arrivé de tomber sur des artistes qui n’avaient pas envie d’être là, j’ai compris ce que cela faisait quand on tient le micro et que l’on pose des questions auxquelles l’autre n’a pas envie de répondre. Du coup, je suis devenu plus humble par rapport aux interviews. Je me dis que je vais juste converser avec quelqu’un qui s’intéresse à mon travail et ça me rend heureux.

6 albums en 16 ans, cela paraît peu, mais je sais que chez vous le temps n’est pas « linéaire ».

Il est un peu comme une matière qui changerait de texture selon qu’il fasse chaud ou froid. La magie du métier, c’est que l'on a pendant 6 ou 7 ans l’âge du dernier album, ce qui n’empêche pas de considérer que les autres vieillissent. Ca « distorse » la sensation du temps qui passe.

Clip de "Persona non grata".

Les chroniques de Pierrot Lunaire est un album concept sur un homme qui décide de voir la vie avec tété,les chroniques de pierrot lunaire,interview,mandorun regard d’enfant.

Le Pierrot dont je parle n’arrive pas à se dépatouiller de l’âpreté du réel. Il finit par se dire que le réel en soi, ce n’est pas ce qui fait le tout. Ce qui fait le tout, c’est le regard que l’on porte sur le réel. A partir de là, il essaie de retrouver son regard d’enfant. Je l’ai appelé Pierrot Lunaire car cela fait penser à la mélancolie, aux rêves et à la flânerie.

Ce Pierrot est un double de Tété ?

C’est peut-être celui que j’aimerais redevenir. Adulte, on vit dans une société qui nous exhorte à être performants. Tout est un peu normé, calibré. Dans l’enfance, on ne regarde pas la montre, on est plus libre, il y a moins d’enjeu. Avec l’absence d’enjeu, vient le plaisir.

Ce n’est pas la première fois qu’il y a un fil conducteur dans un de tes albums. Déjà, il y a pile 10 ans, dans Le Sacre des lemmings et autres contes de la lisière

Tu as raison. Cet album est d’ailleurs très proche du Sacre des lemmings. J’ai eu du temps pour Pierrot Lunaire, du coup, j’ai pu faire en sorte que chaque chanson soit comme un chapitre d’un livre. De chanson en chanson, mon personnage annonce qu’il va partir, mais il ne part jamais. J’ai été comme ça, moi aussi, à un moment donné. Pierrot va apprendre à se réincarner, à se réappartenir et à se rendre compte que la lumière est dans sa capacité à se projeter.

Clip de "Pierrot Lunaire".

tété,les chroniques de pierrot lunaire,interview,mandorChanger le regard sur la vie, finalement, ça concerne tout le monde, non ?

C’est ce à quoi nous sommes acculés en tant que citoyens, consommateurs, parents… Par exemple, on doit avoir une conscience environnementale. Avant c’était un truc d’écolo, aujourd’hui, ça nous engage tous. On est tous condamnés à changer notre regard sur les choses et les évènements.

Les artistes ne sont-ils pas tous des grands enfants et n’ont-ils pas déjà ce regard ?

Tu as raison. Au fond, c’est un axiome qui s’applique aux artistes, aux fous et aux enfants.

Tu disais tout à l’heure que nos vies étaient calibrées… toi pour te « décalibrer », tu voyages beaucoup, c’est ça ? Tu es parti récemment au Japon et à Tahiti par exemple.

Oui et non. Qu’est-ce qui fait l’unicité de notre vie ? Est-ce le rythme frénétique auquel on est soumis ? Est-ce que ce sont nos enfants, nos frères, nos amis, nos passions ? Je suis parti au Japon avec ma guitare. C’était une manière de me reconnecter avec le bois. J’ai vécu comme un vagabond, seul avec ma guitare et mes chansons. Tahiti, ce n’est pas pareil, je suis parti en famille… le point commun entre ses deux voyages, c’est l’absence d’enjeu.

Comme nous sommes entre Noël et le jour de l'an, il me paraissait opportun de vous proposer cette vidéo mise en ligne par Tété il y a trois jours... "Joyeuses fêtes" à tous!

Dans ton album précédent, Nu là-bas, il y avait une équipe de 10 personnes, là, tu es quasiment seul.tété,les chroniques de pierrot lunaire,interview,mandor

C’était génial d’avoir une grosse équipe, mais derrière cela, j’ai eu envie d’incarner mon nouvel album différemment. Cela passait par jouer dans des salles plus petites, seul à la guitare.

Cela t’a apporté quoi de jouer « en solo sans sono » ?

Ça m’a ramené vers la simplicité. Quand on se déplace à 10, c’est un peu la colonie de vacances, on n’a pas la même expérience des lieux où on va. On n’échange forcément moins avec l’autre, car on n’en a moins besoin. La tournée « solo sans sono » se faisait avec un plus petit véhicule, j’avais donc plus de flexibilité. J’ai eu beaucoup d’échanges avec les gens. Ça fait du bien. Et quand je reviens à la maison, j’ai des histoires à raconter.

Pour cette tournée, tu chantais réellement sans micro, c’est dingue !

Oui, mais tu sais, j’ai commencé comme chanteur de rue. C’est une très bonne école de l’humilité. J’ai pu redécouvrir et faire découvrir le son de ma voix, sans effet, sans réverbération… c’était merveilleux !

Les chroniques du Tour 2016... (passionnant).

tété,les chroniques de pierrot lunaire,interview,mandorTu viens d’avoir 40 ans, est-ce que cet album est un peu un bilan d’une première partie de vie ?

C’est un bilan de décennie. Quand j’étais gamin, on parlait beaucoup du démon de midi. Les hommes de 40 ans qui vont avec une femme plus jeune, qui conduisent une voiture de sport… et en fait, arrivé à 40 ans, je me rends compte que j’appartiens à une génération d’adulescents. Des types qui à mon âge portent encore des baskets, qui ont des figurines Star Wars chez eux, qui font des enfants tard. Forcément, la quarantaine est vécue différemment. Ce disque est aussi le bilan d’un type qui apprend à se responsabiliser un peu et essayer de récupérer une part d’humanité perdue dans le fait d’être un homme.

As-tu peur de ne plus avoir d’inspiration ?

Oui. Il faut parvenir à garder sa signature musicale, vocale, textuelle, parce que c’est cela qui nous différencie. Il faut apprendre à incarner et accepter ses défauts. Parfois, le fait de me demander si tel ou tel thème ou telle ou telle musique me ressemble a pour conséquence de me retrouver  devant une page blanche assez longuement.

Te rends-tu comptes que beaucoup de gens apprécient ton travail et que tu as un public très aimant.

Mes copains me disent souvent que je suis parano, je n’ai donc pas conscience de ce que tu viens de me dire. Je me dis que les gens ont le choix, donc je considère que rien n’est jamais joué d’avance. Nos personnalités se cristallisent entre l’âge de 15et 20 ans et, dans cette tranche d’âge, j’étais dans le doute en permanence. Les chansons de moi qui restent sont des chansons d’incapacité. Cela tombe bien, c’est cet état-là qui me pousse à écrire. Quand tout va bien, j’ai plus envie d’aller au parc avec ma famille que d’écrire des chansons.

La vie d’artiste que tu mènes aujourd’hui te convient donc ?

J’avoue, c’est très cool.

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Le 19 octobre 2016, après l'interview.

4 jours après cet entretien, Tété recevait un message d'un autre temps...

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Il a répondu sur sa page Facebook:

Samedi soir, minuit passé. Enchanté par la lecture d'une bio passionnante sur Rick Rubin (le producteur de Jay Z), je m'apprête a éteindre les feux quand un petit bip de mon téléphone porte a mon attention l'arrivée d'un e-mail. J'ignore quel est le mécanisme qui me pousse a ouvrir le dit courriel, moi qui ne consulte jamais ma messagerie après 22 heures (je tiens a mon sommeil), peut être une certaine préscience de l'absurde. C'est a ce moment précis, que je découvre votre commentaire au bas d'un de mes vidéo-clips, François Moretti:

"Musicalement c'est sympa, mais putain c'est un noir, et désolé, mais ça ne passera jamais..."

Et paf. Me voilà en proie a un singulier mélange d'émotions.

Le début de l'assertion est somme toute plein de bienveillance et contraste singulièrement avec la violence de la conclusion. Vous avez un joli sens du contraste, et de la dramaturgie, Mr Moretti.

Passés l'effroi, je savoure la tragique ironie d'un tel message, posté au bas d'une chanson qui parle justement de rejet. C'est assez savoureux, avouez. L'orthographe est impeccable et vous signez même de votre nom, ce qui d'une certaine manière vous singularise puisque ce type d'abomination est d'habitude commis sous le sceau de l'anonymat. Alors je me dis que ce message appelle une réponse. Quelque-chose.

L'album dont la chanson en question est l'ambassadeur, parle de changer son regard sur les choses.

Passé donc l'incrédulité, le dégoût et il faut bien le dire, un certain amusement, j'applique a ma petite personne l'histoire de mon Pierrot Lunaire, et m'applique a changer d'angle:

Ce message a pour but de me stigmatiser dans ce qui m'essentialise n'est ce pas? Ce qui m'a amené a penser a ce qui me définit, au delà de la couleur de ma peau. Je suis noir, certes. Je suis également:

-guitariste.
-allergique aux crustacés.
-poète.
-myope.
-de gauche.
-lecteur gourmand.
-un peu bougon le matin.
-Fan de musique classique
-cinéphile.
-engagé au même titre que tous, sur une voie dont personne ne sait où elle nous mène.

Mais puisqu'il est question de changer d'angle, je reviens a notre popote et me demande comment j'aurais réagi si le message avait dit:

"Musicalement c'est sympa, mais p***** c'est un guitariste, et désolé mais ça ne passera jamais..."

Et là, me voilà parti dans le plus joli fou-rire dont j'ai pu faire l'expérience depuis longtemps, saisi que je suis par l'absurde du truc.

Mais pourquoi donc être "désolé", monsieur Moretti? A l'accoutumée les gens comme vous disent tout haut ce que pensent les autres tout bas, et ce de la plus noble façon qui soit: droit dans vos bottes.

Ce "désolé" ajoute une dimension psychanalytique a votre profil, ce qui finalement vous rend attachant, mr Moretti:

Le classique du censeur, qui se découvre perméable aux abominations qu'il prétend lui-même dénoncer. On est dans la tragédie grecque, c'est absolument génial.

Pour finir, en pensant a votre amertume, c'est moi qui me trouve désolé pour vous, mr Moretti.

D'autres que moi auraient saisi les instances compétentes ( La Licra , au hasard) pour tenter de faire de l'affaire un cas d'école. L'idée m'a effleuré, c'est vrai. Mais tout bien considéré, j'ai vraiment trop de trucs a faire, la tout de suite, mr Moretti.

On parle souvent de la taille du sexe des Noirs. Rarement de celle de leur ego. Revoilà le mien singulièrement boosté finalement: mes mélodies seraient donc tellement chouettes, qu'elles touchent même au dela de l'aversion qu'inspire leur auteur?? Waouw. Hyper touché. Mais moi aussi je vous aime vous savez.

Allez, sans rancune!

Salutations distinguées d'un Noir débordé

PS: méfions nous, j'écris aussi pour d'autres, qui passent encore plus a la radio que moi. Le mal est partout, mais ensemble, on est plus forts. N'est-ce pas, monsieur Moretti?

Et voici sa réponse lors de son dernier Café de la Danse. La classe, tout simplement.

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21 décembre 2016

Grands Prix du Disque et du DVD 2016 de l'Académie Charles Cros

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971350_153136021534652_1854479169_n.pngLe 24 Novembre dernier s’est tenue la proclamation des Grands Prix 2016 de l’Académie Charles Cros à la Maison de la Radio. Fondée au lendemain de la guerre, en 1947, cette académie a pour objectifs de soutenir la création autant que la préservation de la mémoire sonore. Une fois par an elle décerne ses Grands Prix internationaux du disque, attentive tant aux compositeurs, auteurs, interprètes qu’à l’esprit d’entreprise et au courage des éditeurs graphiques et phonographiques. 

Cette académie, que beaucoup jugent irréprochable dans ses choix (il se trouve que depuis quatre ans, les jeunes artistes primés correspondent souvent aux mandorisés des mois précédents... preuve que nous avons des goûts similaires) récompense les artistes qui portent et  illustrent la diversité des cultures des peuples qui ont le français en partage. Elle contribue également à établir le lien entre les artistes et les publics, notamment les jeunes, mettant au cœur de ses préoccupations l’accès de chacun à la culture. Elle établit désormais un lien entre l’enregistrement sonore et le spectacle vivant. 

Je m’attarde ici sur les récompenses « CHANSON », laissant de côté la musique classique, le jazz et les musiques du monde (qui ne sont pas précisément mes spécialités). Ainsi, voici les photos (accompagnées de quelques commentaires) de Juliette (grand prix pour l’ensemble de sa carrière), Michèle Bernard, Christian Olivier, Hildebrandt (en découverte discographique), Merlot (pour un disque jeune public), Miossec, Jules et le Vilain Orchestra ainsi que Barbara Weldens, ces trois derniers pour la scène.

(Merci à Jean-Marc Vaudagne  et Elodie Louette  de l’Académie Charles-Cros pour l’invitation… et l’accueil chaleureux et Alain Fantapié pour sa présidence, sa bienveillance et sa gentillesse exceptionnelles).

IN HONOREM INTERPRÈTES :

CHANSON :

JULIETTE (mandorisée là) pour l’ensemble de sa carrière, à l’occasion de la sortie de l’intégrale des albums en 13 CD + 1CD raretés (14 CD Polydor)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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Le discours de remerciements de Juliette qui n'était pas vraiment un discours convenu, mais qui a bien fait rire l'assemblée. 

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(Photo : Caroline Paux)

Juliette et Alain Fantapié (président de l'Académie Charles Cros).

LES GRANDS PRIX INTERNATIONAUX DU DISQUE

DISQUES POUR ENFANTS :

MERLOT pour Marcel le Père Noël (et le petit livreur de pizza) (Little Village / Harmonia Mundi)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

Merlot (Marcel, le Père Noël) et Cédryck Santens (le petit livreur de pizza), fiers de ce prix.  

CHANSON :

Michèle BERNARD  pour Tout’Manières… (EPM)      

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(Photo : Caroline Paux)

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Sourire radieux d'une très grande dame de la chanson française (très souvent charlescrossisée et bientôt mandorisée). Que Michèle Bernard soit si peu médiatisée est un grand mystère (cf Anne Sylvestre).

CHANSON :

Christian OLIVIER (mandorisé là) pour On/Off (Mercury / Universal music)

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Dans une loge : Christian Olivier écoutant le Prix Filleul 2015, Thibaut Garcia (guitare classique) (photo : Jean-Marc Vaudagne)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Pierre Majek)

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"Z'avez vu mon beau diplôme?"

CHANSON DÉCOUVERTE :

HILDEBRANDT (mandorisé ici) pour Les Animals (At(h)ome)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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Joie!

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Je suis heureux de ce prix, parce qu'Hildebrandt est pour moi l'une des plus grandes découvertes de l'année.

GRANDS PRIX CHARLES CROS SCÈNE avec la Fédération des Festivals de Chanson Francophone  :

GRAND PRIX SCÈNE :

MIOSSEC (absent de la cérémonie) (mais mandorisé ici). Il est distingué pour sa tournée actuelle, qui suit son dixième album, Mammifères, avec des concerts qui se sont parfois déroulés dans des lieux inhabituels (guinguettes, chapelle, vignoble, musée, jardins).

PRIX "RÉVÉLATION SCÈNE"  :

Barbara WELDENS

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Pointe de pied tendue, Barbara Weldens détendue avant de fouler pieds nus la scène du studio 105 (photo : Jean-Marc Vaudagne).

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(Photo : Pierre Majek)

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(Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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Barbara Hammadi (pianiste), Barbara Weldens et Marc Pfeiffer (président de la Fédération des Festivals de chanson francophone) (Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

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Barbara Weldens (Pic d'Or 2016) avec Corinne Labat, présidente du Pic d'Or et Dany Lapointe (la manageuse de la chanteuse).

PRIX "RÉVÉLATION SCÈNE"  :

JULES et son Vilain Orchestra

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Dans les coulisses... Jules et ses compères interprétant les Forbans, juste avant leur entrée en scène (photo : Jean-Marc Vaudagne).

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Pierre Majek)

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(Photo : Caroline Paux)

 

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Caroline Paux)

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(Photo : Pierre Majek)

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Un journaliste chelou (mais fan de Jules) s'est incrusté sur cette photo. Sachez le reconnaître. 

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La photo de famille...

15 décembre 2016

Thomas Monica : interview pour l'EP DELTA.MYSTIQUE

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Un an après son premier EP, L’angle d’Or, Thomas Monica revient avec un nouvel opus. Intitulé DELTA.MYSTIQUE (nom d'un symbole utilisé pour représenter la trinité divine, sous la forme d'un triangle comprenant un œil en son centre), il offre une tendance plus rock teintée de pop, des mélodies lumineuses aux guitares acérées. Les textes souvent graves forment un contraste avec la voix aérienne de Thomas.

Sa guitare a notamment joué aux côtés de Matthieu Chedid,  alors que le jeune artiste bisontin avait gagné en 2013 un concours musical "Be a rock star" lancé par -M-, Paco Rabanne et Black Xs. Repéré par le chanteur, Thomas Monica a accompagné Matthieu Chedid sur plusieurs concerts. Sa musique est un mélange d’électro et pop francophone. Aujourd’hui, avec cet EP, il continue sa route, soutenu par Joseph Chedid et ses synthétiseurs, ou encore David Hachour au mastering (The Avener, Renaud, etc.).

Précisons que l’artiste est nominé au Oui Fm Rock Awards 2017, catégorie Autoprod. Pour le soutenir, c’est ici !

Le 10 novembre dernier, Thomas Monica est venu à l’agence. Gageons que ce ne sera pas sa dernière visite tant je crois en sa carrière…

thomas monica,delta.mystique,interview,mandorArgumentaire officiel :

Le guitariste dandy s’aventure dans les arcanes de la transcendance et du sacré avec ce nouvel opus, nommé DELTA-MYSTIQUE.

Avec ce nouvel EP aux couleurs pop vintage résolument rock, virtuose et francophone, on retrouve sa façon unique de faire vibrer sa guitare et la langue française qui lui ont permis notamment de se faire remarquer par Matthieu Chédid sur plusieurs Zénith en France, et de paraitre en duo sur son album livre Ils.

Mais Thomas Monica propose avant tout un savant mélange de chanson française aux influences anglo-saxonnes et américaines. Comme si Jack White avait croisé le chemin de Serge Gainsbourg.

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Thomas Monica à l'agence... dans deux décors que certains pourront reconnaître.

thomas monica,delta.mystique,interview,mandorInterview :

A quel âge à tu commencé la guitare ?

A 9 ans. Je crois que le déclic, ça a été l’écoute de Nirvana et d’autres groupes très « grunges » quand j’étais avec mes copains.

Tu étais quel genre d’enfant ?

J’étais très refermé. J’ai été élevé par mes grands-parents, je n’ai pas connu mon vrai père. La musique m’a permis de m’exprimer plus facilement.

Et fuir une réalité que tu n’aimais pas ?

Fuir, mais en même temps, essayer de construire. C’était plus important pour moi. Je n’étais pas un très bon élève, car un peu lunaire, rêveur. Je me suis tout de suite mis à la guitare, puis plus tard, j’ai monté mes premiers groupes.

Des groupes de quoi ?

De rock, voire de rock un peu costaud. Carrément hard rock même. A 18 ans, on a même fait une petite tournée avec Trust.

A 25 ans, tu as commencé à développer un projet personnel dans lequel il y avait de l’electro.

Oui. Je cherchais un moyen d’expression qui dépassait le cap de la guitare. Avec ce projet, j’ai pas mal voyagé. Je suis allé jusqu’au Japon. J’y ai fait un clip pour une marque française de guitares, Custom 77.

Tu fais d’ailleurs pas mal de musiques publicitaires…thomas monica,delta.mystique,interview,mandor

Oui, j’adore faire ça car c’est très créatif. Je suis un bourreau de travail, je fais de la musique non-stop. Pour gagner ma vie, je fais de la musique de pub et je suis guitariste  de sessions pour des artistes. En 2016, il faut se diversifier pour gagner sa vie. Le fait de faire des choses pour d’autres personnes permet de ne pas être constamment autocentré.

Revenons à l’année 2013. C’est cette année que Matthieu Chédid intervient dans ta vie.

Il y a eu un concours sur Internet dans lequel il proposait qu’on le défie à la guitare. J’ai donc envoyé une vidéo. J’ai gagné ce concours qui a été très médiatisé, du coup, on a fait beaucoup d’émissions de télé. Je me suis trouvé confronté aux plus gros médias et à la pression que cela apporte. J’ai beaucoup observé Matthieu et d’autres chanteurs musiciens de cet acabit et j’ai réalisé que c’était ce que je voulais faire. J’ai vraiment eu le déclic pour faire ma propre musique. Un an et demi après, j’ai sorti mon premier EP.

thomas monica,delta.mystique,interview,mandorTu as travaillé ta voix pour devenir chanteur ?

Je fais partie de cette vague de chanteurs qui ne l’est pas à la base. Je suis surtout instrumentiste, du coup, j’ai appris à gérer ma voix. Les comparaisons avec celle de –M- ont été fréquentes. J'ai un timbre de voix aigu comme lui. J'essaie de ne plus trop ressembler à la sienne.

A la sortie de ce concours, tu t’es fait alpaguer par des émissions comme The Voice ou La Nouvelle Star.

J’ai évincé toutes les demandes. Je voulais trouver mon propre univers et ne pas me recoller une étiquette « bête à concours ». Je sais que c’est un accélérateur de notoriété, mais je vois la détresse qu’ont les artistes quand ils sortent de ce genre d’émission. Tu as un robinet. On t’ouvre le robinet. Et puis un jour, on te le coupe. Toi tu as encore soif et tu as les boules.

Clip de "Au-delà" tiré de l'EP DELTA.MYSTIQUE.

Tu as fait ce deuxième EP avec Selim, le frère de –M-. Tu as un contrat avec la famille Chédid?thomas monica,delta.mystique,interview,mandor

Joseph Chédid (alias Selim) m’a juste invité à aller faire les synthés dans sa maison, parce qu’il savait que mon rêve était de jouer sur des gros synthés. Il savait aussi que je n’avais pas beaucoup de moyens financiers. C’est rare un tel comportement. Il m’a connu grâce au concours, puis nous avons fait une date ensemble dans laquelle on a fait un duo. Ca a super bien accroché. Joseph est humainement génial. Cette famille Chédid est exceptionnelle de talent et de générosité.

Tu as enregistré le reste du disque à Besançon, dont tu es originaire, dans un petit studio vintage.

On a enregistré ce disque de façon très rock et brut. J’étais très bien entouré pour ce deuxième EP. Le premier était très « plastique », enregistré sans beaucoup de moyens… et la filiation avec –M- était trop importante, je le reconnais. Pour DELTA.MYSTIQUE, je ne me suis posé aucune question et j’ai fait les choses le plus naturellement possible.

Tu parles plus de toi, il me semble.

Oui, j’ai fait une chanson sur le fait que je n’ai pas connu mon père et pas mal de chansons d’amour. Vaste sujet qui ne sera jamais épuisé.

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Ta musique est pop rock, mais je sais que tu tiens à la notion « chanson française ». Pourquoi ?

Mais pas avec le côté ringard que cela peut impliquer parfois. Je fais attention à mes textes. J’essaie d’être le plus honnête possible et de toucher les gens sur des musiques modernes.

Tu as des demandes de maisons de disque ?

Ça commence, mais je patiente. Je préfère encore peaufiner ma musique et continuer à apprendre. La musique est une recherche permanente et on n’a jamais atteint quoi que ce soit. La principale qualité d’un artiste et de n’avoir jamais de certitudes.

Clip de "Perséphone", tiré de l'EP MYSTIQUE.DELTA.

A partir de février, tu vas faire des masters class « guitare ».

Ce sont des écoles de musique qui me demandent cela. Pendant une heure et demie je fais mon concert et après j’explique ma façon de jouer de la guitare et je réponds aux questions. Pour le moment, je commence par Rennes, puis  à Lyon.

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Après l'interview, le 10 novembre 2016.

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14 décembre 2016

Georgia : le conte musical vivement conseillé pour Noël!

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C’est bientôt Noël… il m’a semblé important de vous parler de ce conte musical extraordinaire, pour petits et grands, signé Timothée de Fombelle. J'ai eu un vrai coup de cœur pour lui. On y retrouve une pléiade d'artistes exceptionnellement réunis pour raconter et chanter Georgia : Cécile de France, Alain Chamfort, Emily Loizeau, Albin de la Simone, Ben Mazué, Amandine Bourgeois, Pauline Croze, Ariane Moffatt, Raphaële Lannadère, Babx, Rosemary Standley... Une production imaginée et réalisée par l'ENSEMBLE CONTRASTE. Raconté par Cécile de France. Un projet en soutien à l'association SOS Villages d'Enfants avec la participation exceptionnelle d'Anny Duperey, marraine de l'association.

Ce livre-disque a reçu la Pépite 2016 du meilleur livre jeunesse (catégorie moyens) et a été « Coup de cœur » de l'Académie Charles Cros 2016.

Georgia est un conte musical réussi, beau et émouvant, drôle et intelligent, qui laissera rêveurs les petits comme les grands. Il est vivement conseillé pour être glissé sous le sapin.

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Argumentaire officiel :

Il est des secrets fondateurs qu’il n’est pas toujours facile de révéler lorsqu’on  est devenue une grande star de la musique...  Un jour, pourtant, arrive  le moment de se livrer : la mémoire déroule alors un à un les souvenirs et les rêves.  Les doutes aussi, qui ont jalonné cette route sinueuse jusqu’au succès.  Le lecteur, aux premières loges, découvre la petite Georgia et une ribambelle  de personnages hauts en couleur, imaginaires pour la plupart, et pourtant  très présents. De ceux qui aident à grandir et à dépasser ses plus grandes peurs.

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Georgia s’installe dans un nouvel appartement avec sa tante. Sa famille vient d’être dispersée. Georgia, en déménageant, a laissé derrière elle ses petites sœurs, mais elle emmène ses Rêves, personnages espiègles qui ne la quittent pas et chantent autour d’elle. Une nuit, Georgia se rend compte qu’on joue du violon derrière le mur de sa chambre. Une amitié va naître avec Sam, jeune voisin extraordinaire qui joue à la lueur des bougies. Mais qui est ce Sam qui voudrait tant qu’elle chante ? Où vit-il puisqu’il n’y a plus d’immeuble depuis longtemps derrière celui de Georgia ? Elle découvre qu’un siècle est posé entre leurs deux vies. Pourtant, au fil d’une aventure en chansons, malgré l’épaisseur du mur et des années qui les séparent, Sam va remettre la musique au cœur de la vie bouleversée de Georgia.

Interviews :

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Timothée de Fombelle (auteur) :

Comment est né le conte musical Georgia ? 

Les histoires trouvent toujours un moyen pour prendre vie… Mais celle de Georgia serait peut-être restée au fond de moi si on n’était pas venu me présenter un rêve. C’était le rêve d’un conte raconté, joué et surtout chanté. Quand l’équipe de Contraste Productions m’en a parlé, j’étais impatient de me remettre à un nouveau roman, en solitaire... Mais l’ambition de cette proposition et la chance de travailler avec de grands musiciens m’ont convaincu facilement de faire ce détour passionnant qui a finalement duré un an. La chanson est un art qui m’a construit depuis l’enfance. Et puis, j’avais rencontré des garçons et des filles venus de villages d’enfants quand ils m’avaient remis un prix littéraire pour Tobie Lolness.  J’avais envie de les retrouver à travers ce projet. Je pensais à eux à tout moment de l’écriture.

Quel est votre rapport au genre du conte musical ?

J’aime quand la musique n’est pas là seulement pour le décor. Georgia est ce que j’appellerais « une histoire en chansons ». C’est la musique qui raconte l’histoire, autant que les mots et les dessins. Nous avons travaillé main dans la main, jour après jour, avec Johan Farjot, Arnaud Thorette, Albin de la Simone... Parfois je faisais le premier pas et la musique suivait, parfois c’était le contraire. Les mots et les notes ont cherché leur place jusqu’au dernier moment. En studio, j’étais encore là, dans un coin, à corriger des petites choses ou donner des indications aux chanteurs. Le travail avec Cécile de France a été aussi un bonheur pour moi. Je viens du monde des planches. J’allais voir les spectacles que Cécile jouait quand elle était encore à l’école de théâtre. Depuis des années,  je crois qu’elle a un lien particulier avec les textes que j’écris. On travaille souvent ensemble. L’enregistrement s’est déroulé comme une évidence.

Ben Mazué interprète "Tous mes rêves chantent".

Georgia ou Sam sont-ils un peu de vous enfant ? Aviez-vous des rêves qui vous parlaient?

Mes rêves m’ont souvent fait tenir. Ils ne me parlaient pas mais ils dessinaient un horizon, ils servaient de ligne de fuite pour voir loin, pour m’échapper. Mais très vite j’ai transformé mes rêves en création : fabriquer un radeau, construire un décor de théâtre, écrire une histoire. C’est la force de l’enfance. Je suis très heureux que Benjamin Chaud ait su donner une forme si touchante et drôle à ce petit peuple des rêves. Au début, Georgia dit qu’elle les trouve encombrants comme une équipe de rugby ou une fanfare. La musique va lui permettre de les rendre plus légers, puis de les laisser partir quand ils se réaliseront.

Les rêves nous poursuivent-ils adultes ?

Heureusement, un rêve en chasse un autre. La capacité à rêver est restée mon moteur. Pour mes proches, je suis un peu épuisant, à force de rêver toujours loin devant, de faire à chaque instant des projets possibles ou impossibles…

Quels liens tissez-vous entre vos livres ?

La fuite, l’imaginaire, le temps, la fragilité. Je crois que je laboure toujours le même sillon, mais avec des moyens chaque fois un peu différents. Et quand la musique de Johan ou le dessin de Benjamin s’emparent de mon univers, ils m’entraînent aussi dans leur monde à eux. Ils ouvrent d’autres paysages. C’est un voyage que j’aime beaucoup. Et quelle chance de pouvoir finalement se reconnaître dans chaque note, chaque couleur de cette histoire alors que nous sommes si nombreux à l’avoir fabriquée !

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Arnaud Thorette, de l’Ensemble Contraste (directeur artistique).

D’où l’envie de ce conte musical vient-elle ?

Nous gardons tous en nous une part de notre enfance, faite de rêves, qui nous amène quelquefois sans qu’on y prête attention à imaginer des projets un peu fous. Jeune, j’ai été bercé par Émilie Jolie, une histoire et une musique qui ont marqué toute une génération d’enfants. Aujourd’hui, Georgia naît avec, nous l’espérons, l’idée que ce conte musical fera chanter nos enfants et aidera l’association SOS Villages d’Enfants.

Pourquoi avoir confié à Timothée de Fombelle, auteur de romans pour la jeunesse, l’écriture de l’histoire et des chansons ?

En fait l’idée revient à la productrice du projet,  Hélène Paillette, férue de littérature et qui connaissait l’œuvre de Timothée,  son imaginaire, ses personnages toujours un peu cabossés par la vie, à la recherche d’un paradis perdu, mais aussi parce que c’est un homme de théâtre aimant les collaborations un peu folles et étonnantes. Gallimard Jeunesse a répondu présent. L’aventure a commencé ...

Florian Laconi interprète "Le temps des cerises".

Quels ont été vos critères de choix pour les artistes interprètes, les comédiens, le chœur d’enfants … ?

C’est avant tout un choix du cœur: le premier choix s’est naturellement porté sur Anny Duperey, marraine de l’association SOS Villages d’Enfants, et une bande de copains comédiens très talentueux qui ont eu envie de participer à cette belle aventure collective. Timothée de Fombelle a demandé à Cécile de France qu’il connaît de longue date d’incarner Georgia. Elle a spontanément accepté. J’ai connu la jeune Marie Oppert lorsqu’elle interprétait Les parapluies de Cherbourg avec Michel Legrand au Théâtre du Châtelet. C’est une grande révélation. Quant au rôle de Sam, c’est tout naturellement vers Albin de la Simone que je me suis tourné même si j’assure moi-même la partie de violon ! Le choix des voix des rêves s’est laissé guider par nos envies multiples de collaboration. Ce sont des artistes pour qui j’ai une très grande admiration. Je tenais aussi à ce qu’il y ait de magnifiques voix d’enfants, j’ai donc proposé aux jeunes chanteuses de La Maîtrise de Paris de venir chanter à nos côtés.

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Albin de la Simone lisant Georgia.

Quel a été le rôle particulier d’Albin de la Simone ?

Venant plutôt du monde classique, je tenais à être guidé par un artiste en qui j’avais une confiance absolue pour réaliser un disque de pop. Pour trouver ce son, cette esthétique, c’était pour moi un choix évident. Albin connaît notre monde et il nous a emmenés dans son univers, respectant nos envies et apportant son savoir-faire. Quant à Johan Farjot, nous travaillons ensemble depuis presque 20 ans ! Il a composé et arrangé  la plupart des musiques avec une imagination folle. Nous souhaitions être à la jonction d’un conte et d’une comédie musicale, et il a relevé ce défi avec un immense talent.

(Par manque de temps et à cause de plannings compliqués, il n'a pas été possible de faire les interviews des protagonistes de ce conte avant Noël. Or, l'intérêt de cette chronique était de faire connaître "Georgia" avant les fêtes afin que ce livre-disque puisse devenir cadeau. En accord avec l'attachée de presse de ce projet, vous avez lu deux interviews tirés du dossier de presse. Je n'aime pas cela, mais... cas de force majeure!)

13 décembre 2016

Kevin Tran (Le Rire Jaune) : interview pour Ki & Hi

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(Photo : Christophe Panepinto)

Kevin Tran est un YouTuber français de 25 ans. Il compte près de 3,4 millions d'abonnés sur sa chaîne YouTube, Le Rire Jaune. Lancée en 2012, elle compile des vidéos humoristiques, réalisées en solo ou en duo avec son frère.

Le jeune homme a sorti il y a près de deux mois un manga. Son premier manga, Ki & Hi. Il  s'est écoulé en quelques jours à près de 50 000 exemplaires : un record absolu pour un manga français, et peut-être même pour un manga tout court. Dans le classement Edisat des meilleures ventes, tous livres confondus, semaine du 17 au 23 octobre, le titre se classe en 7e position. Au bout de trois jours, les libraires étaient en rupture de stock. Un retirage de 100 000 exemplaires a dû être effectué, soit autant que pour un tome de « Naruto », le 2e manga japonais le plus vendu en France...

Ce qu'en dit BFMTV.

Bref, Kevin passe à l’agence régulièrement. Il a son studio perso… On se voit, on discute, je l’apprécie. Il a la tête sur les épaules et une humilité.

Il a accepté que je le mandorise. De fil en anguille, j’ai utilisé une partie de cette interview pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté du mois de novembre 2016).

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Le Rire Jaune : "J'ai écrit un manga".

kevin tran,le rire jaune,interview,mandor,le magazine des loisirs culturels auchanBonus mandorien:

Tu as commencé tes activités de YouTuber en 2012 ? Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire des vidéos ?

Je ne suis pas quelqu’un de communautariste, mais on a tous besoin d’une idole en qui on pourrait se reconnaitre. Dans ma jeunesse, je n’en voyais aucune d’origine asiatique en France ou même dans le monde, à part les comédiens qui font des arts martiaux. Je n’ai donc pas eu de français d’origine asiatique en qui me reconnaitre. Ceux qui avaient des rôles, c’était pour des compositions très clichés, avec l’accent qu’il faut : le traiteur chinois, le magouilleur… bref, des choses dans lesquelles je ne me reconnaissais absolument pas. J’ai eu très envie de changer les choses. Avec YouTube, ça devenait possible. J’ai décidé de partagé mon point de vue sur cette plateforme et prouver que l’on pouvait faire rire sans utiliser l’accent.

Ses caricatures sur le français d’origine asiatique, ça te blessait ?

Ça m’atteignait. Je peux comprendre que des personnes qui ont 35-40 ans acceptent ce genre de rôle parce qu’ils ont effectivement vécu ça… L’accent ne me dérange pas, mais quand on décide de faire des blagues qui sont de l’autodénigrement, je n’aime pas.

Tu t’es dit qu’il fallait combattre cela.

Oui, en maitrisant le français comme n’importe qui. Après, je suis asiatique et je suis fier de l’être. C’est une appartenance que je n’ai jamais nié et que, forcément, j’utilise dans mes vidéos. Je ne pense pas qu’une personne asiatique qui regarde une de mes vidéos se soit dit une seule fois : « cette personne nous fait honte ». Si on doit aller dans le cliché ou dans la culture asiatique, il faut parler de choses irréfutables. La sévérité des mères asiatiques, ça c’est vrai. J’en ai parlé souvent et ça fait toujours marrer les asiatiques parce qu’ils savent que c’est un phénomène rigoureusement exact.

Le Rire Jaune : "La langue chinoise".

Ta mère, tu ne l’épargnes pas beaucoup.

Je la taquine un petit peu. Quand elle voit un sketch dans lequel je la mets en scène, elle trouve que j’exagère trop les traits.

Elle te regarde ?

Elle regarde tout ce que je fais.

Et la relation avec ton petit frère, là aussi tu exagères le trait ?

Quand on était petit, on se chamaillait tout le temps. Je le frappais souvent. J’étais un grand frère très possessif, très dominateur, très contrôleur. Maintenant, je le suis beaucoup moins.

Et aujourd’hui ?

Tu sais, c’est comme quand on joue à la console, à un moment, on passe à autre chose. Je me suis lassé de le frapper. Je l’ai frappé avec toutes les techniques de main possibles et sous tous les angles. A un moment, je me suis dit : « c’est un art que je maitrise, je peux passer à autre chose » (rires).

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Kevin  Tran et son illustratrice Fanny Antigny (photo : Christophe Panepinto)

Avant de commencer tes vidéos, tu avais des idoles YouTubers ?

Je regardais beaucoup de YouTubers américains comme Ryanhiga. Ça fait 10 ans qu’il fait des vidéos d’un contenu extrêmement créatif et il est encore en activité. En France, il y avait Le Joueur du Grenier que j’aimais beaucoup. C’est d’ailleurs toujours celui que je préfère.  Après, je regardais les blockbusters français comme Norman et Cyprien.

Tu as tout de suite su ce que tu allais faire ?

Oui. Le face caméra s’est imposé à moi immédiatement. Ca me paraissait le plus simple pour raconter ce que j’avais envie de raconter. Je suis la dernière personne à avoir réussi en faisant du face caméra. En termes de positionnement, il suffit d’être plus drôle que les autres, c’est tout (sourire). Je me suis beaucoup appliqué sur la qualité des textes.

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Kevin  Tran et son illustratrice Fanny Antigny (photo : Christophe Panepinto)

Ton contenu est drôle et souvent très fin. C’est ça le secret de ta réussite ?

C’est de travailler beaucoup. Pour cela, il faut profondément aimer ce que l’on fait. Faire des videos, créativement parlant, c’est très complet. Il y a l’écriture, le jeu, la technique (montage et réalisation), il y  a des rencontres avec d’autres esprits créatifs, des collaborations… tout cela est très stimulant et épanouissant. Quand on goûte à ça, on a envie que cela dure pour toujours et donc, il faut travailler énormément.

Quel rapport as-tu à la notoriété ?

Accéder à elle peut être considéré comme génial. Mais une fois que l’on s’est fait reconnaitre dans la rue, ça devient banal. Après, je t’assure, c’est plus des problèmes qu’autre chose. Quand on est connu, il y a des gens qui trainent avec toi juste pour obtenir quelque chose de toi. Il faut gérer cette situation seul. Tes proches ne peuvent pas comprendre ce que tu vis. On peut vite péter un câble. Faire des vidéos sur Internet demande beaucoup de maturité si on veut durer.

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(Photo : Christophe Panepinto)

Tu as l’air très pudique.

Ca dépend. Je dévoile les parties que j’ai envie de dévoiler. Quand je les dévoile, je le dévoile à fond. Il y a des parties de ma vie que j’ai envie de garder privée, comme chacun d’entre nous.

Nous nous sommes croisés dans la rue récemment. Tu marchais avec une capuche pour que les jeunes ne te reconnaissent pas…

Parfois, je suis pressé, je n’ai pas forcément envie de me faire reconnaître dans la rue parce qu’ils vont me retarder. Je ne refuse jamais un autographe ou une selfie. Il y a dans ces jeunes certains qui font partie de mes abonnés. Du coup, je suis obligé de mettre une capuche ou une casquette et tracer en baissant la tête.

Tu t’es expliqué le fait d’avoir du succès ?

Pour réussir, j’ai regardé beaucoup de vidéos avant de commencer. J’ai essayé d’analyser ce qui marchait le plus sur YouTube. J’ai la chance que ce qui fonctionne le mieux correspond à ce que j’ai envie de faire. Il faut trouver le juste milieu entre ce que j’ai envie de faire et ce qu’attend le public de toi. L’humour, ça marche toujours et j’adore ça. Même si dans la vie, je suis beaucoup moins drôle quand dans mes vidéos.

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Pendant l'interview...

Quand je te vois évoluer ici à l’agence, je te trouve  toujours calme, posé et tu sembles avoir un recul énorme sur ce qu’il t’arrive. Rien n’a voir avec le Kevin des vidéos !

A partir du moment où une vidéo est publiée sur ma chaine, je considère qu’elle est là pour divertir le public, donc forcément, je rentre dans mon rôle de « divertisseur », d’humoriste et de comédien. Pour cela, je vais tenter de diffuser des bonnes ondes et j’essaie de transmettre de bons messages. Je vais forcément être différent du Kevin de tous les jours, mais ce n’est pas pour autant que je vais manquer d’authenticité dans mes vidéos. Ce que je raconte dans mes vidéos avec un grand sourire et en parlant super vite, c’est ce que je pense dans la vraie vie en parlant plus lentement et posément.

Ta lucidité sur ton succès m’impressionne. J’ai l’impression que tu n’es pas dupe sur la fragilité de ce genre de notoriété.

Je ne suis pas dupe, mais je ne suis pas résigné non plus. Je sais que tout peut s’arrêter du jour au lendemain, mais en même temps, je sais aussi que ça ne s’arrête pas si tu continues à fournir du bon contenu.

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Le 27 octobre 2016, après l'interview...

11 décembre 2016

Doc Seven : interview pour Le tour du monde des infos insolites

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Né en Guyane, William Van de Walle, 24 ans, est désormais connu sous le nom de Doc Seven. Titulaire d'un master de cinéma, curieux de nature, passionné par les voyages et fan du chiffre 7, il a lancé sa chaîne éducative sur Youtube en 2015, se proposant de présenter des listes ( 7 lieux, 7 choses ou 7 personnages sur des thèmes variés (économie, histoire, géographie,  technologie...) de façon à promouvoir la culture encyclopédique tout en restant décontracté dans le ton. Très éducatif, très bien réalisé et sérieusement documenté. Doc Seven se consacre désormais à plein temps à sa chaîne qui réunit dorénavant près d’1 210 000 abonnés.

Il vient de sortir un livre intitulé Le tour du monde des infos insolites

Comme Doc Seven travaille dans le même bureau que le mien, je ne lui ai pas donné rendez-vous pour évoquer son livre, j’ai juste sorti mon enregistreur et je l'ai obligé de me répondre. Pas le choix. Je suis comme ça. :)

C’était le 8 novembre dernier.

doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Argumentaire officiel :

Doc Seven aime les 7, apprendre des choses et voyager à travers le monde. Et comme il aime encore plus partager ce qu'il aime, voici une invitation au voyage et à la curiosité à travers son carnet de bord ! Découvrez des tops 7 aussi divers et variés que drôles et décalés :
Connaissez-vous les 7 lieux les plus hantés du monde ?
Sauriez-vous citer 7 objets cultes des années 1990 ?
Saviez-vous qu'il existait une école pour apprendre à embrasser aux États-Unis ?
Ou encore que le Viagra a été inventé par hasard par des chercheurs en quête d'un remède contre l'angine de poitrine ?
Histoire, sciences, technologie, géographie, arts, société...
Faites le tour du monde des infos insolites !

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doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Interview :

Tu es né en Guyane, à Saint-Laurent du Maroni. A ton adolescence, tu as décidé de quitter ce département. Pourquoi ?

A cette époque-là, j’avais l’idée bien ancrée en moi que je voulais devenir réalisateur de films à Hollywood. C’était mon rêve absolu.

Hollywood, carrément !

Ça ne sert à rien d’avoir un rêve s’il n’est pas à fond ! Je me suis dit qu’il fallait connaître le cinéma et apprendre l’anglais. J’ai trouvé un lycée français à Sidney en Australie (j’ai trouvé un article intéressant, voire surprenant, sur la présence de William en Australie). Je suis parti un an en famille d’accueil. J’ai appris l’anglais et ensuite, je suis allé à Paris pour suivre des études de cinéma pendant 5 ans.

Comment en es-tu arrivé à devenir YouTuber ?

En sortant de l’école, j’avais quelques contacts. J’ai réussi à travailler pendant six mois en stage pour la série Versailles sur Canal+. J’étais assistant réalisateur. Ça m’a appris plus qu’en cinq ans d’étude. C’était dur, je bossais du matin au soir très tard pour des clopinettes. C’est pendant cette période que j’ai rencontré Chris, plus connu aujourd’hui sous le nom de Poisson Fécond. C’est un YouTuber qui a lui aussi, aujourd’hui, plus d’un million d’abonnés. Quand nous nous sommes connus, il avait déjà une certaine notoriété sur YouTube. Nous avons vraiment beaucoup sympathisé. Il m’a expliqué qu’il vivait de ses vidéos. J’ai donc fait un deal avec mes parents qui me soutenaient encore financièrement. Ils m’ont permis de tenter l’aventure YouTube durant 6 mois pour constater ou non si je pouvais en vivre. En 3 mois, j’ai pu commencer à en vivre.

C’est hyper rapide, je trouve.doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.

Oui, je n’en revenais pas. A la base, ce n’était pas pour en vivre. Pour être réalisateur tu as trois options : soit tu grimpes les échelons, mais ça peut prendre trente ans, soit tu as des pistons, ce qui n’est pas mon cas, soit tu arrives à apporter un truc en plus. Moi, je me suis dit que si j’arrivais à faire une audience d’un million de personnes en 3 ans sur YouTube, je pouvais aller voir un producteur en lui disant que je lui garantissais 500 000 entrées et, donc, qu’il pouvait produire mon film sans risque. J’envisageais ma participation à YouTube juste pour accumuler une audience, rien de plus. Au final, plus je fais des vidéos sur YouTube, plus je me dis que c’est un média à part entière.

Ta pensée a évolué avec l’expérience.

Ça marche tellement bien que, même si je veux toujours faire des films, concevoir des vidéos est aujourd’hui mon activité principale.

Ça n’a pourtant rien à voir avec des films !

Détrompe-toi. Avant, je voulais faire des films pour raconter des histoires. J’ai toujours été attiré par les documentaires. Que ce soit fictif ou pas, je veux avoir une histoire à dire et à transmettre d’une façon audiovisuelle.

Comment as-tu eu l’idée de décliner un sujet en sept points ?

Poisson Fécond était mon seul repère. Il était dans «  l’éducation divertissante ». Je voulais pouvoir changer de sujet d’une vidéo à l’autre. Il y a des chaines purement scientifiques ou historiques et ça, ça ne m’intéressais pas. Je n’ai pas trouvé mieux qu’un système de top liste pour être éclectique.

Tu as commencé quand ?

Le 21 janvier 2015.

Une des premières vidéos de Doc Seven, le 13 février 2015 (elle totalise 2 804 339 vues).

doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Avant que tu te lances là-dedans les tops existaient déjà je crois.

En Anglais, oui. Je l’ai toujours dit, je me suis pas mal inspiré d’eux, mais j’ai essayé de trouver des sujets très originaux. En France, quatre mois avant moi, il y avait déjà Taupe 10. Nous n’avons été que tous les deux pendants quelques mois et c’est quand Doc Seven a explosé que d’autres ont fait des tops.

Quelle est ta différence par rapport aux autres ?

C’est difficile à expliquer. Techniquement, j’ai essayé d’apporter la plus-value de mes études. Tout ce que je raconte est écrit, il n’y a aucune improvisation. J’essaie de choisir des sujets qui sont rares et intéressants.

Au départ, Doc Seven ne se montrait absolument pas.

Nous sommes peu nombreux de YouTubers à plus d’un million d’abonnés à avoir un pseudo et à peu se montrer.

J’imagine que cela a ses bons et ses mauvais côtés ?

Les bons côtés, c’est que je suis tranquille dans la rue, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de YouTubers… et que je suis sûr que les gens qui viennent voir mes vidéos s’intéressent au contenu et à rien d’autre. Beaucoup sont connus parce qu’ils sont eux-mêmes et les gens les aiment parce qu’ils se présentent tels qu’ils sont.

Et le mauvais côté ?

Si je fais un bouquin, comme c’est le cas justement, je vais faire moins de ventes que si j’étais une star du net identifiable. On n’est pas dans le people, mais dans la connaissance.

La vidéo la plus récente de Doc Seven, le 27 novembre 2016.

Ton écriture a évolué en presque deux ans ?doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.

Clairement. J’en suis même arrivé à écrire mes hésitations. Tout est écrit noir sur blanc. Pas mal de personnes m’ont dit qu’en lisant mon livre, ils entendaient ma voix. Ce n’est pas de l’écriture conventionnelle. J’ai une certaine marque de fabrique et c’est impératif pour être identifiable.

Tu mets plus d’humour aujourd’hui, non ?

Oui. Au début, j’étais parti dans un délire un peu mystérieux. Je parlais des mythologies Grecques, les centaures, des trucs un peu mystiques… en chuchotant. Après, j’ai trouvé ça relou. Ça me bloquait sur plein de sujets. Très vite, j’ai impliqué l’audience. Pour que la personne se sente impliquée dans ma vidéo, j’ai expliqué mon sujet comme si je parlais à un pote. J’ai compris que c’était la règle absolue.

Tu es parfois sarcastique.

Avec ce ton-là, j’arrive à faire passer beaucoup de choses. L’humour permet de tout dire. Et puis, curieusement, plus mon audience grossit, moins je mets de barrière.

Avoir une chaine « éducative » implique une certaine responsabilité, non ?

Je n’ai jamais eu la prétention de faire apprendre des choses, le but est d’éveiller la curiosité. Je suis heureux de prouver que tous les sujets peuvent être intéressants.

Tu trouves facilement tes sujets ?

Oui, c’est très simple. Tout le monde m’en propose tout le temps, principalement dans les commentaires de mes vidéos. Quand j’en vois un qui m’intéresse, je le développe. J’ai quatre pages de sujets…

doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Une fois le sujet choisi, tu opères comment ?

Je commence toujours par Wikipédia. Ça m’aiguille dans pas mal de directions. Après, je vérifie les informations données. Je crois n’avoir jamais dit quelque chose de faux. J’ai parfois de petites approximations sur des petites conneries, mais rien de grave. Par contre, sur YouTube, il faut savoir que l’on se fait souvent allumer pour pas grand-chose. Il y a même des gens qui sont abonnés à toi parce qu’ils ne t’aiment pas. Ils « dislike » à peine la nouvelle vidéo publiée. Moi, aujourd’hui, je m’en fous, mais il y a plein de jeunes YouTubers qui arrêtent parce qu’ils se font harceler continuellement. Moi, je me protège à mort.

Tu te sens intégré dans le milieu des YouTubers ?

Oui, mais comme dans chaque milieu, il y a des clans. Des groupes qui s’aiment bien, d’autres qui ne s’aiment pas. A terme, mon but n’est pas de rester YouTuber. Tu vois, là j’ai le bouquin, j’ai envie de faire des films, de créer et d’être même entrepreneur s’il le faut.

Avant chacune de tes vidéos, tu mets un jeune YouTuber en avant.

Je me souviens du moment où quand j’avais 300 abonnés, Poisson Fécond a parlé de moi sur Twitter, j’ai pris 700 abonnés directement. 1000 abonnés je trouvais ça fou à l’époque. Quand d’un seul coup, tu sens qu’il y a du monde sur ta chaine, c’est une sensation indescriptible. Pour moi, ça a été plus émouvant que quand j’ai dépassé le million. Certains des YouTubers que j’ai présentés ont pris 150 000 abonnés dans la foulée.

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Pendant l'interview...

Regardes-tu tes stats régulièrement, voire tout le temps, comme tout bon YouTuber ?

Oui et c’est normal. Comme tout bon chef d’entreprise, on regarde les chiffres.

Tous les YouTubers sortent des livres. C’est la mode. Tu n’échappes donc pas à cette règle.

Qui n’a pas envie d’écrire un livre ? Pour moi, c’est un rêve de gosse. En plus, mon format s’adaptait directement en bouquin. Il y a 70 Top 7.

Du coup, tu rencontres ton public dans les séances de dédicaces… c’est plaisant ?

C’est là que l’on se rend compte que derrière les chiffres des stats, il y a de vraies personnes. Quand j’arrive dans une Fnac et qu’il y a une queue de malade, c’est vertigineux. Mais j’ai un public super cool. Il n’y a pas de hurlement, ils sont tranquilles et bien organisés.

Doc Seven parle de son livre.

Dans la vie, tu m’as l’air toujours en retrait. Tu n’aimes pas le star system. Un jour, je t’ai presque obligé à faire des selfies avec des enfants qui sont venus ici.

Je n’aime pas ça. Je ne comprends pas que l’on soit fan pour être fan. Ce n’est pas intéressant. Moi quand je suis fan de quelqu’un, je suis fan de son travail, pas de la personne. Cela dit, quand Cyprien passe à l’agence, je fais un peu mon fan boy… Bon, Cyprien, c’est devenu une icône.

Doc Seven devient presque une marque, j’ai l’impression.

C’est que je tente de faire. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de moi dans 5 ans sur YouTube. Le public peut s’essouffler… ou moi d’ailleurs. Il faut donc que je capitalise mon nom…

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Après l'interview, le 8 novembre 2016.